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 "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }

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Mizeria K. Balogh
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MessageSujet: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 17 Fév - 14:06

Une fine silhouette faisait son entrée d’un pas assuré et remarquable vu les talons hauts qui martelaient le sol. Beaucoup de regards se posèrent sur cette apparition soudaine dans la galerie d’art, et les regards étaient divers. Certains semblaient étonnées, d’autres subjugués, et encore quelques uns méprisants. Cela arracha un sourire à la belle blonde quelque peu sulfureuse ce soir et pour sur très élégante. Sourire exceptionnel d’ailleurs, à l’intérieur elle était d’une humeur noire ou plutôt explosive. La gente masculine semblait charmée, oui l’apparence était époustouflante, l’intérieur était plus dangereux. Une robe noire longue un peu moulante avec un léger col et échancrée dans le dos, ouverte en bas sur un coté jusqu’à mis cuisse laissant entrevoir des jambes fines encore plus mises en valeur par des talons hauts. Elle avait ramené ses cheveux en une queue de cheval assez haute et avait opté pour un maquillage dans les tons fumés avec des touches argentées, pour le chic un bracelet en argent et de simples boucles d’oreilles longues ornées de croix.

Style sombre pour résumer, assez épuré et peu provoquant pour une fois mais c’était parfait pour résumer son état d’esprit. Du noir elle en broyait, elle était lunatique ces temps ci et n’avait pas envie du tout de se prendre la tête, puis de toute façon elle était d’humeur massacrante. La raison de cette attitude monstrueuse était assez simple, même très simple et tenait en trois lettres principalement, lettres qu’il ne fallait pas lui faire prononcer ou encore moins lui rappeler sous peine de finir encastré dans un mur au mieux ou au pire égorgé vif. Puis en fait tout était tabou : sa mission à Budapest, Ox, les circonstances et ce qu’elle avait ramené. Mizeria n’arrivait toujours pas à digérer les récents événements.

Elle s’était tout d’abord isolée puis c’était fait une raison en quelque sorte, soit elle était d'humeur massacrante soit elle était plus que déprimée, plus de sourires ne passaient sur ses lèvres parfois, même plus d'air malicieux dans ses yeux et encore moins un probable écho de rire de sa part, juste parfois un regard vide et glacial, dans certains moments un faux sourire à vous en faire froid dans le dos, oui elle n’était pas dans assiette et ça devenait inquiétant. Sinon dans son intimité le silence était compensé en soupirs, réguliers et récurrents comme si elle portait un poids sur ses épaules. Au sens propre ce n'était pas le cas mais intérieurement l'image était parfaite. La Hongrie fichu pays qu'elle détestait désormais, lieu de milles souffrances diverses et très variées vu la fin de l’épisode. Elle ne s’en remettait pas et encore moins du geste de l’Auditore elle s’était faite embrassée par ce fourbe, ce crétin, ce... En surface beaucoup de choses et de mots lourds et vulgaires mais au fond d'elle son registre sur lui commençait à basculer diamétralement à l'opposé et dieu que ça l’énervait, ce type la rendait dingue, complètement même. Il y eut la phase ou elle pensa que Rai ne devait que s'amuser avec elle…Bizarrement l'image d'un Rai avec un air démoniaque et un bouquet de rose, cherchant à abuser des femmes affaiblies pour son plaisir ne lui allait pas, ça faisait plutôt... Comique. Cependant cet "auditore de ...." n'était pas venu avec elle récupérer ses biens, il s'était cassé à son retour à l'hôtel et ça, la jeune fille l'avait mal pris. Actuellement elle avait encore envie de lui casser la figure pour extérioriser sa déception et mettre au clair la situation. Oui le garçon était très beau, charmant parfois, fort et intelligent, en proie à d'anciens démons comme elle mais c'était son ennemi. Un de ces types qu'elle aurait pendu au bout du corde il y a peu et aurait découpé petit bout par petit bout avec l'excuse de chercher des infos. Mais voila.. Il l'avait embrassé malgré son attitude blasé depuis leur rencontre et elle avait même aimé le baiser, encore pire éprouvé quelque chose pour lui durant les jours en Hongrie.. Non non ça n’allait pas. Puis c’était quoi ces manières de faire ? Elle avait envie de le massacrer très souvent et pour ça toute la gente masculine était mal vue en ce moment ... Ils pouvaient bien lui faire la cour ce soir et la draguer, ils risquaient de se prendre un vent mémorable. Et si en plus c’était un brun ténébreux qui jouait à ça, elle ne répondrait plus d’elle même…

Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle décida de regarder un peu les tableaux, le visage du brun devait s’effacer. Elle avait l’impression que son cœur se serrait malgré sa colère, elle ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Quelques tableaux ni firent rien, elle les regardait d’un air calme et avec un regard profond rempli de tristesse derrière un air glacial. Jamais elle n’avait parut si féminine à bien remarquer, et jamais autant tourmentée. Un tableau attira son attention, des amoureux.. Elle fuya le tableau et retrouva une expression contrariée. Ca lui donnait la chaire de poule tout ça et elle regrettait de plus en plus d’être sortie. Les regards sur elle commençaient à lui peser, elle chercha un coin plus tranquille et fut attirée par un tableau. Rien de bien particulier sur la toile mais ça lui évoquait un peu Venise, sa vie calme d’il y a bien longtemps. Un instant elle se demanda si une autre vie ne fut pas plus préférable, si elle ne devrait pas se retirer du monde mafieux.

L’envie lui pris d’effleurer les reliefs de la peinture comme si faire ça allait chasser tous ses soucis. Mais son instinct l’alerta d’un coup, le calme de l’endroit n’était plus elle se sentait regardée et bien lourdement. Elle tourna la tête doucement en posant sa main sur le tableau et posa son un regard enflammé sur un brun. Aucune surprise ou rougissement ne passa sur son visage, son expression était parfaitement calme mais en même temps son regard profond semblait en raconter beaucoup plus sur elle. Ce soir la blonde avait des allures de femme fatale, et elle comptait bien l’être pour lui d’ailleurs histoire de lui faire comprendre son ressenti. Cependant à peine elle lui esquissa un sourire inquiétant et que ses doigts effleurèrent quelques peu le tableau, elle disparu brusquement.
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Rai Nagafuse
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Lun 18 Fév - 21:26

  • Rai était à Venise. Pourquoi y être venu ? Pourquoi surtout se diriger en direction d'une exposition d'art alors que ce genre de grotesques rassemblements ne lui plaisaient pas du tout ? Tant d'interrogations que l'on aurait pu se poser, mais qui menaient toutes à une seule réponse. Ce qu'il voulait, c'était évidemment se changer les idées. Les heures, voir les jours passés dans la boite obscure de l'autre cinglé avaient totalement chamboulé sa façon d'être au jour-le-jour. Il lui arrivait bien trop souvent à son goût de se réveiller en pleine nuit et d'aller boire son café matinal avant de se rendre compte qu'il n'était que deux heures du matin. Dans le même genre, il lui arrivait tout aussi bien de ne pas réussir à s'endormir durant une nuit banale et de s'endormir, au contraire, le lendemain, en cours de journée. Il détestait devoir changer ses habitudes, et ce foutu savant fou continuait même à l'emmerder après la mort. L'Auditore souhaitait donc, dans un premier temps, prendre du bon temps et changer cette routine fatigante et trop longue à s'installer. Mais son subconscient ne voulait et ne demandait qu'une seule femme : Mizeria. Par moment, le gardien du désert laissait son esprit vagabonder et se souvenait des moments qu'il avait passé avec elle. C'était étrange, comme le destin faisait en sorte de les réunir à chaque fois... Étrange mais amusant. Cela plaisait réellement au ténébreux qui aimait beaucoup cette demoiselle. Il lui arrivait même parfois de se demander si ce n'était pas à cause de son absence qu'il dormait mal. C'était idiot, et il rayait en général bien rapidement cette option de son visage. De toute manière, le Nagafuse ne voulait pas s'avouer clairement ses sentiments, alors comment les avouer à la jeune femme elle-même ? Poussant un soupire, il continua de progresser dans les rues de la ville italienne lorsqu'une silhouette bien trop familière à son goût retint son intention, à quelques pas devant lui, de dos...

  • Mizeria. C'était la Leone qui marchait en direction de cette foutue exposition d'art, dans cette foutue ville, dans ce foutu pays. Pourquoi encore leurs chemins se croisaient-ils ? Le jeune brun poussa un soupire en tournant les talons. Il irait se changer les idées ailleurs, ce jour-ci... L'envie de discuter avec cette figure déjà bien trop ancrée dans sa personnalité ne le prenait absolument pas... Malheureusement, Rai ne put s'empêcher de se tourner une nouvelle fois pour regarder à nouveau la jeune femme marcher, devant lui. Elle était sublime, dans cette robe... poussant un nouveau soupire d'exaspération, il baissa les yeux et fixa le sol en silence. Et maintenant, il la contemplait... Vraiment, l'Auditore commençait à penser qu'il perdait les pédales, peu-à-peu... Cependant, même si, au départ, il n'avait pas voulu du tout parler avec cette jeune dame, plus le temps passait et plus l'envie de se rapprocher d'elle se faisait forte. Après quelques secondes d'hésitation, le mafieux décida d'aller à l'exposition tout de même. La chance de croiser cette blonde là-bas paraissait infime, puisque l'endroit utilisé était immense et que des oeuvres des quatre coins de la planète seraient présentes. Et dans le pire des cas, s'il la revoyait, il ferait demi-tour... C'était aussi simple que ça.

  • C'est donc après quelque instants de marche que le jeune homme arrive à l'exposition. Il pénétra dans le bâtiment silencieusement. La mafieuse avait disparu de son champ de vision, et ça n'était qu'une très bonne chose. Il ne serait pas tenté de faire quelque chose d'idiot, au moins... Le Nagafuse regarda les personnes présentes autour de lui. Des maires, des hommes d'états, tout ce genre de gratin, quoi. Et surtout, tous en costumes impeccables. Le criminel paraissait assez simplet, à côté... Ou au contraire, ses fringues de jeunes, qui accentuaient sa classe, ne faisaient que le démarquer davantage de la normalité et forcer les autres types présents à le regarder. Là où il passait, il pouvait entendre, un général, quelques remarques déplacées et méprisantes. Du genre "Les jeunes...", "Aucune tenue." ou encore "Si j'étais son père...". Le problème principal était et demeurait que ces enflures n'étaient et ne méritaient surtout pas d'être son père. Rai continua de marcher sans vraiment leur prêter attention, sachant pertinemment qu'il finirait par en butter un s'il s'attardait trop sur ce genre de détails. D'autant plus que ce genre de politicien n'hésitait en général pas trop à faire appel aux services de la mafia pour un petit service... L'argent ne leur manquait généralement pas, mais le pouvoir pouvait en revanche quitter leurs mains d'un moment à un autre. Autant sécuriser leurs positions, quitte à faire mourir un opposant, non ? C'était l'une des nombreuses raisons pour lesquelles le ténébreux ne pouvait pas supporter ces types. En plus de cela, ils avaient toujours vécus facilement et se permettaient de parler d'un ton hautain... Ils ne connaissaient rien à la vie. Pédant, prétentieux, et lâche... Trois qualités que détestait particulièrement le brun.

  • Ce dernier avait continué sa progression sans vraiment réfléchir et s'arrêta subitement lorsqu'il s'aperçus que Mizeria était devant lui et semblait être fascinée par un table. L'air surpris, il reprit son calme lentement en se demandant quoi faire. Cependant, c'était déjà trop tard et la demoiselle venait de le voir... Et vu le sourire qu'elle montrait, cela allait être un très bon quart d'heure pour l'Auditore... Après tout, il l'avait tout de même lâchement abandonnée une fois la mission terminée. Une fille, pour ce que connaissait le jeune homme en la matière en tout cas, n'aimait pas vraiment ce genre de comportement... Il ne put que détourner le regard silencieusement, ne sachant pas quoi dire. C'est à ce moment-là qu'il vit une chose étrange du coin de l'oeil. La Leone venait de disparaître... Incrédule, il releva les yeux sans rien comprendre. Que venait-il de se passer ? Était-ce une nouvelle technique que la demoiselle avait gagnée et avec laquelle elle voulait démonter sévèrement le gardien du désert ? Ce dernier eut peur pendant quelques instants que ce soit quelque chose de ce genre, mais se souvint d'un "détail". La jeune femme avait touché le tableau avant de disparaître... Était-ce ça ? Il priait pour que oui, au fond de lui, parce qu'au moins, il n'aurait pas à subir des tortures plus effroyables les unes que les autres...

  • Le Nagafuse vint donc se placer devant ce tableau, calmement. Il regarda autour de lui et attendit que personne ne le fixe pour lever un doigt et effleurer la peinture. Soudainement, il se sentit soulever et fut entraîné dans l'oeuvre. Lorsqu'il put voir à nouveau... Il voyait le paysage de l'intérieur. Bouche bée, le garçon restait immobile, pantois, en balayant l'endroit du regard. Incompréhension, quand tu nous tiens... Rai poussa un profond soupire et se dit à lui-même "Et c'est reparti pour un tour..." Son regard se stoppa soudainement sur Mizeria. Là, il était coincé... Dans un autre monde et sans échappatoire, qui plus est. Sans potentiel témoin, par dessus tout. Il n'avait plus qu'à prier pour que la demoiselle soit dans un bon jour, sinon, ça allait être sa fête...

    -Yo...

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Mizeria K. Balogh
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Mar 19 Fév - 14:04

Milles idées de tortures passaient déjà dans sa tête à la vue du brun, cette fois ça allait être son tour de le réduire en miettes bien que ce soit d’une manière plus subtile. Puis c’était quoi ce regard de chien battu ? Encore un moyen de la faire hésiter et tomber entre ses mains. Ca allait barder mais sa vision se troubla soudainement, l’espace d’un instant elle cru être assommée par derrière. L’hypothèse disparu très vite lorsqu’elle vu son environnement se distorsionner, un coup ne pouvait pas être si ravageur. Quand sa vue se fit plus claire elle fut plus que choquée. Pour le coup c’était vraiment étonnant, elle contemplait désormais l’intérieur du tableau, une autre Venise. Les « passants » ou plutôt les quelques personnages du tableau la regardèrent de travers mais ne s’arrêtèrent pas. Cependant son instinct sonna encore l’alarme, non seulement ce qui lui arrivait était anormal et potentiellement dangereux mais en plus quelqu’un l’épiait. La Leone se tourna vivement à la recherche de l’origine de cette sensation hostile, rien derrière elle ni sur les cotés.. Elle eut un coup de stress puis remarqua au fond de son champ de vision un homme souriant appuyé contre un mur, leurs regards se croisèrent et son sourire s’élargit. A ce moment la on pouvait vraiment dire que la jeune fille était livide. L’autre semblait bien se foutre de sa gueule, l’air de dire « tu l’as bien mérité » et face à ça elle ne put s’empêcher de lâcher un « merde ». Il pouvait se moquer, il allait devoir lui cracher le morceau car lui aussi semblait étranger au tableau.

- Un taré par mois ça suffit pas deux ordure..

Elle commença à partir vers cet étrange homme, même prête à piquer un sprint en talons quand une masse noire lui coupa la route. Un mouvement en arrière et son talon se prit dans sa robe la faisant tomber bien sur les fesses. Elle aurait été un dragon, de la fumée serait sortie de ses oreilles et elle aurait carbonisé le lieu en 2 secondes, quoi qu’elle aurait passé du temps sur son obstacle pour le rôtir à la broche. Elle jurait déjà bien face à son talon cassé quand un « Yo » brisa son flot d’injures. Mizeria leva un peu plus les yeux et pencha un peu la tête pour mieux confirmer ses doutes. C’était donc le crétin qui était encore mêlé dans l’histoire. Pour le coup elle pétait vraiment un plomb et ce n’était pas bon, surtout pas à voir.

- Yo… Ouai…


Un grand sourire s’afficha sur son visage, on aurait pu croire qu’elle allait éclater de rire comme sous le charme d’une bonne blague. Elle se leva calmement, laissant de coté ses talons à moitié bousillés et oubliant sa cheville légèrement douloureuse, elle épousseta aussi sa robe en laissant échapper un tout petit rire, plus un pouffement à vrai dire. Dans sa tête tout était très clair et il allait prendre cher… Elle le regarda toujours tout sourire. Ah oui elle avait envie de bien rire en le regardant, surtout de rire des maintenant 30000 façons dont allait le massacrer.

- Tu t’es pas fais trop mal en passant par la toi ?

Elle avait presque l’air toute douce en disant ça et en enlevant quelques poussières de la veste du jeune homme. Geste étrange mais bien calculé, elle attrapa son col avant de lui mettre une bonne droite. Oh que c’était presque jubilatoire et son sourire se fit plus mauvais, elle faisait vraiment peur à voir et peu de gens l’avaient vu ainsi enfin peu de gens s’en étaient sorti après avoir vu cette tête plutôt. Il se prit encore quelques coups dont un coup de genou dans le ventre avant de se faire jeter sur le coté. La réputation de la Leone n’était plus à faire, elle savait se battre et savait aussi frapper aussi fort qu’un mec, voir un peu plus fort que certains.

- Désolé maintenant ça risque de faire un tout tout petit peu mal … Tu veux un bisou ?

Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres désormais plus tirés en un sourire. Elle fit quelques pas dans son champ de vision tel un félin enfermé en cage depuis trop longtemps et prêt à s’amuser avec sa proie avant de la dévorer.

- Sinon comment ça se passe d’ailleurs ? Tu as décidé de me faire encore milles misères, de jouer puis de te barrer ?


Les souvenirs de Budapest lui revinrent en tête, elle l’attrapa encore par le col et lui colla une bonne gifle. Ca faisait trop longtemps qu’elle en rêvait de celle la

- Tu peux m’expliquer ce qui cloche chez toi ? Je ne suis pas un jeu bordel ! Qu’est ce que je t’ai fait pour être traitée de la sorte merde ! Tu pouvais juste dire merci et te barrer à l’hôtel et encore j’attendais même pas de merci. Savoir que tu te baladais dans les rues en restant pour moi un putain d’Auditore ça m’allait !

Et elle le secouait encore et encore, et elle criait en lâchant un flot d’injure incontrôlable alors qu’elle avait juste envie de le massacrer mais elle s’était encore faite avoir, ce mec lui avait fait son regard de chien battu ou elle ne sait quoi d’autre et voilà qu’elle se retrouvait paralyser encore. La rage se dissipait pour laisser la tristesse remonter, c’était comme si chaque émotion se succédait pour sortir et la laisser enfin en paix. Elle le relâcha et s’éloigna un peu sentant même les larmes lui monter aux yeux. Ca serait le bouquet de pleurer devant lui, elle lui tourna le dos faisant mine de regarder les environs. La colère redescendait à chaque larme qui roulait sur ses joues mais elle contenait l’envie de regarder le brun et lui dire « t’es content de voir ça ? C’est ta faute ». Elle préférait milles fois passer pour la fille grossière et bagarreuse comme toujours. Elle souffla profondément plusieurs fois mais rien n’y fit, elle était complètement en proie à l’angoisse. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait tout comme leur dernière mission commune et ça l’a paniquait, elle n’avait rien dit durant les derniers temps mais Ox avait réussit à ébranler son assurance. C’était bien la première fois qu’elle était si paniquée et elle ignorait bien si elle arrivait à le cacher. Elle soupira encore et encore en se rongeant les ongles, le silence également commençait à se faire long et à la rendre malade.

- Y avait un type tout à l’heure.. Il m’a fait signe je pense il est lié à ce qu’il se passe, il était par la bas mais tu m’as coupé la route en arrivant.. Je pense le reconnaître assez vite..


Elle posa son regard sur le jeune homme et compris. Idiote comme elle était elle s’était retournée en pleurant encore sans faire attention pour montrer l’endroit ou le type c’était tenu. Elle essaya de sourire ne serait ce qu’un peu mais ce n’était pas très convainquant.

- Ca va je sais que c’est moche à voir… Mais t’es bien partis de l’hôtel avant de voir ça donc tu dois t’en douter…


Mizeria se sentait plus que pathétique et ça ne la fit que pleurer un peu plus silencieusement, après tout elle n’était pas chez elle comme à son retour de Budapest. Elle ne pouvait pas hurler de douleur qu’on l’avait mal menée et qu’en plus un méchant type venait de voler son cœur puis de le piétiner un peu plus qu’il ne l’avait déjà été.
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Rai Nagafuse
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 24 Fév - 23:35

  • Rien qu'au sourire qui s'afficha presque immédiatement sur les lèvres de Mizeria, Rai su qu'il allait passer un bien mauvais quart d'heure. Il ne put que détourner le regard silencieusement, restant parfaitement immobile. S'en aller en courant ? A quoi bon ? Cette demoiselle le retrouverait bien forcément, dans cette dimension ou dans une autre... Elle se releva tout d'abord et s'approcha de l'Auditore en commençant à enlever la poussière sur les vêtements de celui-là. Une lueur d'espoir semblait se dessiner à l'horizon, comme s'il y avait une chance qu'elle ne le passe pas à tabac, mais le mafieux se doutait que cela n'était qu'une façade... En effet, la blonde passa rapidement aux gestes. Elle attrapa le col du criminel rapidement, trop pour qu'il ne puisse réagir s'il l'avait voulu. De toute façon, il n'avait pas la volonté de résister... Il se retrouvait là, balancé contre son passé, contre cette fille qui hantait ses nuits autant que ses parents auparavant, sinon plus. L'envie de la voir, de la serrer contre lui se faisait de plus en plus forte, de plus en plus irrésistible... Mais le gardien du désert ne cédait pas, ne devait pas céder. Le poing qu'il reçut en plein visage le ramena bien vite à la réalité. Puis ce fut le genou de la Leone qui vint percuter l'abdomen du ténébreux à plusieurs reprises. Il serra les dents, se contentant tout simplement d'encaisser avant de laisser celle qui devenait mais avait finalement toujours été son ennemie le lancer par terre.

  • Suite à cela, Rai se redressa en position assise, laissant ses mains sur le sol. Il fixa la jeune femme, dans un premier temps. Elle avait l'air d'une folle... Mais des fous, l'Auditore avait l'habitude d'en côtoyer. Travailler dans le milieu du crime organisé n'aidait strictement pas sur ce plan là, surtout lorsque l'on voulait lutter face à la force grandissante des Van Sidéris. Cependant, les paroles que prononça alors Mizeria sonnèrent bien plus fort que le précédent coup de poing dans l'esprit du Nagafuse. Par la suite, la gifle qu'elle lui infligea ne fit qu'accentuer cet état de trouble dans lequel il venait d'être plongé. La tête inclinée sur le côté, il regardait le sol dans une expression de mélancolie et de tristesse. Le monologue de la Leone ne le choqua pas vraiment. A vrai dire, il s'attendait surtout à ce qu'elle lui dise quelque chose du genre... Le gardien du désert, cependant, ne pouvait pas s'empêcher de demeurer pensif. A quoi donc cela servait-il qu'il tente de rendre le Monde meilleur s'il n'était pas capable de rendre ses quelques proches heureux ? Son instinct de manipulateur lui soufflait d'en finir avec elle sur le champ. L'occasion était belle : d'un seul coup, utilisant ses flammes, il pourrait s'incruster dans ses souvenirs et la forcer à mettre fin à ses jours. A cette distance, la hors-la-loi ne pourrait certainement pas s'en sortir, peu importerait ses réflexes. Mais pourtant, le garçon n'en fit rien. L'envie de tuer cette conseillère ne le prenait pas, et quand bien même elle l'aurait pris, il n'aurait pas pu réaliser le geste fatidique.

  • Par la suite, Mizeria le relâcha. Suite à un flot d'injures toutes plus méchantes les unes que les autres, elle se retourna et s'éloigna un peu, laissant l'Auditore immobile sur le sol. Sa joue avait rougie, laissant la marque claire de la main de la blonde... Rai leva son regard sur la silhouette de celle-ci, parfaitement silencieusement, attendant tout simplement le verdict. S'il devait mourir ici, il préférerait largement que ce soit de la main de cette chère jeune femme... Ironiquement, même lui, qui possédait de si grands désirs, de si grandes envies, ne pouvait que se résigner à mourir. En réalité, il pensait que depuis les évènements du Budapest, et ce jusqu'au moment où il pourrait lui rendre la pareille, sa vie lui appartenait. Toutefois, lorsque la mafieuse se retourna, le Nagafuse resta de marbre devant les larmes de la demoiselle. Elle lui indiqua une direction, mais lui ne sembla pas y prêter attention. Il écouta simplement les paroles de cette fille qui paraissait totalement perdue, et qu'il avait fait souffrir. Sans réfléchir, il se releva, bien que ses gestes, sur le moment, aient été plutôt lents. Le ténébreux s'avança jusqu'à son interlocutrice et il essuya ses larmes d'un geste maladroit de la main avant de chuchoter doucement :

    -Désolé.

  • Sans un mot de plus, Rai se tourna à nouveau, en direction de l'endroit qu'avait indiquée Mizeria. Ces trois syllabes qu'il venait de prononcer pouvaient paraître banales, mais elles ne l'étaient pas pour lui. C'était presque une première... Reprenant son calme et remettant son masque d'indifférence, celui qu'il portait la plupart du temps, il se mit à marcher pour tenter de découvrir quelque chose qui leur permettrait de sortir de cette peinture qui risquerait de devenir bien rapidement un enfer.

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Mizeria K. Balogh
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 28 Avr - 22:12

Juste un désolé et un geste un peu maladroit. Elle crut s'effondrer, tomber à genoux. Elle aurait du être contente non ? Se dire qu'il avait à peine de considération pour elle, puis qu'au moins elle pouvait désormais le remettre dans la case ennemi, mais non. La réaction du brun était comme un coup de massue sur sa tête, comme une aiguille qu'on lui enfonçait en plein cœur. Elle ne voulait pas une petite excuse et ça, non elle voulait qu'il lui dise qu'elle se trompait, qu'il avait des sentiments pour elle mais ne voulait pas l'avouer, qu'il l'avait embrassé parce qu'il tenait à elle au fond de lui. Au lieu de ça c'était comme si il avait fait une bavure en l'embrassant. Puis ils étaient dans une autre dimension cette fois, ils n'étaient pas obligés de jouer au policier et au voleur, personne ne les verrait fricoter ensemble, le jeune homme pouvait agir en toute sécurité. Elle sentit son ventre se tordre et les larmes monter à nouveaux alors qu’il s’éloignait à la recherche d’un moyen de sortie. Elle le laissa un peu profitant de son manque d’attention pour elle, il fallait trouver un moyen de sortir de la après tout et vu son état elle ferait mieux de laisser ses sentiments de coté, une fois dans leur vrai monde elle déciderait de le jeter aux oubliettes définitivement ou pas. Mais pourquoi attendre aussi ? Autant le faire tout de suite si possible. Après tout elle pouvait le planter la, ou simplement l’attacher ici et s’en aller seule. Ainsi elle effacerait toute trace de lui et ça serait bien fait pour lui.

La blonde se tapota un peu les joues, elle s’était dit d’arrêter d’y penser mais elle était repartie dans ses réflexions alors que le brun s’éloignait déjà. Ca n’allait pas se passer comme ça. Elle enflamma sa bague et la planta dans sa boite de stockage, vu son humeur au tant se passer les nerfs au plus possible et pour ça elle ne connaissait rien de mieux que le combat rapproché. Ses poings américains allongés d’une lame à la main elle suivit le brun et le rattrapa d’ailleurs rapidement. Elle savait ou elle allait et elle était déterminée à régler cette sale affaire au plus vite. Les gens ou plutôt personnages du tableau la regardait étrangement, la jeune fille ne voulant pas s’encombrer d’un talon cassé avait laissé ses chaussures derrière elle. Les pavés de la place étaient brulants mais elle s’enfila rapidement dans une ruelle se fichant complètement de Rai. Si ils étaient ici et tous les deux ce n’étaient pas pour rien. De loin elle n’avait pas bien vu leur présumé « kidnappeur » mais elle aurait presque parié sur un associé d’Ox. C’était presque sur vu l’idée de dérangé bien qu’ils ignoraient tous deux ce qu’il leur était réellement arrivé, et ça les concernait les deux, puis les ramener ici c’était montrer que leur vie était connue, une façon de les menacer et une autre de jouer comme le savant fou adorait. Elle repensa aux épreuves qu’elle avait du passer et en eut la chair de poule. Si elle avait pu achever Ox de ses mains peut être aurait elle oublier plus vite, chaque sensation désagréable serait partie à chaque morceau qu’elle aurait découpé de lui. Mais il était trop tard maintenant, restait son complice si c’était le cas et elle s’en ferait une joie. Maintenant il restait à se sortir de la peu importe le piège et le jeu qui leur était imposé.

Les rues étaient très fraiches, elles étaient semblables à leur vraie ville en tout point donc elle n’avait aucun mal à se diriger à travers la ville évitant les lieux de passage abondant et les mauvais coins. Elle réfléchissait en allant à droite à gauche, marcher lui évitait de s’énerver sur place même si ça l’éloignait de son but, ils ne devaient pas avoir en plus de compte à rebours sinon leur hôte se serait fait une joie de leur dire pour les faire stresser.
Sa longue robe noire se soulevait a un rythme régulier jusqu’à ce qu’une bourrasque violente surgisse à un tournant. Elle pesta un instant en essayant vainement de démêler à peine ses cheveux puis tiqua sur le nom de la rue. Un éclair de génie si on peux le dire la frappa. Si il s’agissait d’eux, le plus simple était de taper dans ce qu’ils avaient de commun et ici il n’y avait pas mieux que leur première mission ! Ox y avait fait allusion qui plus est. Ca faisait un moment qu’elle ne s’était pas préoccupée du brun et elle ne pensa pas à vérifier si il était derrière ou continuait sa route, elle partit en courant vers l’appartement de leur première cible commune. Si cette fois ils étaient ennemis c’était au premier arrivé et elle en avait rien à faire de se mettre les pieds en sang pour ça.

Elle ne prit aucune pause et arriva devant le petit immeuble en 5 minutes. Après tout Venise était une toute petite ville et par chance il semblait bien que tous les bâtiments étaient tels que dans leur monde. Cette fois ci elle ne chipota pas sur son entrée et s’arrangea pour passer la grille. C’était presque classe avec la robe de soirée, presque une sorte de James Bond Girl improvisée mais elle n’avait pas le temps de s’amuser sur ça. Elle monta les escaliers, évitant de superposer ses anciens souvenirs à chaque marche qu’elle faisait. L’ombre si particulière de Rai au premier regard ne fit qu’un bref passage devant ses yeux, elle ne voulait pas repenser à lui maintenant, son cœur se serrait dés qu’elle pensait à lui.

La porte ne fit pas long feu et elle eut juste le temps d’esquiver un lancé de couteaux. L’homme mystérieux qu’elle avait vu rire à son arrivée se tenait la, en face d’elle et il se marrait toujours autant. Son sang ne fit qu’un tour, il allait passer un sale quart d’heure si il se foutait d’elle. Du moins si elle se calmait un peu, a trop s’énerver et se presser elle ne faisait plus attention à rien. L’inconnu ne semblait pas du genre fair play et lançait déjà d’autres couteaux, première vague esquivée, deuxième vague moins bien même si elle avait réussit à se rapprocher. Un couteau manqua de s’enfoncer au niveau de la taille mais par chance il ne lui fit qu’une grosse coupure en se décalant à peine. Un petit flot d’injure s’échappa de ses lèvres, elle était terriblement proche de lui tomber dessus. Au final l’homme profita de la situation et la fit tomber à la renverse pour la bloquer au sol. Décidément c’était la fête aujourd’hui, un vrai ascenseur émotionnel ! Passer de l’énervement, au soulagement, à la tristesse, à la joie de comprendre les choses, et à la rage de se faire avoir comme une idiote. Et il se foutait encore d’elle, encore plus ce qui lui donnait des envies de massacre.

Il aurait pu la tuer la, il suffisait d’un rien. Mais en bon méchant tordu il se devait de jouer encore et se pencha vers elle. Un sentiment de dégout envahit la Leone qui essayait désespérément de bouger.

« - Un seul de vous peux revenir à la réalité. Libre à toi de faire la compétition avec l’Auditore ou de garder l’avantage. »

Cela la surpris un peu, elle ne savait pas si il mentait ou pas mais un énorme doute la stoppa net. A cause de lui ils allaient peut être vraiment s’entretuer ... Peut être allait elle encore perdre, parce qu’au fond elle s’était attachée à Rai elle ne pouvait le nier, quelque chose en elle le réclamait sans cesse. Et si elle le tuait, elle balançait tout ce qu’elle avait fait avec Ox ? Elle se serait donc débattue, blessée juste pour le tuer de ses mains ? Et en plus elle s’abaisserait au niveau de toutes ces ordures, au niveau de son oncle… La nouvelle l’avait comme assommée et avait réveillé ses pires craintes.

« - J’ai laissé une carte dans la chambre du petit. Tu sais celui que tu n’as pas pu sauver.. Bonne chance Leone. »


Il la relâcha et fila par la fenêtre, l’air de rien, et elle ne bougea pas. Elle resta allongée par terre à regarder le plafond. Sa tête allait trop vite, sa hanche la lançait trop, son amour pour la vie devenait étrange, ses sentiments pour Rai prenaient trop de sens aussi… Tout n’allait plus mais dans cette tornade de sentiments elle garda une seule conviction. Si seulement quelqu’un devait sortir de la, ça serait Rai. Elle se débrouillerait pour le laisser partir et resterait ici, ça irait, au pire elle finirait par mettre fin à sa vie d’elle même, au mieux en refaire une autre. Oui ça irait parfaitement. Le beau brun serait en vie, évoluerait comme toujours, et Mizeria lui offrirait une dernière faveur, un dernier cadeau et elle ne céderait pas à ses pires démons. C’était toujours ça, penser au positif, au bonheur des autres même si la peur d’être seule la terrifiait. Elle ferma les yeux pour ne pas encore pleurer même si sa résolution était désormais inébranlable.
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Rai Nagafuse
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Sam 27 Juil - 13:08



  • Rai marchait lentement, mécaniquement, en direction de l'endroit que lui avait indiqué la demoiselle. Si son corps était là, présent, et progressait, son mental lui était ailleurs. Bien ailleurs. Il songeait à Mizeria, tout simplement. Cette fille qui, peu-à-peu, avait réussi à briser toutes les barrières de froideur et de distance qu'il s'était volontairement imposé par rapport aux autres hommes. Cette fille qui semblait vouloir devenir importante pour lui, sans même qu'elle n'ose ne le lui dire. Cette fille, au final, qu'il désirait ardemment et plus que tout au Monde. A côté, même son rêve de créer un Monde juste et sans crime paraissait fade, idiot, inutile. Puéril. Oui, c'était cela. Son attitude, sans même que le Nagafuse ne s'en rende compte, était devenu puérile. Pourquoi éloigner volontairement cette jeune femme, qui devrait forcément comprendre ses intentions, son but, s'il devait le lui dire d'ailleurs ? Elle était l'ennemie des Auditores, donc le fait qu'il les trahisse à un moment ou à un autre ne devait pas forcément la gêner non plus, non ? Mais il était vrai que même si elle ne dirait rien aux criminels, elle risquait de le dire aux Leone, ou à ses amis proches. Le bruit pouvait s'accroître et finalement, le ténébreux pourrait être découvert. Non, sur ce point-là, le brun savait qu'il n'avait aucun tort en gardant un minimum de distance. Tout ce qu'il avait réalisé depuis son entrée dans la mafia avait été plus ou moins dangereux, mais si jamais ses camarades apprenaient ce qu'il voulait faire à l'avenir... Il ne donnait réellement pas cher de sa peau. D'autant plus que le combat était bien loin d'être son fort, l'un de ses atouts. Il était bon en stratégie, mais face à des brutes épaisses comme l'on pouvait facilement en trouver dans les rangs de cette famille de hors-la-loi, il ne pourrait tout simplement rien faire. Tout cela risquait un peu plus à chaque seconde de l'amener à la mort, alors le plus sage était naturellement de rester mentalement et affectivement éloigné de qui que ce soit. Le mafieux pensait alors avoir renoncé à tout ce que lui procurait sa jeune ennemie, mais lorsque cette dernière passa à ses côtés, il se sentit comme frissonner. Voir sa silhouette progresser ainsi, devant lui, l'envoûtait tout simplement. Fermant les paupières, il poussa un soupire discrètement pour se donner un peu de courage et se mit alors à la suivre, la laissant guider ses pas sans vraiment réfléchir. Elle voulait de toute façon sortir tout autant que lui de cette dimension... Et elle était, de surcroît, la seule en qui il pouvait, pour le moment, avoir pleinement confiance. Le jeune homme ne savait pas pourquoi il pensait cela, mais il en était, au plus profond de lui, persuadé.

  • Et c'est alors que Mizeria se mit à courir, sans crier gare. Avec surprise, Rai se contenta de un premier temps de la regarder partir. Mais il pensa rapidement que la perdre de vue au milieu d'une Venise dans une autre dimension où l'on était susceptible de les attaquer d'un moment à un autre était loin d'être une bonne idée. Après tout, celui qui les avait fait venir ici, plus ou moins inconsciemment, devait être quelqu'un d'assez doué dans l'utilisation des flammes. L'illusion dans laquelle ils étaient plongés, si c'en était bien une, était assez performante pour pousser dans leurs retranchements une conseillère et un gardien de deux familles puissantes et importantes. Le Nagafuse, sans plus perdre de temps, se mit donc à la suivre aussi rapidement que possible, même si par moment, les hommes qui se mettaient sur son chemin ralentissaient sa progression. Fort heureusement, il y avait bien moins de monde dans les rues qu'ils empruntaient désormais que dans les précédentes, mais la population pouvait tout de même se montre embêtante... Et par chance, le ténébreux parvint à voir sa jeune amie entrer dans un immeuble non loin de là. Il la suivit aussi vite que possible, et monta les escaliers à sa suite, se repérant par rapport aux bruits de pas de la demoiselle. Car en effet, malgré le fait qu'il l'ait poursuivi aussi vite que possible, il avait perdu un peu de temps pour passer la grille, étant physiquement plus large et plus grand que la Leone. Et lorsqu'il arrive à la salle dans laquelle elle avait pénétré, il vit du coin de l'oeil un homme passer par la fenêtre. Il s'enfuyait, sans doute. Avant d'arriver, le jeune brun avait cru entendre des éclats de voix, mais n'avait pas pu discerner les paroles avec précision. Ainsi, légèrement inquiet, le hors-la-loi se dirigea vers Mizeria désormais un peu plus calmement, étant donné que celle-ci était allongée. Il prit la parole doucement :

    -Tout va bien ?

  • Le brun alla se mettre à côté de la jeune femme et lui tendit sa main pour qu'elle l'attrape et se relève plus aisément. Rai détourna alors son regard, légèrement gêné par ce geste amical qu'il n'avait vraiment pas l'habitude d'effectuer. Non, ce masque de gentillesse ne lui allait vraiment pas. Non pas qu'être agréable ne lui plaisait pas, mais bien qu'étant donné qu'il avait pour habitude d'être froid, le Nagafuse ne savait pas vraiment comment agir avec ceux qui se devaient d'être des amis... Ou plus, dans le cas de la jeune femme.


Désolé du temps de réponse, de la longueur et de la qualité ;w;

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Mizeria K. Balogh
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 20 Oct - 20:34

Mizeria était perdue dans la contemplation du plafond, les paroles de leur ravisseur passaient en boucle dans sa tête. Maintenant qu’elle avait fait son choix elle devait l’appliquer.. Mais c’était comme si la moindre personne qu’elle connaissait de son vrai monde venait lui mettre une gifle en pleine figure, comme si la moindre action et habitude qu’elle a devenaient des aiguilles qu’on lui enfonçait profondément dans les entrailles. Oui elle se sentait tiraillée. Désespérée de tout laisser mais attirée par l’éventualité de sauver le brun et de rester ici à reconstruire une autre vie… Une voix la sortit de ses songes. SA voix. Ses yeux tournèrent doucement vers Rai et le suivirent.. Pour sur ce mec était un salaud décidément, et elle se sentait comme une gamine dans un film bonne à gifler car elle est tombée amoureuse du Bad Boy par excellence. Le genre de mélodrame qu’elle déteste, mais que maintenant elle vivait. Et son prince maléfique lui tendit la main en prime ! L’espace d’un instant elle pensa que toute leur histoire était vraiment une mauvaise blague…

Elle regarda sa main, puis lui. Il semblait si gêné que son cœur se serra une nouvelle fois.. Mais elle ne pouvait pas craquer à ce stade la, pas avec ce qu’elle devait réaliser. Alors à contre cœur elle l’ignora et se releva. La jeune blonde sortit son masque d’indifférence, sa carapace si rare.

«  Tout va très bien. Le type que j’ai vu à mon arrivée était ici.. »

Des larmes elle était passée à un ton assuré, tour de maitre mais le brun était bon aussi dans son genre alors elle continua dans sa lancée. Pour s’aider elle repensa à son humeur à leur arrivée, autant avoir l’air encore énervée il ne chercherait pas plus. Et elle pouvait bien lui en vouloir encore, depuis qu’il était entré dans sa vie tout avait été plus compliqué. Ironie du sort ils avaient été conduits pile au même endroit de leur rencontre.

« D’ailleurs cet enfoiré est plutôt fort.. Mais dans sa bonté il a dit avoir laissé quelque chose pour nous. Histoire qu’on fouille encore une fois cet appartement surement.. Tu sais ceux que tu as tué »

Ces mots étaient durs et lui faisaient aussi mal à prononcer qu’à imaginer pour le brun. Elle ne le ménageait pas pour rajouter à son air de colère mais en vrai elle aurait fait la fête à n’importe qui d’autre qui aurait parlé de la sorte… Un micro soupir échappa de ses lèvres et elle repensa aux paroles de l’individu. La chambre du petit. La blonde devait donc l’en éloigner et monter une magouille.

« Et bravo aussi, tu l’as fais fuir avant qu’il me dise ou. Donc fous toi au boulot et cherche. »

Son ton était cassant et elle le regarda avec un air de reproche avant de se diriger vers le couloir. Elle entra dans la chambre du petit et en claqua la porte… Première victoire en quelque sorte. Miz’ tendit l’oreille pour s’assurer que le brun commençait bien à chercher de son coté, une fois cela vérifié elle fila chercher le fameux plan. C’était vraiment comme un mauvais flashback de rouvrir tous les tiroirs et placards. De fouiller le moindre recoin. Et comme pour continuer l’ironie du sort elle trouva le plan. Sur ce qui avait fait du mal à Rai avant, les dessins du petit à son père. Elle se mordit la lèvre en le prenant dans ses mains. Bien qu’ils soient ennemis il semblerait qu’il faille toujours un cinglé pour venir leur faire du mal psychologiquement. L’Auditore et elle avaient déjà bien subi avec Ox, et ca ne faisait que continuer. Si c’était tout ce qui les attendait alors  elle avait raison de s’écarter de Rai et de tout le reste de la mafia. L’idée de rester la lui paraissait encore et toujours plus douce.

Elle examina le plan, la clé pour sortir était la, tout indiquait une espèce de porte pour repasser de l’autre coté. Après elle doutait que ça soit si simple… Elle avait du en découdre dans les épreuves de Ox. Mais au final c’était le brun qui s’en était le mieux sortit alors elle n’avait pas à s’en inquiéter.

La blondinette ébouriffa sa mèche de cheveux comme à son habitude et ferma les yeux. Elle devait se débarrasser du brun maintenant. Sinon elle ne filerait jamais assez vite dans les rues. Sa tête fonctionna quelques instants avant qu’elle ne prenne un autre dessin et le plie en 4. Les paroles du nouveau fou l’avaient aidée, si elle devait faire la compétition avec le brun selon lui pour trouver la carte alors pourquoi pas donner une carte à chacun et que chacun se débrouille ? Son plan à elle était en place. Elle fixa le bon plan et son faux plan plié à elle et souffla un bon coup. Il était temps de commencer la pseudo course.

Mizeria tourna les talons et d’un pas décidé ressortit de la chambre.

« J’ai le plan. »

Elle chercha le brun dans l’appartement jusqu’à se planter devant lui. Elle serra son faux plan dans sa main et plaqua le vrai contre le torse de l’Auditore avec un air de défi.

« Mais maintenant c’est chacun pour soi. J’ai le mien, tu as le tien et tu te démerdes. »

La Leone le fixait, ses mots disaient bien qu’elle allait partir comme ça se lancer à la poursuite de la sortie mais son corps ne bougeait pas. Malgré son air calme son cœur tambourinait dans sa poitrine. C’était comme si il voulait crier au scandale et à l’arnaque. Elle en évita d’être trop collée à lui, le lui faire sentir l’alarmerait et elle s’en mettrait en danger. Cependant même si elle devait fuir elle ne le fit pas.

Elle attrapa le col du brun et l’attira à lui pour échanger un baiser fougueux. Elle y mit tout ce qu’elle ressentait, que cela soit sa curiosité, son affection pour lui, sa colère, son indignation, ou sa volonté de rester près de lui. Elle laissa la note de regret à peine transparaitre pour laisser toute la place à son amour. Même elle ne comprenait pas trop, d’ou il venait et pourquoi il était la. Elle aurait bien aimé l’enfermer et le jeter derrière elle cet amour trop ennuyant et douloureux, mais c’était impossible, Rai revenait sans cesse… Il laissait son emprunte sur elle depuis le début. Que ça soit son regard douloureux, sa fragilité à peine dévoilée, son assurance sécurisante, sa gentillesse bien enfouie, son adorable maladresse si rare.. Tout était la depuis un petit temps déjà.. Et à l’heure des adieux tout lui paraissait merveilleux.

A contre cœur elle se détacha de lui, elle n’allait pas l’asphyxier quand elle lui offrait la liberté. Un sourire sincère et bien à elle éclaira son visage un instant.

« Bonne chance »

Mizeria disparu ainsi, sur deux mots qu’il pouvait associé à leur course mais qui pour elle étaient un encouragement pour tout ce qu’il souhaitait. Elle dévala les escaliers, repassa le portail et fit une course effrénée dans les rues de Venise. Ca évacuait toute sa rage, toute cette peine qui lui faisait tourner la tête. Elle ne regardait même plus ou elle allait, elle courait juste tout droit jusqu’à ne plus pouvoir et s’arrêter.

« Tout est fini maintenant. » Ces mots résonnaient lourdement dans sa tête alors qu’elle se laissait glisser contre un mur dans l’espoir de pouvoir enfin déverser toutes les larmes qu’elle avait.
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Rai Nagafuse
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 20 Oct - 22:10



  • Rai avait donc tendu sa main à la demoiselle, pour l'aider à se relever, intrigué et gêné par la tournure que la situation semblait s'amuser à prendre. Tout cela commençait réellement à le fatiguer... Du jour au lendemain, lui, l'un des plus grands manipulateurs que la Terre ait porté, calculateur par excellence, avait finalement découvert son talon d'Achille : la demoiselle qui était allongé à même le sol, à ses côtés. Et c'était d'ailleurs par un concours de circonstances tout à fait malsain que Mizeria finissait toujours par revenir vers lui, comme s'il n'était ni plus ni moins qu'un aimant. Enfin, pour le coup, c'était peut-être bien la jeune femme, l'aimant. Ce dont il était sûr, au final, c'était que l'un comme l'autre, ils étaient fatalement amenés à se revoir, jour après jour, comme si le destin voulait faire deux des personnes liées, totalement. Mais le Nagafuse n'en avait pas le droit, et il l'avait décidé depuis bien longtemps. Pour le moment, il souhaitait travailler main dans la main avec la Leone, mais ça n'était que par intérêt : il lui fallait à tout prix sortir d'ici, et à deux, ils ne pourraient qu'être plus performants et plus efficaces pour trouver une sortie. Ainsi, une fois de retour dans le bon vieux monde réel, il comptait bien ne plus jamais croiser sa route et, si tant est que ce soit parfaitement nécessaire, il pourrait bien mettre fin à sa vie. L'idée lui déplaisait tout particulièrement, et il savait d'ores et déjà que cela risquait de détruire pour de bon le soupçon d'humanité qui demeurait au sein de son être perverti par la vengeance et les divers méfaits, mais il n'avait tout simplement pas le droit à l'erreur. Alors si pour réussir et atteindre son objectif, il devait se salir les mains avec le sang trop pur de la jeune femme... Il le ferait. Du moins, c'était l'idée qu'il s'était faite à ce moment-là. Une idée certes emplie d'une détermination inébranlable, mais qui restait malgré tout une idée : le fait que son interlocutrice refuse tout simplement son aide pour se relever le poussa à se questionner sévèrement sur cette dernière. Abaissant sa main pour laisser son bras pendre, un peu hébété par une telle réaction, il l'écouta prendre la parole dans un sermon improvisé mais plutôt réussi.

  • Mizeria vint appuyer avec férocité sur les méfaits du jadis de Rai. Après tout, c'était ici le lieu de leur première rencontre... Elle était donc bien placé pour savoir ce qu'il avait fait de mal à cet instant précis. Cependant, ce qu'il avait fait alors, le garçon n'en était absolument pas fier. Être amené à tuer de lui-même, ce n'était déjà pas quelque chose qu'il appréciait particulièrement. Il préférait généralement s'en passer, utilisant sa flamme qui lui convenait à merveille pour manipuler telle ou telle personne par la manipulation de ses souvenirs. En effet, si le gardien des Auditore avait bien compris une chose au fil des ans, c'était que l'être humain, aussi pur soit il, pouvait toujours être corrompu. Il n'y avait absolument aucune exception à cette règle : aussi changer tous les souvenirs d'un homme pouvait le faire passer du plus adorable des agneaux au plus sanguinaire des malades mentaux. Sauf que voilà... Non seulement, le jour de leur rencontre, le Nagafuse avait du tuer un homme et se salir les mains, mais il avait en plus tué son enfant... Et ça, tuer un enfant, c'était, même aux yeux du criminel, quelque chose d'évitable à tout prix. Néanmoins, c'était triste à dire et même à songer, mais si la mort d'un gosse pouvait permettre au mafiosi d'avancer dans ses projets, alors c'était largement rentable. Même si cela n'était pas du tout concevable pour des personnes comme Mizeria, et ça, le gardien le concevait réellement. Quoi qu'il en soit, celui-là fut déjà frappé par le douloureux souvenir du môme, mais la demoiselle ne comptait visiblement pas s'arrêter là puisqu'elle lui imputa également la faute de la fuite du fautif, de celui qui les avait emmené dans ce piège assez peu commun. Il se surprit alors à rester silencieux et immobile, et même à détourner son regard. Aucune animosité, aucune réaction vive, juste un passif écœurant. Cette demoiselle était vraiment la seule à pouvoir le placer dans cet état d'idiotie outrancière et insupportable. Et c'était en cela par dessus tout qu'elle était son talon d'Achille.  

  • Puis, assez soudainement, elle se retira, s'en allant dans un couloir en lui ordonnant presque de chercher également. Poussant un soupire, le teint légèrement livide, Rai se recula jusqu'à heurter une armoire contre laquelle il s'adossa. Sa main tremblait, son cœur battait. Il se sentait étrangement... humain. Il avait l'impression morbide d'avoir raté l'intégralité de son existence depuis sa rencontre avec la jeune femme, comme si tout était parti de travers. Il se frotta les cheveux rapidement et secoua la tête, revenant à l'instant présent. Il ne devait pas flancher. Pas encore. Il ne pourrait se le permettre qu'après être sorti de là : même si lui en viendrait peut-être à abandonner toute chose du Monde réel, Mizeria, elle, devait à tout prix y retourner. Cela ne serait finalement qu'un simple paiement en échange de tout ce qu'elle avait pu faire pour lui depuis le début. C'est donc en reprenant légèrement plus de conviction que le Nagafuse se retourna pour attraper un livre sur l'étagère, cherchant un plan sans savoir quoi que ce soit de plus. Il le lança par terre en constatant qu'il était vide et recommença avec deux autres ouvrages, toujours sans succès. Ouvrant un tiroir rempli de clés et d'objets en tout genre, le garçon continua ses recherches qui se révélèrent cependant toutes parfaitement infructueuses. Il fut donc plus ou moins soulagé d'entendre sa coéquipière du jour revenir de ce qui devait être la chambre du gamin, rassuré de ne pas devoir balancer l'étagère par terre pour chercher une hypothétique carte dont il ne connaissait même pas le contenu. Quoiqu'il en soit, la Leone vint se planter devant lui et il lui fit donc face, d'un air calme et aussi impassible que possible, bien qu'une infime lueur de regret puisse être perceptible dans ses yeux. Elle frappa son torse en y plaçant un plan, conservant l'autre. Légèrement surpris, l'Auditore le prit lentement et baissa à nouveau la main en le tenant silencieusement et en écoutant la jeune femme sans rien répondre. Elle déclara que leur coopération était terminée, à présent, et qu'ils n'avaient plus qu'à se séparer pour rentrer chacun de leur côté. Rai, toujours immobile et silencieux, ne répondit rien à cela. Il ne savait pas trop pourquoi elle avait changé aussi subitement de masque, mais n'en avait que cure. Après tout, lui aussi lui mentait depuis leur rencontre : pourquoi ce privilège lui serait-il réservé ?

  • Ce que vint faire Mizeria, cependant, acheva de le plonger dans l'incompréhension la plus brutale et totale. En effet, sans crier gare, la demoiselle l'attrapa sauvagement par le col et le tira vers elle, l'embrassant soudainement avec une passion effroyable. Tout d'abord grandement surpris, Rai écarquilla les paupières mais en se laissant faire assez docilement. Après une ou deux secondes, il ferma lentement les yeux et lui rendit son amour, sans vraiment savoir ce qu'il faisait. Son cerveau lui intimait l'ordre le plus bref d'arrêter cela et de reprendre son masque de froideur mais son cœur, lui, l'en empêchait tout simplement. Encore un peu. Et ce fut bien trop tôt au goût du Nagafuse que la Leone se retira lentement, lui souriant avec une sincérité touchante et dont l'Auditore n'avait plus eu droit depuis bien des années. Elle lui souhaita bonne chance et, comme la bourrasque qui était venu perturber la ligne de sa vie, s'en alla subitement, le laissant planté là les bras ballants, incapable de dire ni de faire quoi que ce soit. Pourquoi ? Pourquoi une demoiselle apparemment si banale en venait-elle à réduire en cendre ses motivations, à piétiner ses sentiments, à le forcer à changer et ce, avec une telle sincérité ? Pourquoi lui, qui souffrait et faisait souffrir depuis des lustres, avait-il soudainement droit à une douceur et à une source de réconfort donc chaque homme rêve ? Et pourquoi fallait-il que c'était lorsqu'il avait le plus envie de la voir que la conseillère ne s'en aille ? Trop, c'est trop. Elle n'avait pas encore quitté l'immeuble qu'il s'élança à sa suite. Il entendait les bruits de ses pas, leurs échos. Le cœur battant à tout rompre, plein d'allégresse comme jamais, le manipulateur se mit à dévaler les escaliers avec une rapidité que lui même ne suspectait pas. Sautant parfois plusieurs marches d'un seul coup, manquant à plusieurs reprises de se tordre lamentablement le talon, il finit par arriver à l'entrée de la construction, juste à temps pour la voir s'en aller en courant un peu après la grille. Il voulut la suivre, une fois de plus. Mais il n'en eut pas le loisir.

  • Un homme sauta soudainement sur lui, de sa droite. En position de victime la plus totale, Rai ne put absolument rien esquiver. Il se fit plaquer violemment au sol et sa tête cogna puissamment contre une dalle en pierre, le sonnant un instant et le faisant même saigner légèrement. Lorsqu'il revint à lui, il reçut presque immédiatement un coup de poing en plein visage, puis un second. Son agresseur s'arrêta alors avec un grand sourire aux lèvres. Il avait profité de la faiblesse du gardien des Auditore pour se placer sur lui et bloquer ses possibles mouvements, mettant ses genoux sur ses bras et s'asseyant sur son torse. Il arborait d'ailleurs un sourire assez dérangeant et désagréable, comme un homme dont les pulsions millénaires seraient soudain exaucées les unes après les autres. Il attrapa les cheveux du Nagafuse avant de tirer sa tête pour l'abattre agressivement sur la dalle de pierre une fois de plus, troublant la vue du pauvre brun qui n'avait strictement rien pu faire pour éviter un tel coup. L'autre prit alors et enfin la parole d'un air hautain, méprisant et amusé :

    -T'imagines même pas à quel point on a galéré pour vous piéger, tous les deux !

    Comment ça, "on" ? Les pensées se bousculèrent dans l'esprit du mafiosi qui en tira rapidement les conclusions : non seulement c'était bien eux qui étaient visés, cette fois-ci encore, mais en plus, leurs adversaires étaient au minimum un binôme. Et vu la tournure qu'avait pris la situation, ils avaient désormais clairement l'avantage. Rai ne savait pas vraiment comment sortir d'une posture aussi délicate. Il avait, en même temps, envie de prévenir la Leone du coup fourré, mais ne le pouvait pas non plus : à l'heure qu'il était, elle avait du disparaître dans le dédale de ruelle que constituait cette étrange peinture...

    -Et dire que ça fait déjà si longtemps qu'on matte cette vraie perle ! T'as pas eu de chance de croiser sa route, parce que tu vas en crever, pauvre type !

    Vous connaissez ce sentiment très particulier de rage désintéressée ? Vous savez, lorsque quelqu'un s'en prend à l'un de vos amis, il vous vient alors une force et un courage sans faille. Selon les personnes, il est plus ou moins important et plus ou moins commun. D'ailleurs, il semble que cette émotion très particulière soit aussi observable chez les animaux : qui n'a jamais vu un chien protéger son ami de toujours ou même son maître, ou encore un buffle foncer droit sur un lion pour protéger le petit du groupe ? Certains l'apparentent à l'instinct de survie et même parfois à un tempérament suicidaire. Personnellement, je le classe plus volonté dans l'ardeur. Une exaltation, une chaleur, un acharnement, un désir, une effervescence. C'est tout cela à la fois. Alors imaginez seulement : comment diable pourrait réagir Rai autrement que par ladite ardeur, lorsque quelqu'un prévoit de faire du mal à la seule personne qui compte à ses yeux et ce depuis de trop longues années ?

  • Avec colère, le Nagafuse vint abattre puissamment ses genoux contre la colonne vertébrale de son adversaire, avec autant de force que possible. L'homme chuta en avant et il enchaîna vivement avec un coup de boule qui frappa le nez de son agresseur. Celui-là retomba alors en arrière, libérant le jeune homme qui se redressa en tirant les deux boites mafieuses de sa poche. Il n'eut que le temps d'allumer sa bague de gardien que déjà l'autre gars, le nez en sang, lui sauta dessus, le plaquant une nouvelle fois au sol. Le hors-la-loi lâcha les deux boites sous le choc mais parvint à rouler pour placer l'autre gars en dessous de lui. Bien mieux placé, il frappa avec une hargne inouïe de son poing droit sur le nez et la joue de l'adversaire, une dizaine de fois d'affilée. Ce n'était plus là du self défense : c'était de l'acharnement. De la rage. Ce ne fut que lorsque son propre poing ôta la vie de l'homme qu'il ne connaissait même pas que Rai songea à s'arrêter. Mais il lui fallut bien une minute de plus pour qu'il n'y parvienne, prit de spasmes irréguliers et d'une intensité tout bonnement effroyable. Son corps et ses habits étaient recouverts du liquide carmin et impur de celui qui était désormais un cadavre, et il se redressa en lui jetant un regard haineux avant de tituber jusqu'à ses boites. Il les attrapa et les rangea dans sa poche avant de chanceler lentement jusqu'au portail. A mi-chemin, il tomba à genoux puis à quatre-pattes et vomit tout ce qu'il put, véritablement dégoûté. C'était réellement la première fois qu'il tuait par amour, et non par "nécessité".


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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 20 Oct - 23:58

Rai était resté derrière, comme abandonné et Mizeria était la dans cette rue quelconque. A pleurer toutes les larmes de son corps. Elle avait l’impression que son cœur avait décidé de mourir sur le champ vu sa trahison. Elle avait du mal à respirer et une irrépressible envie de retourner en arrière. Rai lui avait en partie rendu son baiser il lui semblait, et ça attisait sa curiosité, ça refaisait partir les flammes de ses sentiments. Mais elle ne pouvait pas, elle avait pris sa décision et avait déjà agit. Elle ne pouvait pas simplement retourner en arrière et tout lui avouer, lui dire que ce qu’il avait vu il y a peu était une grosse blague, qu’en vrai elle ne pouvait pas vivre avec lui. Puis aussi pourquoi pas dire qu’elle voulait vivre avec lui, qu’il l’aime, qu’ils filent le parfait amour. L’Auditore lui rirait au nez.. Même si il lui semblait qu’il avait répondu à son baiser, ce n’était pas possible.. Ils étaient ennemis, il l’avait déjà manipulée, ça c’était déjà mal passé entre eux alors au fond il devait bien se foutre d’elle. Le baiser de l’hôtel à Budapest ne s’expliquait toujours pas… Rien ne s’expliquait avec lui d’ailleurs. Et elle avait eu la preuve que crier sur lui ne donnait rien non plus, ni même de le frapper ou de le supplier… Il n’en parlait pas ou avait simplement du mal, beaucoup de mal. Et dans tous les cas rien ni personne ne pouvait lutter contre ça. C’était uniquement lui qui pouvait s’exprimer et montrer la vérité. Elle avait fait sa part depuis le début, elle n’avait pas caché son mauvais caractère, sa ténacité ou encore sa faculté à se lier vite et voir si quelqu’un a souffert. Elle avait été plus que normale avec lui… Et cette normalité l’avait amenée à tomber amoureuse éperdument du brun.

La jeune fille était si mal qu’elle pensait parfois en tomber dans les vapes. Ses idées étaient plus ou moins floues. Oui plus ou moins parce que c’était toujours le même sujet. Rabâché, revu et pas corrigé depuis la Hongrie. Elle retombait bêtement dans son ancienne période d’enfermement, dans sa déprime et cette fois rien ne pouvait l’en sortir, rien ne l’aiderait ou la connaissait ici… Du moins c’était ce qu’elle pensait.

Alors qu’elle était en position recroquevillée, à bout de souffle, un homme s’approcha d’elle. Mais elle ne le remarqua pas, elle voyait presque aussi bien qu’elle respirait… On aurait dit une enfant perdue, pleurant dans un coin incapable de chercher ses parents ou demander. Une pauvre chose sans défense en somme. Et cela semblait intéresser le type qui s’approchait à pas de loups.

Ce n’est que par instinct qu’elle bloqua un coup qui arrivait sur elle, elle n’avait eu que le temps de voir que sa vision s’assombrissait bizarrement. Et en relevant la tête elle ne fut pas déçue. Un jeune homme souriant se tenait face à elle. On aurait pu croire qu’il venait s’inquiéter pour elle, qu’il venait justement proposer son aide. Mais son bras actuellement stoppé prêt à la frapper et son visage souriant contrastaient.

« Toujours aussi impressionnant Mademoiselle Balogh »

Plus ou moins rapidement elle se décala sur le coté prenant de la distance. Si il y avait bien une chose qu’elle détestait c’était qu’on la nomme ainsi quand on est un parfait inconnu. Savoir sur sa vie quand elle ignore tout était pour elle une grosse marque d’irrespect et de folie aussi. C’était aussi trop signé Ox à son gout.

« Mais moi je ne vous connais pas. »


L’homme ria juste, mais d’un rire attendrit. Cela lui colla des frissons. Elle avait vraiment affaire à un fou. Ses poings américains sortirent presque dans la seconde suivante et d’un geste rageur elle enleva les larmes sur ses joues.

« Mais on aura tout le temps qu’il faut pour faire connaissance, ce n’est pas grave »

Mizeria le mit en joug, bizarrement ça ne la tentait pas. Et ça ne tenterait surement personne comme proposition. Sans crier gare l’homme fonça sur elle, elle esquiva et se remercia d’avoir viré ses talons quelques temps plus tot. Au moins elle serait plus efficace bien qu’elle n’avait pas toutes ses armes. Mais l’homme n’était pas débutant non plus, il suivit son mouvement et enchaina les coups. Elle para au plus possible jusqu’à se faire désarmée à moitié. Il était bon elle ne pouvait le nier mais il était si bon que s’en était troublant. C’était presque comme si il arrivait à lire en elle et prévoir ses mouvements. Si il était lié à Ox il avait du avoir accès à toutes ses recherches. Que ça soit sur elle, ou sur Rai. Et ce fait la, ne la fit que donner un coup plus fort. Grave erreur, elle avait beau avoir viré ses larmes elle ne voyait pas parfaitement bien. L’inconnu en profita pour la désarmer encore. Il s’élança encore un peu pour l’attraper mais elle fila.

Si elle ne pouvait pas se battre il fallait au moins qu’elle fuit. Du moins c’est ce qu’elle pensait faire. Bien évidemment l’homme lui couru après, en temps normal la Leone l’aurait nargué vu sa rapidité mais la ça aurait été de trop… Elle courrait comme elle pouvait mais au bout d’à peine quelques rues elle se sentait déjà fatiguée. Son souffle ne redevenait pas correct non plus, comme sa vision. Et c’est à peine pour marquer une pause qu’elle se fit tomber dessus.

Du mieux qu’elle put elle se débattit mais l’homme pesait son poids et pour sa part était en pleine forme. Il semblait juste un peu plus énervé, ça ne devait pas l’amuser que tout ne marche pas selon ce qu’il avait prévu… Voir ce qu’ils avaient prévu car elle l’avait remarqué, ce n’était pas du tout le même type qui lui était tombé dessus dans l’appartement. Celui la était bien plus coriace à son gout, et un peu moins joueur.. Ou plutôt c’est ce qu’elle croyait jusqu’à ce qu’il attrape sa jambe.

« Si il faut t’empêcher de fuir tu ne me laisses pas le choix »

Grace à une force inimaginable il lui brisa la jambe. Un hurlement de douleur résonna aux alentours puis fut stoppé par un bon coup de taser sortit du manteau du type. Le calme reprit alors qu’elle se faisait déjà embarquée dans un autre endroit…

Le réveil quelques heures plus tard était le plus douloureux qu’elle ait eu depuis longtemps. A vrai dire elle eut l’impression de basculer en arrière, quand son oncle la battait parfois. Elle se sentait brisée intérieurement et physiquement de la même manière. Puis la migraine qu’elle se tapait n’était pas mal non plus.. Rien à voir avec sa jambe évidemment.. Elle essaya de la bouger mais pas de réponses, à vrai dire rien d’elle ne bougea quand elle essaya. C’est dans cette panique qu’elle émergea complètement et comprit qu’elle était attachée à un lit.

« Eh du calme.. Ca ne sert à rien de paniquer voyons, tout va bien. Enfin.. Plus ou moins. Puis si tu es sage je ne te ferais pas mal »

Ca l’aurait fait rire en tant normal.. Comme elle l’aurait nargué aussi plutôt.. Mais pour le coup rien ne venait. Son sang se glaçait juste et ses vieux démons revenaient lui dire bonjour, comme pour lui rappeler que quand on a sombré une fois dans les ténèbres, rien n’interdit d’y retourner.

Mizeria tourna la tête très lentement pour poser les yeux sur son présumé ravisseur. Plus calme elle le détaillait enfin. Un homme assez jeune, de son âge environ, assez grand et bien bâtit, aux cheveux bruns et aux yeux verts… Un peu trop belle gueule pour être honnête aussi. Pleins de questions passaient dans sa tête mais elle n’en dit rien, elle était comme bloquée par la peur et la douleur lancinante de sa jambe.

Il s’avança, comme un vautour tourna autour du lit, à la détailler. Il y avait un détail aussi qu’elle n’avait pas bien remarqué étant allongée. Elle n’avait plus sa robe, il lui avait enlevée.. Il manquait de classe en plus de douceur.

« Le spectacle vous plait tant.. ?
- Tu n’oses pas imaginer »

Un frisson de dégout remonta le long de sa colonne vertébrale. Il était à un mètre mais la répugnait. Pire, elle n’était pas dans sa tête mais ses idées elle les connaissait très bien et ça la répugnait encore plus. Combien de pervers dans son genre elle avait vu au cours de sa courte vie ? Bien trop. Elle avait eut bien trop de client. Et de tous genres… Mais le genre importait peu si on regardait le final, ils étaient tous détraqués. Il se plaça sur elle appuyant sur sa jambe sois disant maladroitement, elle se mordit la lèvre pour ne pas gémir et lui faire plaisir. Son regard était emplit de haine, elle l’aurait étripé sur place si elle avait eut les mains libres.

« Et à part m’avoir moi je suppose, vous voulez quoi ?
- Une vie ici avec toi. Tout est prévu pour ça ici, tu seras heureuse »

Elle fit les yeux ronds, c’était la meilleure ou la pire des nouvelles de la journée. Sur le coup elle était désarçonnée, complètement perdue. Si bien qu’elle ne savait pas quoi lui répondre.. Ni même quoi penser. A part penser à ce pauvre Rai quand les doigts de l’individu passèrent sur son ventre pour remonter à ses lèvres.

« Alors pourquoi Rai ? »

Mizeria avait pensé trop fort, et cela sembla déplaire à son admirateur. Très fortement vu le regard énervé qu’il lui lança.

« On en voulait pas, puis tu l’oublieras. Et tu m’aimeras moi »

Sur ces mots il l’embrassa, plus passionnément qu’elle ne l’aurait cru et ce fut un double choc pour elle. L’oublier ? Oublier Rai ? Même en décidant de lui laisser la sortie libre elle n’arrivait pas à se le sortir de la tête. Elle n’avait pas réussi non plus quand elle l’avait aidé face à Ox. Alors pourquoi la par magie elle y arriverait ? Puis elle ne voulait pas ! Elle ne voulait pas non plus en aimer un autre. Pour l’instant elle ne voulait simplement plus aimer, et comment aimer un type pareil ! Après la surprise elle lui mordit la langue le faisant se retirer. Pour la peine elle se prit aussi une sacré gifle même si elle s’y attendait.. Après tout on n’est pas dérangé à moitié dans ses cas la

« Tu l’oublieras ! Et tu m’aimeras moi même si je dois te briser pour ça ! »

Elle eut un sourire moqueur. Un syndrome de Stockholm ? Elle ? C’était plus que la bonne blague. Depuis toujours tous ceux qui avaient eu des projets aussi fous avec elle avaient mal finis.. Et elle se le jurait intérieurement, celui la elle le finirait aussi… Il se releva appuyant encore sur sa jambe et partit vers la porte, prétextant continuer les préparatifs.. Préparatifs qu’elle ne sentait décidément pas…

« D'ailleurs en parlant de "Rai". Oublie le vraiment puisqu'il doit être mort à l'heure qu'il est.»

Un autre frisson remonta le long de sa colonne... C'était impossible. Elle ne pouvait pas l'avoir laissé pour qu'au final il se fasse tuer.. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas imaginer. C'est sur cet élan d'angoisse que son ravisseur disparu.
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Rai Nagafuse
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Lun 21 Oct - 11:38



  • A quatre pattes, prit de spasmes incontrôlés et respirant de manière rauque et hachée, Rai se remettait peu à peu de ce premier meurtre véritable, d'une brutalité et d'une folie dont il ne se serait même pas pensé capable. Il était ainsi, au milieu de la cour, à mi-chemin entre le portail et l'entrée de l'immeuble qu'il venait tout juste de quitter, et ne cherchait vraisemblablement même plus à bouger. Il essayait, tout simplement, de chasser l'horrible souvenir de ce meurtre à main nue qui risquait de le hanter toute sa vie. Comment tout cela avait-il pu avoir lieu ? Un an plus tôt, penser à tout cela l'aurait très certainement fait rire, et pour cause : il avait changé du tout au tout, mais uniquement avec une seule et même personne. Mizeria. La demoiselle le hantait, et le forçait à faire des choses qu'il n'aurait eu aucun intérêt à faire dans le jadis. Ou tout simplement, il n'en aurait jamais eu la force. En temps normal, il serait dans toute mort sous les coups de son feu assaillant, mais il n'en était désormais rien. C'était bien l'assaillant qui gisait au sol à quelques mètres de lui, et non le Nagafuse, qui était pourtant bien parti pour être la victime... Comme quoi, la nature peut parfois se permettre d'être joueuse et taquine : alors que le lion pense le buffle sous sa domination, il se fait violemment encorner et se vide de son sang dans une agonie profonde, passant du rôle du chasseur à celui de proie. Ce malade, dont les os du crâne avaient du endommager le cerveau mortellement, avait exactement été relégué de la condition de chasseur à celle de proie. Il n'y avait pas d'image plus flagrante pour définir la situation qui venait tout juste d'avoir lieu...

  • Avec lenteur, toujours tremblant et dangereusement pâle, à l'image des vampires trop souvent dépeints dans les civilisations modernes, l'Auditore se releva et se retourna pour fixer le corps macabre et abandonné de toute vie de l'autre type. Il se mit à marcher dans sa direction, réprimant sa sévère envie de vomir une fois de plus. Il devait mettre ses sentiments de côté, au moins le temps de retrouver la Leone... Elle courrait très certainement un grave danger, comme l'avait laissé sous-entendre ce mec. Le gardien du désert tomba à genoux à côté dudit mec et fouilla rapidement les poches de sa veste, bien que tout cela le répugnait au plus haut point. Il finit par trouver un portable, quelques clés et même un pistolet, à la ceinture. Laissant volontiers l'arme à feu sur le macchabée, le ténébreux prit en revanche le portable et les clés. Il garda le premier en main et glissa les secondes dans sa propre poche avant de se relever et de s'éloigner lentement de la scène de crime, à nouveau en proie à de puissantes nausées à cause de l'odeur trop présente de fer. Il avait complètement dévisagé l'autre hors-la-loi, avec une fureur animale, bestiale. Si Rai en venait parfois à se surprendre, ça n'était rien en comparaison de cette ardeur qui l'avait mouvé un peu plus tôt... Il alla donc se mettre près du portail et s'adossa à celui-ci avant de se laisser glisser contre, prenant une position assise pour reprendre son souffle et ses esprits. Se massant la tempe, il tria ses souvenirs et les idées qui émergeaient lentement. C'est d'ailleurs à ce moment-là que le Nagafuse entendit le cri déchirant de Mizeria, malgré le fait qu'ils étaient probablement assez éloignés. Sans plus réfléchir, il se redressa et passa rapidement entre les barreaux du portail pour se mettre à courir dans les rues, cherchant du regard l'endroit où pourrait être la jeune femme. S'il parvenait à arriver assez rapidement, il pourrait sans doute lui prêter main forte... Elle était très certainement meilleure que lui pour tout ce qu'il s'agissait du combat, mais il n'en demeurait pas moins redoutable, notamment grâce à ses flammes qui lui permettaient de manipuler un ennemi sans la moindre difficulté. Néanmoins, c'est avec une vague de regrets et de remords que le jeune homme arriva enfin dans la ruelle d'où venait le hurlement déchirant, un peu plus tôt. Il n'y avait là nulle trace de la demoiselle. Rien d'autre que ses poings américains, à même le sol. Le jeune homme alla les ramasser lentement, en fermant les paupières. Il achevait son plan, et le mettrait bientôt à exécution.

    <(°-°<)





  • « D'ailleurs en parlant de "Rai". Oublie le vraiment puisqu'il doit être mort à l'heure qu'il est.»

    Des bruits de pas, puis une porte qui se claque. Une demoiselle seule, au milieu d'une chambre, placée sur un lit et attachée à celui-ci par diverses sangles. La pièce, elle-même au deuxième étage d'un immeuble assez luxueux, demeurait assez vide. Seulement une ou deux armoires, avec quelques vêtements de soie à l'intérieur, signes de la mode italienne mondialement réputée. Un lustre, également, au centre de la chambre, et tout de verre. En bref : une pièce bien morne, uniquement là pour forcer Mizeria à accepter sa condition nouvelle de prisonnière. Malheureusement, tout n'avait pas été calculé à l'avance par son cher ravisseur. La fenêtre s'ouvrit lentement et Rai passa par celle-là agilement. Il avait eu du mal à grimper jusqu'ici, et avait manqué de chuter deux fois. Mais il y était finalement parvenu et c'était l'essentiel. Vestige de son combat antérieur face à l'autre hors-la-loi, un bandeau était grossièrement noué autour de son crâne. Une tâche rouge de sang était visible à l'arrière de celui-ci. La blessure ne s'était pas refermé, le liquide carmin avait seulement cessé de s'écouler trop abondamment. Il aurait bien besoin du pronostic d'un médecin confirmé, une fois de retour dans le Monde réel, mais le Nagafuse avait pour le moment d'autres chats à fouetter... Il murmura quelques paroles, plus à lui-même qu'à la demoiselle, d'ailleurs, bien que celle-ci ait pu l'entendre sans difficulté :

    -Si seulement j'avais pu crever, ça aurait facilité bien des choses...

    Le mafieux détourna le regard de la porte, l'amenant sur la Leone en sous-vêtements. Il rougit légèrement, et cela fut d'ailleurs facilement visible à cause de son teint plus pâle que jamais. Il baissa les yeux une nouvelle fois, avant de chuchoter à l'intention de la jeune femme :

    -Désolé de pas être venu plus tôt. Je devais m'assurer qu'il ne se méfierait plus de rien.

    Il se précipita alors en direction de la jeune femme, sortant un couteau de sa poche et commençant à découper les liens qui la retenaient prisonnière. Il remarqua bien vite qu'elle avait été blessée à la jambe, mais ne pouvait malheureusement pas grand chose pour elle. Il ne s'y connaissait pas assez pour pouvoir arranger ce genre de blessures... Après qu'il l'ait libéré, il plongea sa main dans l'une de ses poches et en sortit les poings américains de Mizeria qu'il lui tendit avant de se diriger vers une armoire. Sortant de celle-ci une robe lambda, sans plus réfléchir, il l'amena à la demoiselle pour qu'elle se couvre.

    (>°-°)>





  • Rai avait passé de nombreuses heures à échafauder un plan qui tienne la route. Dans un premier temps, il avait envoyé un sms avec le portable de sa victime, en envoyant au contact "Boss", sans doute le chef de cette macabre opération, le message suivant :
    "L'Auditore est mort."
    Il n'avait pas cherché à faire plus long. Pas nécessaire. D'autant plus qu'il risquait de se faire découvrir, en partant dans un roman : il ne savait pas comment se nommait le mort, d'ailleurs. Alors comment l'imiter davantage ? Outre le sms, qui lui permettrait sans aucun doute d'opérer paisiblement, le Nagafuse avait relevé l'adresse que l'on pouvait lire sur l'une des clés. C'était un immeuble assez classieux, et il connaissait le coin pour y être passé quelques fois. Il avait d'ailleurs pu, par un coup de chance mémorable, localiser l'endroit précis où était placée Mizeria, et par un message dudit boss lui-même qui avait répondu très précisément :
    "La perle est au deuxième étage, chambre de droite."
    Il n'y avait, audit deuxième étage, que cinq fenêtres, c'était pas un peu d'escalade que l'Auditore avait pu trouver la bonne, et qu'il s'y était par la suite infiltré en remarquant que l'autre criminel avait disparu. Heureusement que cette bâtisse avait été construite sur le style architectural gothique, qui offrait de nombreuses prises. Si cela avait été un bâtiment moderne, le ténébreux aurait du songer à un autre moyen de s'infiltrer à l'intérieur, et aurait ainsi risqué de se mettre en danger beaucoup plus facilement... Quoiqu'il en soit, le gardien avait du patienter quelques instants que l'autre type ne s'en aille, quittant la salle. Pendu dans le vide, les seules mains accrochées au rebord de la fenêtre, il n'avait ainsi pas eu à suivre ce malheureux spectacle des yeux. L'entendre lui avait amplement suffit.

  • Et voilà qu'il était à présent dans la chambre de la prisonnière qu'il venait tout juste de libérer. Le but était maintenant de s'en aller le plus vite possible et sans que l'autre cinglé ne se rende compte de quoi que ce soit : dans le cas d'une confrontation, ils seraient directement désavantagés. Rai avait puisé dans ses dernières forces pour escalader la façade et se faisait effroyablement faible à cause de son anémie. Il doutait même de pouvoir porter Mizeria sur tout le trajet jusqu'à la sortie, mais allait au moins essayer de le faire. La demoiselle, elle, était tout simplement en incapacité de se battre... Sa jambe devait la faire souffrir bien trop puissamment pour cela. En face d'eux, il y avait un hors-la-loi, très certainement habitué des meurtres et des combats, qui n'était sans doute qu'en très bonne forme et prêt à en découdre. Le seul avantage qu'ils auraient serait celui donc de l'effet de surprise, car le Nagafuse n'était pas censé être ici. Du moins, c'est ce qu'il avait pensé...
    La porte s'ouvrit d'un coup sec, et l'Auditore n'eut que le temps de se tourner vers elle qu'un coup de feu se fit entendre. La balle vint se loger dans son épaule droite et il trébucha en laissait filer un grognement de douleur avant de s'écraser lourdement contre le mur derrière lui. Il glissa contre celui-là, paupières closes et mâchoires serrées, luttant contre la douleur lancinante et grandissante. Le ravisseur venait tout juste de revenir, arme à la main, et affichait un visage satisfait. Rai ouvrit un œil et regarda l'homme avec incompréhension, et ce dernier, avec un sourire fou et malsain, visa son cœur de son arme à feu.

    « Dommage. Il terminait toujours ses sms par un point d'exclamation : c'était un code facile à établir, qui n'éveillait pas les soupçons et qui me renseignait sur son identité. »

    Un sourire amusé vint se fixer sur le visage du Nagafuse, bien qu'il n'avait absolument pas envie de rire à ce moment précis. La situation avait dérapé bien plus vite qu'il ne l'avait imaginé... Et lui, qui pensait avoir troqué la place de proie pour celle de prédateur quelques heures plus tôt, redevenait douloureusement la cible.

    -Force est d'admettre que t'es plutôt doué... T'as jamais envisagé d'entrer chez les Van Sidéris ? Ils pourraient avoir besoin d'un type comme toi...
    « Ta gueule, je me souviens pas t'avoir donné la parole. »

    Le rictus sur le visage de l'Auditore se figea soudainement et il poussa un soupire de douleur en serrant les dents. Ce type était un malade, et il lui donnait des ordres... C'était encore pire que d'avoir à endurer ceux des soleils de sa famille. Quoiqu'il en soit, le type totalement dérangé commença à éclater de rire. Le ténébreux, toujours pitoyablement affalé contre le mur, le regarda d'un air déconcerté. Ce fut lorsque l'autre gars vociféra quelques mots qu'il comprit à quel point il venait tout juste de se foutre dans la merde :

    « Alors tu vas bien gentiment frapper ta tête contre ce mur jusqu'à en être totalement dévisagé, puisque c'est ce que tu as fais à mon collègue. »
    -Et merde.

    Rai avait laissé siffler ce juron entre ses dents tandis que le pervers continuait de rire avec une folie apparente. Mais soudainement, la scène s'inversa : le Nagafuse se mit à rire et l'autre s'arrêta, baignant dans l'incompréhension la plus totale :

    -Shiho, butte le.

    Le fossa sortit de l'ombre de couloir et bondit à la nuque du tireur, l'attrapant soudainement et le rabattant sur le sol avec violence. Ce n'était pas parce que la boîte animale du gardien du désert était de petite taille qu'il fallait la sous-estimer... Le type lâcha son arme à feu et celle-ci glissa sous une armoire. Cependant, il parvint à repousser le petit carnivore d'un coup de poing. Celui-ci couina et heurta le mur avec violence, sembla s'évanouir un instant. En sang, le type se redressa lentement, l'air triomphant :

    « C'est tout ? »
    -Et merde...

    Cette fois, plus rien n'était feint : le Nagafuse ne savait réellement plus quoi faire pour s'en sortir. Il avait utilisé Shiho un peu plus tôt, avant d'escalader, et lui avait ouvert la porte en lui demandant de garder le type aux yeux et de l'attaquer si nécessaire. Malheureusement, cela n'avait pas été suffisant, et même si l'autre était désormais désarmé... Il n'en demeurait pas moins dangereux.


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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Ven 8 Nov - 17:53


« D'ailleurs en parlant de "Rai". Oublie le vraiment puisqu'il doit être mort à l'heure qu'il est.»

Mizeria était secouée, désemparée et se sentait misérablement inutile à être attachée la. Elle se mordit la lèvre en essayant de comprendre les paroles de ce fou. Il était fort possible que le petit plan de la Leone de filer avait finalement couté la vie à l’Auditore. Elle s’était faite avoir en beauté, menée par le bout du nez exactement ou son kidnappeur voulait. Que Rai soit en vie ou non ça il allait le lui payer, et elle le garderait tout juste en vie le temps de savoir si le brun était mort et si donc elle allait lui faire regretter plus qu’amèrement. Sa jambe la lançait terriblement mais la rage lui donnait des petits coups d’adrénaline.

Alors qu’elle se débattait comme un diable dans l’espoir de se détacher elle vu la fenêtre s’ouvrir, la surprenant complètement. Elle avait eut presque peur en voyant la fenêtre bouger, et elle était à la limite de prendre le nouvel arrivant pour un fantôme. Rai était dans un sale état, on aurait dit qu’il était prêt à s’écrouler d’une seconde à l’autre.  Et ce qu’elle entendit ne lui plu guère plus. Elle crut un instant qu’il la provoquait, peut être était ce une « blague » pour voir si elle allait gueuler dans la seconde. Mais quand elle s’apprêta à le faire les jours de l’Auditore prirent une petite couleur cramoisie la coupant net. C’était terriblement mignon et en tant normal elle l’aurait bien taquiné mais les temps étaient tout autres. Un micro sourire passa cependant sur ses lèvres, elle saurait s’en rappeler après.

Le brun s’excusa du temps qu’il avait mis, elle ne le coupa aucunement pour lui dire que le temps elle ne l’avait pas vu passer étant dans les vapes. A vrai dire elle l’écoutait juste, le regardait. Ce qu’elle voyait l’inquiétait trop pour qu’elle puisse sortir la moindre connerie ou réflexion, ils étaient également trop en danger pour perdre du temps à ça.

La demoiselle se mit assise et prit les poings américains que son partenaire de folles aventures lui tendit. Un bref merci s’échappa de ses lèvres, vraiment faible pour ne pas trop faire de bruit. Elle posa ses armes près d’elle pour recevoir la robe que Rai avait pris. Elle eut une moue en voyant qu’elle n’avait pas le choix, c’était pas le moment de chipoter et devenir une critique de mode.

Alors qu’elle s’apprêtait à enfiler la fameuse robe pas très actuelle la porte s’ouvrit à la volée. Elle eut l’impression de rater un épisode, comme si sa tête s’était déconnectée. Le coup de feu l’avait fait sursauter et la seconde d’après elle voyait Rai assit contre un mur en proie à la douleur d’une balle dans l’épaule. Son regard bougea à nouveau sur leur ravisseur et Mizeria devint presque aussi livide que son compagnon. Cette fois ci c’était à nouveau la merde complète, la situation critique à l’état pure. Cependant son instinct reprit bien vite le dessus, après tout ne dit on pas que la tête d’un loup coupé est encore capable de mordre ? La rage d’il y a quelques minutes remontait en flèche. D’un geste lent et non remarqué elle mit la robe sur ses armes et en prit une discrètement.

Même si sa jambe était brisée, elle était prête à lui sauter à la gorge, il n’y avait pas beaucoup d’alternatives. Soit Rai se faisait tuer et elle restait esclave de ce fou, soit ils le tuaient en faisant preuve d’une violence insoupçonnée.

La demoiselle les écouta vaguement parler d’un code, et d’une entrée chez les Van Sidéris, elle était bien plus préoccupée par le lustre qui lui donnait une sacré bonne idée. Du moins elle était partie pour viser dans les attaches après s’être arrangé pour que l’autre se trouve en dessous, quand elle remarqua une paire d’yeux dans l’encadrement de la porte. Son kidnappeur pouvait bien menacer Rai, il pouvait toujours rêver de le voir se tuer lui même, sa tête à lui allait passer un sale quart d’heure et la tête de personne d’autre. Son partenaire le confirma en ordonnant à son fossa d’attaquer, et elle devait bien l’avouer elle fut choquée de voir la petite bête faire tomber à terre sa cible. N’importe qui n’aurait pas voulu échanger de place pour se retrouver entre les crocs de l’animal. Il lui déchiquetait la nuque presque.. La Leone se maudit de n’avoir pas pris toutes ses boites, si elle avait eut son loup sous la main ça aurait été fort pratique pour accentuer fortement le carnage. Surtout que son loup n’aurait pas été aussi facile à attraper et à lancer contre un mur…

La situation tournait à nouveau à leur désavantage, et à voir la tête de Rai, il n’y avait pas de plan C ou D… Leur adversaire repartit dans un de ses rire de fou dont il avait le secret et s’approcha du brun. Surement dans l’optique de lui briser lui même la tête contre le mur puisqu’il ne pouvait plus le menacer.

« S’il te plait ! »

Sa voix avait cassé ses projets un instant, ce malade se retourna pour la voir, elle n’avait pas besoin de surjouer pour montrer qu’elle était paniquée. Elle se mordit la lèvre et baissa la tête comme si elle était au bord des larmes.

« Je veux pas voir ça.. S’il te plait mets moi dans la couloir… »

Il se tendit, méfiant comme jamais. Après tout elle jouait la carte de la sensibilité alors qu’elle était capable de tuer quelqu’un de sang froid ?

« Regarde. Tu l’enterras pour de bon comme ça
- S’il te plait ! »

Sa voix avait déchiré le semblant de calme qui régnait dans la pièce. Elle le regarda avec un air plus qu’apeuré, comme si elle dépendait de lui. Et il céda, il soupira se disant qu’il veillerait à faire du bruit dans ce cas et s’approcha d’elle pour la porter. Ce genre de type qui aime se sentir désiré et tout puissant elle ne les connaissait que trop bien pour avoir eut un oncle de la sorte. Elle espérait bien qu’il était satisfait qu’elle le réclame, qu’elle le supplie, car cela allait être sa dernière minute de male en puissance.

A peine il se pencha pour la soulever que son poing américain récupéré précédemment fendit l’air et vint se planter dans son torse. Finit la fille en détresse, elle avait laissé place à une au visage plus effrayant, ou du moins plus froid. L’homme eut le réflexe de l’attraper à la gorge mais il n’arrivait même pas à serrer convenablement. Un sourire mesquin passa sur les lèvres de la blonde et elle rapprocha son visage du sien tout comme elle enfonça plus sa lame.

« C’est tout ? »

Elle articula bien pour savourer l’expression de fureur de sa victime, puis sans prévenir de quoi que ce soit ou laisser penser à ça, elle le poussa à l’abdomen avec sa jambe valide. Cet idiot se préoccupa plus du sang qui coulait en premier lieu alors qu’elle basculait déjà en arrière en lançant sa lame sur le haut du lustre.

Il n’y eut même pas de cri ou d’hurlement, le luminaire était si lourd que tout s’était finit en quelques secondes. Mizeria resta cependant quelques instants à fixer le lustre et le corps qui gisait en dessous, la vue du sang et du cadavre ne semblait pas la déranger particulièrement. Au contraire on aurait pu croire qu’elle était satisfaite avec cet air froid encore collé au visage. Pour elle, elle venait de punir une pale copie de son oncle, tout comme lui il avait eu ce qu’il méritait. La mort. Et rien de plus. Son regard glissa sur le brun et elle retrouva son air normal après un soupir.

Lentement et doucement elle se mit sur ses deux jambes en se tapant bien de mettre une robe ou autre, elle manqua de chuter mais prit son temps pour s’adapter et maitriser sa douleur. Une fois qu’elle arrivait plus ou moins à l’atténuer elle contourna le mort pour aller prendre le fossa dans ses bras et le rapporter au brun.

« Il n’a pas l’air d’avoir grand chose heureusement.. »

C’est ainsi qu’elle brisa le silence en s’agenouilla, non sans une grimace, près du brun et en posant le petit animal sur les cuisses de son maitre. Leurs yeux se croisèrent et elle ne bougea pas, elle le fixa un long moment comme si ça lui permettait de remettre tout en place. Ces peurs se dissipaient un peu, après tout à eux deux ils arrivaient toujours à s’en sortir du pire. A continuer à vivre. Oui vivre même si leur existence même était compliquée, c’était le plus important. Et c’est pour ça que le brun se prit à nouveau une baffe monumentale.

« Si tu continues à dire que tu aurais mieux fait de crever, je m’arrange pour te laisser au bord de la mort à chaque fois et te ramener. »

Elle lui donna une pichenette sur le nez en prime, bien que son regard montrait bien qu’elle ne plaisantait. Puis maintenant elle avait la preuve que ce n’était pas une flèche en combat rapproché, alors face à elle le pauvre prendrait cher, évidemment si elle l’empêchait d’utiliser sa flamme.

« Et crois moi, ça fera mal, je peux aisément soulever des choses lourdes et les recevoir non allégées c’est pas pareil. Tu as donc plutôt intérêt à sauter partout en criant que tu aimes la vie. »

Miz’ lui fit un sourire des plus sincères, c’était une blague qu’à moitié après tout.
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Sam 16 Nov - 13:07

  • Et ce fut avec une lenteur pesante ainsi qu'une folie au moins aussi lourde que l'autre type commença à se rapprocher de Rai, voulant visiblement en finir aussi rapidement que possible pour pouvoir se consacrer à Mizeria, assise non loin de là. Shiho n'était plus en état de bouger, et même s'il l'avait pu, l'autre criminel n'aurait certainement pas laissé le petit carnivore s'approcher de lui une fois de plus. Il y avait toujours la boite arme que possédait l'Auditore, capable de faire apparaître un shuriken géant du désert, mais il y avait fort à parier que le ravisseur de la Leone ne le laisse pas faire. Et même avec un shuriken, il n'était d'ailleurs pas certain de gagner : entre son crâne et son épaule, il avait suffisamment de blessures pour être vaincu par un gosse de dix ans... La situation avait réellement échappée à son contrôle, et en tant que manipulateur affirmé, il détestait cela. Comment avaient-ils bien pu en arriver là ? La réponse était simple : parce qu'il avait laissé ses sentiments parler à la place de sa raison... Quelle connerie. S'il n'avait jamais approché la demoiselle ici présente, il n'aurait certainement pas eu à vivre tout ça. Alors la prochaine fois, le Nagafuse y réfléchira à deux fois, avant de la suivre dans un piège tendu dans le but de lui ôter la vie... Mais fort heureusement, ladite demoiselle semblait avoir également son mot à dire : c'est tout du moins l'espoir qui traversa l'esprit du gardien du désert quand elle demanda à leur ennemi commun de l'amener dans le couloir. De toute façon, c'était bien clair : soit la blondinette acceptait de combattre ce type, même dans son état, et pourrait prendre l'avantage en se faisant passer pour une faible et une triste jeune femme, soit le ténébreux jeune homme, affalé contre le mur, ne verrait pas son lendemain. Il pria donc secrètement pour qu'elle veuille bien se donner la peine de butter l'autre gars, ou au moins de lui faire passer l'envie de s'en prendre à des mafieux. Et c'est donc avec un sacré soulagement qu'il entendit le ravisseur de la Balogh accepter la demande de celle-ci. Dans le pire des cas, il n'aurait pas à subir son regard emplis de pitié au moment où son âme quitterait enfin cette Terre pourrie...

  • Mais visiblement, le destin ne souhaitait pas le libérer de cette faible enveloppe charnelle tout de suite. Peut-être voulait-il se jouer de Rai encore quelques années, histoire de lui faire comprendre qu'il n'était rien et ne pourrait jamais bouleverser l'ordre mondial des choses, tellement vieux qu'il en était devenu ancestral et inébranlable ? Ce qui est certain, en tout cas, c'est que le coup de poing de Mizeria n'avait rien d'un simple coup de poing, et que la réaction du ravisseur ne devait pas conséquent pas être exagérée... De son point de vue, le brun ne pouvait malheureusement pas voir grand chose. Mais ce qu'il espérait sérieusement, c'était tout simplement que la Leone ait usé de ses poings américains, ou d'une autre arme capable de dresser ce chien et de lui rappeler que les familles mafieuses ne choisissaient pas leurs plus hauts gradés au hasard. Le coup de pied qui força par la suite l'inconnu à reculer vint terminer de rassurer le Nagafuse : la demoiselle avait réellement usé de ses armes, et dans cet état, l'autre aurait déjà bien plus de mal à s'occuper de son cas... C'était sans doute la meilleure nouvelle qu'avait eu le gardien du désert depuis bien des jours. Mais il fut un peu plus surpris lorsqu'il se rendit soudainement compte que la blondinette ne semblait pas vouloir s'arrêter en si bon chemin... En effet, d'un geste étonnamment précis, et plutôt vif, elle parvint à envoyer la lame de son poing américain dans la chaîne qui retenait le lustre au plafond. Avec son coup de pied, elle avait également réussi à placer le ravisseur en-dessous de celui-ci... Autant dire que l'autre n'allait pas souffrir. Le ténébreux détourna son regard en entendement un craquement sonore suivant d'un fracas épouvantable, tandis que le corps gisait, sans vie, écrasé par l'imposante masse. Il refréna son envie de vomir quand son regard revint se placer sur le cadavre en plutôt mauvais état, et se demanda l'espace d'un instant s'il était judicieux de rester dans cette chambre dans les minutes à venir. Le poids avait l'air d'être tellement imposant que cela ne le surprendrait pas qu'il entraîne le plancher dans sa chute... Mais il laissa la jeune femme agir à son rythme, jugeant que si elle ne s'inquiétait pas outre-mesure, il n'avait pas à s'en faire non plus. L'adrénaline du moment passé retomba peu à peu, permettant au manipulateur de soupirer lentement pour reprendre son souffle, en essayant de ne pas prêter attention à la douleur de son épaule qui semblait prendre un malin plaisir à croître à chaque instant.

  • La voix de Mizeria fila dans les airs tandis qu'elle ramassait précautionneusement Shiho pour le prendre dans ses bras, rassurant Rai. Il s'était bien entendu attendu que la créature ne serait pas terrassée pour de bon pour si peu, mais la simple perspective de la perdre alors qu'elle avait été sa seule compagnie pendant bien des années suffisait à effrayer le manipulateur bien plus fragile qu'il n'y paraissait au premier abord. Essayait tout de même de ne rien montrer, le gardien laissa son interlocutrice s'approcher de lui sans dire un mot. Il la fixa tandis qu'elle déposait le fossa sur les cuisses de son maître, et resta à croiser son regard silencieusement tandis qu'elle s'accroupissait près de lui. Les mains du Nagafuse vinrent quérir le pelage de la bestiole tandis qu'il détaillait ce visage, autrefois inconnu, qui prenait de plus en plus de place dans sa vie. Elle était belle, c'était indéniable. Son observation des détails des près gracieux de la jeune femme sembla le plonger dans une hypnose profonde, dont seule la baffe qui vint frapper sa joue le tira. L'Auditore écouta la Leone parler silencieusement avant de la laisser faire une pichenette à son nez, silencieusement. Son masque de calme s'était dès lors brisé pour une expression de surprise. Il était choqué, abasourdi, ébranlé. La demoiselle qui lui faisait face semblait prendre un malin plaisir à mettre à mal toutes la barrières qu'il avait mis des années à ériger. Elle se rapprochait de lui sans qu'il ne puisse rien faire, faisait du manipulateur une marionnette, s'amusait du criminel comme s'il ne s'était agit que d'un enfant. Jamais personne n'avait été aussi proche de lui... Son cœur se mit à battre étrangement, tandis qu'il continuait à la fixer droit dans les yeux. La marque rougeoyante de la douce main sur sa joue le réchauffait plus agréablement qu'il ne l'aurait cru, comme si le contact avec la jeune femme avait eu un pouvoir bénéfique sur le corps du brun. Mais c'est le sourire de la Leone qui vint l'achever, comme un coup de marteau, une charge de taureau, un puissant choc.

  • Avec lenteur, Rai attrapa sa boite animale et fit disparaître Shiho. Il rangea le cube dans sa poche, à sa place habituelle et, subitement, laissa son cœur parler, une fois de plus. Il attrapa Mizeria par la taille et l'embrassa brutalement, mais avec une douceur effroyable dont il ne se serait jamais cru capable. Les paupières closes, il se sentait renaître, revenir à la vie après une trop longue période d'hibernation. Il se sentait vibrer, trembler tandis que ses mains caressait délicatement la taille de la demoiselle. S'il l'avait pu, il aurait hurlé, de joie, de bonheur. Son cœur battait d’allégresse et son âme frémir d'une passion jusqu'alors inexplorée, inexploitée. Il pressait déjà la Leone contre lui, faisait attention à ne pas lui faire mal, surtout au niveau de sa jambe, mais se fichant totalement de ses propres blessures. Tout ce qu'il voulait, c'était elle. Seulement elle, rien qu'elle. Mais comme toutes les bonnes choses doivent avoir une fin, le Nagafuse fini par relâcher doucement le contact, reprenant lentement sa respiration en rouvrant lentement les yeux. Maintenant que c'était fini, il se sentait plutôt pitoyable... Se laisser aller aussi facilement n'était pas dans ses habitudes, mais l'Auditore devait admettre bien volontiers que cela lui avait fait plus de bien que toutes ses magouilles du jadis réunies. Il murmura donc quelques mots, d'un air légèrement gêné, tout en relâchant doucement la jeune femme, même s'il n'en avait aucune envie :

    -Désolé, j'aurais pas du faire ça.

    Et c'est presque honteux qu'il abaissa son regard en silence, s'attendant à probablement recevoir une nouvelle baffe.


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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Mar 27 Déc - 12:08


    Mizeria venait de ramener le petit fossa auprès de son maitre et elle n’attendait même pas un merci à vrai dire. D’autant plus qu’elle venait de lui passer un bon savon. Elle n’attendait rien du tout. Et comme à Budapest c’est ce dont elle aurait pu le moins se douter qui se produisit.
    Elle frémit sous les bras du brun qui vinrent entourer sa taille et ses lèvres qui se posèrent sur les siennes. La blonde resta surprise face à ce geste soudain. Au grand jamais elle n’aurait songé que Rai puisse faire preuve d’une si soudaine passion. Même si cette dernière se transforma bien vite en douceur. Et à ce moment-là la Leone ne savait plus ce qui la surprenait le plus. A vrai dire elle s’en fichait bien. Doucement elle fondit sous la douceur du baiser et des caresses du brun. C’était terriblement agréable, surtout après ce qu’ils venaient de vivre. D’autant plus pour elle puisque l’autre sale type avait osé l’embrasser alors que les seules lèvres qu’elle désirait étaient celles du beau brun. Elle s’en rendit bien compte quand le contact fut rompu. Ça ne l’aurait pas dérangé de mourir d’asphyxie dans ses bras, c’était bien trop doux pour qu’elle en ait peur.

    Puis l’Auditore restant fidèle à lui-même repris bien vite sa personnalité d’origine en la lâchant et s’excusant. Une nouvelle fois Mizeria ne savait plus sur quel pied danser. Et à sa tête ça ne se voyait que trop bien. Elle avait pris une teinte cramoisie due au baiser et les paroles de Rai ne lui firent couvrir la bouche pour au final ne pas savoir quoi dire. La jeune femme ne savait même pas si elle devait à nouveau l’engueuler ou pas, se jeter sur lui de manière avide ou encore tenter de lui expliquer le pourquoi du comment... Alors tout ce qui s’échappa de ses lèvres fut une espèce de grognement des plus mignons. Elle était frustrée qu’il s’excuse après un geste si tendre mais pouvait au fond bien comprendre. Il n’était pas habitué à tout ça c’était surement tout nouveau pour lui… Puis elle ne savait pas sur quel pied danser mais peut-être était ce pareil pour lui. A bien y réfléchir à chaque fois que l’un embrassait l’autre, ce dernier était toujours à la ramasse. Jamais ils n’arrivaient à se coordonner. Cela lui arracha un petit rire avant qu’elle ne pose sa main sur sa joue et le regarde sincèrement dans les yeux.

    « Tu peux être toi-même… Ne t’excuse pas si c’était quelque chose que tu voulais... Ne te gêne pas avec moi… »

    Peut-être Rai ne l’avait pas encore saisi mais la petite blonde rêvait de faire partie de son monde. D’être au moins un peu une épaule sur laquelle il pourrait se reposer. Alors oui elle souhaitait vraiment qu’il se lâche envers elle. Qu’ils laissent tous les deux le monde de la mafia de côté, de toute façon celui-ci ne leur apportait jamais rien de bon. A voir leurs états à chaque fois qu’ils se croisaient ils étaient toujours amochés. Et sur tous les points de vus. Mais au moins ils s’étaient trouvés l’un et l’autre.

    Un craquement inquiétant se fit entendre et Mizeria comprit bien vite en regardant en direction du lustre que le plancher n’allait pas tarder à céder. Décidément ils ne pouvaient jamais être tranquilles. Rai était dans un piteux état et elle ne pouvait se vanter d’être en pleine forme avec sa jambe. Néanmoins un autre craquement du plancher lui donna un petit coup d’adrénaline. Il était hors de question qu’ils meurent ici. La demoiselle attrapa la main du brun et le mit debout sans lui demander le moindre avis, puis elle le traina vers le couloir du mieux qu’elle put. Elle ignora les appels de douleurs de son corps pendant leur petite course et se permit seulement de s’écrouler plus loin dans le couloir quand un lourd bruit se fit entendre. Le lustre venait effectivement de tomber à l’étage inférieur, et s’ils étaient restés ils auraient fini avec l’autre idiot. Cependant les choses ne s’annonçaient pas mieux pour autant.

    Elle se retint d’hurler en se tenant la jambe mais les larmes de douleurs au coin de ses yeux étaient bien là. Bon sang qu’elle aurait aimé briser tous les membres de son agresseur avant de le tuer. Ça faisait un mal de chien. Elle possédait un certain seuil de douleur mais pour le coup sa jambe en passait bien la limite. Et il en était certainement de même pour son partenaire de mésaventure qui était plus que mal en point. Seulement restait un problème. Un très gros problème.

    « Faut qu’on sorte de ce tableau… »

    Ça semblait très mal partit entre un Auditore livide et à bout de force, saignant à la tête et à l’épaule et une Leone en sous-vêtements avec une jambe brisée. S’ils réussissaient à retourner à la galerie, la tête des gens risquait bien d’être épique.


Dernière édition par Mizeria K. Balogh le Dim 16 Avr - 22:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Ven 13 Jan - 20:42



  • La réaction de la blondinette fut aux antipodes de tout ce que Rai aurait pu craindre, ou espérer. Plutôt qu'une claque bien sentie censée lui remettre les idées en place, plutôt qu'un second baiser passionné afin de couvrir ses lèvres des paroles désagréables qu'il lui destinait, sa belle décida d'user d'une chose qui, cruellement, lui avait manqué des années durant. Elle s'adressa à lui avec tact, calme et délicatesse, allant jusqu'à accompagner ces mots doux et intrigants d'une adorable attention charnelle. La main de Mizeria eut beau seulement l'effleurer avec une douceur effarante, il n'en sentit pas moins son visage tout entier lui chauffer, plus encore que si elle n'avait finalement décidé de le passer à tabac. Quant à la suite, le ténébreux en demeura parfaitement coi : il ne savait réagir à un tel torrent de sincérité et de spontanéité, alors même qu'il n'avait jamais eu le luxe d'en disposer depuis sa plus tendre enfance. Elle lui réservait là des honneurs dont il ne savait que faire, dont il n'avait su s'habituer : lui, le meurtrier froid, le calculateur énigmatique et l'homme résolu au sang glacé se trouvait plongé dans un Monde dont il ignorait tout, dans un Univers aux règles pourtant élémentaires lui échappant perpétuellement. Il ne comprenait pas. Stoïque, l'Auditore la fixa silencieusement, comme pétrifié, tandis que ses pensées embourbées se mouvaient tant bien que mal dans le but de démêler cet imbroglio illogique et incontournable, obstruant totalement son cerveau et les rares capacités cognitives qui demeuraient intactes après de tels événements et la fatigue accumulée. Il sentit alors son cœur battre, fermement et voracement, puissamment et pourtant si calmement, si posément, qu'il sentit brièvement l'équilibre lui manquer. La vision trouble, le Nagafuse se rendit compte, à ce moment précis, que sa belle était en train de l'attirer hors de la salle où le luminaire effondré risquait de provoquer une réaction en chaîne. Et il la suivit, docilement, sans lui opposer le moindre refus, et sans pourtant faire preuve de la moindre initiative, comme s'il était désormais restreint à une coquille vide et sage, silencieuse et obéissante. En vérité, c'était en son for intérieur un tout autre spectacle qui se livrait à lui.

  • Il se sentait nimbé d'une soie délicate, auréolé d'un élan glorieux et tendre, de la caresse d'un rêve qui lui avait été interdit trop longtemps durant. Il sentait son cœur battre, encore et toujours, et chaque tremblement lui apparaissait comme une onde sismique silencieuse mais tenace, pugnace, allant jusqu'à lui faire battre la tempe et lui couper le souffle. Il sentait les couleurs l'affoler, les odeurs l’enivrer, les sons l'étourdir plus encore d'instant en instant. Car, pour la première fois de toute son existence, le meurtrier venait de prendre conscience d'un fait qu'il avait jusque-là toujours refoulé : c'était précisément ce à quoi il avait toujours souhaité aspirer. S'il avait décidé, déterminé comme au premier jour, de réduire son existence à la destruction des familles crapuleuses de la mafia, s'il avait décidé, pour ce faire, de se transformer en un monstre inhumain, dénué de morale et d'éthique, Rai n'en était pas moins, à l'origine, un jeune type comme les autres. Il avait eu à se battre, simplement, plus brutalement que la majorité de ses contemporains. Il lui avait fallu emprunter de bien sordides chemins pour s'imposer, d'une manière ou d'une autre, et pour glaner les quelques rares informations dont il s'était pourvu, au fil des années. Finalement, il avait embrassé une condition qui ne lui convenait pas, joué un rôle qui détonnait trop largement avec ce qu'il avait toujours été, avec le rôle qu'il s'était toujours octroyé... Mais en avait toutefois rempli les fonctions sans jamais fléchir, sans jamais cesser de croire en le bien fondé de ses actes. Le Nagafuse avait fait don de lui-même, car il avait cru ne plus jamais pouvoir goûter au bonheur. Il avait douloureusement songé que tous les petits plaisirs, que tout un chacun se complaisait à ignorer, lui seraient à tout jamais interdit... Et s'en voyait dorénavant pourvoir une part généreuse, un ras-de marée de vie et de délices, d'exquises surprises ébouriffantes et délectables. Ses blessures multiples s'effacèrent promptement sous la félicité qui l'habitaient désormais. Il regagna ses forces, et se rendit compte qu'ils avaient réussi à sortir de la chambre à temps : celle-ci n'était désormais manifestement plus qu'un éclat de ruines, et à en croire l'état de l'ancien plancher. Le souffle court, le manipulateur se rendit compte de l'état de son corps, et de celui de Mizeria : elle était quasiment nue. Si l'effervescence et l'horreur de la situation, dans un premier temps, avaient temporairement gommé cet état de fait, cela n'était désormais plus le cas... Le teint légèrement plus rosé qu'à l'accoutumée, il ôta donc ce qu'il lui restait de veste et la tendit à la jeune femme, accompagnant cette précaution de quelques mots hésitants :

    -Prends ça... C'est sale et abîmé, mais... C'est mieux que rien, je présume.

  • Là-dessus, et malgré tout le naturel qu'il avait essayé de se donner au moment du geste tendre, le criminel eut certaines difficultés à retrouver sa totale contenance : il était encore déboussolé, tant par la présence de Mizeria à ses côtés que par le constat sinistre qui ne cessait de s'ériger tout autour d'eux. Effectivement, ils étaient plongés au beau milieu d'un théâtre macabre, où ils avaient dû tuer deux hors-la-loi après avoir été tristement pris au piège, comme deux débutants trop candides... Après un soupir lent et las, le Nagafuse estima vivement et promptement les possibilités qui s'offraient à eux. Malheureusement, il n'en décela aucune véritablement crédible... Il lui était difficile de se mettre à la place des criminels qui avaient tenté de les prendre au piège, puisqu'il ne les connaissait pour ainsi dire pas du tout. Dans le même sens, il avait du mal à cerner leurs comportements, et avait comme l'impression qu'ils n'avaient finalement pas été vraiment mus par la raison... Le coup du rapt amoureux lui paraissait pour le moins exagéré, mais, pour l'heure, le ténébreux n'avait aucune autre piste susceptible de le satisfaire. Aucune, sauf une dernière, une ultime... Et pas des moindres. Il prit le luxe de déglutir, peu rassuré à cette idée, et considéra une dernière fois les options qui s'offraient à eux. Lentement, il ouvrit la bouche et murmura quelques mots, qui vinrent se perdre à l'oreille de la demoiselle :

    -Ils n'étaient pas seuls...

    Et si une dernière personne s'était effectivement chargée de créer cette espèce de dimension parallèle, puis avaient enlevé les deux gradés avant de faire porter le chapeau aux deux autres criminels ? Les raisons de tels agissements pouvaient être légions. Avec son poste de gardien Auditore, Rai s'était fait un lot d'ennemis considérables, au sein même de sa propre famille. Les Leone, quant à eux, provoquaient certainement moins d'inimitié que lui-même, mais demeuraient envers et contre tout de fameux mafieux. Mizeria leur était liée directement... Mais quel espèce d'esprit malade pouvait bien vouloir s'en prendre à eux aussi frontalement ? Et quels desseins pouvait-il bien servir ? En tout cas, si une telle personne existait bel et bien, cela expliquait pourquoi les deux prisonniers étaient encore et toujours conservés dans le tableau. Et cela signifiait également qu'ils risquaient d'y demeurer éternellement... A moins d'en trouver la porte de sortir, bien entendu. Après un bref instant d'hésitation, le ténébreux ajouta en articulant péniblement :

    -On devrait retourner à l'appart'... Là où...

    Ses mots se perdirent, et il ne sut pas comment terminer sa locution. La souvenir des morts qui s'y étaient déroulés était encore trop fréquent pour qu'il ne se complaise à les remémorer sans sourciller... Et d'un autre côté, y remettre les pieds ne lui convenait qu'à moitié. C'était là, également, qu'il avait commis son premier meurtre par amour, après tout.


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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 16 Avr - 23:01



    Malgré la douleur Mizeria faisait de son mieux pour trouver une solution pour sortir du tableau. Rien ne lui venait. Sa jambe et la fatigue de tout ce qu’il s’était passé n’étaient pas si facile à mettre de côté, cependant elle n’avait pas le choix. D’un soupir las elle refit le tour des options jusqu’à que Rai interrompe ses pensées en lui tendant sa veste. Elle fut au début quelque peu surprise, le temps de bien enregistrer ses paroles et son geste, puis elle prit le vêtement délicatement en le remerciant presque timidement. Les joues un peu rougies du brun ne lui avaient pas échappées et elle n’en menait pas large non plus d’être dans une telle tenue. Décidément rien ne se passait de manière cohérente ou normale quand elle croisait l’Auditore, mais la chaleur de la veste de ce dernier ainsi que son odeur lui firent penser que ce n’était pas si mal. Désormais le parfum du brun l’empêchait aussi de réfléchir correctement, elle se trouva bêtement occupée à s’en imprégner et à lutter contre son fard qui n’allait pas tarder à être plus que visible. Après quelques minutes de batailles mentales pour arriver à se calmer elle finit enfin à se concentrer sur le raisonnement du jeune homme mais ses mots lui firent froid dans le dos. Déjà deux tarés à leur actif pour aujourd’hui, elle ne souhaitait aucunement en voir débarquer plus…
    Elle posa sa main sur l’épaule de Rai sentant bien que le sujet devenait épineux.

    « C’est toujours un point de départ de retourner là-bas… Comme ça on pourra en profiter pour se soigner et reprendre quelques forces. On pourra réfléchir à quoi faire et chercher des indices. »

    La blonde lui sourit gentiment du mieux qu’elle put avant de prendre sa main et de partir en direction du dit appartement. Avant de sortir de la maison elle attrapa un parapluie qui trainait dans un coin et qui fit office de canne. La douleur était parfois insupportable mais elle tentait de ne pas se concentrer la dessus. Il était hors de question pour elle de prendre appui sur Rai, il était assez mal en point. Malgré cette petite aide improvisée la route fut pénible. Intérieurement elle se maudissait de ne pas avoir pris ses boites armes et surtout de ne pas être détentrice d’une flamme du soleil, pour le coup cela aurait été rentable. A défaut de pouvoir faire quelque chose pour la douleur elle tenta à nouveau de réfléchir sur leurs possibilités puis soudainement elle se rappela d’un détail.

    « La carte que je t’avais donnée tu l’as sur toi ? Ou tu l’as laissée quelque part ? Le mec de tout à l’heure avait dit que c’était le plan de sortie… C’était toi qui... »

    La blonde voulut se gifler à nouveau. Certes c’était une bonne piste mais sur la joie de s’en rappeler elle avait grandement oublié que ce fameux plan ils étaient censés en avoir un chacun. Au final elle avait leurré le brun pour qu’il ait le seul et authentique plan. Elle avait prétendu se la jouer solo avec un faux plan dans l’optique qu’il puisse sortir de là et qu’elle se laisse potentiellement mourir à petit feu dans ce tableau.
    Idiot. C’était terriblement idiot et encore plus maintenant que tout ne collait plus. Un nouveau soupir s’échappa de ses fines lèvres.

    « C’était toi qui avait la bonne « version »… Si tu l’as encore on a peut-être des indices dessus. »

    Elle se sentit comme une enfant qui venait d’avouer une bêtise. Vouloir abandonner sa vie pour quelqu’un d’autre ne lui était jamais arrivé. Ça l’effrayait tout autant que cela devenait à ses yeux une logique implacable. Cela lui était impossible de dire à quel moment elle avait décidé de placer la vie de Rai avant la sienne mais les faits étaient là. Avait-elle eu un coup de folie ? De déprime ? Avait-elle décidé cela depuis l’affaire avec Ox ? Elle ne savait dire mais désormais elle voulait sortir de ce maudit tableau avec lui. La Leone voulait croire qu’ils avaient une chance d'en sortir, et peut-être après de faire un petit bout de chemin ensemble. Avec tout ce que Rai avait fait ici elle avait une dette envers lui.

    Cette grosse dette sembla prendre encore plus d’ampleur quand ils arrivèrent à destination. L’horrifiant spectacle qui s’étendait sous ses yeux lui fit penser que le brun avait été poussé à accomplir des exploits en son absence. Elle serra la main de Rai un peu plus fort. Maintenant c’était plus que clair : ils allaient sortir de là. Peu importe le prix, tous les deux. Baissant la tête elle contourna le cadavre et entreprit de monter les marches jusqu’au fameux appartement.

    Une fois en haut elle s’accorda un moment pour récupérer, son regard se balada sur le brun. Il était vraiment mal en point. Allait-il vraiment pouvoir se battre s’il le devait ? La blondinette en doutait fortement et elle était lucide, c’était aussi impossible pour elle de réaliser des performances. Se tapotant un peu les joues elle se reprit. L’heure n’était pas aux angoisses, ils devaient déjà se soigner un peu, se changer et chercher un moyen de sortir de là.

    « Poses toi sur le canapé je vais essayer de trouver de quoi nous changer et un kit de secours surtout… »


    Elle disparut fouiller dans les diverses pièces de l’appartement en prenant plus ou moins le temps que lui accordait sa jambe. Ramener tout ce qu’elle avait trouvé fut laborieux mais elle y arriva cependant. Précautionneusement elle prit tout d’abord tout ce dont elle avait besoin pour soigner le brun.

    « Je suis désolée je suis pas la meilleure des infirmières… Mais je suppose que ça sera toujours mieux que de laisser tout ça s’infecter…»

    La jeune femme glissa doucement ses mains sur le ventre du brun et lui enleva son haut avec tout la délicatesse dont elle pouvait faire preuve. Elle ne désirait pas lui faire mal davantage. Le bilan lui sembla encore plus grave que ce qu’elle avait pensé mais son visage resta plus ou moins impassible. En temps normal la blondinette en aurait profité pour se rincer l’œil voire plus mais elle était trop inquiète pour lui pour y songer sur le moment. Elle s’occupa tout d’abord de son épaule. Enlever le sang et désinfecter la plaie prirent du temps mais elle s’appliqua. Elle tenta du mieux qu’elle put de la lui bander fermement pour éviter que la plaie ne se remette à saigner. Il était clair qu’en réalité Rai avait besoin de soins plus poussés mais elle ne pouvait guère les lui prodiguer. Après divers pansements sur d’autres coupures elle s’occupa également de sa blessure à la tête. Le tout toujours avec la plus grande douceur possible.

    « D’habitude c’est moi qu’on rafistole alors je suis désolée si ça fait mal ou si ce n’est pas bien fait… »

    Encore plus face à l’étendue des dégâts une pensée la frappa subitement. Si elle était restée avec lui rien de ceci ne se serait produit. Jamais Rai n’aurait dû tuer un autre type, se faire fracasser la tête au passage, se prendre une balle et toutes les autres choses qui s’étaient produites depuis qu’elle l’avait laissé seul avec l’unique carte.

    « Pardon… Vraiment… Pardon. »

    Ces mots étaient sortis après un petit temps. Tout était sa faute et elle n’était même pas capable de le soigner correctement. Avec la fatigue et le stress de la situation elle aurait pu en pleurer sans mal mais l’heure était au combat. Désormais ils se devaient d’être côte à côte pour sortir de là. Se concentrant à nouveau sur l’Auditore elle mit d’autant plus d’attention et de bons sentiments pour terminer de le soigner. Une fois cela fait elle lui tendit des vêtements avant de reprendre la parole.

    « Va peut-être prendre une petite douche ça te fera du bien ou au moins te débarbouiller... Essaie juste de pas mouiller les bandages… »

    Un petit sourire gêné naquit sur ses lèvres. Rien que le bander de la sorte lui faisait honte, c’était bien loin d’être parfait et surement impossible à refaire aussi bien malgré ça. A nouveau prise de remords et à son habitude de tornade elle partit se changer également dans une chambre.

    Miz chercha ensuite toutes les armes qu’ils pourraient potentiellement utiliser. Tout ce qui était tranchant fut vite rassemblé. La blondinette manqua de pleurer de joie quand elle trouva une arme à feu bien cachée dans une pile de vêtements avec les munitions qu’il fallait. C’était peu mais toujours ça.

    Toutes ses trouvailles furent posées sur la table de la cuisine. La blonde jeta un coup d’œil en direction de la salle de bain. Les remords étaient toujours là mais elle devait se faire une raison. Certes c’était en voulant offrir la liberté à Rai au prix de sa vie que celui-ci avait failli perdre la sienne, mais les plus gros responsables restaient leurs kidnappeurs. Elle pouvait jurer sur n’importe quoi et n’importe qui qu’elle était prête à en découdre malgré son état. Leur faire payer lui paraissait même être trop peu.

    La Leone poussa un soupir pour calmer sa rage et s’ébouriffa les cheveux tout en se dirigeant vers la salle de bain. N’osant pas ouvrir la porte et rentrer, encore moins s’aventurer à jeter un coup d’œil comme elle l’aurait normalement fait, elle toqua simplement et resta devant à attendre.

    « Rai.. Est ce que tout va bien ? »


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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 15 Avr - 20:30



  • Comment s'était-il retrouvé plongé ici ? L’œil vitreux et le teint livide, le noiraud dévisageait son froid reflet, plongé dans le miroir, avec une incompréhension sourde et débilitante. Le chemin jusqu'à l'appartement lui avait semblé être étonnamment court, et il n'avait que de très parcellaires souvenirs de ce qui s'était enchaîné depuis la chute du lustre. Elle s'était occupé de l'extraire de l'immeuble et l'avait ramené jusqu'ici... Qui ? Mizeria... Mizeria. Avec fougue et fureur, l'Auditore se passa un peu d'eau chaude sur le visage, achevant d'en nettoyer les croûtes sanguinolentes qui s'y étaient formées, offrant à sa chevelure d'ébène un aspect pégueux et désagréable au possible. Son premier réflexe avait été de s'extraire de ses vêtements rembrunis par le sang séché de sa victime passionnelle, et il s'était rapidement retrouvé nu, vêtu des simples bandages dont la belle avait précautionneusement décidé de l'enrober. Le carcan vestimentaire au sol, il s'était scruté un long moment, jusqu'à ce que la voix de la jeune femme ne résonnât finalement de l'autre côté de la porte. Comment lui répondre, et que lui dire ? Il n'en avait lui-même pas la moindre idée. Sa respiration courte, sa gorge sèche et l'horizon hagard et hésitant de ses pensées étaient autant de témoins fiables de son état profondément exténué. Il était faible et avait poussé sur son corps pour lui venir en aide, envers et contre les graves blessures incommodantes dont il avait à souffrir. Elle avait pris la peine de le rafistoler mais Rai aurait très franchement eut besoin de passer quelques jours entre les mains expertes de médecins plus compétents... Et de jouir d'un profond repos, dont il ne pouvait à l'heure actuelle entrapercevoir la silhouette, tant les menaces et les problèmes semblaient actuellement les engloutir. Ils étaient encore piégés dans ce fichu tableau... Et jusqu'à quand ? Le mafieux avait petit-à-petit, dans sa solitude, retrouvé sa froideur et sa détermination invariable, que seule la Leone avait finalement su ébranler par le biais de sa délicieuse proximité. Il s'était juré de venir à bout de la mafia, quitte à se damner lui-même... Devenir un monstre pour combattre ceux qui pullulaient, pour les anéantir. Pour les entraîner avec lui dans l'infâme spirale de la damnation... Néanmoins, il s'était jeté avec une telle ferveur à la rescousse de la jeune femme qu'il doutait encore de pouvoir y parvenir. Avait-elle brisé quelque chose en lui... Ou s'était-il abandonné au bonheur dont il avait pu se délecter, sur ses lèvres sucrées ? Difficile de savoir, dès lors, s'il avait défailli à cause d'elle ou s'il était le seul responsable de cette fébrilité dégoutante qui lui collait à la peau.

    -Oui. Je vais bien.

    Sa voix était encore plus faible et plus éraillée qu'il n'aurait pu l'envisager. A un tel point qu'il en tressaillit avant de se maudire, stupide et gourd. L'eau coulait encore lorsqu'il y plongea à nouveau son visage, dans le vain espoir de se tirer du sentiment de fatigue qui l'harassait et l'accablait crescendo. Avait-il jamais été aussi exténué ? Difficile à dire...

  • Un faux mouvement attira soudain une grimace sur son visage, et il eut toutes les peines du monde à réprimer un grognement de douleur. La balle avait creusé un sillon large dans son épaule, et il avait profondément mésestimé les impacts de cette blessure vorace sur son intégrité physique. Il était mal en point. Loqueteux et faiblard, plus que jamais. Rai avait toujours eu conscience de son manque de puissance et de force. C'était un fait incontestable et il se devait de demeurer lucide vis-à-vis de ses propres faiblesses s'il espérait décemment laisser une empreinte durable et indélébile dans le Monde de la mafia. Il avait toutefois toujours su compenser avec un esprit analytique posé et calculateur, avec un sens des responsabilités indubitablement défaillant et avec une éthique enterrée jusqu'aux plus profonds tréfonds de son âme. Mais sa rencontre avec Mizeria avait lézardé son cœur, et de cette abîme insondable s'échappaient désormais des émotions et des souvenirs qu'il aurait préféré taire à tout jamais. Il avait été impulsif et tête brûlée pour lui venir en aide, manquant singulièrement de recul et d'intelligence quant à son approche. Il s'était à plusieurs reprises engouffrés dans un piège grossièrement taillé pour l'accueillir bêtement... Et il s'était fait avoir avec une docilité telle qu'il aurait presque eut l'envie d'en ricaner. Sans la jeune femme, il y serait resté, encore une fois. C'était curieux, d'ailleurs. Elle était à la fois sa faiblesse et la présence salvatrice qui le tirait de ses faux pas. A la fois son égide et l'épée de damoclès qui, à chaque instant, pénétrait davantage sa chaire pour en extraire les exhalaisons pestilentiels de ses tourments oubliés. Elle avait un don colossal : celui de le renvoyer face aux susdites responsabilités, qu'il avait toujours tenté de fuir. Et désormais, le noiraud ne pouvait plus se lorgner dans la glace un seul instant sans revoir le visage de ce gamin qu'il avait poignardé froidement, par le biais de ses propres mains...

    -Mizeria... Je crois que...

    Le visage du gamin s'était troublé avant de disparaître. Mais pas que son visage. Tout s'était troublé. Horrifié, Rai se releva précipitamment et brusquement, manquant de choir dans la foulée, son équilibre rendu plus que précaire. Il était fiévreux ? Ou l'inverse, peut-être... Des sueurs froides ne cessaient de le tourmenter, rendant ses sens engourdis et l'empêchant de dresser un constat fiable de son propre état corporel. Il avait perdu beaucoup de sang et s'était énormément surpassé pour tenter de venir en aide à la jeune femme dans les plus brefs délais. Et sans doute sa petite expérience dans la boîte d'Ox avait-elle bien malgré elle laissé des traces plus profondes et plus ternes que toutes les autres auxquelles il avait déjà été exposé durant ces derniers jours... Il avait eu longtemps le loisir de ressasser ses démons et ses expériences les plus traumatisantes. Elles revenaient dorénavant à l'assaut, ne percevant que trop limpidement son désarroi et son impuissance. Lent et chancelant, le criminel se rapprocha de la porte derrière laquelle se trouvait la Leone et, dans un geste approximatif, l'ouvrit pour se dévoiler tout entier à cette silhouette déjà familière.

  • Là, le Nagafuse sentit le sol se dérober sous ses pieds. Il chuta vers l'avant, faible, sans savoir si la jeune femme allait réussir à le rattraper à temps. Sa toison jais, encore humidifiée, vint coller à ses tempes et à son front, lui conférant un aspect moins miséreux que lorsque le sang avait rempli cet office. Il n'en demeurait pas moins pâlot, contraste accentué justement par cette chevelure d'ébène qui l'encadrait. Se paupières vinrent se clore un court instant avant que sa bouche pâteuse ne cherche finalement à prononcer quelques syllabes, un sourire mauvais et ironique envahissant et déformant ses traits.

    -C'est ma... punition. Ma pénitence... Ecoute-moi, Mizeria. Tout ce que j'ai fait... Tout... J'ai été odieux...

    Avant qu'il n'ait finalement le loisir de s'en rendre compte, des larmes perlaient le long  de ses cils, menaçant de couler le long de ses joues tandis que sa voix se perdait en quelques murmures inaudibles. Le poids de sa culpabilité, longtemps assumé en solitaire, se trouvait désormais être trop imposant pour que ses seules épaules ne puissent l'affronter. Elle l'avait tiré de cette spirale vicieuse de brutalité et de crimes dans laquelle il s'était plongé à corps perdu, songeant qu'il pourrait ainsi venir à bout des démons qui grouillaient au sein de la mafia. Elle devait désormais savoir toute la vérité...

    -Tout ce que j'ai fait... C'était pour les faire tomber, eux... Les Van Sidéris... Je ne voulais pas que d'autres aient à souffrir alors... Alors j'ai essayé de détruire la mafia... De l'intérieur...

    L'assumer face à quelqu'un lui faisait un bien fou. Mais, dans un même temps, cela le couvrait d'une honte amère. Il avait failli, et il se l'avouait désormais de la pire des manières possibles. En entraînant une innocente dans les drames qui avaient ponctués sa vie. Mizeria était une mafieuse, certes, quand bien même elle faisait partie de la prestigieuse et charitable famille des Leone... Elle n'en était pas moins une jeune femme innocente qui ne méritait pas d'être mêlée à si terribles et inexpugnables souvenirs. Et pourtant, la chose était engagée, et risquait de ne jamais s'achever... Sourd aux protestations de la demoiselle qu'il devinait  déjà, imaginant qu'elle allait probablement lui demander de conserver ses forces et de les économiser jusqu'à leur sortie de cet enfer peinturluré, le hors-la-loi continua sur la même lancée la voix toujours basse et hésitante.

    -J'ai rejoint les Auditore pour les détruire, eux aussi... Et je veux le faire... Je le veux... Mais je ne veux plus souffrir... J'en ai marre de manipuler, de mentir, de tuer... Ce n'est pas moi... Aide-moi...

    Était-ce parce qu'elle lui avait demandé de ne plus jouer de rôle, en sa présence ? Peut-être. Probablement. Toujours était-il que le Nagafuse avait passé une étape cruciale, ce jour-là, en tuant pour elle avant de se mettre sciemment en danger dans le seul but de lui venir en aide... Restait à savoir ce qu'elle allait bien pouvoir en songer, et surtout y répondre.


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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Dim 6 Mai - 22:49

Il lui avait répond mais elle ne croyait aucuns de ses mots. Non il n’allait pas bien, il ne le pouvait pas en employant une voix si cassée. C’est avec un air des plus inquiets que Mizeria se rapprocha de la porte. Silencieusement elle posa sa main sur le cadre et l’autre sur la poignée. Devait-elle entrer sans autorisation ? L’idée de le laisser ainsi lui pinçait le cœur. Elle ne voulait pas rester plantée sur place sans rien faire. D’un autre côté elle songeait que Rai souhaitait sûrement un peu de repos… S’il avait eu besoin de lui parler ou même de sa présence il l’aurait bien signifié au lieu de mentir. Néanmoins le brun reprit la parole. Elle fronça les sourcils. Il croyait que… ? Elle hésitait de plus en plus à entrer pour s’assurer que tout allait bien. La voix du jeune homme avait une sonorité de détresse et de mal être, ça ne lui plaisait pas du tout. Tous ses sens s’étaient alors comme réveillés et elle était désormais à l’affut du moindre bruit.

Elle entendit ses pas chancelants, cela lui fit tendre que d’avantage l’oreille pour finalement entendre le jeune homme se rapprocher de la porte. Instinctivement elle retira sa main de la poignée. Cette dernière s’abaissa peu de temps après et la porte s’ouvrit, découvrant un Rai plus pâle qu’avant et l’air désorienté. Elle croisa brièvement son regard avant de se rendre compte qu’il basculait complètement en avant. Miz’ le rattrapa immédiatement et accompagna sa chute jusqu’au sol. Ou plus exactement jusqu’à ce que ses propres genoux touchent terre. La blonde fit une grimace et retint un cri. Certes elle avait réussi à amortir la chute de Rai, ce qui était un énorme bon point et le plus important selon elle, mais sa jambe avait ainsi décidé de se rappeler à son bon souvenir. Elle souffla un coup se rendant compte que la douleur lui avait coupée la respiration un instant. Un coup d’œil rapide à Rai et elle réussit à reprendre sa respiration. Le plus important était qu’il ne s’était pas fait mal.

Malgré tout ce qu’il se mit à dire avec un tel sourire mauvais lui fit autant froid dans le dos que si elle l’avait vu s’ouvrir le crâne un peu plus. Instinctivement sa prise sur lui se raffermit. Plus ou moins doucement elle le cala contre elle, sa tête sur sa poitrine et faisant attention à ce que son épaule ne vienne pas à se trouver dans une position vicieuse. Elle l’écouta religieusement du début à la fin.

« C'est ma... punition. Ma pénitence... Ecoute-moi, Mizeria. Tout ce que j'ai fait... Tout... J'ai été odieux.. »

Elle avait envie de lui crier qu’il n’était absolument pas question de punition ou que ce soit du genre. Par humour elle aurait même pu lui dire que oui ça lui arrivait d’être odieux… Il l’avait été lors de leur première rencontre. Carrément tout le long de leur première mission ensemble… Il l’avait bien embrassée après l’incident d’Ox pour partir par la suite de manière odieuse… Mais jamais, au grand jamais, elle ne lui aurait fait de tels reproches. Ses dires ne firent que la plonger dans l’incompréhension la plus totale… D’autant plus les larmes qu’elle voyait se former sur ses cils. Toujours aussi instinctivement elle passa une main rassurante dans ses cheveux de jais et le serra encore plus contre elle. Et soudainement le pire se fit entendre, ou plutôt comprendre.

« Tout ce que j'ai fait... C'était pour les faire tomber, eux... Les Van Sidéris... Je ne voulais pas que d'autres aient à souffrir alors... Alors j'ai essayé de détruire la mafia... De l'intérieur... »

Mizeria ferma les yeux sous l’annonce. Elle ignorait pourquoi mais ça lui avait fait comme un coup de massue. Mais au fond… Elle se doutait déjà de cette vérité. Pour être même honnête, elle la redoutait. Oui elle avait toujours vu du bon en Rai.. C’était à cause de ce fait, que quelques fois, l’idée folle l’avait effleurée. Cette idée ? Celle qu’il ne jouait que la comédie chez les Auditore pour mieux les tromper et les détruire… Mais l’idée n’était restée que brève et délirante à chaque fois qu’elle lui avait traversé l’esprit. Aucunes fois elle ne l’avait gardée dans un coin de sa tête et avait songé à la vérifier. Elle garda les yeux clos, digérant la nouvelle. Sa main tentait toujours de lui prodiguer un léger réconfort en s’aventurant dans ses mèches humides. Elle pencha même la tête pour cacher son visage en partie dans ses cheveux. Ca lui avait pris sans crier gare mais elle avait désormais envie de pleurer. Ne serait ce que pour verser les larmes qu’il semblait retenir du mieux qu’il pouvait. Son cœur avait mal pour lui et ne faisait que se serrer.


« J'ai rejoint les Auditore pour les détruire, eux aussi... Et je veux le faire... Je le veux... Mais je ne veux plus souffrir... J'en ai marre de manipuler, de mentir, de tuer... Ce n'est pas moi... Aide-moi... »


Ses bras se refermèrent toujours plus autour de lui. Ce n’est qu’après un léger moment qu’elle songea à ne pas lui faire mal d’avantage. Elle allait finir par appuyer sur des blessures ou lui couper la respiration. Mais elle avait terriblement envie de le rassurer. De lui montrer qu’elle était là, que désormais elle allait le protéger. Mizeria embrassa son front puis le haut de sa tête. Trouver les mots… Arriverait elle déjà à en prononcer ne serait que quelques-uns ? De légers « chut » s’échappaient de ses lèvres ici et là mais ce n’était pas suffisant. Ce n’était pas une réponse, et en rien la promesse qu’elle voulait lui faire.

« Rai… ça va aller. Je te le jure sur ma vie. Je… On va arrêter tout ça d’accord ? »

Oui elle avait envie de l’arracher à cette vie de mensonges, à le faire quitter les Auditore. Voire pourquoi pas suivre l’idée folle mais si douce de dire adieu à la mafia. Cependant elle n’était pas dupe, l’entreprise allait surement s’avérer longue et périlleuse. C’était un travail d’équipe qui les attendait. L’image la fit sourire quelque peu.

« Eh.. Tu sais on s’est toujours tirés de mauvais pas ensembles… Ça ne sera pas différent. Je suis là pour toi. Peu importe ce que tu veux ou attends de moi je ferais tout pour te l’apporter… Même si je dois détruire les Auditore et les Van Sidéris moi-même pour t’accorder la liberté. »

Elle ignorait exactement pourquoi il s’était engagé dans un tel plan, allant jusqu’au point de vendre son âme… Mais il ne fallait pas être un génie pour deviner que le motif était la vengeance. Cette vieille amie qu’elle connaissait tant… Oui elle était prise d’une fureur nouvelle. Elle voulait l’aider, le libérer de ses chaines, de ses démons mais aussi lui faire justice. Malheureusement l’heure n’était pas à ça. Toujours avec la même affection elle le berça doucement.

« Ca ira Rai.. Je le promets… Désormais tout va bien aller. »

Le mot « désormais » lui semblait cruellement faux mais elle avait besoin de se convaincre aussi. Oui pour l’instant rien n’était gagné. Mizeria n’était pourtant pas connue pour abandonner. Ce n’était pas le jour pour qu’elle commence. D’un geste toujours aussi empreint de tendresse elle sécha ses larmes du bout des doigts et déposa un baiser sur le haut de sa joue. Elle tira une serviette qui était à portée de main et en couvrit le brun. Elle posa sa joue sur le haut de sa tête et ferma les yeux à nouveau. Elle resta un long moment ainsi, le rassurant toujours du mieux qu’elle pouvait par sa posture et ses caresses. Il pouvait bien dormir des heures ainsi si ça permettait de le soulager. Elle ne comptait pas bouger… Malheureusement son envie n’était pas partagée par tout le monde.

Un grincement lui fit ouvrir les yeux presque immédiatement. La Leone avait beau être concentrée sur Rai, ses sens étaient restés en alerte. Elle releva la tête doucement et fit abstraction de tout ce qui l’entourait, se concentrant juste sur la potentielle menace. Son instinct lui criait que le danger approchait. Un autre grincement arriva à ses oreilles puis le silence. Niveau discrétion ils repassaient. Peu importe qui ils étaient. Son expression qui avait été des plus tristes et compatissantes changea rapidement pour se faire plus neutre et concentrée.

Le plus doucement possible elle bougea le jeune homme pour le faire se reposer contre un mur de la salle de bain. Il était aussi question de faire le moins de bruit possible. Elle le regarda un instant alors qu’elle finissait de l’installer confortablement. Une main distraire passa sur sa joue avant qu’elle ne murmure à son oreille.

« Reste ici »

Elle déposa par la suite un bref baiser sur ses lèvres et se leva. Sur la pointe des pieds elle sortit de la salle de bain et referma la porte de cette dernière, du moins elle la laissa presque fermée. Elle ne voulait pas faire de bruit pouvant indiquer leur position, et surtout pas celle de Rai. Elle se positionna derrière un mur et se maudit d’avoir laissé la majorité des armes sur la table de la cuisine. Certes le tout n’était qu’à quelques pas mais elle ne pouvait pas prendre le risque d’y aller et que la porte de l’appartement s’ouvre à ce moment-là. Par réflexe, heureusement pour elle, il lui avait pris la manie de mettre un couteau dans sa poche. C’était peu face à l’arme à feu qu’elle avait trouvé mais c’était toujours ça en attendant.

Comme elle le pressentait la porte de l’appartement s’ouvrit. Ce fut le cliquetis de la poignée qui attira son attention. De là où elle se trouvait elle ne voyait clairement rien. Néanmoins si ses oreilles ne lui faisaient pas encore défaut elle n’entendait qu’une personne entrer… Au premier abord elle aurait songé que son cœur allait battre la chamade mais il n’en était rien. Elle en avait même oublié sa jambe. Une seule chose occupait son esprit : survivre.


Doucement mais surement l’individu qui venait de pénétrer dans leur repaire de fortune progressa dans le salon. Elle resserra sa prise sur son couteau et attendit patiemment. Bien vite une ombre arriva dans son champ de vision et celle-ci se dirigea vers la table. Cette fois ci elle avait un visuel… Ne quittant pas des yeux l’objet de toute sa haine du jour, elle le regarda faire. Il inspectait les armes… L’occasion était trop belle. D’un mouvement félin elle sortit de sa cachette et fondit sur cible.

Son plan était de planter l’intrus dans le dos le temps de faire diversion, et de s’emparer d’autres armes, mais il semblait qu’elle s’était trahie à un moment donné. Au dernier moment il se retourna et elle n’eut que le temps de tenter de le frapper. Il ne fallait pas partir sur du corps à corps, la blondinette le savait pertinemment. Alors que son ennemi avait déjà esquivé son coup, il la bascula par-dessus la table. Non vraiment elle n’allait pas pouvoir tenir un combat rapproché, elle n’avait même pas réussi à réellement lui asséner de coups durant ce premier échange. En revanche, cet échec se montra très rapidement bénéfique. Reprenant bien vite son esprit elle se rendit compte qu’elle avait fait tomber l’arme dans sa chute. Elle s’en empara et se releva avec hâte, mettant en joug son agresseur. Ses instincts les plus primaires de survie étaient désormais bien présents. Mizeria était prête à tirer d’ailleurs sans remords quand elle se stoppa net.

« Eh bien surprise de me voir ? »

Un air d’effroi prit place sur son visage et elle resta plantée sur place comme une idiote. Choquée de reconnaitre l’intrus, chose qu’elle n’aurait jamais cru possible. Pire encore, jamais de son humble vie elle aurait pensé voir ce visage de nouveau. Profitant de sa légère terreur, l’homme la frappa à nouveau s’assurant ainsi qu’elle lâche son arme. Elle tomba à terre et regarda avec stupeur l’arme glisser plus loin. Elle, qui était prête à tuer une armée il y avait si peu de temps, se sentait comme en dehors de son corps. Comme si toute la fatigue de ces dernières heures l’avait rattrapée et mise à terre. N’écoutant cependant que son envie de s’en sortir elle tenta de se redresser pour aller récupérer son arme. Ce n’était évidemment pas au gout de son opposant.
Il passa à l’attaque sans la moindre hésitation et elle se contenta d’esquiver dans un premier temps. Le choc était toujours présent et elle en était clairement réduite à être une bonne à rien. Comme pour rajouter au tout il lui sourit, la déstabilisant d’autant plus. Elle ne vit même pas arriver le deuxième coup qui la fit tomber à terre. Et cette fois ci elle n’était pas prête à se relever en vitesse. A vrai dire elle était même loin d’en être capable puisque sa connaissance de longue date la bloqua au sol, une main sur sa gorge. Elle étouffa un gémissement. C’était donc ainsi que ça allait finir ? Bêtement étranglée alors qu’elle s’était jetée férocement dans la bataille ? Mais le destin, ou plutôt son potentiel bourreau semblait en avoir décidé autrement. Il la tenait fortement certes, peut être même trop, mais il ne serrait pas plus.

« Ah Mizeria… Toujours aussi sauvage… »

La Leone le toisa avec tout le mépris dont elle pouvait faire preuve. Oui elle l’avait immédiatement reconnu quand elle avait enfin eu l’occasion de le regarder réellement. Cet homme de son passé… L’associé de son oncle. Prise d’un élan de dégout elle tenta de se débattre mais c’était sans appel, il était trop lourd pour elle. D’autant plus qu’il appuya sur sa jambe blessée comme pour la rappeler à l’ordre.

« Chut chut chut… Reste un peu sage. Tu étais un tout petit peu plus docile avant. »

Elle serra les dents pour ne pas lui faire le plaisir de lui montrer sa douleur. Il sourit à la tentative et appuya un peu plus.

« Toujours aussi coriace hm… Mais je dois avouer… Que tu es devenue une sacrée femme.
- Et toi t’es toujours le même salopard. »


Il resserra légèrement sa prise sur son pauvre cou avant de soupirer. Mizeria grimaça de nouveau mais elle continuait de le regarder toujours aussi furieusement.

« Qu’est ce que tu veux… Qu’est ce que tu fous là….
- Eh bien… Commençons par le début non ? Tu sais quand tu as tué ton cher oncle… Tu as certes bien joué ton coup mais t’as aussi ruiné notre business. Heureusement pour toi tu as disparu assez vite, j’ai voulu te le faire payer cher mais tu étais introuvable… Puis soudainement. Qui vois je réapparaitre sur les radars ? Ma chère petite Mizeria ! Bon certes en tant que mafieuse. Chapeau d’ailleurs. Mais mon envie de vengeance était encore là et elle réclamait du sang. D’autant plus après ce que tu as fait à mon cher ami Ox avec ton copain. Vraiment Mizeria. Deux de mes associés et amis. Je ne pouvais pas laisser passer ça. Surtout pas en retrouvant enfin ta trace… »


La nouvelle la laissa perplexe. Jamais, au grand jamais, même dans ses blagues les plus débiles, elle n’aurait pensé que tous les pires cauchemars de sa vie pouvaient se connaitre. Mais cela expliquait des choses… Notamment les cassettes de sa vie passée qu’Ox avait utilisées contre elle. Elle avait tellement envie de se foutre d’eux, sauf que mourir étranglée ici n’était pas dans ces plans… Elle cherchait d’ailleurs vainement une échappatoire. Ce qu’il avait à dire elle s’en tapait bien. Elle voulait simplement partir d’ici, loin de tout ça, loin de lui et juste être avec Rai pour le rassurer.

« J’avais pourtant dit à Ox de faire attention… Tout comme j’avais dit à Hado d’être plus radical avec toi. Mais non tu étais bêtement son jouet… Il ne voulait pas partager… »

Elle haussa un sourcil. Le regard dégoutant qu’il lui lançait était loin de lui plaire, encore moins la main qu’il avait appuyé sur sa cuisse qui remontait désormais le long de celle-ci.

« Dire que tu as failli rentrer dans le circuit… Moi qui me faisait déjà une joie d’être ton premier client. Et tu t’es juste barrée… Tu n’imagines pas ma frustration. Toutes les autres gamines m’ont parues bien fades après ça… »

Elle garda son air de dégout et eu envie de lui cracher au visage. Mais au final.. Ne connaissait-elle pas que trop bien cette situation ? Elle sembla se relaxer légèrement, elle arrêta même d’essayer de lui faire lâcher prise.

« Si je comprends bien… Tu voulais venger tes amis. Et en plus assouvir tes fantasmes avec moi ? Donc tu as mis en place tout ce cirque…
- Je dirais… Exact. Plus m’occuper de ton copain en mémoire d’Ox et te faire souffrir en petit bonus. »


A la mention de Rai elle changea définitivement d’attitude. Non il n’allait pas s’occuper de lui et encore moins toucher à un seul de ses cheveux pour la faire souffrir. Elle préférait milles fois tout encaisser que l’idée qu’il s’en prenne au brun. Son expression se fit encore plus détachée et froide.

« Je vois… Tu resteras donc un enfoiré jusqu’au bout. Un sale porc tout comme Hado. »

Il serra encore sa prise mais elle n’en grimaça que brièvement. Elle le regarda avec un air de défi.

« Tu sais comment a fini Hado ? Oui ce bâtard me maltraitait et allait bientôt m’utiliser d’avantage... Mais je lui ai rendu la monnaie de sa pièce. Je suis revenue, je lui ai fait croire que je voulais enfin devenir une de vos putes. Ce porc en bavait rien qu’à l’idée... Quel plaisir pour moi quand je l’ai mis à terre et que je lui ai foutu une balle juste à côté du cœur pour qu’il meurt lentement comme il le méritait. »

Cette fois ci c’était son interlocuteur qui avait un regard furieux et un air de dégout. Elle inversa les rôles jusqu’au point de sourire. Un léger sourire à cause de la douleur mais il était là. Elle articula doucement pour être sure qu’il n’en rate pas un mot.

« Je ne suis plus comme avant. Alors… Tues moi maintenant. Ou tu finirais pareil que tes copains. J’y veillerais personnellement… »

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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Lun 7 Mai - 15:26



  • Son amertume, sa tristesse et sa douleur physique n'en finissaient plus de l'accabler tour-à-tour. S'il avait dû pointer du doigt le véritable responsable de cet état pitoyable et misérable qui était le sien entre l'affliction morale qui le rongeait depuis belle lurette et la géhenne insurmontable qui dévorait son épaule avec malice, il aurait probablement hésité pendant de sempiternels instants. Finalement, il lui sembla que la douceur des mots de Mizeria, qui n'avait que d'égal la bienveillance chaleureuse du moindre des gestes tendres qu'elle lui dédiait, chassa momentanément la noirceur dont son esprit s'était englué et estompa la terreur qui l'avait assailli face à la perspective de l'insérer bien malgré elle dans la vie sordide qu'il avait choisi de mener. Avait-il seulement le droit d'évoquer ses plus intimes tourments en présence d'une personne tierce et extérieure ? Lorsqu'il s'était abandonné à sa quête inlassable de vengeance sanguine et rancunière, il avait tacitement décidé que non. Qu'il allait devoir en assumer le fardeau seul, afin, précisément, de n'entraîner personne d'autre dans le cercle vicieux de la souffrance et de la barbarie. C'était pour guérir le Monde de ces criminels décérébrés et égoïstes qu'il s'était engagé sur ce chemin des plus périlleux... Pour purifier cette société décadente dans laquelle ils ne se complaisaient que trop, dans laquelle ils fleurissaient même, quelque fois, lorsqu'ils étaient suffisamment habiles pour tirer leur épingle du jeu et s'accaparer les rênes du pouvoir et de la richesse. Les Van Sidéris et les Auditore étaient potentiellement les plus horribles d'entre tous, ceux-là même qui agissaient avec le moins de discernement, qui s'abandonnaient à la criminalité avec une perversion marquée et assumée... Néanmoins, toutes les familles devraient, à terme, finir par y passer. Aucun civil ni aucun justicier de carton-pâte, aux ordres d'une armée ou d'une police plus ou moins véreuse, ne méritait d'être intriqué dans ces affaires sanglantes d'où s'échappaient des sévices pestilentielles que Rai souhaitait précisément leur épargner. Et aucun mafieux ne devait être au courant de ses agissements, sans quoi le risque de fuite ou de gêne croissait brusquement, rendant même les infimes chances de parvenir à ses fins d'autant plus illusoires et lointaines...

    Et elle ? Elle était les deux à la fois. Mizeria était une mafieuse. L'une des plus tempérées, certes, ayant pied dans une famille qui rechignait à user de sa force pour asseoir son autorité et qui, plutôt que de se nourrir de spectacles macabres glorifiant son orgueil, s'évertuait à donner la part belle à la sagesse et au savoir... Mais une mafieuse toutefois. Allait-elle accepter sa radicalité ? Sa vision ostensiblement et ouvertement biaisée des choses ? Son intention mortifère, décernée à toutes les organisations criminelles qui sévissaient de par le monde ? C'était là chose peu probable. De surcroît, sa position de jeune femme innocente et enthousiaste, investie d'une bonne volonté évident et d'une humilité presque affligeante, la casait d'une certaine manière dans la case des civils. Elle ne méritait pas d'être happée dans l’Ouroboros mortifère et destructeur que le Nagafuse entendait bien incarner... Elle devait même s'en préserver, autant que possible. Elle n'avait que trop souffert, par sa faute...

    Mais ces doutes, justement, furent évincés par la délicatesse avec laquelle Mizeria s'acharna à le tirer de la funeste auto-destruction qu'il s'était infligé de lui-même. Les mots et les baisers s'enchaînèrent avec une justesse tendre et romantique, avec une chaleur humaine incommensurable qui acheva irrémédiablement de le faire larmoyer. Il lui semblait que les dernières caresses aussi douces et gracieuses qu'on lui avait destiné remontaient désormais à des années. Tant de sombres événements et de crimes déroutants s'étaient enchaînés depuis lors qu'ils avaient enfermés ces souvenirs hypocoristiques et les avaient condamné à l'oubli jusqu'à ce que la brèche béante au sein de son cœur ne les laisse enfin s'exprimer à nouveau. S'il n'avait pas lui-même souffert d'une impuissance terne et morne, le noiraud aurait probablement pris le parti de s'abandonner à cette douceur exacerbée et appréciable en tant qu'acteur. Il fut néanmoins contraint de lâcher prise temporairement, se concentrant davantage sur ce que sa belle lui communiquait plutôt que sur ce qu'il aurait éperdument souhaité lui rendre. Lui-même fut si effrontément captivé par les frissons qui le pourfendirent de part en part et qui naissaient uniquement de l'amour évident que les gestes de Mizeria cristallisaient qu'il en oublia sa douleur terrible et angoissante l'ayant pourtant poussé à la faiblesse et à l'honnêteté, deux tares dont il aurait jusqu'à présent préféré se préserver à tout prix. En fin de compte, seule une certitude l'enivra et le grisa, l'amenant à songer secrètement qu'il avait eu raison de se livrer si sottement et si spontanément : il avait grand besoin d'elle, s'il espérait survivre à l'objectif putride et machiavélique qu'il s'était fixé. Cela lui semblait dorénavant incontournable et indubitable : elle était tout ce qui le rattachait à la vie et à ses sentiments, à ses émotions dont il avait toujours essayé de taire les envies les plus instinctives, se raccrochant frénétiquement à son intellect froid et pragmatique en toutes circonstances. Rai avait besoin de Mizeria car, sans elle, il avait comme l'étrange impression qu'il ne serait jamais plus vivant...

  • Elle allait l'aider. Du moins venait-elle de le lui promettre. Cette simple perspective de ne plus être le seul à porter ce fardeau titanesque le combla d'un bonheur indicible, qu'il prit le parti de retranscrire d'un simple sourire certes discret et pataud, mais que la jeune femme n'aurait aucun mal à saisir au vol. Elle le connaissait désormais bien assez pour savoir qu'il n'était guère homme à s'abandonner à quelque sentimentalisme : il était constamment dans le faux, dans le simulé, dans l'hypocrite, car il estimait qu'une façade bien entretenue était toujours mille fois plus fructueuse que son véritable être décharné et désespéré qu'il avait toujours tu. Cette fois faisait immanquablement exception. Ce sourire-ci n'était pas feint, n'était pas mensonge : la tristesse qui le paraît donnait d'autant plus d'envergure et de profondeur à la gratitude simple et brute qu'il voulait exprimer, et offrait à la demoiselle des remerciements plus loquaces et sincères que tous ceux qu'il aurait pu tenter de communiquer par le biais de sa voix. Il s'abandonna finalement à leur étreinte, fermant progressivement les paupières dans le but vain de graver cet instant éphémère parmi les méandres de ses souvenirs, afin de conserver à ses côtés une image de Mizeria, où qu'il aille et quoi qu'il fasse. Car il en avait désormais la conviction la plus franche possible : elle était dorénavant synonyme d'espoir en son for intérieur, et il ne s'autoriserait jamais à fléchir tant qu'il la saurait derrière lui. Avec ironie, le mafieux se rendit compte du fait qu'il avait passé sa vie à guerroyer pour des fantômes disparus depuis longtemps, pour des chimères qui le hantaient, certes, mais ne faisaient que grignoter ses rêves et ses songes depuis un naguère évanoui. Elle était la première qu'il allait tenter de brandir comme un objet vivant de ses convictions, comme une raison de vivre, de survivre et de surpasser l'être morne qu'il avait jadis été. Elle était sa félicité, son lendemain, sa consécration, son renouveau... Sa résurrection.

    Aussi, lorsqu'elle tâcha de s'extraire de ce moment d'une sérénité rassérénante, il eut un moment de frustration qui se manifesta par un grognement faiblard et inaudible. Encore une fois, elle venait de le pousser à communiquer instinctivement plutôt que par d'innombrables calculs et réflexions... Et cet état de fait sembla tant l'abasourdir qu'il se contraignit à demeurer docile tandis qu'elle le ramenait dans la salle dans le bain, dans l'optique de lui permettre d'y prendre place plus ou moins confortablement. Rai, de son côté, ayant assurément les sens engourdis et émoussés par sa faiblesse passagère, n'avait pas su se rendre compte pour l'heure de la menace qui semblait planer sur eux et parachever le travail déjà bien entamé par les deux hommes de main stupides qui avaient tenté de se jouer d'eux. Il se contenta donc de la scruter passivement et silencieusement tandis qu'elle apposait un baiser sur ses lèvres, lui coupant le souffle et suspendant les battements de son cœur l'espace d'un instant. Il n'arrivait pas à se faire à ce contact intime et passionné, qui évoquait en lui bien plus de sentiments qu'il ne pouvait en contenir et il reprit même légèrement des couleurs avant que sa pâleur laiteuse ne revienne finalement à la charge pour récupérer son dû. Il ne protesta toutefois pas, n'en ayant ni le courage, ni l'ambition : il aurait au contrairement grandement apprécié de voir ce geste tendre s'éterniser et sentit sa légère frustration croître d'autant plus lorsqu'elle tourna les talons, lui enjoignant de demeurer sagement à sa place tandis qu'elle s'en retournait au salon.

  • Combien de temps demeura-t-il là, tâchant de contenir sa respiration, l'oreille aux aguets, pour se renseigner quant à l'objet de l'éloignement soudain de Mizeria ? Il n'en eut pas la moindre idée. Toujours fut-il que les bruits de lutte le tirèrent immédiatement et sans plus tarder de son immobilisme, venant à bout du peu d'envie qu'il pouvait bien ressentir à l'idée d'être actuellement éloigné de celle qui venait de faire battre son cœur. Il lui sembla que la distance même dérisoire qui les séparait était insurmontable, dans l'état des choses : il blêmit encore davantage, si la chose était encore envisageable, en entendant que le conflit semblait s'entériner et que les chocs se multipliaient. Quelqu'un. Quelqu'un venait de surgir et, pour l'en prémunir, pour le protéger, elle s'était jetée au-devant de ce danger sans plus y songer, impulsive et téméraire comme à l'accoutumée. Elle était folle ! L'indignation qu'il ressentait à cette idée grimpa d'un cran supplémentaire lorsqu'il songea sobrement et sans détour aux blessures dont elle avait elle-même à souffrir. Comment diable pouvait-elle espérer s'en tirer en bonne et due forme, dans de telles circonstances ? Ce regain d'énergie lié à la passion fougueuse qui l'avait engourdi octroya à Rai un regain de volonté et de détermination bienvenu : avec une douleur certaine, harassé par la fatigue, il se redressa en prenant pesamment appui sur le mur contre lequel elle l'avait installé et s'orienta lentement vers ses vêtements en lambeaux et en haillons où il plongea une main avide, récupérant ainsi les deux boîtes qui s'y trouvaient. S'il délaissa sans trop hésiter la boîte animale, songeant que le fossa n'avait potentiellement pas encore récupéré de la déconvenue précédente, le Nagafuse s'empara en revanche de sa boîte arme et, toujours à demi-nu, couvert uniquement par les bandages et la serviette dont sa camarade d'infortune avait bien voulu l'affubler, s'en retourna au mur pour s'y appuyer maladroitement. Toujours plus fébrile, il entreprit alors d'avancer jusqu'à la porte qu'il ouvrit précautionneusement, prenant garde à ne pas émettre un grincement qui aurait bêtement pu renseigner l'ennemi qu'il devinait quant à son approche imminente. Il eut par la suite besoin d'un temps fou pour parvenir au salon et pour enfin pouvoir poser directement ses prunelles sur le spectacle horrifiant et révoltant qui s'y déroulait... Temps qu'il put mettre à profit pour songer et écouter les quelques bribes de phrases qui lui parvinrent plus ou moins distinctement.

    Lorsqu'il parvint enfin à en saisir la teneur et à comprendre grossièrement le sens des phrases échangées, il eut là un bien mauvais pressentiment d'autant plus accentué par les dernières phrases de Mizeria, qu'il comprit plus aisément, ayant eu l'opportunité de se rapprocher au point d'apparaître modestement dans un coin du couloir. Fort heureusement, ni la jeune femme, ni l'homme qui semblait la dominer ne lui prêtaient attention : ils semblaient focalisés l'un sur l'autre et le Nagafuse comprit sans peine qu'ils se connaissaient, et que plus d'une histoire sordide était liée au passé macabre de la belle Leone. Et lui qui l'avait toujours perçue comme une jeune femme volontaire et optimiste, n'ayant jamais rien vécu de bien glauque ou de bien sombre... Une pointe de culpabilité vint le saisir et l'envahir au moment où elle souffla à l'inconnu l'idée de la tuer sans plus tarder. Cette pointe, toutefois, ne fut rien comparativement à la rage qui dévora ses entrailles lorsqu'il remarqua la main de l'inconnu qui semblait, taquine, vouloir remonter le long de la cuisse de la jeune femme pour s'aventurer près, bien trop près de son intimité. Et une fois de plus, le mafieux perdit pied, renonçant à son intelligence et à sa patience pour agir dans la précipitation.

    -Tu m'as interdit de souhaiter ma mort, Mizeria. Je te prierai de ne pas évoquer la tienne aussi bêtement... Pas après tout ce que tu m'as dit...

    Bien entendu, l'inconnu se redressa quelque peu et tourna son regard dans la direction du noiraud pour le darder d'un air mauvais et agressif. A partir de là, un petit jeu allait s'amorcer, encore plus délicat et précaire que les précédents : Shiho ne pourrait pas leur venir en aide et, de surcroît, l'Auditore en personne était bien trop faible pour tenter d'opposer une quelconque résistance si une véritable rixe devait s'engager. Pourtant, il tâcha de n'en rien montrer : il avança de quelques pas, preste et leste, droit et serein, faisant mine de ne pas souffrir de ses multiples blessures et lésions lors même que le moindre mouvement de ses muscles lui donnait envie de hurler. Finalement, lorsqu'il sentit qu'il avait irrémédiablement atteint ses limites, il marqua un arrêt et gratifia l'inconnu de nouvelle paroles virulentes, dont la réponse ne se fit à la vérité guère attendre.

    -Et toi, tu ferais mieux de la laisser tranquille. Elle vient de tuer quelqu'un à coup de lustre...
    -Tiens... Voilà le copain... Et en piteux état, on dirait.
    -Le copain ? Tu n'y es pas. Parlons plutôt de fréquentation occasionnelle. Et mon état est moins piteux qu'il n'y paraît, crois-moi.
    -Ah oui ? Et tu comptes faire quoi ? Me rouer de coups jusqu'à ce que mort s'ensuive ?
    -Je n'ai pas besoin d'attaquer pour être dangereux, à ta différence...

    Sans crier gare, et dans un effort qui lui sembla soudainement démentiel, Rai alluma sa bague de gardien et l'engouffra dans la boîte, libérant sans plus tarder son shuriken géant sur lequel de longues et langoureuses flammes d'un brun clair vinrent s'installent, dansant avec lenteur en menaçant d'atteindre la vue de l'inconnu d'un instant à l'autre. Ce dernier, qui semblait être au fait des compétences du noiraud, eut le réflexe salvateur de fermer les yeux, empêchant ainsi les flammes de la manipulation désertique d'entrer en contact avec ses souvenirs... Et amenant invariablement un sourire narquois sur le visage pourtant faible de l'Auditore, qui lança piteusement et maladroitement son arme au sol, aux côtés de la demoiselle en position précaire. L'effort monumental qu'il déploya le força par la suite à s'affaisser au sol, dans un grognement des plus bestiaux. Il ne savait pas si la diversion opérée allait être suffisante et si Mizeria allait réussir à récupérer l'arme qu'il venait de lui lancer pour la retourner contre l'agresseur mais il s'en fichait. Il venait, en intervenant de la sorte, de lui signifier un fait clair et limpide... Soit ils vivaient à deux, soit ils mourraient ensemble.
    A compté de ce jour, il n'accepterait plus jamais qu'elle soit mise en danger.


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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Mer 9 Mai - 22:21

Mizeria cherchait toujours un moyen de s’échapper malgré son attitude calme. Certes elle avait arrêté de lutter depuis quelques minutes mais son esprit était loin de fonctionner au ralenti. Elle ne souhaitait qu’une seule chose, se dégager pour atteindre le revolver et descendre son agresseur. Rien que le regarder la dégoutait, elle lisait sans mal dans ses yeux toute la perversité dont il pouvait faire preuve. Il incarnait tout ce qu’elle détestait, tout ce qu’elle avait fui depuis des années, et surtout tout ce qu’elle avait décidé de rejeter du plus profond de son être. Oui c’était une copie de son oncle, en plus pâle et faible mais elle voyait en lui des traits qu’elle aurait préféré oublier à tout jamais. La blonde pouvait toujours sentir sa main s’aventurer le long de sa cuisse. Rien que ce geste lui donnait envie de lui briser les doigts un par un.. Malheureusement c’était un luxe qu’elle ne pouvait s’octroyer.

L’associé de son oncle en revanche semblait chercher quel petit extra il devait s’offrir en premier… A vrai dire c’était le regard de défi de la jeune Balogh qui le dérangeait le plus et il ignorait bien comment la remettre définitivement à sa place de manière radicale. S’il pouvait lui faire ravaler son insolence et son air rebelle, cela serait la meilleure partie. Ou du moins un très bon début par rapport à ce qu’il semblait lui réserver.

Cependant que ça soit les plans de riposte de Mizeria ou bien les idées sordides de son agresseur, ils furent coupés dans leurs conceptions par la voix de Rai.
La jeune femme qui s’évertuait à rester calme, comme si elle était loin d’être inquiète de son sort, se mit à blêmir et perdit son masque d’impassibilité. Elle écarquilla les yeux et fut prise d’une énorme envie de crier sur l’Auditore. Que venait il faire ici ? Pourquoi n’était-il pas resté sagement dans la salle de bain ? Ce n’était pas dans son état qu’il allait l’aider plus. Il avait beau avancer avec l’air le plus détaché et normal du monde, elle voyait clair dans ses mouvements. Tout comme leur ennemi. Puis le teint du brun ne mentait pas, il était plus pâle qu’un mort… Il était certain qu’il ne ferait pas un pli en cas d’attaque.

Elle ne s’attarda même pas sur ses paroles, trop inquiète pour lui. D’autant plus soucieuse quand elle sentit son agresseur relâcher sa prise. Il se faisait plus concentré sur Rai… Et cet idiot n’avançait plus, certainement plus capable de le faire. Mizeria sentit son sang se glacer. Elle tenta de se relever mais sans succès, leur ennemi avait beau avoir son regard posé sur Rai, il ne l’oubliait pas pour autant. D’un geste toujours aussi brut il la força à rester en position de faiblesse sous lui. Cette fois ci la blonde lâcha un léger grognement de frustration. Quand elle était seule face à lui elle s’en moquait bien d’être en mauvaise posture… Mais pas si Rai venait à être mis en danger. Il avait déjà assez fait les frais... Le pire était que toute cette maudite mascarade n’était qu’une vengeance contre Mizeria, Rai n’avait été qu’une victime collatérale, ou plutôt une victime de ses anciennes erreurs.

Elle écouta l’échange des deux hommes, son regard parcourant la pièce à la recherche d’une aide providentielle, d’une idée, une diversion, tout ce qui pouvait éventuellement faire oublier Rai un instant. Elle le savait pertinemment, elle n’allait pas supporter de le voir si jamais encore plus blessé par sa faute. Rien que l’idée lui était insoutenable. Impuissante, elle suivit leur échange. Son sang se glaça d’autant plus quand elle vit Rai enflammer son anneau. Dans une autre situation et surtout dans une autre position elle lui aurait volontiers passé un savon. Elle sentait déjà la prise sur son cou se relâcher d’avantage. L’autre allait finir par se lever pour faire face au Nagafuse.

Puis soudainement, la situation sembla se renverser dramatiquement. Rai avait certes activé sa boite arme et sortit son shuriken géant mais il avait par la même occasion fait briller des flammes du désert sur les lames. Son opposant semblait au courant des techniques du brun puisqu’il ferma les yeux. De son côté elle regardait son acolyte de fortune d’un air interrogatif. Allait-il juste l’éblouir… ? Elle avait du mal à comprendre la manœuvre, surtout qu’elle le voyait de plus en plus mal. Elle tentait déjà de profiter de la diversion pour se relever quand Rai envoya son arme juste à ses côtés. Et elle comprit. Sans réfléchir, ni lui exprimer sa gratitude, ni lui dire à quel point il était un don du ciel, elle s’empara de l’arme. L’homme n’eut le temps que d’ouvrir les yeux comprenant que quelque chose clochait au son de l’arme qui était tombée au sol et du grognement de Rai, qu’elle plantait déjà une lame du shuriken géant dans son abdomen. Dans la précipitation elle n’avait pas pris le temps de songer à comment le tuer ou le blesser, le premier coup suffirait. La surprise se lut sur son visage, la Leone en profita pour inverser la situation, le basculant à côté d’elle et cette fois ci le plaquant au sol. Comme pour s’assurer qu’elle ne l’avait pas raté elle enfonça plus profondément la lame, arrachant un cri à sa victime. Enfin il avait compris ce qui lui arrivait. Il tenta de l’attraper pour se défendre mais elle se retirait déjà, le laissant empalé de la sorte.

La blonde recula de quelques mètres pour enfin reprendre son souffle. Elle se mit à tousser fortement comme si elle allait rendre ses poumons sur le sol délabré de l’appartement. Avec l’adrénaline elle avait inconsciemment oublié tout le choc que son propre corps avait reçu, en particulier son cou. Elle avait senti la pression et l’air lui manquer quand il la tenait à sa merci, l’ampleur des dégâts se faisaient d’autant plus sentir maintenant qu’elle était libérée. Par réflexe elle se tint elle-même la gorge, vérifiant presque qu’elle était bien encore en place. Elle se sentait étourdie. Sa récupération fut malheureusement de courte durée, coupée par un rire gras et moqueur. Son regard se dirigea rapidement sur Rai pour revenir sur le troisième personnage de la pièce. Il était planté au sol par un shuriken géant et il riait ?

« C’est tout Mizeria ? Tu finis pas le boulot ? Tu vas juste t’arrêter là ? »

Cet idiot était en train d’aggraver son cas. Elle fronça les sourcils ne comprenant pas bien l’intérêt de la provoquer. Il n’allait de toute évidence pas survivre, elle ne lui ferait pas la fleur de le sauver. Puis à bien y réfléchir il était préférable d’apprendre comment sortir d’ici de son vivant…. Mais c’était sans compter le dérapage qui allait s’amorcer.

« Tu fais vraiment tout comme ton père hein… »

Cette fois ci, sa curiosité fut piquée à vif. Pourquoi mentionnait-il son père ? Elle ne comprenait pas du tout son raisonnement. Elle se redressa, se tenant toujours la gorge et le toisa. Son instinct lui criait étrangement de ne pas chercher à en savoir plus, de l’ignorer complétement et de se préserver au plus possible. Son envie de comprendre par contre était trop grande.

« Pourquoi tu me parles de mon père ? Qui t’en as donné le droit. »

Son ton avait rarement été si cassant, quand il s’agissait des siens elle devenait une toute autre personne. Le sujet était trop sensible. Et l’autre ne le savait que trop bien… Il se mit à rire de plus belle.

« Tu ne sais pas ? Quand il est sorti de taule il a été voir Hado pour le descendre… Et qu’est ce que ton idiot de paternel a fait au final ? Rien du tout ! »


Elle resta sur place à l’écouter déblatérer ses horreurs en riant, complétement tétanisée par la nouvelle. Elle comprenait où il voulait en venir, et ça lui glaçait le sang encore plus qu’avant.

« Ce trouillard lui a même pas fait la peau. Il est juste parti faible comme il était, et il est rentré gentiment se faire sauter la cervelle. »

Son cœur manqua un battement. Oui elle comprenait désormais où il voulait en venir. Comment il cherchait à la déstabiliser. Il n’y avait pas à dire, il fallait l’applaudir pour cela, ça marchait très bien. Même plus que trop bien. Mizeria découvrait un nouvel élément et pas un des moindres.

« Ah mais oui tu savais pas, tu t’étais barrée. Abandonnant ton pauvre papa. Tu serais sagement restée… »

Cette fois ci elle n’écoutait plus. Elle ne l’entendait même plus se noyer dans son propre sang. Elle ne se rendait même plus compte de la folie dans laquelle il sombrait. Elle était bien trop occupée à s’enfoncer dans la sienne. Si elle n’était jamais partie, elle aurait été là à la sortie de son père, ils se seraient débarrassés d’Hado ensemble, ou pas. Mais ils auraient été ensembles. Son père n’avait pas eu le courage de finir son frère, ni tout ce macabre chapitre de sa vie. Non il avait préféré mettre fin à sa souffrance. Parce qu’elle était absente à ce moment là. Elle n’avait pas été là. Le pire regret de sa vie. Et que faisait ce monstre ? Il lui renvoyait tout ça dans la figure, se permettant au passage de cracher sur la mémoire de son défunt père. C’en était trop. Toute cette histoire, non sa vie en était trop.

Lentement elle se leva, retourna vers lui et se mit à regarder dans ses poches. Elle entendait désormais ses insultes d’une seule oreille. Très vite elle trouva l’objet de ses recherches, un dispositif. Surement leur clef de sortie… De toute façon elle s’en fichait pour l’instant. Il n’y avait rien d’autre dans ses poches, aucune crainte d’abimer quoi que ce soit ainsi. Tout aussi calmement elle fit quelques pas, marchant presque normalement, ne ressentant plus sa jambe. Elle ramassa l’arme et vérifia qu’il était suffisamment chargé tout en revenant vers sa dernière victime. L’idiot continuait de s’égosiller… Il allait y passer tout seul à ce rythme là. Mourir stupidement comme l’homme qu’il avait toujours été. Sans crier gare elle lui tira une balle dans la jambe, le faisant enfin taire.

« Ah ça fait du bien quand tu la fermes…. Hado était aussi du genre à se la ramener tout le temps. Son histoire préférée, tu la connais ? C’était comment il avait tué tout le monde. »

Elle ne le quittait pas des yeux, toujours parfaitement calme. Persuadée que de toute manière, il devait déjà la connaître.

« Il me disait si souvent qu’il n’aurait jamais pu obtenir quoi que ce soit de ma mère… Puis à quel point mon grand frère n’aurait pas été amusant à utiliser. »

Elle tira tout aussi sereinement une autre balle dans son autre jambe. Nullement perturbée par ses cris.

« Et comment ma petite sœur était trop chiante… »

Cette fois ci elle visa son épaule et tira de nouveau. Le bougre essayait de bouger, de s’échapper. Inutile et futile. Elle plaça son pied sur une partie non tranchant du shuriken et appuya dessus, l’enfonçant plus profondément dans la cage thoracique de son défouloir.

« T’as dû l’aider non… Je doute qu’il ait pu accomplir ça tout seul hm… Puis vu le plan tordu que tu nous as fait ici… Ah d’ailleurs. Celle là, c’est pour Rai. »

La quatrième balle partit dans son épaule encore intacte. Oui elle n’allait rien laisser passer. Elle lui faisait grâce de ne pas lui briser les doigts un par un… Mais pour les balles elle n’allait pas s’arrêter tout de suite. Elle vit qu’il allait bientôt tourner de l’œil sous la douleur et elle appuya de plus belle sur le shuriken.

« Reste un peu avec moi.. Juste un peu… Toi qui veux tant être irrespectueux envers les morts et ma famille surtout… »

Elle pointa l’arme sur sa tête cette fois ci, attirant toute son attention. Il savait qu’il était perdu, mais il n’osait plus dire quoi que ce soit. Ca ne lui arracha même pas un sourire de victoire… Rien.

« Celle là… C’est justement pour mon très cher père. Va pourrir en enfer. »

Alors qu’elle allait tirer toujours aussi sereinement, l’image d’Hado se superposa sur celle de son ancien ami. L’espace d’un instant elle eut un moment de stupeur et se retrouva à tirer plus précipitamment qu’elle ne l’avait cru. Comment après tant d’années arrivait elle à le revoir si clairement ? Au trait près, c’était lui. Tel un fantôme revenu d’entre les morts puis la mener à mal une fois de plus. L’autre n’était plus. Il avait enfin rendu l’âme de manière rapide et efficace. Cependant ça ne lui donna aucune satisfaction. Revoir le visage d’Hado de la sorte l’avait ramenée à la dure réalité. Ses démons étaient et seraient toujours vivants. Elle les avait juste enterrés pendant un temps. Et ils pouvaient ressortir n’importe quand… Que cela soit ici, ou bien encore avant avec Ox. La porte était ouverte. Elle se recula à nouveau, le regard perdu sur le désormais cadavre. Ses pas étaient désordonnés, elle manqua des chuter à quelques reprises puis se reprit. C’était fini. Pour l’instant du moins, mais ça l’était. Elle réalisait également sur le coup qu’elle avait ainsi agit sous les yeux de Rai, se montrant sous son pire jour, un qu’il n’avait surement jamais soupçonné, tout comme elle. Elle resta encore un long moment silencieuse avant de balancer l’arme sur le côté.

« Je… Je crois qu’on a le dispositif pour sortir. Deux bêtes boutons il semblerait… »

Comme si de rien était elle se retourna vers le brun et s’installa vers lui, à sa hauteur, lui montrant sa trouvaille. Elle était encore sous le choc ça se voyait dans ses yeux, mais ses actions et ses mots étaient automatiques. Comme programmés pour être des plus normaux. Une manière de se préserver et de ne pas craquer.

« On va pouvoir rentrer à la maison… »


Elle osa enfin lever les yeux et croiser son regard. Elle ne voulait plus réfléchir, ça faisait trop mal, elle ne voulait plus penser ni se rappeler, cela mettait son cœur en miettes. Elle posa son regard à nouveau sur l’appareil et le tendit à Rai. Leur kidnappeur n’était pas un mafieux, il devait par conséquent n’avoir aucunes flammes ou autres pouvoirs… Il avait du commander ce dispositif afin de créer une illusion ou plutôt un piège en l’occurrence. Il ne restait plus qu’à tout désactiver…

« Une fois dans notre monde, si on peut dire… J’appellerais quelques personnes… Pour qu’on soit soignés et logés quelques temps… Si ça va pour toi évidemment… »

Elle était lucide. Il ne pouvait pas rentrer chez les Auditore et elle chez les Leone comme ça. Cela attirerait trop de questions sur leurs états. Autant se reposer un peu à l’abri et en cachette. Ils ne l’avaient pas volé de toute manière… Elle connaissait assez de monde et l’avait déjà fait pour savoir qu’ils n’avaient rien à craindre si ils choisissaient cette option.

« Et merci… du coup de main… »

Un frisson la parcouru, elle n’osait imaginer ce qu’elle aurait subi s’il n’était pas intervenu pour lui sauver la mise. Elle n’exprima pas ses craintes à voix haute et les garda bien pour elle, attendant simplement de savoir ce que souhaitait le brun. Puis d’éventuellement par la suite, rentrer à la maison.
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MessageSujet: Re: "En amour, en peinture, on juge mieux de loin" { PV Rai - Mission Rang A }   Jeu 10 Mai - 8:04



  • Il crut qu'il allait tourner de l’œil. Une vague de douleur l’inonda et le transperça de part en part mais il lutta et tint bon, ne souhaitant pas perdre une miette de ce qui allait advenir par la suite. Il allait être incapable d'en faire davantage, pour le coup : tout reposait entre les mains de Mizeria, en qui il avait, avec le temps, développé une confiance inouïe voire aveugle. C'était encore là une preuve de sa faiblesse et de son manque de conviction, d'une certaine manière... S'en remettre à autrui pour son propre salut, cela aurait eu des myriades de raisons de s'achever en échec sanglant. Elle était désormais au courant de tout, et il fallait encore qu'il laisse son destin tout entier reposer sur ses épaules... Un sourire ironique prit place sur les lèvres du noiraud tandis qu'elle réagissait enfin, apportant chez lui une vague de soulagement qui, évidemment, fut la bienvenue. Lorsqu'elle parvint à se saisir de l'arme et à l'enfoncer dans l'abdomen de son agresseur, récupérant momentanément l'ascendant et le renversant puissamment, il en fut d'autant plus satisfait. Rai avait vu suffisamment de gens mourir et souffrir depuis le début de sa vie pour savoir que la chose était parfois inévitable, et il ne risquait pas de regretter cette crapule hideuse, pas même l'ombre d'un instant. Et pour cause : s'il avait été en meilleur état, il aurait probablement réitéré son exploit passé en s'en prenant à lui frontalement et directement...

    Comme elle se redressait, après l'avoir cloué au sol sèchement, l'Auditore se permit de fermer les paupières dans le but de reprendre son souffle et un semblant de contenance. Il n'était même pas sûr de pouvoir, dans l'état des choses, se traîner à nouveau dans la salle de bain. C'était la perspective de la perdre elle qui avait décuplé ses forces et l'avait rendu intraitable... Maintenant que cette sordide affaire semblait conclue, il sentait comme une froideur torve engourdir ses membres progressivement et leur ôter leur force irrémédiablement. Était-il en train de mourir ? Non, certainement pas... En revanche, il avait subi bien assez de péripéties d'aventures exceptionnelles pour l'année : il allait s'assurer de s'en remettre posément avant de passer à autre chose. Toutefois, le Nagafuse n'était toujours pas pleinement remis que la voix de l'autre ahuri résonna entre deux quintes de toux de la part de Mizeria. Désarçonné et incompréhensif, ayant bien du mal à saisir la raison d'un tel comportement qui tenait peu ou prou du suicidaire, le mafieux ouvrit à nouveau les paupières et remarqua sans peine l'air fou et acharné du pauvre type, qui semblait pour l'heure quasiment indolent. Il venait de prendre un shuriken en plein ventre et il trouvait encore la force de gesticuler et de palabrer ? On devait au moins lui reconnaître sa force de caractère, mais à la vue de ses propos et des réactions préliminaires de la jeune femme, le gardien du Désert comprit instinctivement que cela n'allait guère le sauver... Et il en fut d'autant plus convaincu lorsqu'il la vit se glacer tandis que l'autre crétin n'en finissait plus de l'abreuver de paroles incendiaires au sujet de son père.

  • S'il ne parvenait pas à tout saisir, étant plongé bon gré mal gré dans le passé de celle qui plus d'une fois l'avait sauvé, il tâcha néanmoins de demeurer aussi concentré et attentif qu'à l'accoutumée. C'était là un mauvais réflexe, mais il était un manipulateur né, et il avait par conséquent l'habitude de ne négliger pas le moindre détail. Il comprit donc toutefois que le père et le prénommé Hado avaient dû entretenir une relation pour le moins conflictuelle, qu'elle qu'en fut la raison, et que Mizeria s'était enfuie avant que tout cette affaire n'en parvienne à son terme. Serrant poings et dents, constatant de ses yeux propres l'apparente détresse de la demoiselle qui souffrait à l'évidence des propos incendiaires et des reproches tout juste voilés qui lui étaient jetés au visage, Rai tâcha de se redresser dans le but de la rejoindre mais n'y parvint pas. Ses bras se dérobèrent sous son buste et il se heurta d'autant plus sèchement au sol, le choc entraînant un tourbillon brumeux et nébuleux en son for intérieur. Lorsqu'il parvint enfin à se ressaisir et à reprendre connaissance, il constata que les jurons avaient été remplacé par des cris d'agonie. Angoissé, il fit papillonner ses yeux à la recherche d'une information rassurante et réconfortante qu'il ne tarda guère à déceler : elle portait un pistolet et venait de tirer sur l'assaillant inconnu... Dans la jambe. Interdit et incompréhensif, son teint blême et sa faiblesse ne l'aidant guère à se mettre dans la peau de la jeune femme pour saisir le sens de ses actions, pas plus d'ailleurs que son manque apparent d'empathie, entretenu par des années d'évolution au sein d'un monde terne et noir, le Nagafuse demeura discret et silencieux alors qu'elle reprenait pleinement l'ascendant, tant en paroles qu'en acte. Et la scène qui suivit lui glaça purement et simplement le sang, tant par sa violence crue que par les propos qui furent tenus.

    Dans son état de précarité absolue, le jeune homme fut bien incapable de savoir ce qui le désarçonna le plus. Néanmoins, dans les faits, le résultat n'en fut pas moins le même : il écarquilla ses paupières et, toujours plus pâle, se contenta de lorgner la scène avec impuissance, ne pouvant ni ne souhaitant réellement intervenir. En avait-il seulement le droit ? Elle était manifestement en proie à une rancune des plus sanglantes, laquelle concernait jusqu'à sa famille... Pourrait-il lui en vouloir si elle décidait de le priver de sa vengeance funeste à l'encontre des Van Sidéris ? Sans nul doute. Une nouvelle fois, les mâchoires de Rai se contractèrent tandis qu'il demeurait là, débile et rageur. Il ne pouvait ni ne voulait rien faire d'autre que de rester là, immobile, mais voyait néanmoins ses entrailles sèchement remuées par la brutalité qui émanait de cette jeune femme si douce et envoûtante qui l'avait plusieurs fois manipulé, non pas par l'intellect et la ruse, mais surtout par les émotions et l'affect. Elle était glaçante. Terrifiante, même. Était-ce de cette aura qu'il s'enveloppait lorsqu'il tuait méthodiquement dans l'optique de progresser et d'atteindre l'horizon funeste qu'il avait dessiné ? Non. En revanche, c'était potentiellement ce en quoi il s'était mué lorsqu'il s'était mis à rouer l'autre crétin de coups de poings jusqu'à ce que mort s'ensuive. C'était là l'abomination qui pouvait naître de l'amour : un désir de haine imprimé jusqu'au plus profond des êtres, si pugnace et si tenace qu'il était vain de tenter d'y opposer résistance. Le dernier coup de feu, à plus d'un titre, fut salvateur. Le Nagafuse s'autorisa enfin à reprendre son souffle mais n'en demeura pas moins sur ses gardes, craignant de voir Mizeria s'affaisser d'un instant à l'autre. Elle en avait trop fait, elle aussi, malgré ses innombrables blessures... Et il avait encore pris le luxe de se reposer sur elle, tout en sachant cela. Une pointe de culpabilité s'installa en lui, paradoxale, sans qu'il n'arrive à la faire taire. Il n'aurait pas pu les sauver. Cela avait été la seule échappatoire... Ou tout du moins tâchait-il de s'en convaincre.

  • A partir de là, ce ne fut qu'une succession d'hésitations du côté du noiraud. Il était nul. En terme d'échange et de relationnel, en tout cas, il l'avait toujours été. Et le fait qu'il eût été tiraillé entre les deux facettes de sa personnalité, celle qui était rigoureusement déterminée à l'idée de mener son objectif à bien et qui méprisait tout un chacun ainsi que celle qui, plus douce et plus sucrée, cherchait sans cesse à lui offrir le réconfort dont il avait invariablement un besoin devenu presque vital, n'arrangeait strictement rien à ce constat pathétique. S'il ouvrit la bouche tandis qu'elle s'approchait de lui, s'agenouillant à ses côtés et lui décrivant grossièrement le dispositif qu'elle avait découvert sur le cadavre tout en le lui montrant, il ne sut que dire et, finalement, capitula, sot et benêt. Il caressa également l'ambition de lui offrir un geste tendre mais, au moment de lever la main, se rendit compte qu'il ne savait où la mener, ni dans quel but exact. Dépité, il abandonna donc à nouveau et se contenta d'écouter ce qu'elle avait décidé de lui expliquer... Jusqu'à ce que leurs regards n'en viennent à se croiser. Finalement, et comme elle lui proposait d'appeler quelques personnes, probablement de confiance, pour venir leur prêter main forte et les aider à se remettre des blessures qui, à quelques centimètres près, auraient potentiellement pu leur être fatales, il acquiesça lentement, dans un mouvement de la tête quasiment imperceptible et distrait. Il ne prêtait déjà plus vraiment attention aux mots qu'elle prononçait, à la vérité : il était captivé, et enveloppé d'une idée folle qu'il n'avait jamais osé assumer pleinement. Son cœur manqua un battement, puis un second, et il cessa d'inspirer momentanément tandis que sa gorge sèche, à son tour, s'immobilisait. Puis, finalement, il ferma ses paupières et, avec une tendresse infinie, il vint déposer ses lèvres sur celles de cette femme qu'il révérait plus que toute autre.

    Avait-il jamais connu baiser plus passionné ? Même à ses côtés, il était loin d'en être convaincu. Une foule de sentiments et d'émotions furent déchargées dans ce geste doux, empreint d'amour, et il se rendit compte après coup que des larmes s'échappaient à nouveau de ses cils. Néanmoins, contrairement aux précédentes, celles-ci n'étaient pas motivées par une peur viscérale de perdre tout ce qu'il avait construit, pas plus que par une détresse sempiternellement cultivée à force de lutter seul contre des forces qui le dépassaient et l'écrasaient continuellement. Non... Pour la première fois depuis des lustres, Rai cédait purement et simplement, délivrant son être des tourments qui l'avaient empoisonné trop puissamment, et sans qu'il ne cherchât jamais à s'en défaire. Il allait sans dire que cela faisait suite aux révélations terribles qu'il avait glissé aux oreilles de Mizeria, mais ce qu'il venait d'apprendre à son sujet avait probablement aidé cette prise de conscience... Pourtant, le baiser ne put être prolongé éternellement : son épaule, taquine et sournoise, vint bientôt lui intimer l'ordre de s'immobiliser et de s'affaisser, ce qu'il fit non sans une grimace de douleur et une légère exclamation. Et s'il semblait toujours pâle et à bout de force, il n'en fut pas moins capable d'offrir à la Leone un sourire d'une honnêteté incommensurable, à mille lieux de l'être qu'il avait incarné à la perfection pendant plus d'une décennie.

    -Mizeria... Je t'aime...

    Avec lenteur, prenant garde à ne pas s'appuyer sur la jambe de la demoiselle qui devait encore être douloureuse, le jeune homme déposa sa tête sur elle en se tournant sur le dos et la conserva à portée de son regard, détaillant le moindre de ses traits fins avec une application remarquable et qui tenait même de l'adoration. Plus rien n'importait. Plus rien d'autre qu'elle. A cet instant précis, il comprit les vies piteuses que certains hommes choisissaient de mener dans le seul but de garantir une existence stupide et monocorde, sinon tristement redondante. Il les comprit, car il comprit que l'amour était finalement un bien puissant moteur dont il s'était privé, à tort, en imaginant qu'il s'agissait là d'une faille béante qui pourrait à terme lui causer des ennuis évitables.
    Il ne commettrait plus jamais cette erreur grossière et cinglante. Car il ne s'éloignerait plus jamais d'elle.


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