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 ♦ Take me Away ♦ |Polochon|

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Livia C. Armanelli
Criminelle

Freezing Rain
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Date d'inscription : 27/07/2013
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MessageSujet: ♦ Take me Away ♦ |Polochon|   Sam 21 Sep - 10:51


Ce monde n’est définitivement pas un conte de fée.


Pénible était ce trajet qui me ramenait dans le foyer que j’avais fuis toute une année durant, voir même d’avantage dès lors que ce chapitre de ma vie ou je cohabitais avec un mafieux était pris en compte. Merveilleux chapitre que personne n’avait pu lire si ce n’était les deux personnages qui y intervenaient. Je n’en avais parlé à personne et j’osais espérer qu’il en était de même pour lui. Non pas que je voulais que ces souvenirs ne soient qu’à nous deux ou autre imbécilité à l’eau de rose dans ce genre là, mais si on apprenait qu’il m’en avait beaucoup appris sur la mafia, et qu’il m’avait même offerts leurs ustensiles de combats, non seulement il aurait des soucis, mais moi aussi. Or, et c’était légitime, je ne voulais pas d’ennuis avec la mafia.

Je l’avais bien vu avec ce mafieux à la flamme d’émeraude, il valait mieux rester loin de ce genre de personnes si l’on tenait à la vie. La preuve était qu’il était venu pour m’aider et que pourtant il tenait du miracle que je n’ai pas été touché par sa foudre salvatrice…Minute. Foudre…C’était pas ça, le nom de sa flamme ? Oh et puis quelle importance ? Ce n’était pas prendre conscience de cela qui allait me dire avec exactitude quelle était sa caractéristique. Je suis au moins sure qu’il n’est pas de la tranquillité –au vu de son caractère cela ne m’étonne étrangement pas d’ailleurs- ou de l’illusion. Rendons nous à l’évidence immédiatement : J’ai oublié et il n’y aura personne pour venir me rafraîchir la mémoire. Et je préfère ça. Appollo ne semblait pas bien méchant, mais étrangement je mettrais ma petite main à couper qu’ils sont rares, les mafieux dans son genre.

Perdue dans toutes sortes de pensées que jamais je ne pourrais partager avec qui que ce soit –du moins je le croyais dur comme fer- la route qui semblait s’étendre infiniment eu raison de moi et je m’assoupie contre la vitre alors que pourtant je venais de finir ma nuit. A croire que cela n’avait pas été suffisant pour me remettre de toutes les mésaventures de la veille. Je tairais ce sur quoi portais mon rêve. Cela ne regarde personne et c’était déjà bien assez étrange comme cela de faire tel rêve. Quelque peu agaçant également. Hélas je suis une humaine lambda, je n’ai donc pas encore pouvoir sur mon subconscient. Aucune raison de s’attarder là-dessus, d’autant que dès que mon père gara la voiture devant la maison j’en fus tirée avec douceur. Comme si cette route m’avait bercée et qu’une fois que le monteur grondant c’était arrêté, elle avait fait de même.

Sans un mot pour mon paternel, qui avait tenté d’engager une conversation mais que je n’avais pas écouté, je quittais le véhicule en claquant la porte, choppant au passage mes affaires dans le coffre et regagnait directement ma chambre avec ma valise. Je ne l’avais pas remarqué jusqu’à lors, que j’avais perdu ce petit ruban que j’avais mis dans ma chevelure corbeau la veille. Pourtant alors que toutes mes affaires avaient quittées ma valise et retrouvées leurs places d’origine, ce petit ruban lui continuait de manquer à l’appel. Je lâchais un soupire en me laissant tomber sur mon lit. J’ignorais encore que ce serait dans un véritable bain de sang que je le retrouverais. Je m’en serais volontiers passée pour ne pas avoir à assister à cette scène. Ce que je peux être bête parfois.

J’aurais juste pu cesser de jouer les filles égoïstes. Mais non, et le pire, c’est que c’est lui qui en a payé le prix. Quelle imbécile. Penser que je serais la seule que je pouvais mettre en danger à n’en faire qu’à ma tête…Pourquoi n’en a-t-il pas été ainsi ? J’aurais mille fois préféré mourir d’une de ces putains de crises que de le contraindre à agir de la sorte. Je suis une fille horrible. Je me déteste.

Si seulement je n’étais pas retournée au club ce soir-là. Oh je n’avais aucun arrière pensé. Voilà un an que je n’étais pas venu voir mon équipe avec qui nous avons finis par être soudés. Après des années à jouer ensemble en sport collectif, je suppose qu’il est normal que l’on tisse des liens. Même moi, je faisais partie de l’équipe à part entière, même si depuis ce léger incident on ne m’avait plus laissé jouer. J’ai toujours été celle qui se mettait à l’écart vis-à-vis des autres, la plus à l’écart, et pourtant à peine fus-je rentrée dans le gymnase que l’entrainement de volley s’arrêta net et que je me retrouvais à terre avec une douleur à l’arrière train et Angela -une fille de l’équipe- accrochée à mon cou qui commençait à pleurer de joie. Je n’aurais jamais cru que j’aurais pu manquer autant à l’équipe.

Si seulementje n’avais pas passé la soirée à discuter avec l’équipe, fais connaissance avec les nouveaux membres, masculins. Je n’aurais pas appris que les équipes cette année étaient mixtes. Je n’aurais pas non plus appris qu’il leur manquait un joueur depuis qu’une fille que j’affectionnais assez à l’époque s’était blessée. Et de ce fait je ne me serais pas proposé de la remplacer en prétextant qu’à présent je me sentais bien mieux. Les filles, qui me connaissaient déjà, ont tenté d’appuyer mon entrée devant le coach. En mon sens, c’était inutile, il semblait déjà vouloir m’accepter. Les garçons en revanche ont voulu me voir jouer et je m’en suis donner à cœur joie à jouer contre eux avec quelques filles de l’équipe pour plus d’équité. Victoire écrasante des filles, et ainsi il fût décidée que je serais la remplaçante officielle de la membre blessée. Une simple remplaçante, mais c’était déjà beaucoup pour moi.

Si seulement j’avais eu la décence de changer d’avis, de la dire que je ne pouvais pas. Leur avouer que mon cœur n’allait pas si bien que ça, ou n’importe quelle autre excuse ! Mais non, j’avais envie de jouer, et, incapable de prédire l’avenir avec une boule de cristal, j’étais persuadée que tout irait bien. J’ai participé aux entrainements tous les soirs, chose primordiale pour avoir un bon jeu d’équipe. Même si j’étais assez douée individuellement, c’était avant tout un sport collectif après tout. Ainsi les trois semaines suivantes furent principalement composées de deux choses dans ma vie : Les entrainements avec l’équipe et les prises de tête avec mon père qui refusait catégoriquement que je reprenne la compétition, que ce soit en tant que joueuse à part entière ou en tant que remplaçante.

Si seulement j’avais écouté mon père, pour une fois ! Si seulement j’avais écouté son ordre de ne pas participer à cette compétition qui prenait place à Rome ! Admirez l’ironie de la situation tout de même. Non pas que pour mon cœur, mais aussi pour ce « blond » qui m’avait soit disant pourchassée dans la capitale, mon père semblait déjà s’imaginer le pire des scénarios. Intérieurement je me disais que ce ne serait pas plus mal, si je pouvais revoir Appollo, mais je n’y croyais pas vraiment. La capitale était immense, et même s’il était prévu que nous restions quelques jours, pour le revoir je devrais sans nul doute me déplacer jusqu’à sa boutique. Aller le revoir devant toute l’équipe ? Hors de question !

Si seulement j’avais su, oh, si seulement…

Mais non. En fille égoïste j’avais été avec l’équipe jusque Rome dans un grand bus à notre disposition. Nous avions tous ensemble profité de notre journée de détente avant le grand match. Je fût même surprise de m’entendre aussi bien avec les garçons de l’équipe. Peut-être que rien que le fait de devoir jouer ensemble nous mettait sur la même longueur d’onde ? J’avais rarement été aussi sociable en tout cas. C’en était presque effrayant, mais ce détail fut mis de côté. Se détendre avant une compétition est important, j’en oubliais donc tous mes soucis et ne me rendit pas même compte que dans les divers avenues que nous avons visités apparaissait celle de la boutique d’Appollo. Je n’avais plus à m’en soucier cela dit. Dès lors que son collègue lui avait transmis mon message, qui était plus pour qu’il sache que tout allait bien qu’autre chose, je n’avais plus de compte à lui rendre.

Les heures filèrent, et avant même que nous nous en rendions compte la nuit avait tombé, nous faisant savoir qu’il était plus que temps pour nous de rentrer à notre hôtel. Chanceuse, je partageais ma chambre avec Angela, qui était de loin celle avec qui je m’entendais le mieux. Peut-être de par son caractère, elle était la plus ouverte de tous les membres après tout. Inconvénient ? Avec elle le sommeil était une option ! Curieuse de nature, elle avait passé une partie de la nuit à me poser des questions sur mon année aux Japon, les coutumes de là-bas, ce genre de choses…La fatigue ne nous emporta que des heures plus tard, réduisant de beaucoup notre nuit de sommeil.

Ainsi, au matin je lui accordais quelques minutes de plus alors que je subtilisais la douche de notre chambre pour me préparer. Il était inutile de la sortir de son doux sommeil si c’était pour qu’elle se tourne les pouces pendant que je me préparais. Restant un minimum soft dans ma tenue vestimentaire, j’optais pour un mini short en jean et un petit haut noir assez court, sans bretelles. Je pouvais toujours mettre ça sur le dos de la chaleur. Ce n’était pas comme si j’allais jouer au volley ainsi vêtue après tout.

Lorsque je quittais la salle de bain, une serviette recouvrant mes cheveux encore humide, je tirais doucement Angela des bras de Morphée afin qu’elle aille se préparer à son tour, pendant que je préparais mes affaires dans un sac. Des baskets, une paire de chaussettes parce qu’il est juste insupportable de porter des baskets et la tenue règlementaire customisée pour l’équipe, un mini short de sport bleu et le T-shirt blanc taggué d’un pingouin, signe bien représentatif de notre équipe. J’y ajoutais un déo, parce que c’est toujours utile après un mach, et, profitant d’être seule, mes boites également. Sait-on jamais. J'avais peut-être été stupide de les prendre, mais avec de groupe de soulards de la dernière fois, je préférais prendre des mesures. Mais passons, chacune dans notre coin, Angelina et moi nous sommes pressées pour être à l’heure.

Passons les détails du petit déjeuné pris en équipe, ainsi que ceux du trajet qui fût particulièrement mouvementé pour les autres, le stress, sans doute. Jusque-là les autres équipes avaient eu l’occasion de rire de l’animal qui désignait notre équipe. J’admets que les Pingouins de Florence, bien que je sois particulièrement attaché à ce nom depuis quelques temps, c’est quelque peu étrange. Cela dit, je m’incline face au ridicule des « Souris de Rome ». Je n’aurais jamais pensé que l’on choisirait tel nom pour la Capitale du pays des Pasta. Cela j’étais bien trop occupée pour critiquer ouvertement, fascinée par la grandeur du gymnase et par tous les gens qui était là pour assister à un match pourtant si pénible. Enfin, ce n’était pas plus mal je suppose, les petites souris devaient se sentir soutenues.

Des vestiaires, nous entendons vaguement quelques annonces dont nous nous fichions bien. Etant la première changée, je regagnais le terrain et, plus pour l’esprit de compétition que pour la politesse pure et dure, allait saluer les adversaires déjà présents. J’ignorais alors que j’étais observée, et m’en fichais pas mal. Si je devais compter tous les regards qui allaient se poser sur moi alors que je jouerais, j’y serais probablement encore la semaine suivante après tout. Tranquille dans mon coin, je m’étirais, m’échauffais, vite rejointe par mon équipe qui passa elle aussi par la case politesse contrainte. Il faut bien admettre que l’air hautain de ces joueurs ne donnait pas envie d’aller les saluer. Et pourtant à ce niveau-là je pensais atteindre des sommets jusqu’à ce que je les rencontre.

Les quelques minutes d’attente avant le jeu me parurent être une éternité. Adossée à un mur dans mon coin, je m’étais contentée d’attendre que la partie commence, mal à l’aise, juste mal à l’aise devant tant de monde. Timide ? Non, ceux qui me connaissent riraient bien que l’on puisse penser cela de moi. C’est juste que je ne supporte pas la foule. J’aurais dû penser à ça avant d’accepter tient. Autant que j’aurais dû penser aux éventuelles conséquences de mes actes. Réfléchir avant d’agir…Cela me semble être une notion intéressante à appliquer à l’avenir.

Mais soit. Le mal être ne fût pas permanent puisque dès que la partie fût entamée, plus rien de ce qu’il y avait autour de nous de semblait exister. Je n’entrerais pas dans les détails du match tant il fût long. Pour résumer cependant je dirais que nous avons finalement gagnés…trois sets à deux, ce qui montre combien le match était serré. Angeline m’a sauté dessus et faire tomber à la renverse à la fin du match tant elle était heureuse. Peut-être que toutes les écorchures que j’ai pu me faire durant le mach ne lui suffisaient pas, qui sait ? Elle m’inonda d’excuses alors que je grimaçais mais ça m’était bien égal. Mes différentes plaies allaient bien se soigner un jour ou l’autre. De toute façon sans cela nous aurions perdus. Je pensais avoir bien fait.

Mais j’ignorais combien un des garçons de l’équipe adverse avait la défaite en horreur.

J’ignorais aussi que j’allais revoir la connaissance d’une connaissance qui m’agacerait particulièrement. Mais la dite connaissance m’interpela. Un simple « Hey ! » que je n’avais pas pris pour moi….Jusqu’à ce qu’il ose attraper mon poignet ! Non mais de quel droit il fait ça ?! Je me retournais en lui jetant un regard noir…Jusqu’à reconnaitre le gars de la boutique d’Appollo. Il t’a rendu un service, soit agréable, Livia ! A côté de moi Angela rougis vivement, ce qui me fit remarquer malgré moi que…Son collègue était très beau garçon. Avec un sourire rempli de sous-entendus elle m’annonça qu’elle y allait et qu’on se rejoindrait plus tard. Seigneur…Voilà qu’elle se fait de fausses idées. Mais je n’ai pas le temps de l’arrêter qu’elle se trouve déjà hors de vue. Je lâche un soupire avant de reposer mon regard sur le vendeur de sacs qui daigne enfin lâcher mon poignet.
    « Salut ! T’es mignonne, t’as un 06 ? »

Je le regardais, incrédule. Etait-ce là une tentative de communication ? Je crois que ne rien répondre et le laisser là serais une bonne solution. Je soupire, pour bien lui montrer qu’il me fait royalement chier, mais réponds tout de même. Je suis une jeune fille polie et bien élevée que voulez-vous ?
    « Si là est la question j’ai bien un portable oui. Cela dit je ne donne pas mon numéro aux types désespérés, désolée. »
    « Tu ne dirais pas ça si tu me connaissais ! Aller accepte de passer la journée avec moi, tu le regretteras pas ! Je suis une bien meilleure compagnie qu’Appollo tu sais ? » je me demandais bien pourquoi il introduisais son collègue dans la conversation tient…
    « …Tu vends des sacs à main je crois, non ? »
    « Oui ! Il y en a un qui te plait ? Je t’en fais cadeau ! »
    « Fais-moi donc le plaisir d’aller à ta boutique, de t’étouffer avec l’un d’eux et de ne plus jamais retenter ta chance. Pas même dans une autre vie. » répondais-je avec un radieux sourire qui ne me rendais que plus tranchante.

Ce n’est pas parce qu’il a eu la bonté de faire passer un message pour moi qu’il faut qu’il abuse de ma gratitude ! N’a-t-il pas compris que je n’avais pas été désagréable jusque-là pour cette raison, et cette raison uniquement ? Je hais plus que tous les mecs dans son genre. Ainsi je le plantais là en rejoignant le vestiaire vide de monde. La rapidité des filles à se changer m’effrayait parfois. Enfin cela important peu. Une fois changée j’appellerais Angela pour savoir où elles sont et je les rejoindrais. Je pensais que ça serais aussi simple que ça…

Seulement jamais rien ne se passe comme prévu, il faut croire. A peine avais-je retiré baskets et chaussettes que j’entendais dans mon dos la porte du vestiaire s’ouvrir, se refermer, et le son de quelques pas. Pensant que c’était une des filles de l’équipe, voire de l’équipe adverse, je n’y avais pas vraiment fait cas et avait pris le temps de les ranger dans le sac avant de me retourner pour découvrir son identité. Je jetais un regard noir au garçon de l’équipe adverse qui se tenait face à moi, innocemment appuyé contre le mur comme si sa présence ici était naturelle.
    « Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, ici c’est le vestiaire des filles. Tu ferais mieux de dégager immédiatement sinon je me verrais contrainte de te virer de force, ce qui ne m’arrangerait pas vu que je risque de me casser un ongle. »

Moi ? Un sale garce provocante ? Si peu ! Mais j’admets que j’aurais bien mieux faire de tenir ma langue cette fois. Immédiatement après mes mots, un sourire s’afficha sur son visage. A cet instant j’aurais dû prendre une de mes boîtes dans mon sac, alors qu’elles étaient encore à portée de main ! Mais je n’ai rien fait parce que j’étais persuadée que ce n’était que du bluff. Quelle conne…Même quand il s’est dangereusement approché de moi, je n’ai pas pensé qu’il aurait pu sérieusement me faire quoi que ce soit.

Mon regard restait tout aussi sombre alors qu’il arriva juste en face de moi et qu’il jouait avec une de mes mèches de cheveux, son petit sourire prenant des airs amusés. De quel droit touchait-il mes cheveux, déjà, ce perdant ? J’éloignais sa main, d’une claque du revers de la mienne, pour bien lui faire comprendre de ne pas me toucher. Réaction d’une idiote qui aurait dû se saisir d’une de ses boîtes avant qu’il ne soit trop tard !
    « Quel caractère…Ta colère ne fait qu’ajouter à ton charme. Je trouverais presque ça dommage de m’en prendre à toi, mais tu m’as volé ma si précieuse victoire… »

Prendre mes jambes à mon cou aurait pu être une solution aussi. Mais je n’y ai pas pensé assez tôt. De sa main rejetée, il saisit mon poignet pour le serrer for. Probablement aussi fort qu’il le pouvait. Je retins une grimace. Mais qu’est-ce qu’il me veut à la fin de fou ?! Mauvais perdant ! Quand on n’a pas l’esprit de compétition, on ne fait pas de compétition, abruti !
    « Lâche-moi, saleté. »

C’était définitivement un ordre. Et en quelques sortes, il m’a obéis. En quelques sortes. Il m’a lâchée oui, en me faisant tomber lourdement sur le dos avec un croche pied et une petite pression en arrière via mon poignet avant de lui rendre sa liberté. Comme quoi j’étais abonnée aux chutes aujourd’hui. Il s’installa sur moi à califourchon, m’empêchant à présent de me relever, m’empêchant toute fuite. Et avec son sale sourire, il s’amusa de nouveau avec une des mèches de ma chevelure.
    « Oui, je trouve ça presque dommage. Mais je vais bien en profiter alors de quoi je me plains ? »

Hey minute, ça veut dire quoi ça ? La panique peu à peu s’emparait de moi et je commençais à me débattre. Il n’eut cependant aucun mal à immobiliser mes bras, callant mes poignets d’une de ses mains. Il n’eut aucun mal non plus à me faire taire alors que j’avais l’intention d’hurler, pendant que son autre main se promenait à sa guise sur mon corps. Les larmes me montaient aux yeux alors que j’essayais tant bien que mal de me libéré de tout cela. Malgré moi, j’abandonnais déjà cependant. J’avais beau me débattre, je voyais bien que c’était inutile. Incapable de réfléchir posément, seule une question tournait en boule dans ma boîte crânienne.

Qu’est-ce que je vais devenir ?
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Appollo G. Deletto
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MessageSujet: Re: ♦ Take me Away ♦ |Polochon|   Dim 6 Oct - 8:40

Trois semaines. Vingt et un longs jours que ma vie n’avait pas reprit un rythme « banal ». Enfin, à mon sens. J’étais déprimé au possible. Oh oui, bien sur j’allais au travail mais ce n’étais jamais que ma seule sortie de la journée. Après cela, je rentrais chez moi et y restais jusqu’au lendemain lorsque mon maudit réveil venait me tirer des confortables bras de Morphée dans lesquels j’avais le luxe de ne plus ressentir la culpabilité. Sentiment qui m’assaillait dés que j’ouvrais un œil et que je reprenais contact avec le monde des conscients. Ça me soulait, m’énervait, mais je n’arrivais pas à faire quoi que ce soit contre tout ça, me contentant de me laisser couler sans même essayer de garder la tête hors de l’eau pour respirer correctement. C’est débile mais c’est comme ça. Je suis comme ça. Lorsque je n’avais pas le moral je ne ressemblais plus vraiment à une personne normale mais plus à une loque, et encore je pèse mes mots.

Livia, son prénom n’arrêtait pas de tourner dans ma cervelle depuis cette fameuse nuit. Pas moyens de savoir ce qui lui était arrivée, ni même d’avoir le moindre indice. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir chercher, mais avec seulement un prénom et un ruban, je n’allais pas aller bien loin dans mon enquête. Son ruban… par espoir qu’il me porte chance et qu’en sais-je encore, je l’avais sur moi tout les jours. Qui sait, peut-être espérais-je la voir passer l’entrée de la boutique qui m’emploie avec un sourire, une preuve qu’elle va bien.

Mais non, c’était dérisoire et débile que de considérer cet objet comme un semblant d’outil utile à la venue d’une personne. Mais bon, quand on est désespéré on ne l’est pas à moitié.
Ce qui passait le plus entre mes canines depuis ce soir là, c’était des soupirs, las et presque en agonie pour certains. Ils traduisaient à merveille mon état d’esprit. Et pourtant, si abattu puis-je avoir été, ça ne laissait pas quelque personne de mon entourage de glace. Ma mère fut la première à craquer et à céder à son instinct maternel qui lui dictait d’étranges agissements parfois tout de même…

Alors que je me morfondais sur mon bureau, contemplant comme tout le temps le petit et précieux accessoires à cheveux, dernier souvenir qu’il me restait de cette fille, elle vint frapper à ma porte et ouvrit :

       « Appollo ? Daniella au téléphone pour toi.»

   Daniella, une fille sympathique avec qui j’avais sympathisé au football. Je ne l’avais pas vue depuis un moment, c’est vrai, mais bon je n’étais pas dans un état d’esprit assez réceptif pour vouloir parler à quelqu’un, tout simplement.

       « Dis lui… que je suis trop occupé. » lâchais-je dans un soupir morose.[/color]
Une seconde s’écoula, puis deux, puis trois. Et enfin, Mama vint s’engouffrer totalement dans ma chambre, m’attrapa par le col de mon haut et me traina sans ménagement hors de ma chambre, vers les escaliers.

    « Maintenant…. IL Y EN A MARRE QUE TU SOIS DÉPRESSIF ! TU VA SORTIR J’AI DIS ! » hurlât-telle à la manière d’une gorgone avant de m’envoyer bouler dans lesdits escaliers
.La chute fait toujours aussi mal… j’avais eu beau avoir été habitué durant la grossesse de ma mère, le choc n’en demeurait pas moins violent…. Je voyais des étoiles et des pastas voler autour de ma tête ! Le rêve ! J’étais au paradis ?! Oh oui, surement !

... Ah non enfaite, Mama me tendit alors le combiné du téléphone avec un air sévère sur la tête, l’air de dire « fais encore ton déprimé et je vais te donner une bonne raison d’appartenir au monde d'en dessous mon p’tit bonhomme ! » donc bon, j’ai obtempérer hein, je ne suis pas fou, je connais ma mère et sais qu’elle est capable de tout ou presque. Donc, c’est avec l’idée de ne pas trépasser tout de suite que je me suis saisi de l’appareil et l’ai porté à mon oreille après m’être sorti de ma rêverie, bien entendu.


    « Allo ?
       -Appollo ? C’est Daniella, ça va ?
       -Oui… Oui oui très bien et toi ?
       -Ca va ! Dis moi demain ma petite sœur va jouer au volley pour son équipe « Les Souris de Rome » au grand gymnase du centre ville, ça te dis de venir avec nous ?
      -Euh…. Je lançais un regard à ma mère et la réponse fut sans appel Oui, bien sur ! Pourquoi pas ! Ahahah c’est une très bonne idée !
       -Parfait ! Alors rejoins-nous y demain soir à dix neuf heure ! On aura le temps d’aller manger un petit truc comme ça avant !
       -D’accord, à demain soir alors.
       -Ciao ! »
Et elle raccrocha alors que je soupirais. Ma mère me dit que ce n’était pas plus mal comme ça. En plus, demain et après demain je ne travaillais pas alors j’aurais le temps de pouvoir « m’aérer » un bon coup, selon elle. J’avais du mal à comprendre pourquoi m’enfin… c’est Mama, on la changera pas.

Je suis donc parti prendre une douche avant de passer à table car il était déjà relativement tard. J’eus droit à des spaghettis ce soir là, j’étais heureux ! Ça me paraissait une éternité depuis la dernière fois que j’avais eu l’occasion d’en manger. Alors que pas du tout enfaite, j’en avais eu la semaine précédente. Ce qui me fis percuter bien durement que j’avais eu une notion du temps des plus ralenti ces derniers jours. Il fallait que je me ressaisisse et vite ! Cet état végétatif n’avait que trop duré ! Oui, je ne savais pas ou était Livia ni même si elle allait bien mais non je ne devais pas sombrer dans la dépression à cause de ça. Je suis certain qu’elle m’aurait charrié là dessus à défaut de me sourire d’ailleurs ! Je ne la connaissais pas encore très bien mais ça me semblait bien être son genre de faire ça.

Ainsi, j’ai secoué la tête et après avoir crié un victorieux « Pastaaaaa » devant mon assiette, ai tout englouti sous le regard ravi de ma mère. Ensuite, fatigué d’avoir autant déprimé pour rien, je suis monté me coucher en sautant involontairement la suite de la contemplation du ruban de Livia, qui lui était par miracle resté sur mon bureau. Et le sommeil m’emporta plus vite que les jours précédents, me prodiguant un repos extrêmement plus réparateur qu’auparavant. Si bien que lorsque je me suis réveillé le lendemain je n’avais pas l’impression d’avoir assez profité des bienfaits de la somnolence. Mais il fallait quand même que je me lève. J’ai regardé l’horloge qui trône en haut de l’un de mes murs. Une heure trente six de l’après midi. Woah, ça ne ressemblait pas à Mama de me laisser dormir jusqu'à des heures pareilles ! … Elle a surement sentie que j’avais besoin de me reposer et n’est pas venu me tirer du lit. Hum, je souris. Il me semble que tout les enfants le disent au moins une fois dans leurs vies mais ma mère est vraiment fantastique, la meilleure du monde. Je crois même que je n’aurais pas pu rêver mieux.

Mais bref, là n’est pas la question du jour. Me levant, je prends le chemin menant à la cuisine. Personne. Le salon, personne. Les chambres, personnes non plus. Oh ? Ils sont tous de sortie ? Chiara doit être à la sous-section W.R.A.T.H à l’heure qu’il est et Père très certainement pareil mais et Mama ? Cherchant une explication dans ma petite tête en appuyant un doigt sur mon menton, marquant ainsi la réflexion, je tombe finalement sur un post-it explicatif collé sur la paroi du réfrigérateur.
« Je suis partie chez mes parents, je reviendrais demain dans la soirée. A demain ! ♥ »

Oh d’accord, je comprends mieux maintenant, elle est allé chez nos grand parents maternels. Bon et ben ça veut dire que je vais être seul à la maison une bonne partie de la journée. Je me suis donc servis un copieux petit déjeuner, mon estomac me tiraillant comme il le pouvait et ai pris le temps de déguster mon bol de céréale rempli à ras bords devant une émission télévisée. Suite à quoi, je me suis douché, habillé et … me suis retrouvé comme un imbécile à ne pas savoir quoi faire. J’étais prêt et propre comme un sous neuf, je faisais quoi moi maintenant ?!

M’être douché et habillé –en prenant soin de déposer comme toujours le petite nœud de la civile dans l’une des poches de mon jean - n’avait pas suffit à meubler beaucoup de temps non plus…. L’horloge du salon indique quatorze heures trente. J’ai encore du temps devant moi… et je n’ai pas la moindre envie de me tourner les pouces pendant quatre heures moi ! Mais… l’idée d’aller en ville ne m’enchantait pas non plus.

C’est en regardant la surface des meubles de plus prés que j’ai eu l’idée du siècle qui allait me faire fuir l’ennui un moment. Le ménage. Il n’y avait qu’une très fine pellicule de poussière mais ça me faisait un bon argument pour tout astiquer et nettoyer ! Ainsi j’ai donc sorti aspirateur, plumeaux et autre accessoires du même genre et j’ai commencé la tâche que je m’étais fixé.

Et comme attendu, ça m’a grignoté une bonne partie de mon temps libre ! Seulement… ben arrivé à la fin de mon grand nettoyage de printemps, il me restait encore une heure à combler. Mais je n’avais plus rien à faire pour me faire oublier que je devais attendre encore un peu. Alors, attrapant mon portable, je me suis littéralement affalé sur le canapé et ai relu quelques uns des anciens sms que j’avais, sans vraiment y accorder trop d’importance. Mais cinq minutes après, cette activité m’ennuya à un tel point quelle me fit me rendre compte que j’étais encore pas mal fatigué de ma période de dépression. Ainsi, j’ai posé mon mobile sur la table de salon à côté de la banquette et ai fermé mes yeux, persuadé que j’allais m’assoupir seulement quelques minutes. Il faisait encore jour et les rayons du soleil léchaient mon plafond par la grande baie vitrée de notre salon.

Quelle ne fut pas ma –très- désagréable surprise de me réveiller dans le noir le plus total ? Je n’ai pas bien percutée sur le moment. C’est lorsque j’ai enfin remarquée après quelques minutes d’éveil plus ou moins spongieux qu’il n’y avait plus aucunes lumières chez moi que je me suis dis qu’il y avait un problème. Me redressant vivement à quatre vingt dix degré, je me saisi de mon portable pour savoir qu’elle heure il était.

Oh oh, j’avais douze appels en absence et plusieurs messages non plus de … Daniella. Il était vingt deux heures quinze. Et merde ! Son dernier message était assez explicite.

Merde, merde et re-merde ! J’étais vraiment le roi des gaffeurs ! Moi qui pensais ne m’assoupir que quelques minutes, tu parle ! Je n’ai même pas entendu mon portable sonner ! Quel imbécile ! Je regarde dehors. Et pour ne rien arranger, il pleut. Une pluie battante comme on en voit peu. Une pluie…. Qui inonde tout. Je secoue la tête, pas le temps de penser à ça. Je me lève et enfile un parka et un chapeau en toile cirée, histoire de me protéger des trombes d’eau qui déferlent. Il n’était peut-être pas trop tard ! J’espère…. Même si je sais que ce souhait est bien fugace. Peu importe, je me devais d’y aller quand même, ou du moins d’essayer.

Je n’oublie pas de prendre mes boites et de les accrochées à ma ceinture. Sous le manteau en toile elles ne se voient même pas, tant mieux. Mon anneau à mon doigt se retrouve a tourner sur ma phalange à mesure que je lui fais faire des cercles, pour m’occuper l’esprit sans doute et éviter de re-culpabiliser. Surtout que là…. Là il n’y avait vraiment pas mort d’homme ! Enfin…. Pas pour le moment mais ça je ne le savais pas encore. Et dieu sait que j’aurais tout fais pour l’éviter si j’avais su ce qui allait arriver.

Enfin, après dix minutes de marche, je parviens aux alentours du gymnase. Et je dois faire entièrement le tour car j’ai débarqué du mauvais côté et me voilà dans le sens opposé des portes principales. Encore des minutes qui défilent dans le sablier du temps. Enfin me voilà arrivé à destination, au bon endroit. Tout le monde est en train de partir. Merde. Je n’arrive pas à repérer Daniella dans toute cette foule ! Mais… minute…. Peut-être qu’elle est avec sa sœur dans les vestiaires ! Après tout le match est finit et je doute que les joueuses rentrent chez elles dans leurs tenues de compétition, si confortables soient-elles. Surtout pas par un temps pareil. Par politesse et surtout respectabilité après mon énorme gaffe, je me dois d’aller leurs présenter des excuses à toutes les deux.

C’est comme cela que je me suis retrouvé a être englouti par le bâtiment, ne me doutant pas un instant de ce qui allait se passer. Mes pas me guidèrent jusqu’au couloir dédié aux vestiaires. Des traces de pas détrempés permettaient de me suivre à la trace. J’étais mouillé comme pas permis, heureusement que j’avais mon manteau de toile sinon même mes os aurait finit dans la flotte. Je me sens… un peu mal à l’aise avec autant d’eau qui tombe soudainement sur moi, ça me rappelle…. De très mauvais souvenirs. Et bientôt, pour des raisons que j’ignore, ma phobie donna naissance à un foyer de colère brulante que j’eus un peu de mal à contenir sur l’instant. Pourtant, je n’avais aucune raison d’être en colère, au contraire même, c’était à Daniella d’être furieuse contre moi et c’était normal.

Même si ce n’était en rien volontaire, j’avais zappé notre rendez vous, logique qu’elle m’en veuille. Peut-être était-ce de l’empathie que je faisais et que sa colère me contaminait. Peut-être, peut-être pas. Qui sait. Ce n’est pas maintenant que j’allais creuser la question vu que mon attention était trop polarisée par la recherche de mon amie.

Finalement, j’arrive devant le vestiaire des filles. Je m’arrête, n’osant ni entrer comme ça, ni frapper. Peut-être que c’est mal vu de venir comme je l’ai fais. Je m’abandonne alors à une sorte de conflit intérieur aussi insensé que mal venu. Et maintenant me voilà partagé entre « J’entre ! » et « … non je ne peux pas, ça se fait pas c’est le vestiaire des filles quand même…. ». Mais mes réflexions intenses –ou pas – se retrouvent bien vite stoppées dans leur élan lorsque j’entends comme des voix derrière la porte. Oups, je vais me faire repérer ! Abruti que je suis ! Ce n’est pas possible d’être aussi stupide, franchement !

… Minute, il me semble que j’entends aussi des bruits de lutte. Que se passe t-il ? Euh… je fabule ou les tremblements d’une voix plus masculine sont parvenus jusqu'à mes oreilles ? Mais, pourquoi un garçon serait-il dans cette pièce ? Ce n’est pas autorisé ! Qu’il laisse un peu les filles tranquilles ce pervers au lieu de venir les emmerder !

Donc, c’est avec un timide instinct chevaleresque ayant passablement éteint l’incendie en moi que je pousse lentement la porte et y jette un œil lentement, de peur de me recevoir une basket dans la tronche –ce qui serait mérité mais bon…

Et là, que vois-je devant moi ? Une jeune fille à terre, un homme à califourchon sur elle ! Et la première citée ne semble pas d’accord du tout. Il joue à quoi celui là ? Je vais le remettre à sa place vite fait ! Mais.. Comment faire ? Vu d’ici il a l’air déjà plus grand et plus fort que moi –enfin je le suppose en tout cas. Et ce n’est pas avec ma voix que je risque de l’intimider le bonhomme… De même qu’il est hors de question que je refasse l’erreur faite avec Livia, c'est-à-dire sortir mon Mégafono Di Fulmine devant une civile. Oh mais j’ai une idée ! Dans ma boîte de stockage j’ai un revolver, pas chargé en plus ! Du moins je ne me rappelle pas l’avoir fais. Je n’ai qu’à le pointer derrière la tête de ce mec et ça lui fera avoir tellement peur qu’il déguerpira la queue entre les jambes, comme le bon civil qu’il est !
J’entre à pas feutrés dans la pièce et applique rapidement le canon de mon arme derrière son crâne.

      « Lâche-l… »
[/color]Je me fige alors que mes yeux identifient sans mal la fille à terre. Livia. C’est elle… c’est vraiment elle ! Mais qu’est-ce qu’elle fait ici ? C’est … merveilleux ? De savoir qu’elle est en bonne santé oui, mais la façon dont on se retrouve l’est un peu moins. Bordel, déjà qu’elle devait me prendre pour un mec louche et un criminel de première… que va-t-elle s’imaginer maintenant ? La tristesse envahi mon cœur petit à petit et le brasier de rage me consume de nouveau pleinement. Tout ça à cause de ce mec, de Daniella et de ma mère qui à absolument voulu me faire sortir ! J’ai la haine contre tout et contre moi-même ! Mon visage prend une expression dure et plus mauvaise. Celle d’un criminel en puissance. Même moi je pense que si je m’étais vu je ne me serais pas reconnu. Mais que voulez vous, lorsque l’on à du sang "mafieux", c’est pour toute la vie. Je réitère ma demande, plus méchamment cette fois, et ça se sent dans ma voix je pense. Quelques gouttes s’écoulent encore de mon ensemble sur le sol marbré du vestiaire.[/color]

    « J’ai dis… lâche-là
       -Pourquoi je ferais ça, gamin ?
       -Parce que je te dis de le faire dis-je en appuyant un peu plus sur mon arme, histoire qu’il se souvienne d’elle
Gamin… il m’avait appelé gamin ?! Non mais oh ! Je suis pas bien grand d’accord, je ne fais pas mon âge, d’accord, mais au bas mot ce gars dois avoir minimum trois ans de moins que moi alors son « gamin » il pouvait se le garder et s’étouffer avec!

    "Arrête c’est bon, je sais que tu bluff, minable
       -De quoi ?! Me rebiffais-je aussitôt
       -Ouai, parfaitement, je suis même certain que je j’abuse d’elle devant toi tu ne feras rien. Huhu ~
       -Ne la touche pas
       -Je vais me gêner
       -Ne la touche pas !
       -Haha, comme si c’était toi qui allais m’en dissuader avec ton arme en plastique.
       -Ne la…. Touche pas…. Dis-je en crispant les mâchoires, mon bras tenant l’arme tremblait. J’avais l’impression d’échapper moi-même à mon contrôle.
       -On m’a déjà fait le coup du pistolet à billes tu sais ? Aller laisse moi m’occuper comme je l’entends et barre toi, rentre chez ta mère. » Finit-il en glissant une main sous le haut de Livia.

BANG !

Ce furent ses derniers mots. L’instant d’après, il était explosé, dans tout les sens du terme. J’ai appuyé sur la gâchette et…. Lui est collé une balle dans la tête. Pourtant… il ne devait pas y en avoir une ! Je.. je la croyais vide cette arme ! Comment ça se fait ?! J’aurais oublié une douille à l’intérieur lors du dernier entrainement ?! Seigneur… c’est bien ça et maintenant… maintenant ce mec est mort…. On l’a tué… je l’ai tué. Comme cette femme, comme il y a huit ans. Le même son de détonation, le même sang qui gicle. La même situation. La seconde vie que j’arrache.

Le corps sans vie tombe sur celui de Livia dans un bruit sourd, macabre, sordide. Moi, j’étais sonné. J’avais du sang sur la main et sur l’arme du crime. Mais avant tout, je voulais aider Livia, qui par ma faute étais dans une bien sanguinolente situation, dans tout les sens du terme. Le sang se déverse du crane explosé de ce mec sur elle et un masque sanguin identique à celui que j’avais porté des années auparavant pour mon premier meurtre est maintenant posé sur ses yeux et sa joue. Une pareille vision me choque profondément. Vite, je dois l’aider. Mais, alors que j’avançais, presque naturellement vers elle, le visage livide et mes yeux traduisant sans mal mon état d’esprit je peux constater quelque chose d’encore plus horrible. La peur dans ses yeux. Je la terrifie.

Ce sentiment amer en moi, c’est déroutant, non, suffoquant. J’ai besoin de respirer et vite, de l’air frais. Alors, sans réfléchir, je suis sorti vivement de la pièce, laissant là Livia et ce cadavre frais. Paniqué, je m’extirpe du bâtiment et malgré qu’il pleuve encore, me surprends à apprécier la fraicheur des gouttes de pluies sur mon corps protégé de toile. Mais, leur tambourinement sur mes épaules me prouve trop vite que ce qui vient de se passer n’est pas un rêve, mais bel et bien la réalité. Tranchante, transperçant, immuable. J’ai mal. Mon cœur me fait mal. La culpabilité remonte à bon train. Celle que j’avais ressenti lorsque je ne savais pas encore ce qu’il était advenu de Livia n’était enfaite que tu menu fretin comparé à celle qui s’insinue en moi maintenant. Elle avait disparu lorsque j’avais revu son visage mais maintenant, cette chose à prit encore plus d’ampleur en moi, me noyant sous des flots de regrets brulants.

Je veux rentrer chez moi, je veux faire stopper les larmes acides qui roulent sur mes joues et aller ronger ma tristesse loin, très loin d’ici, loin de Livia. Loin de tout ça. J’ai alors pris en titubant le chemin de chez moi, de ma maison. Mes cristaux salés se liant finalement aux gouttes épaisses du rideau de pluie alors que le vent fit valser mon chapeau. Je ne m’en suis même pas rendu vraiment compte, j’étais ailleurs, perdu, sonné…
Je n’étais plus moi.

Ce soir là, après avoir fauché une vie et sans doute taché à jamais celle de cette civile que j’avais encore une fois mené sur une pente dangereuse et glissante, je ne me suis même pas rendu compte que j’avais égaré son petit ruban. Il avait glissé de ma poche lorsque j’ai voulu lui tendre la main et maintenant… maintenant il était gorgé de sang.

[HRP : Désolée princesse, j'ai cruellement manqué d'inspiration ces derniers temps.][/color]
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Livia C. Armanelli
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Freezing Rain
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MessageSujet: Re: ♦ Take me Away ♦ |Polochon|   Sam 2 Nov - 1:21


Je suis désolée. Tout est de ma faute. Pardonne-moi…



Je tremble et je n’y peux rien. J’ai peur, très peur et je n’arrive pas à contenir ça. Depuis quand ne suis-je pas capable de garder le contrôle de moi-même dans les pires situations possibles et imaginables ? Je n’ai pas le droit de me plaindre. Quelque part je l’avais cherché. Peut-être pas ici, peut-être pas maintenant, mais tout dans ma façon d’agir et de me vêtir incitait à ce que cela arrive un jour. Je le savais pourtant. Et faute d’en être consciente un certain policier de mon entourage m’avais mise en garde des centaines et des milliers de fois. Oui, cela relevais de l’impossible que je ne me retrouve pas dans une telle situation, je devais m’y attendre, être capable de savoir comment réagir, comment me sortir de cette mauvaise passe, mais non. Je n’étais plus capable que d’une seule chose.

Laisser la peur et l’angoisse me ronger de l’intérieur.

Je faisais tout pour que cela ne soit pas apparent cela dit. J’y arrivais très mal. Je défie quiconque de réussir ! Parce que même si on s’imagine des tas de fois que la chose peut nous arriver, lorsqu’elle nous arrive vraiment, on se rend compte qu’on avait tout faux. Et que jamais on n’aurait pu imaginer combien toutes les émotions possibles et imaginables nous dévorent les entrailles. Juste assez lentement pour avoir l’impression que cela ne se terminera jamais. Pas avant que tout ne soit qu’un passé enfouis six pieds sous terre, dans une tombe de marbre dont on s’est assurée personnellement qu’elle est si bien fermée que même avec tous les moyens possibles au monde, plus jamais elle ne s’ouvrira, et si profondément enterrée qu’elle en atteindrais presque le centre de la terre. Si profondément enterrée qu’elle sentirait un peu de la chaleur du cœur de la planète de là où elle est…

Je suis définitivement fautive. Je ne voulais pas ce qui est arrivé, c’est vrai. Mais à plusieurs reprises je me suis surprise à demander de l’aide intérieurement. Seulement jamais une seule seconde je n’aurais cru être entendu. Surtout pas que cette personne viendrais à mon secours. Surtout pas comme ça. Mon désespoir était tel que lorsque j’ai senti une présence se faufiler dans la pièce, j’ai avant tout cru que je rêvais. Quand je me suis rendue compte qu’il y avait quelqu’un, je me suis refusé à croire qu’on allait m’aider. Hors de question de s’accrocher à des espoirs qui ne ferais que resserrer ces nœuds dans mon estomac dès l’instant où ils seraient réduits à néant. Je me forçais à penser que c’était un ami à lui qui venait l’aider ou –au mieux pour moi- simplement se délecter du spectacle.

Il y a des gens comme ça, qui s’amusent à regarder les gens sombrer, qui se délectent de chaque instant qui enfonce leurs victimes un peu plus dans les profondeurs du désespoir. Jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des épaves. En ce sens d’ailleurs je me sentais un peu comme le Titanic. Je n’aurais plus été qu’une épave tellement meurtrie que je n’aurais plus été capable de vivre. Peut-être survive, à la rigueur. Comme le Titanic, je ne serais plus qu’un souvenir tragique. Je me demande si l’autre allais se sentir coupable tient. Après tout s’il ne m’avait pas retenue je me serais changée avec les autres et cela ne se serait pas passée ainsi…Tient si ce gars me tue après, j’irais le hanter. J’aurais plus que ça à foutre de toute façon. Et si y’a vraiment pas moyen je prierais d’en bas pour qu’il ait des remords…Ouais, d’en bas, vous croyez vraiment que j’ai l’intention de monter au Ciel une fois morte ? Je ne le mérite pas.

Je me suis étonnée moi-même de penser cela tient. Quelque part j’étais fière de moi. Comme quoi, même dans la pire des situations, même si un je ne sais quoi me rongeait de l’intérieur, j’étais toujours fidèle à moi-même. Une part de mon humanité sur laquelle je pouvais m’accrocher pour retarder mon naufrage, en quelque sorte. C’est dingue hein ? Même quand je suis sur le point d’être détruite de l’intérieur je reste une vraie peste. Comme quoi, ça c’est vraiment ancré en moi avec le temps.

Mais les pestes, ça n’a pas de remords, pas vrai ? Alors pourquoi ce sentiment vient se mélanger aux autres qui étaient pourtant déjà bien assez à se disputer mes entrailles quand je comprends enfin ce qui se passe avec ce nouveau venu ? Qu’est-ce qu’il fait là ? Je ne comprends pas. Et pourquoi est-il armé ? Ce n’est pas normal de se balader avec une arme à feu sur soi ! …Ah oui c’est vrai, il est de la mafia. Je l’oublierais presque tant les souvenirs que j’ai de lui ne ressemblent pas à l’idée que je me fais d’un mafieux. J’avais eu beau chercher, je n’ai pas vu en lui un meurtrier, pas jusqu’à ce jour. Il n’avait été qu’un garçon très maladroit tout du long. Si je n’avais pas vu ses boîtes d’ailleurs, l’idée qu’il puisse appartenir à la mafia ne m’aurait jamais effleuré l’esprit. C’est pourquoi je n’ai pas compris quand je l’ai vu. C’était bien lui, qui pointait un revolver sur le crâne de ce joueur adverse. Pourtant je ne l’aurais pas cru capable de cela…A moins que cela ne soit que du bluff ? Oui, ça ne peut être que ça, pas vrai ? Parce que je ne le vois pas prendre la vie de quiconque.

Quelle naïveté consternante.


    « Lâche-l… »

Je crois qu’il n’avait pas remarqué qu’il s’agissait de moi jusqu’à présent. Ceci expliquerait sans mal pourquoi il s’est soudainement figé en portant son regard sur moi. Drôle de façon de se retrouver. J’aurais préféré qu’il ne vienne pas cela dit. Parce que je le connais. Parce qu’il m’a déjà sauvé une fois. Parce que –et je rage de devoir l’admettre, si vous pouviez savoir combien je rage d’admettre ça- j’ai confiance en lui. Parce que par sa faute est né en moi un fragment d’espoir que je ne voulais surtout pas, que j’évitais comme la peste, que j’avais rayé de mon dictionnaire éphémèrement. Et voilà qu’il débarquait et qu’il brisait tout ça si facilement avec sa bouille d’idiot fini !

Et voilà que la seconde d’après il mettait toutes mes certitudes en doute. J’avais l’impression que je n’avais plus la même personne en face de moi dès l’instant où ses traits avaient changé pour une expression dure, froide, mauvaise. Une expression qui m’en donnerait des frissons. Et en cet instant je me suis dit que j’avais peut-être eu tort. Il n’était peut-être pas si innocent que ça. Mais à quoi je pensais, moi ?! Bien sûr qu’un mafieux ne pouvait pas l’être ! Mais alors pourquoi il m’aidait une nouvelle fois ? Je ne comprenais rien…plus rien…Je n’étais plus en était d’essayer de comprendre, de réfléchir ! Je voulais juste que tout se termine…Je voulais enterrer ça au plus près du cœur du monde et oublier…Oublier ce qui c’était passé ici. Même oublier son regard effrayant et le voir à nouveau comme le mec simplement gentil et un peu bête qu’il était il y a trois semaines. Pourquoi ne pouvais-je admettre ce que je voyais ? Parce que je ne le voulais pas, bien que les raisons de ce blocage restent obscures.


    « J’ai dis… lâche-là »
    « Pourquoi je ferais ça, gamin ? »
    « Parce que je te dis de le faire »

Avais-je tort de penser qu’il serait capable d’appuyer sur la détente…Je tentais de me persuader que oui, j’avais tort. Ce n’est que du bluff…Que du bluff…Je répétais cela en boucle dans ma tête, pour m’en persuader moi-même. Repassais sans cesse notre première rencontre. Il n’était pas capable de tuer. Il avait bon fond ! Si ce n’était pas le cas pourquoi était-il venu à mon aide la première fois ? Et pourquoi avait-il recommencé cette fois encore ? S’il était comme tous les mafieux potentiels, il n’agirait pas de la sorte. Hélas, mon agresseur n’avait pas semblé un peu instant apeuré par la menace que représentait l’arme à feu de mon pseudo-sauveur. Il semblerait que la même pensée avait traversé son esprit. Le fait de penser que lui et moi avons eu la même idée me donna envie de vomir…


    « Arrête c’est bon, je sais que tu bluff, minable »
    « De quoi ?! »
    « Ouais, parfaitement, je suis même certain que si j’abuse d’elle devant toi tu ne feras rien. Huhu ~ »
    « Ne la touche pas »
    « Je vais me gêner »
    « Ne la touche pas ! »
    « Haha, comme si c’était toi qui allais m’en dissuader avec ton arme en plastique. »
    « Ne la…. Touche pas…. »
    « On m’a déjà fait le coup du pistolet à billes tu sais ? Aller laisse-moi m’occuper comme je l’entends et barre toi, rentre chez ta mère. »

Mon cœur se fit à battre plus vite, au rythme de ma peur lorsqu’il avait clairement annoncé qu’il allait « abuser de moi ». J’étais consciente que c’était ce qu’il voulait, mais c’était toujours différent lorsque l’on entendait de vive voix. Surtout dans sa façon de le dire…D’inclure Appollo là-dedans, qui lui avait ordonné immédiatement de ne pas toucher, qui l’avait répété en boucle par la suite. Appollo… Il c’était crispé sur sa dernière prise de parole d’ailleurs. Protecteur, son regard me faisait toujours aussi peur cependant. J’en regrettais presque son air d’abruti. Mais mon regard fut simplement plongé dans les ténèbres dès l’instant ou mon agresseur avait fini sa phrase et qu’il glissait doucement sa main sous mon haut. Mes yeux c’étaient clos, pur reflexe, et en continuant dans cette voie j’étais sur le point de hurler. Je n’en ai pas eu le temps qu’un énorme bruit que je n’ai pas identifié tout de suite résonna dans le vestiaire.


Bang !


Un bruit de détonation…Non…c’est impossible…Il n’a pas…Il ne peut pas l’avoir tué, pas vrai ? D’un autre coté je ne suis pas sure de vouloir connaitre la réponse à cette question. Pourtant, d’instinct, mes yeux s’ouvrent. J’ai l’impression que le temps à ralentis, que tout passe au ralenti. Je ne voulais pas y croire pourtant la première chose que je vois de mes pupilles azurées, c’est un liquide vermeil qui gicle du crane du garçon. Il est mort. Il l’a tué…

Un corps sans vie, telle un patin dont on aurait coupé les fils, il tombe lourdement sur moi dans un bruit sourd, effrayant, sordide. J’ai peur, je suis effrayée, terrifiée. Je voudrais être capable de fermer les yeux, de regarder ailleurs, n’importe quoi, mais pas lui. Pourtant je ne peux pas y couper, je ne peux pas le cacher. C’est lui qui m’effraie. Il a tué un homme. Et sous mes yeux. Du crane littéralement expliqué du garçon se déverse sur moi son liquide vital. Je me suis mise à trembler, sans pouvoir me contenir. J’avais beau essayer de respirer calmement, je n’en étais plus capable. Elle se faisait de plus en plus irrégulière au fil du temps. Alors qu’il s’approche de moi, je peux lire clairement dans ses yeux qu’il ne va pas bien. Ça se voit à son teint, également. J’essaye de me persuader qu’il ne voulait pas ça, que je n’ai rien à craindre mais cette peur dans mes yeux refuse de me quitter. Et finalement son regard croise le miens, et y lit clairement mes sentiments.

Et finalement sans même m’aider, il quitte la pièce d’un pas rapide alors que malgré moi des larmes coulaient de mes orbes bleus. Je me suis mordue la lèvre inférieure, jusqu’au sang, pour ne pas laisser ce hurlement d’effrois sortir de mes poumons. Je sais que je ne voulais pas qu’il l’entende. En revanche, ce que j’ignorais, c’était si c’était pour qu’il ne se sente pas encore plus mal ou pour une autre raison. C’était la seule chose qui me venait à l’esprit mais c’était totalement stupide. Je veux partir, je veux quitter cet endroit au plus vite. Mais mes mains tremblantes ont du mal à repousser l’effroyable cadavre qui me retient prisonnière de ce lieu. Et lorsqu’enfin j’y arrive et me redresse, agenouillée sur le sol pour reprendre un peu mes esprits, lorsque je vous l’état du cadavre, mon envie de hurler me reprends, et mes lèvres morflent à nouveau, laissant un petit filet de mon propre sang se mélanger au sien et couler de mon menton jusque dans mon cou.

Cet endroit me donne la tête qui tourne…Il faut que je sorte. Mais je ne peux pas simplement sortir comme ça, couverte de sang. J’essuie tant bien que mal celui qui est sur ma peau, tremblante, alors que je tiens à peine sur mes jambes, à l’aide de l’eau d’un des robinets habituellement là pour estomper la soif des joueurs et joueuse. Puis je me débarrasse de mon uniforme ensanglanté et remet mon short et mon haut, encore inconsciente que dehors il pleut. Je prends mon sac et sort lentement. Au rythme que mes jambes acceptent d’aborder. Un petit détail m’arrête cependant dès lors que je me retourne, intriguée par une chose que je n’aurais su définir. Je le remarquais enfin. Ce petit ruban imbibé de sang sur le sol…N’était-ce pas le mien ? Celui que j’avais perdu ? Mais qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ?! Je lâchais un soupire, ramassais mon bien et quittait enfin une bonne fois pour toute cet endroit macabre que je ne voulais plus jamais revoir.

Au dehors, la pluie me ferait presque du bien. Mais elle me rappelle également d’une façon bien cruelle que je n’ai pas rêvée. Je fais quelques mètres seulement, avant de m’appuyer contre un mur, sous cette pluie, le regard perdu dans le vague. Je ne sais plus quoi faire, qu’est-ce que je devais faire déjà ? Ah oui, téléphoner à Angela pour lui demander où est l’équipe. Ils doivent sans doute fêter notre victoire quelque part. Etrangement je n’ai pas envie d’aller les rejoindre. Lentement, sous la pluie, dévisagée par les rares passants pour sortir en short et haut sans bretelles sous une pluie ardente, je prends la direction de l’hôtel. Je veux aller me coucher, dormir et oublier un tant soit peu tout cela, même éphémèrement. Mais avant tout je veux prendre une douche. J’ai beau m’être débarrassée de ce sang je me sens sale, souillée. C’est insupportable.

Je monte donc directement à la chambre que je partage avec Angela. Son sac est là, mais pas elle. Donc elle est passée par ici pour se changer avant de sortir ? Cela promettait un long moment de solitude. Tout juste ce dont j’avais besoin. J’ai laissé tomber lourdement mon sac sur le sol, pris de quoi me changer et sautait sous la douche. J’ignore combien de temps je suis restée sous l’eau chaude, comme une véritable perturbée à passer du gel douche sur ma peau, encore et encore. Mais une fois sortie je suis tombée nez à nez avec Angela, qui semblait surprise de me voir.


    « Livia ! Je pensais que tu passerais la soirée avec ce charmant garçon de tout à l’heure ! »
    « Je…Non. Ce n’est pas mon type. »
    « Ah oui ? Pourtant il était tellement beau ! Je me demande bien ce qu’il te faut…Tu tires une de ces têtes ! Tu sais quoi ? Il y a une salle de jeux au sous-sol ! L’hôtel à accepter de la laisser à notre disposition cette nuit pour que l’on fête notre victoire ! Viens t’amuser avec nous, ça te fera du bien ! » un fin sourire s’afficha sur son visage alors qu’elle me faisait cette proposition.
    « Je te remercie mais…Tu vois…J’ai beau être guérie j’ai encore peur que mon cœur fasse  n’importe quoi ! Alors je vais juste me reposer… » mentis-je.

Je le sentais, elle voyait bien que je n’étais pas tout à fait honnête, pourtant elle n’insista pas et repartis avec son petit sourire en me faisais un signe de la main, et m’invita à les rejoindre dès que je sentirais reposée. Comme si j’avais la tête à faire la fête…Je me couchais donc et, épuisée, le sommeil m’emporta immédiatement. Rien de bien reposant cela dit puisque la scène se répétait encore et encore dans mon rêve, sans que je ne puisse m’échapper de ce cercle de l’infini. Jusqu’à ce que réussisse enfin à sortir de mes songes. D’accord, dormir était une mauvaise idée, une très mauvaise idée. Je me redressais pour voir si, à mes côtés, se trouvait Angela. Son absence me laissa à croire qu’ils étaient encore tous dans le sous-sol, et cette fois je me décidais à les rejoindre.

J’aurais fait n’importe quoi pour m’échapper de la réalité. Et puisque les rêves n’étaient pas la solution, je me raccrochais à ce que je pouvais. En bas un petit fond de musique flottais dans l’air et rendant l’ambiance chaleureuse. Angela vint immédiatement à ma rencontre pour me faire faire le tour des différentes activités. Ils étaient actuellement en pleine partie de billard mais elle me promit que je serais dans la suivante, et m’invita à aller manger un morceau au buffet qu’ils avaient organisé pour alimenter la soirée, me conseillant particulièrement un fromage aux allures douteuses. N’était vraiment pas en était d’avaler quoi que ce soit, je me suis contentée de les regarder finir leur partie, pour finalement m’occuper l’esprit avec leurs divers jeux.

Cela a plutôt bien réussi je dois dire, j’ai presque réussis à oublier ce qui c’était passé plus tôt. Presque. Mais je ne me faisais pas d’illusions, je ne saurais pas me le sortir de la tête. Alors je me contentais du peu que pouvais faire l’équipe pour moi. Et puis Angela m’affirma que même si j’avais toujours un teint de fantôme, je semblais moins proche de l’évanouissement que plus tôt, ce qui me fit me poser des questions sur l’état dont j’avais l’air. Cela dit un petit sourire avec l’affirmation que j’allais bien, que j’étais juste un peu fatiguée et la question était réglée. Mais là un élément insignifiant lui prouva bien le contraire.


Bang !


Non, ce n’était pas une nouvelle détonation. Juste un ballon qu’un des garçons avait explosé par mégarde. J’étais bien heureuse d’être alors seule avec Angela dans un coin à l’abri des regards de tous. Parce que ma réaction était loin d’être normale et laissait bien à penser qu’il s’était passé quelque chose. Je laissais s’échapper un petit cri étouffé, fermait les yeux, et plaçait mes mains sur mes oreilles, littéralement effrayée par ce petit son insignifiant. Sous le regard ahuri d’Angela, qui ne comprenait pas. Qui ne comprendrait pas. Jamais. Parce qu’il était exclus que j’en parle à qui que ce soit. Il se ferait arrêter, on le mettrait en prison, peut-être même pire encore…Et merde je ne comprenais pas pourquoi malgré tout je voulais le protégé ! Pourquoi même après ça j’avais toujours autant confiance en lui ? Stupide.


    « Livia…Tout…Tout va bien ? » me demanda-t-elle alors que je restais figée dans cette position, ce qui me fit la quitter.
    « Oui je…Ca m’a surprise ! »
    « Tu n’as vraiment pas l’air dans ton assiette depuis que tu es revenue. Il s’est passé quelque chose ? »
    « Non ! Vraiment, je vais bien ! Je crois que j’ai juste besoin de prendre l’air ! » affirmais-je alors que je voyais bien qu’elle ne me croyait pas.

J’ai quitté la pièce, le sous-sol de l’hôtel et je suis sortie, en pleine nuit. Aucun risque que j’ai des ennuis, puisque je me suis contentée de restée appuyée contre le mur, à côté de l’entrée. Le froid me faisait du bien, et m’aidait à reprendre tant bien que mal mon calme. Un ballon…Un simple ballon. Allais-je réagir comme ça à chaque gros bruit ? Bien sûr que non ! Il fallait que je me reprenne ! Ça ne me ressemblait pas d’agir comme ça…

Toujours pas remise de mes émotions, je retournais me coucher, terrassée par ces évènements. Mon sommeil fût cette fois bien plus reposant dans la mesure où aucun rêve ni cauchemar n’osa me hanter. Ma partenaire de chambre se sentie obligée de ma réveillée en m’annonçant qu’ils avaient tous l’intention d’aller en ville pour profiter des journées de séjour qu’ils nous restaient à Rome. Contre mon gré j’ai été avec eux. Parce que je savais bien que si je ne le faisais pas, Angela allait s’inquiéter, se poser des questions et tout le tralala. C’est donc plus pour elle que pour moi que j’annonçais que je me dépêchais de me préparer pour aller avec eux. Hors de question de l’impliquer dans toute cette histoire, elle qui était si gentille, si attentionnée. Tout mon contraire en fait. Je me demande bien comment elle fait pour s’entendre avec moi d’ailleurs.

Mais passons. Nous avons passé les journées suivantes à errer en ville. Cela semblait amusant. Oui, semblait. Je n’y ai pas vraiment pris part. Finalement que je sois là ou non n’aurais pas changé grand-chose. Cela dit je me suis surprise à jeter un coup d’œil curieux dans la boutique d’Appollo à chacun de nos passages devant. Je ne l’ai pas aperçu une seule fois et j’admets que cela m’inquiétais. Et s’il s’était fait chopper. Non, impossible. La police serait venue me trouver aussi si c’était le cas, pas vrai ? A moins qu’ils aient seulement remontés jusqu’à lui par rapport à l’arme et qu’ils ne se doutent pas qu’il y ait une tierce personne d’impliquée ? Mais dans ce cas pourquoi Appollo n’a rien dit ! N’aurait-il pas pu mieux s’en sortir s’il leur avouait les circonstances du meurtre ! Aaah c’est tellement compliquée ! Bon calme toi Livia…Rien ne dit qu’il s’est fait prendre ! Il est peut-être juste en congé ! Oui, ça ne peut être que ça !


    « Livia…On s’en va demain soir. Si un sac te plait dans cette boutique arrête de baver dessus et va te le prendre ! »

La douce voix autoritaire d’Angela me fit me rendre compte qu’encore une fois je fixais l’intérieur du magasin de sac à main à sa recherche, désespérément. C’est sûr que d’un point de vu extérieur, ça ne pouvait être que ça. Avais-je été si peu discrète lorsque j’observais cette boutique ? Il faut croire…Sur ce coup là, vraiment, je n’avais pas de quoi être fière de moi. Enfin, elle pensait que c’était pour un sac et ce n’était pas plus mal de cette façon. Un petit rire nerveux fila entre mes lèvres alors que je passais un bras derrière ma tête, confuse. C’est tellement facile de jouer la comédie…Je leur déclarais donc que j’allais me renseigner sur ce « sac » de ce pas et que je les rejoindrais à l’hôtel, ajoutant que pour ce genre de chose je pouvais être vraiment longue et qu’il était inutile qu’ils perdent leurs temps.

Malgré l’hésitation que je lisais dans leurs yeux, ils finirent par obtempérer et reprirent leur chemin. Quant à moi je sentais d’ici combien la conversation allait être agaçante si c’était encore le même collègue que j’avais déjà croisé par deux fois qui tenaient la boutique. Bien sûr que j’avais vu qui s’en occupais, mais honnêtement dès l’instant où j’avais vu que ce n’était pas Appollo, ça m’était immédiatement sortit de l’esprit pour laisser place à des choses plus importantes…Comme des films que je me faisaient et des remords…Même si je n’avais aucune envie de voir ce gars, j’avançais vers la boutique pour pénétrer finalement dedans. Il avait beau être insupportable à un point pas permis, j’avais besoin de m’assurer qu’Appollo allait bien. Ca ne manqua pas. Sa voix, que je supportais de moins en moins, raisonna jusqu’à mes oreilles à peine entrée dans la boutique.


    « Salut beauté ! On a changé d’avis ? »
    « Appollo n’est pas là ? » demandais-je en essayant tant bien que mal d’oublier mes envies de lui faire bouffer un sac.
    « Oublie le cinq minutes ! Pourquoi ne pas t’intéresser à moi plutôt hein ? Alfio ! »
    « …En fait y’avais plus pourris qu’Appollo ! Il sera là demain ? »
    « Je te réponds si tu me donne ton nom, ma belle. »
    « Livia. Mais c’est vraiment parce que j’en ai assez d’entendre de ta bouche toutes les interpellations du parfait petit dragueur quand tu t’adresses à moi. » lâchais-je dans un soupire.
    « Quelle cruauté, tu me plais de plus en plus. »
    « Ce n’est pas réciproque. Réponds-moi ou j’me casse en prenant soin de te faire bouffer un sac avant. »
    « Ca fait plusieurs jours qu’on ne l’a pas vu, sans raisons. Il n’a prévenu personne. »
    « Je vois…Tu as son numéro ? »

Je l’ai trouvé étrangement coopératif pour ce qui fût de me donner le numéro d’Appollo, te étrangement je doutais que ce soit à cause de mes menaces. Mais peu importe. Dès qu’il aurait terminé de me dicter ce numéro à la con je partirais, ne le reverrais plus jamais et youpi la vie sera belle ! …Ouais ou pas. Je n’avais pas vu venir le coup bas. Mais lui ne s’était sans doute pas attendu à ce que, à peine le numéro de noté, j’appuie sur cette touche verte qui déclenche l’appel, je l’ai vu à sa tête dès l’instant ou c’est la sonnerie de son propre téléphone qui retentie dans la boutique. C’est décidé, ce mec la prochaine fois que je le vois, je l’étouffe moi-même avec un sac.


    « …T’es encore plus misérable que les rats qui ont élus domicile dans les égouts de Rome. » lui lançais-je avant de quitter la boutique.

J’allais m’installer sur un banc, en désespoir de cause. Je ne pouvais simplement pas repartir sans savoir ce qu’il était advenu de lui. La dernière fois j’étais persuadée que tout irais bien puisque c’est moi qui avait récolté tous les ennuis mais à présent…Et cette boutique c’est la seule piste que j’avais. Puisque son collègue voulait jouer son chieur jusqu’au bout que pouvais-je faire de plus ? Demander de l’aide à mon abruti de père peut-être ?! Ridicule ! Oui, ridicule…Et pourtant tellement tentant ! J’avais peu d’information d’accord, mais avec tous les dossiers que la police possédait secrètement, il pourrait m’aider ! Si seulement j’avais la force de ravaler ma fierté le temps d’un coup de fil…Je devais bien être capable de faire ça pas vrai ?

Attrapant donc une seconde fois mon téléphone je parcourais la liste des contacts à grande vitesse pour finalement appeler mon père. Oui, j’aurais tout simplement pu appuyer sur la lettre P pour arriver directement au contact « Papa » mais c’était déjà bien assez déprimant de l’avoir au téléphone. Je ne voulais pas non plus accélérer le processus. L’avantage –ou l’inconvénient, cela dépends du contexte mais c’était ici un avantage- c’était que mon père répondait toujours quasi immédiatement, habitué aux cas d’urgences. A peine eu-il décrocher que sans le saluer je lui demandais s’il pouvait me rendre un service, et lui fournissant le prénom de Polochon et le nom de sa boutique, que je n’eus qu’à lire en face de moi, et en lui demandant s’il pouvait me trouver rapidement son adresse.


    « Qui est-ce, Livia ? »
    « …C’est un ami qui devait venir me voir joué. Il n’est pas venu et il est injoignable, alors on s’inquiète un peu tu vois. Tu peux te dépêcher ? »
    « Un ami, vraiment ? »
    « Que veux-tu que ça soit d’autre ?! Ne t’ai-je pas demandé de te dépêché ?! »
    « Tu as de quoi noter je suppose ? » face à mon long silence, il ajouta « Je t’envoie ça par message donc. Je te dis à demain puisque je sais déjà que tu ne me remercieras pas. »

Je sentais bien la peine dans sa voix. Cependant, cela ne me fit pas cracher un merci pour autant. Essayer de me prendre par les sentiments, vraiment, il tombait bien bas. Comprendrait-il un jour que jamais je ne lui pardonnerais ? Ce n’est pas comme s’il m’avait caché une chose insignifiante ! Une sœur jumelle ! Comment pouvait-il penser que je ne m’en rendrais jamais compte ? Pensait-il vraiment pouvoir me le cacher toute ma vie ? Ou bien pensait-il que je lui pardonnerais aisément une fois la vérité mise à découvert juste parce qu’il était mon père ? C’était dingue comme lui avoir parlé avait pu me mettre en rogne ! Cela se calma un peu cela dit dès l’instant où la sonnerie qui m’annonçait un nouveau message reçu se fit entendre. Je le lu dans la seconde, ce qui me fit me rendre compte que cela ne m’aidait pas beaucoup vu que je ne connaissais pas Rome ! La blague…Enfin, il se faisait tard, il était impoli de déranger les gens à une heure si tardive, et demain j’aurais encore toute la journée pour aller le voir. Une simple demande à un passant et je saurais y aller.

Pour l’heure je me contentai donc de rentrer à l’hôtel, un peu plus léger, de passer la soirée avec l’équipe, à discuter de choses et d’autres. J’ne profitais pour les informer que je profiterais de notre dernière journée demain pour passer voir un ami et que je ne leur tiendrais donc pas compagnie. Et quand chacun regagna sa chambre, je n’avais plus qu’une envie : m’endormir pour être au plus vite le lendemain. Mon souhait se réalisa. Je m’endormie sans même me rendre compte jusqu’à ce que le lendemain les rayons du soleil me sortent de ce sommeil sans rêves. Seule chose qui me reposait vraiment. Ne se souvenir de rien du tout…C’était ça ou revoir cette scène se répéter en boucle dans ma tête. Encore et encore…Il y aurait vraiment de quoi devenir folle.

Je profitais du sommeil encore profond d’Angela pour sortir de mon sac le petit ruban encore imbibé de sang qui pris place sur le lavabo de la salle de bain pendant que je cherchais une tenue appropriée. Je ne pouvais décemment pas m’habiller comme d’habitude, surtout si c’était un de ses parents qui m’ouvraient. C’était exclu. J’optais donc finalement pour un short en jean et un débardeur bleu. Etrangement l’idée de porter le rouge m’écœurait comme pas permis. Je m’enfermais donc ensuite dans la salle de bain. Quand j’en ressortis, le petit ruban nettoyé au mieux des taches de sang et accroché à une des bretelles de mon débardeur –étrangement l’idée de le mettre à mes cheveux me refroidissais également- Angela dormait encore, ce qui m’arrangea bien. Pas d’explications à fournir, ni de rappel sur l’heure à laquelle nous devions rentrer pour préparer nos affaires. Rien, juste le silence que le bruit de la porte se refermant sur moi brisa l’espace d’une seconde.

Au dehors, ce fût une toute autre histoire. Les bruits des différents véhicules, les conversations des gens déjà bien nombreux, leurs pas pressés, j’étais bien loin du silence de la chambre et me rendit compte seulement maintenant combien cet hôtel nous protégeait bien des différents bruits extérieurs, dangers potentiels pour notre sommeil. J’arrêtais un couple de personnes âgées dans une promenade matinale, mon portable en main, pour leur demander où se trouvait la rue citée dans l’adresse. Ils me renseignèrent admirablement bien et je n’eus, une fois la rue trouvée, plus aucun mal à trouver la maison de mon chevalier servant. Après deux sauvetages de sa part, je pouvais bien l’interpeller de la sorte, non ? Il n’en saurait jamais rien de toute façon ! Je m’avançais donc timidement dans l’allée pour atteindre la porte d’entrer et hésitait un moment avant de frapper. Puis, refusant d’avoir fait tout ce chemin pour rien et de partir dans l’inquiétude, je frappais finalement dans un moment de folie que je regrettais la seconde d’après.

C’est une femme qui est venu m’ouvrir la porte. Une femme aux cheveux courts, brune. Je supposais qu’il s’agissait de sa mère. Du moins je l’espérais.  Je ne donnais pas cher de la vie de mon père  s’il m’avait filé la mauvaise adresse. Aller Livia. Sourit et soit polie. Tu y arrives aisément d’habitude. Oublie qui tu es venue voir un moment. Oublie ses yeux, son regard, ce bruit…Oublie tout et sourit.


    « Eum…Bonjour. Est-ce que…Appollo est là ? »
    « Oui, entre ! » puis, elle se retourna et cria presque, en s’adressant à un escalier « Appollo ! Tu as de la visite! Je la fais monter ! »

Je me suis donc ainsi retrouvée à monter les marches de l’escalier de cette maison dont j’ignorais tout après que celle que je supposais toujours sans aucune certitude  être la mère d’Appollo m’ai indiqué quelle porte prendre une fois à l’étage. J’aurais préféré ne pas me retrouvée face à une porte close mais il semblerait que j’étais destinée à frapper aux portes aujourd’hui. Je frappais donc, mais n’eut aucune réponse. Je commençais à douter, me serais-je trompée de porte ? J’entrouvrais doucement la porte de peur de me recevoir un objet non identifié à la figure et jetais un coup d’œil dans la pièce sombre. Okai, la pièce était sombre, mais je voyais parfaitement que quelqu’un était couché. J’entrais donc, un peu rassurée de voir que c’était la bonne chambre et refermais la porte derrière moi. Alors…être naturelle…Euuh…


    « On t’as déjà dit que ta chambre est immonde, Polochon ? Et puis c’est quoi cette obscurité ! Ne sais-tu donc pas que l’effet vampire, ça n’est plus du tout attirant ? »

En temps normal, d’accord, j’aurais fait une remarque sur l’état déplorable dans lequel se trouvait la pièce. Or, ici elle était si bien rangée que je n’aurais jamais pu faire une telle chose. Je m’avançais jusqu’à la fenêtre et ouvrait en grand les rideaux pour laisser la lumière du soleil illuminer la pièce. Non pas que je me serais permise une telle chose en temps normal, mais là…J’avais l’intention de rester parler un peu avec lui et –étrangement- depuis cet évènement d’il y a quelques jours je ne me sentais pas capable de rester en compagnie d’un garçon, qui qu’il soit, dans une pièce sombre.

Je n’eut aucune réponse et mon cœur commença à s’emballer. Je n’avais pas jusqu’à lors réfléchis à l’hypothèse qu’après ce qu’il ait dû faire à cause de moi, il men veuille tellement qu’il ne voudrait plus jamais me revoir. Je me sentais conne d’y penser maintenant. J’étais prise d’une étrange tristesse, aussi. De plus en plus forte au fur et à mesure que le silence se prolongeait dans le temps. Mon regard se porta sur l’extérieur, et finalement je fis une seconde tentative, m’efforçant le plus d’être fidèle à moi-même.


    « Alors quoi ? Je suis venue te rendre visite et tu ne quittes pas ton lit ? Je dois brûler tes couvertures pour que tu daignes me parler ? »

Ouais bon…Je n’avais qu’à moitié réussis cette fois ci. Et alors que sa réponse ne venait toujours pas, mon sœur se serra, et je ne pus empêcher ces images de me revenir en tête. Il m’en voulait. Définitivement. Sinon il réagirait, pas vrai ? N’aurait-il pas pu me dire de dégager dès le départ ? Cela aurait été plus simple et tellement moins lâche que de simplement attendre que je le comprenne de moi-même ! Minute. Pourquoi je ne lui disais pas simplement ? Ma voix allait trembler, ouais et alors ? Qu’est-ce que j’en avais à fiche à présent ?


    « Je vois…Si tu me détestes tu aurais pu me dire de dégager tout de suite tu ne crois pas ? Le message aurait été bien plus claire et je t’aurais fiche la paix plus tôt ! Ne t'en fais pas, j'éviterais Rome à présent, tu ne me reverras plus. »

Je n’aurais jamais pensé que ma voix tremblerait autant cela dit…ni même que de l’humidité me monterais aux yeux. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. Mais cela n’a plus d’importance. Je tournais les talons et avançais vers la sortie de la pièce, alors qu’au fil du temps mes yeux me menaçaient de plus en plus de laisser couler l’humidité qu’ils avaient accumulée. Je ne comprends pas pourquoi je me sens si mal…Et ça m’énerve, ça m’énerve tellement ! Je n’aurais jamais dû revenir à Rome !


Je veux juste tout oublier à présent.

[HRP]Mes excuses pour ce temps de réponse monstre...[/HRP]
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MessageSujet: Re: ♦ Take me Away ♦ |Polochon|   Dim 10 Nov - 21:18

Il nous faut aussi

Deux-trois secrets

Bang.Bang.Bang.

Ce son atroce ne cessait de faire réminiscence dans ma tête, comme une mélopée nocturne qui ne voudrait jamais s’arrêter, histoire de se délecter de ma folie, de ma douleur, de ma haine envers moi-même. Plus le temps passait sur le fil des aiguilles des montres et moins je supportais de revoir dans ma tête et sans interruption ce que j’avais fais ce soir. Deux fois. C’était la deuxième fois que j’ôte la vie de quelqu’un et de la même façon en plus. Une balle dans la tête. La seule infime différence qui n’avait pas changée grand-chose je l’avoue, c’est qu’alors que pour la meurtrière, la balle était allée ce logé entre ses deux yeux, pour ce gars là, le projectile avait traversé par l’arrière du crâne. Mais au final le résultat était le même. Je suis un meurtrier, un monstre. Moi-même pendant un court instant je ne me suis pas reconnu. J’ai échappé à mon propre contrôle, ma propre conscience. Et je suis devenu le mafieux que je suis censé être depuis ma naissance.

Je me hais tellement, c’est incroyable. Tout se bouscule dans mes méninges surexcités, rien n’est à ça place. C’est un vrai bordel. Et je ne peux ni n’ai la force de me plonger dedans maintenant pour y remettre un temps soit peu d’ordre ou de logique. Non, je veux juste fermer les yeux, oublié. Me réveiller en sursaut dans mon lit et constater que j’ai fait juste un mauvais rêve. Encore un. Malheureusement pour moi, non. Non non et re-non, c’était bien la réalité que je devais affronter là, tout de suite. J’étais face à mes actes, au pied du mur, sans aucunes échappatoires. Et je devais assumer l’entière responsabilité de tout ça.

Après tout, quand on est mafieux, on ne l’est pas à moitié. Je me déteste. A me regarder là, en cet instant je fais plus que pitié. Mes jambes menacent de me lâcher à chaque nouveau pas que je tente inexorablement de concrétiser malgré tout, elles tremblent. Mon teint livide et mes yeux hagards pourraient laisser dubitatif n’importe qui. J’ai mal au cœur, des nausées creusent leurs galeries jusqu'à mon être. Et finalement, ça ne rate pas. Alors que je me remémore la scène une énième fois, comme si je voulais tout garder en moi pour toujours, et que je revois les yeux paniqués de Livia, mon estomac ne tient plus le choc et me force à m’arrêter cette fois ci.

Je me vois contrains de déverser le peu que j’avais ingurgité dans la soirée dans un buisson proche, à l’abri des regards sans vraiment y faire trop attention. Je tousse à plusieurs reprises pendant ce maudit et acide processus, attendant désespérément la fin de ce dernier qui, à mon plus grand désespoir, ne semble pas pouvoir ou plutôt vouloir venir. J’ai mal. Pathétique, on dirait un ivrogne qui aurait trop bu et qui rends à la nature le trop plein d’alcool qu’il aurait avalé sans faire attention à vérifier et respecter ses propres limites. Seulement aucunes boissons de ce genre n’est venu souillées mon corps et mes veines. La seule chose que j’ai bu ce soir, c’est un trop plein de réalité brutale et incisive. C’eu les mêmes effets que l’alcool cela dit, a ce demander si en fin de compte les deux n’étaient pas intimement liées en définitive.

Mon calvaire passager ayant enfin trouvé un terme à mon rejet, je peux essayer de me relever comme je le peux alors que la pluie martèlent le sol avec toujours autant d’intensité. Mes muscles semblent lourds et désobéissants à chacun de mes ordres. Par pure contrariété ou difficulté de les décrypter, ça, je n’en sais rien.

J’entre dans l’un des quartiers romain proches de chez moi. Il y a des troquets et des bars un peu partout, ouvert et illuminés, laissant les lampes de leurs intérieur lécher le trottoir inondé en ce moment même, comme pour essayer de rassurer on ne sais trop qui. Moi en tout cas, ça ne me rassure pas. Ça n’estompe même pas mon mal être, j’ai l’impression d’être perdu dans une dimension qui n’est pas la mienne, dans un monde que je ne connais pas. Je suis perdu.

J’essaie d’enchaîner le plus normalement possible les pas uns à uns sous ces cordes d’eaux qui me plaqueraient volontiers au sol de toute leur puissance naturelle j’en suis certain. Mais non, malgré tout ce qui me traverse l’esprit, je ne peux pas abandonner maintenant, pas tant que je ne suis pas en sécurité, chez moi, dans ma chambre, à l’abri des regards. Pourtant, même avec toute la concentration que j’ai été capable de rassembler, je n’ai pas fait attention à la cassure irrégulière présente sur le bord du trottoir et je perds l’équilibre en essayant misérablement de me raccroché à quelque chose, sans succès aucuns. Quels que fussent mes efforts, je n’ai pas pu éviter cette chute, plus douloureuse qu’elle ne l’aurait sans doute été d’ordinaire.

Pire encore, alors que je me redresse, je percute que mon visage à été plongé dans l’eau. Rouvrant rapidement mes yeux, je constate que je suis tombé dans une immense flaque d’eau sur le rebord du caniveau. Et quand je dis immense, je ne mens pas. La moitié de mon corps est englouti par ce point liquide. Mes mains, elles sont en dessous de la surface. Il fait nuit mais pourtant j’arrive à distinguer leurs formes dans cet élément vital pour l’homme. Pourtant, aussi essentiel soit-il, sous cette forme là il n’est rien d’autre à mes yeux que ma plus grande phobie. J’ai peur. Je me remémore cet instant dans ma jeunesse, ou j’ai failli me noyer, ou je suis passé sur le fil de rasoir de la faucheuse. Ce jour là j’aurais très bien pu mourir. A cause de ce lac, à cause de mon imprudence. A cause de l’eau.

C’est alors très vivement que je me redresse, tentant de retrouver une respiration correcte malgré tout, comme un poisson que l’on aurait fait sortir de l’eau trop longtemps et qui se réhabitue lentement à son habitat. Les gens présents à l’intérieur des bars doivent se demander ce que je fabrique, certains doivent même surement penser que j’ai trop bu et que je n’arrive plus à tenir debout. Mais il n’en est rien. Non je n’ai pas bu, malgré les apparences ce n’est pas ça du tout.

Avec un regain étrange d’énergie, je presse le pas pour raccourcir encore un peu plus la distance qui me sépare toujours de ma maison, mon îlot de sécurité. En tout état de cause, les pas deviennent des enjambées et je me retrouve à courir comme jamais –ou rarement- je l’avais fait jusque là.

Je bouscule sans le vouloir deux ou trois personnes qui rentraient chez elles sous cette pluie diluvienne. Pas le temps pour un « pardon » ou tout autre formule de politesse, je ne voulais plus de tout ça. Jamais. Je suis né avec du sang de maffiosi dans les veines oui et alors ? Je n’ai pas choisi tout ça ! Pourquoi je devrais obéir à l’instinct de meurtrier profondément ancré en moi ? Pourquoi pourquoi, Pourquoi ? La réponse est simple, on n’échappe pas à son destin. Je suis né mafieux, je mourrais mafieux. Ça, a partir du jour ou j’ai appris ce qu’étais réellement le monde souterrain de la Mafia, je crois que je l’avais immédiatement assimilé. Pourtant, il faut croire que ma stupidité n’as guère d’égal en ce bas monde, même moi je ne la surpasse pas sur ce coup là. Bêtement, je me suis vu espérer que pour cette fois ci j’y échapperais, que jamais ça ne se reproduirait. Je suis bien naïf et crédule. Beaucoup trop.

J’arrive devant chez moi, trempé jusqu’aux os. Je peine a insérer la clef dans la serrure de la grande porte d’entrée. Tous mouvements semblent être une épreuve supplémentaire qu’on m’inflige. Mais, n’en ai-je pas déjà assez subit comme ça ? Il faut croire que non. J’ai de nouveaux des nausées qui envahissent ma gorge par des relan désagréables. J’entre chez moi, après cinq longues minutes qui me parurent être des heures. Lessivé, je suis épuisé par tout. J’ai l’impression que mes poumons me brulent comme si j’avais couru un marathon professionnel. Quoi que, en y regardant bien ce n’était peut-être pas si faux que ça. Certes le contexte n’était pas le même, mais oui j’avais gravi les mètres comme un force né, sans m’arrêter une seule fois ou m’enquérir des limites maximum de mon corps. Heureusement que je suis bon coureur sinon j’aurais surement été obligé de me stopper pendant un moment pour reprendre du souffle.

Je laisse minablement tombé mon manteau et mon chapeau sur le sol, dans un claquement sonore et humide, notant bien que je viens de l’extérieur. Idem pour mes chaussures que je laisse dans l’entrée avant de me diriger vers le salon et le grand escalier, soit deux mètres plus loin. Il ne semble y avoir personne chez moi, tant mieux, je ne suis pas en état de prononcé une quelconque parole. Je ne veux plus ressentir cette impression désagréable de souillure sur ma peau, je veux m’ôter de la tête le souvenir de ma main pleine de sang, ainsi que celui du visage de Livia, affubler sur même masquer rouge que moi, il y a huit ans maintenant. Je veux prendre une douche. J’ai froid. Oui, maintenant que je m’en rends compte, j’ai l’impression d’être gelé en totalité. Vite, la salle de bain.

Arrivé à la pièce de ma convoitise, de la même façon que dans l’entrée, je me déleste de tout les habits à même le sol sans prendre soin de les plier ou quoi que ce soit d’autre. Après tout, ils étaient trempés et de toute manière, ils n’étaient pas ma priorité. Je voulais juste me réchauffer et oublier. Sentir l’odeur du savon plutôt que la fragrance du sang sur mes doigts. Pourtant, malgré que j’ai passé une couche épaisse de produit mousseux sur moi et malgré que j’ai laissé couler l’eau chaude presque bouillante tout du long de ma douche, non seulement l’odeur ferreuse ne voulait pas me quitter, mais en plus j’avais toujours aussi froid, sinon plus. A ce stade là, mon squelette lui-même était devenu la proie des frissons.

Je sors de la salle de bain, trempé. Il n’y a pas de réel changement entre mon arrivée sous la pluie et ma sortie de la douche. Je suis toujours recouvert d’une pellicule d’eau qui descend en fines gouttelettes le long de ma musculature saillante. Mes yeux sont toujours vides et mon teint n’as pas repris de couleur flagrante. On voit bien que je vais mal. Vêtu d’un simple peignoir dans les tons abricot, j’erre comme groggy dans le couloir menant à ma chambre. Il me parait bien plus long qu’habituellement. Mais c’est surement moi qui fais erreur, comme d’habitude.

Le destin vient alors contrarier l’une de mes pensées premières avec une carte de sa concoction. Alors que je ne suis plus qu’a quelques mètres de la porte de ma chambre, celle qui m’est la plus proche pour s’ouvrir sur une personne qui m’est très familière, mon père. Ses cheveux blonds ne sont pas attachés, je crois qu’en rentrant je l’ai réveillé. Il me regarde de la tête aux pieds, se posant sans doute des questions. Mais à peine as t-il croiser mon regard qu’il semble déjà plus en mesure de décrypter mon expression. Son regard se durcit un peu mais ce n’est pas à mon encontre, c’est simplement de l’inquiétude très prononcée, voilà tout.

Il regarde par delà la rampe de l’escalier et voit quelques unes de mes affaires à même le sol. Se penchant vers la salle de bain, il constate que la aussi c’est la même chose. Je vais me faire engueulé je crois. J’allais tout de même essayer d’argumenter, de m’excuser ou qu’en sais-je encore, mais je fus interrompu avant même d’avoir pu commencer réellement la construction d’une vraie phrase.
    « Papa je…
    -Pas d’importance, je vais ranger.
    - Hein ?
    -File te coucher maintenant, je m’occupe du reste ne t’inquiète pas. »
Il me semble qu’il à compris et qu’il s’est montré très compréhensif. Je le remercierais lorsque je serais en état de faire quelque chose de correct de mon langage.
J’obéis sans discuter par la suite, allant dans ma chambre et me suis vêtu d’un simple short uni et blanc. C’est déjà plus confortable et moins lourd d’un peignoir un peu rêche sur ma peau. Peut-être n’étais-ce qu’une impression dû à la culpabilité ? Sans doute oui. Encore un mystère à élucider plus tard, quand j’aurais le temps, si j’y repense. Alors que je m’apprête à aller rejoindre mon lit et ses bras de couette sécurisant, un éclair fends le ciel et éclair donc l’intégralité de la pièce pendant un instant. Lumière. Il y en a trop. Je n’en veux pas. Je n’en veux plus. Isolement, c’est ce que je veux. Et la lumière ne fait pas exception à ma volonté.

Je bifurque alors vers ma fenêtre que j’ouvre, faisant entrer de l’air froid et humide dans ma chambre le temps de clore mes volets de façon hermétique. Problème, j’ai du trop forcé puisque l’un desdits volets tombe de ses attaches, probablement dans le jardin. Et merde, moi et ma douceur légendaire quand je ne fais pas gaffe. Putain… bon ben il ne me restait plus qu’a utilisé les rideaux maintenant. Repliant donc le seul volet qu’il me restait, je referme soigneusement ma fenêtre et la couvre des épais rideaux sombres qui en tant normal, ornent seulement ses côtés.

Puis, satisfait, je suis parti me coucher. Et j’ai étonnement vite et bien trouvé le sommeil. J’étais bien, j’avais l’impression de tout oublié. Que tout ça en fin de compte n’était issu que de mon imagination et que jamais je n’avais mis les pieds dans ce gymnase.

Et le rêve, comme tout à chacun, ne dura pas à mon plus grand malheur. Une personne est venue s’installer prés de moi, sur le rebord de mon lit et passait à présent sa main sur moi, par-dessus ma couette, comme pour me rassurer. Avais-je dormi longtemps ? Quelle heure était-il ? Je ne le savais même pas, complètement perdu dans l’immensité du temps qui paraissait joué à l’accordéon avec moi et mes notions. Finalement, je parviens à identifier le propriétaire de ces gestes. Encore une fois, mon père. Il me dit d’une voix calme :
    « Appollo… ça fait deux jours que tu n’es pas sorti, tu ne veux pas parler de ce qui c’est passé ? »
Quarante huit heures que j’avais dormi ?! Ça me paraissait énorme, pourtant je voyais mal mon paternel mentir là-dessus. On sentait l’inquiétude dans sa voix, je ne doutais donc pas de ses paroles. Étrange, je n’avais pourtant pas l’impression d’avoir récupérer ne serais-ce qu’un petit peu, mes yeux étaient lourds et mon corps fatigué. Toujours. J’ai sommeil. Encore. Et c’est avec une voix lasse que j’ai répondu :
    « Laisse moi, s’il te plait. »
Non, je ne voulais pas en parler, je ne voulais plus en parler ! Etait-ce donc si difficile à comprendre ?! Rah, c’est tout de même incroyable tout ça, il sait bien que je ne suis pas du genre à mon confier, surtout pour une chose d’une importance pareille. Qu’il me laisse en paix, peut-être que quand le courage et l’envie m’en diront, j’irais leur confesser mon crime. Pas avant. C’était exclu, hors de question. Un laisse un silence plan quelques instant puis repars en disant une ultime phrase :
    « Tu sais que nous sommes là si tu le souhaite. »
Bien sur que je suis au courant, ce sont mes parents. Et la Mafia n’étant pas du domaine de l’inconnu pour eux, je savais aussi qu’ils ne me verraient pas comme un monstre.

Néanmoins, quand bien même je sais tout ça, c’est au dessus de mes forces que de tout expliquer à quelqu’un d’autre que moi, d’user de ma voix pour mettre des mots sur les images qui me reviennent en tête maintenant, à mon grand dam. La porte de ma chambre se ferme et j’entends deux voix à l’extérieur, discutées. Sans doute Mama qui vient prendre de mes nouvelles par l’intermédiaire de son mari. Mais très vite leur conversation s’étiole et se perds dans le silence. Les derniers sons que j’entends, ce sont les pas de mon père dans l’escalier, s’apprêtant surement à aller travailler. Enfin, travailler est un bien grand mot, disons plutôt qu’il va se rendre au Castillo WRATH pour se voir assigner une mission plus ou moins longue selon le degré d’importance et de difficulté.

Mes pupilles noisettes, je les emprisonne se nouveaux derrière mes paupières et me pelotonne de nouveau sur moi-même, dans l’espoir de me rendormir. J’étais si bien sans ce foutu souvenir qui refait surface. Mes mâchoires ses crispent jusqu'à ce que Morphée, dans sa grande miséricorde, daigne à me ravaler dans ses filets somnolents. Le bien-être s’empare encore de mon corps, je me sens ….léger.

Boum.Boum.Boum.

Mais ça aussi ça ne dure pas. Les battements de mon cœur s’agitent dans mon thorax. Et je leur trouve une drôle de ressemblance avec les détonations que j’ai produit il y a peu de temps. Ca me fait sursauter. Je me réveille alors, péniblement. Je suis engourdi. Et alors que j’allais essayer de forcer le passage du repos, j’entends la voix de ma mère qui me hurle :
    « Appollo ! Tu as de la visite! Je la fais monter ! »
J’ai juste cru à une blague de mauvais goût. Impossible qu’on vienne me rendre visite comme ça par pulsion. D’ailleurs je voyais mal qui aurait été capable de venir jusqu’ici car peu de gens on mon adresse. Je me suis même dit que c’était une nouvelle façon pour ma mère de me dire qu’elle venait me voir. Je soupirais silencieusement alors que j’entendais la porte de ma chambre s’entrouvrir. Puis, une voix, plus familière que je l’aurais cru à mon sens, vint exploser le silence présent en maître dans la pièce.
    « On t’a déjà dit que ta chambre est immonde, Polochon ? Et puis c’est quoi cette obscurité ! Ne sais-tu donc pas que l’effet vampire, ça n’est plus du tout attirant ? »
Livia ? Non, impossible. Voilà que j’hallucine maintenant, de mieux en mieux tout ça. No contente de culpabiliser, j’essaie de trancher cet abcès gonfler de tristesse et de honte en m’imaginant tout seul que cette fille soit là. Allons Appollo, réveille toi maintenant, c’est impossible. Aussi sur que deux et deux font quatre, Livia ne peut pas se trouver ici. Déjà parce qu’elle n’as pas ton adresse et en plus parce qu’elle te déteste surement depuis ce fameux soir !

Ah oui, je me souviens, son visage, couvert de sang. Affreux. Je me hais en y repensant, la pauvre elle doit être dans le meilleur des cas traumatisée à vie. Évidemment je ne fais jamais rien de bien, surtout en ce qui concerne la Mafia. Mais avec elle ça avait été le record du monde de la connerie hein, dés le départ j’avais gaffé roy-ale-ment. C’était peut-être pour ça qu’elle avait eu peur aussi, parce qu’a ses yeux je suis un monstre immonde qui pille la vie d’autrui et détruit tout ce qu’il touche avec des flammes étranges.
Et mon hallucination perdure. Je suis vraiment un grand malade.
    « Alors quoi ? Je suis venue te rendre visite et tu ne quittes pas ton lit ? Je dois brûler tes couvertures pour que tu daignes me parler ? »
Tch, quelle pâle imitation j’en ai faite là. C’est bien la preuve que je ne la connais pas du tout et qu’il aurait mieux valu que je disparaisse de sa vie au plus vite le premier soir ou nous nous sommes rencontrés. Même si je dois l’avouer, je crois que ce serait bien son genre de dire une phrase comme ça. Pourtant, je n’arrive pas à trouver un semblant de sincérité la dedans. Alors, je rêvais, c’était officiel, il n’y avait personne dans ma chambre, j’étais en train de fabuler. Si ça se trouve, même la voix de ma mère je l’avais imaginé. Oulà, si tel était le cas je me ferais vraiment peur. Tout de même, j’irais me faire soigner si cela s’avère être juste.
Mais je ne m’attendais pas à une chose, que j’allais perdre le contrôle de tout. Mon hallucination, ou du moins, ce que je prenais pour telle, n’allait pas réagir comme je l’avais pensé.
    « Je vois…Si tu me détestes tu aurais pu me dire de dégager tout de suite tu ne crois pas ? Le message aurait été bien plus clair et je t’aurais fichu la paix plus tôt ! Ne t'en fais pas, j'éviterais Rome à présent, tu ne me reverras plus. »
Hey…minute, là il y a un problème et de taille avec ça ! Pourquoi, alors que je culpabilise, je m’imaginerais ce genre de choses ? C’est insensé ! En temps normal, les fabulations des pauvres fous dans mon genres sont la pour les rassurés un tant soit peu. Or là, c’est l’effet inverse qui s’est produit. Pourquoi ? En définitive, ce serait la vraie Livia ? Je continue à penser dur comme fer que cela est impossible. Pourtant, titiller par ma curiosité, je me décide à soulever la couette juste un tout petit peu –pour ne pas risquer d’être déçu en lorgnant sur une pièce vide. Et ce que j’ai vu m’as cloué sur place. Si, c’était bien elle. Les mêmes cheveux noirs, la même démarche. Je n’avais pas rêvé. Elle est bien là. Je suis surpris.

Mais malgré mon incompréhension totale, voilà que j'envoi valser la couverture sur l’autre extrémité de mon lit et que j’en bondis comme si ma vie en dépendait. Peut-être était-ce le cas. Ou pas. Qui sait ? Même moi je ne le sais pas. Mais bref, séparant le peu d’espace qui nous éloignait l’un de l’autre, je lui saisis le poignet rapidement. Je ne voulais pas qu’elle parte. J’avais besoin de ne plus être seul. J’avais besoin d’elle. Même si je ne comprenais pas encore vraiment, c’était bien ça qui me manquait.
    « Attends, Livia…. Je suis désolé. Excuse-moi. »
Mais pourquoi je m’excusais ? Pour le meurtre ? Pour l’avoir ignoré sans le vouloir ? Pour tout à la fois ? Pour rien ? Une question en suspens. Je ne lui laissais pas le temps de se faire une place plus grande dans mon esprit pour continuer à parler en déblatérant des phrases à la con, qui ne servent pas à grand-chose mais qu’importe. Sur le moment, ça n’importait pas.
    « Tu as l’air d’aller bien.. c’est rassurant. Dis-je sans vraiment la regarder dans les yeux. Puis, je réalisais que je n’étais vêtu que d’un short, ce qui laissait apparemment ma musculature. Un tantinet gêné, je repris par la suite : Attends-moi dans le salon s’il te plait, je reviens. »
Oui je sais, je n’étais pas en état de lui donné des ordres mais bon je ne pouvais pas non plus lui parler dans une pareille tenue. Surtout qu’elle voudrait surement avoir le fin mot de l’histoire… pitié non, tout mais pas ça. J’y avais échappé une fois de justesse. Mais là… Ça semblait mal parti pour que j’arrive à esquiver. Je vais tout de même espérer, ça ne coute rien et ça n’as jamais tué personne ça… au moins.

Passant dans le couloir menant à la salle de bain, je jette un coup d’œil par-dessus la rambarde. Ma mère est là, sur le canapé, lisant un magasine. Son regard croise le mien et elle me fait un signe de tête positif en souriant avant de retourner à sa passionnante activité. Aurait-elle comprit aussi ? Ce signe ? Ça veut dire quoi ? Qu’elle… m’autorise à parler de la Mafia à Livia ? Pourtant, l’Omerta interdit de dévoiler trop d’informations, c’était passible de mise à mort ou pire… d’emprisonnement à Vendicare. Brrr, rien que d’y songer me fait me hérisser le poil. Je me frictionne vivement les bras en entrant dans la salle de bain. Bon, voyons voir, est-ce qu’il y a des vêtements à moi ici ?

J’ai de la chance, effectivement il y en a. Un ensemble veste, chemise et pantalon bleu et noir. Parfait, c’était tout ce qu’il me fallait. Après m’être passé un rapide coup d’eau sur le visage historie d’essayer de reprendre une mine potable et humainement vivante, j’enfile mes affaires rapidement pour ne pas trop faire attendre la demoiselle et ressors aussi vite que je le pouvais de la salle de bain. Allant au plus vite, je passe devant ma chambre pour finalement y rentrer en remarquant qu’il y avait de la lumière. Je n’avais même pas remarqué ça tiens, les rideaux étaient ouverts. Serait-ce du fait de Livia ? Hum, ça ne m’étonnerait même pas. Elle est gentille. Je souris. Un peu.

Un grand soleil à donc envahi la capitale, remplaçant les nuages pluvieux et séchant leurs infâmes flaques d’eaux. Rien qu’en regardant à l’extérieur par ma fenêtre tout en nouant une cravate autour de mon cou, je devine qu’il fait chaud. Le temps idéal pour déguster une glace. Tiens, et si j’invitais Livia à cette activité que j’adore depuis ma prime enfance ? Ça pourrait être un bon moyen de dialoguer autrement qu’avec des silences gênés et agacés. Je ne veux pas me fâché avec elle. Je crois que je l’aime bien, ou qu’a défauts, je commence à l’apprécier.

Descendant les escaliers, je lance le sourire le plus sincère –ou le plus débile – à son intention alors que du coin de l’œil, je constate que ma mère sourit toujours en lisant. Pourquoi sourit-elle ? Je ne sais pas. En tout cas, elle m’a peut-être autorisée à expliqué la Mafia à Livia mais ce n’est pas forcement pour autant que je le ferais. Ou alors je tacherais de rester très très très évasif car cela pourrait avoir de fâcheuses conséquences, aussi bien pour moi que pour elle. M’approchant d’elle, je lui dis :
    « Il fait beau aujourd’hui tu ne trouve pas ? Et si on allait manger une glace ? »
Enfin, advienne que pourra, je pense être prêt à paré les éventuels imprévus qui pourrait se présenter devant moi maintenant.

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