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 A little rest

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Mizeria K. Balogh
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MessageSujet: A little rest    Dim 13 Mai - 14:07

Don’t ask why it has to be you. Just stay with me
Mizeria déambulait dans les rues de Venise, un sac sous le bras. Une brise fit virevolter ses cheveux et elle en profita pour fermer les yeux quelques instants, savourant la fraicheur que le vent lui apportait. Jamais elle n’avait pris autant de plaisir à s’attarder sur les moindres détails de la vie. A vrai dire, elle avait vraiment cru plus d’une fois que sa vie allait s’arrêter dans ce maudit tableau. La Leone avait plus eu peur pour sa vie lors de cette horrible expérience que lorsqu’elle s’était pris une balle dans le vieil entrepôt d’Ox à Budapest.

Elle continua ses courses, ses pensées s’égarant à nouveau sur sa dernière expérience. Ça faisait désormais deux bons jours que Rai et elle avaient réussis à s’en sortir. Au premier abord elle avait cru que la galerie d’art serait bondée de monde mais il n’en était rien. Apparemment ils avaient vraiment passé des heures interminables dans le tableau, si bien que le vernissage était bouclé depuis longtemps. Ce n’était pas plus mal… Mizeria avait eu du mal à agir correctement à leur retour. Tout lui semblait dérisoire, comme irréel.

Elle monta quelques marches, débouchant sur une rue plus peuplée. Il lui manquait peu de choses vu l’heure. Juste de quoi faire à manger pour midi, elle s’était déjà chargée hier d’acheter quelques affaires. Elle accéléra le pas comme si quelqu’un était sur ses talons. Il n’en était rien. Mais elle avait l’impression que ses démons étaient toujours dans un coin à la guetter. Elle n’était plus rassurée. Avoir revu une ombre de son passé l’avait profondément ébranlée. Encore plus que tout ce piège n’était qu’une manœuvre pour l’avoir et la mettre à terre. La blonde craignait désormais de revoir d’autres personnes surgir, réclamant leur dû. Inconsciemment elle avait même peur qu’il s’agisse de son oncle, ou d’autres de ses amis. Malgré les balles avec lesquelles elle avait achevé le dernier.

Oui, elle avait été plus radicale avec leur dernier ennemi, ne lui offrant qu’une mort rapide. Ou presque. Elle ignorait encore ce qui lui avait pris de lui tirer une balle dans chaque membre. La vengeance ? Certainement. Mais une fois posée elle se rendait bien compte qu’il n’y avait rien de comparable. Elle avait voulu le faire souffrir autant qu’elle avait souffert dans sa vie. Mais c’était impossible, personne ne pouvait comprendre sa douleur. Elle fit la grimace en repensant au corps de son agresseur. Des flashs venaient encore la perturber par moments. Des brides aussi parfois… Elle pouvait encore décrire parfaitement la scène, la vivre comme si elle y était. Ce sentiment de soulagement quand elle avait réalisé qu’elle l’avait tué pour de bon. Ses hésitations quand elle demandait à Rai ce qu’il envisageait pour la suite, son avis. Son regard perdu dans le vague, sa peur du jugement de Rai. Puis la surprise du baiser. Le raz de marée qui avait fini de l’achever quand il avait prononcé ses trois fatidiques petits mots.

________________________________________

Elle avait de nouveau baissé les yeux. Sa peur d’être traitée de monstre était trop grande. Sa bouche continuait à parler, comme pour combler le vide et repousser l’éventualité d’un rejet. Elle n’osait même plus essayer de lire les sentiments de Rai dans ses yeux, elle était terrifiée. D’autant plus terrifiée par ce qu’elle avait elle-même fait, par le monstre qui semblait sommeiller en elle. C’est donc avec l’esprit complètement occupé qu’elle passa à côté de la main que Rai leva, elle ne fit pas attention au geste manqué. Tout comme elle ne vit pas arriver le baiser que le brun lui offrit. Sous la surprise elle sursauta légèrement, hésita un instant à se reculer par réflexe, puis bien vite se laissa faire. C’était incroyablement doux et réconfortant après toutes les horreurs qu’ils avaient vues. Et elle ne pouvait pas le nier, à chaque fois que c’était Rai qui l’embrassait, elle se sentait comme électrisée. Ses baisers avaient le don de lui faire clairement tourner la tête et de l’enivrer, la délivrant de ses craintes. Il se retira trop vite à son goût, elle avait envie de tout oublier sur ses lèvres, sans arrêt.

« Mizeria... Je t'aime... »


Son cœur s’était arrêté. Jamais elle n’avait pensé entendre de tels mots, surtout pas de la part de Rai, encore moins dans une telle situation, et à toute évidence, jamais de la part de n’importe qui. Elle resta plantée là, faisant surement une tête des plus comiques. Incapable désormais de sortir le moindre mot. Ses pensées fusaient. Elle avait envie de répondre, elle devait répondre. Ou pas ? Puis que devait-elle répondre. Partageait-elle ses sentiments ? Sans hésitations, oui, sinon comment pouvait-elle expliquer qu’elle plaçait sa vie avant la sienne ? Qu’elle était prête à se battre contre la terre entière pour le suivre ? Il n’y avait que l’amour pour expliquer ça. La manière dont elle s’était évertuée à se rapprocher de lui, à briser son masque, à lui porter secours à chaque fois… Oui elle se rendait compte, progressivement elle était tombée pour lui. Ça lui semblait clair comme de l’eau de roche, mais pourtant elle ne répondit rien. En avait-elle seulement le droit ? Elle ne savait plus qui elle était réellement, encore moins ce qu’elle pouvait ressentir vraiment au fond. Elle avait été capable d’une telle cruauté, elle-même ne s’en serait jamais cru capable. Alors comment, après ça, dire clairement à quelqu’un qu’on l’aime ? Ça lui semblait fou. Elle était pour l’instant que l’ombre d’elle-même. Et elle ne voulait pas le blesser. L’idée de le mener à sa perte par la suite lui effleura également l’esprit. Avait-elle le droit d’être à ses côtés ? Était-ce sain ? Tant de questions sans réponses. Alors plutôt que de répondre positivement ou négativement, elle resta silencieuse. Mizeria songea que le temps lui permettrait peut-être d’affiner sa réponse, et également, que la situation redescende en pression et soit moins folle… Elle laissa le brun s’installer sur ses genoux, ne le quittant pas des yeux. Il ne semblait pas chercher davantage de réponse… Elle priait simplement intérieurement qu’il n’était pas blessé, qu’il n’oubliait pas tout ce qu’elle avait pu lui dire ou lui promettre, encore moins ses propres baisers. Les preuves y étaient dissimulées…

Elle resta ainsi un long moment, songeuse, son regard perdu sur le visage du brun toujours aussi pâle… Il était peut-être le temps de rentrer. De laisser tout derrière eux…. Elle entremêla ses doigts à celui du brun et regarda le dispositif. Elle pria intérieurement que c’était la dernière fois qu’ils se retrouvaient ainsi bloqués et actionna l’engin. Tout se flouta assez vite, et en l’espace d’un instant ils étaient sur le carrelage glacé de la galerie.

Elle regarda autour d’eux, momentanément sur ses gardes… Mais il n’y avait personne, c’était le calme complet. Elle avait eu peur qu’ils ramènent les corps de leurs adversaires dans le processus mais il n’en était rien. Pour le coup c’était la bonne nouvelle de la journée… Elle ne se serait pas vu s’occuper des cadavres, elle n’en aurait pas eu la force ni le courage. Elle voulait désormais croire que tout ça n’était qu’un mauvais cauchemar. Elle prit doucement la tête du brun et la posa sur le carrelage. Il était temps d’aller se soigner.

Elle se leva et tituba dans la galerie. Désormais que toute la pression était redescendue, elle sentait bien sa jambe et aurait pu en hurler si elle ne s’en était pas mordue la lèvre si fort. Après cet effort qui lui parut surhumain, elle finit par trouver un téléphone et se laissa tomber assise à ses côtés. Elle n’allait pas pouvoir retourner auprès de Rai, mais au moins elle allait bientôt les mettre à l’abri. Elle composa un premier numéro, expliqua rapidement la situation, puis elle en appela un second… La suite lui parut relativement simple et rapide par rapport à avant. Elle resta quelques temps assise les yeux fermés, vers le téléphone, attendant patiemment les secours.


________________________________________

Elle parcouru les dernières rues plus doucement. Sa jambe la lançant encore par moments. Elle avait pris l’habitude à nouveau de gambader mais ce n’était pas ça. A vrai dire les secours qu’elle avait appelé étaient des particuliers. Elle avait dû mettre le prix mais ce n’était pas grave... Elle avait songé à appeler ses collègues, mais comment leur expliquer la présence d’un gardien Auditore ? Surtout que Rai n’était pas connu pour être un enfant de cœur…. Elle n’avait pas eu envie de se compliquer la tâche, alors elle avait fait au plus sûr. Elle avait veillé à ce que Rai soit complétement soigné en priorité. Pour son état, c’était secondaire. Elle avait surtout, et uniquement, demandé qu’on soigne sa jambe, mais le particulier et ami qu’elle avait appelé, avait déjà grandement usé de ses forces sur le jeune homme… Elle avait donc décrété qu’elle saurait se contenter du minimum. Elle pouvait désormais marcher à nouveau normalement, mais quelques douleurs subsistaient par moments. Il lui avait dit que c’était juste l’histoire de quelques jours voir petites semaines… De toute façon elle ne comptait pas se battre ou faire d’autres bêtises de sitôt. Elle avait eu sa dose…

Repensant encore à tout ce qu’ils avaient vécu, elle crut apercevoir au coin d’une rue quelqu’un l’épier. Elle en venait à halluciner... Elle pressa néanmoins le pas. Elle craignait vraiment d’avoir d’autres mauvaises surprises désormais. Sa gorge s’en serrait à l’idée, ou du moins elle ressentait encore la main de ce pervers sur sa gorge. Ça aussi elle avait dû faire avec, les blessures étaient encore là. Sa gorge était désormais parée d’une jolie marque violette, qui semblait partie pour guérir aussi assez lentement. Pour éviter les questions elle sortait désormais avec une écharpe autour du cou, cachant les dégâts. Mais comme souvent, elle avait l’impression que l’écharpe se resserrait d’elle-même, que les marques se mettaient à bruler, qu’on l’étranglait à nouveau. Elle accéléra encore, du moins autant que sa jambe lui permit et elle rentra dans l’immeuble. Machinalement elle commença à desserrer l’écharpe alors qu’elle montait plus tranquillement les marches. Son souffle s’était fait malgré tout plus court. Elle se maudissait de désormais paniquer de la sorte pour si peu.

Elle monta tranquillement les étages. Son second coup de fil avait été à une autre de ses connaissances, un deuxième particulier qui lui en devait plus d’une. Elle n’avait pas été folle, il leur fallait un endroit où récupérer. Pour ce coup-ci elle avait usé des dettes que sa connaissance avait envers elle. Elle s’était alors fait offrir le gîte gracieusement pour deux semaines. C’était plus que correct et ça lui permettait de rester sur Venise avec le brun, mais cachés.

Elle arriva enfin à leur appartement improvisé. Elle finit de desserrer complètement et d’enlever son écharpe et soupira, cherchant ses clefs. Sa tête était encore tellement sur les récents évènements, qu’elle n’était plus aussi vive qu’à son habitude. Une fois l’objet de ses recherches trouvé elle déverrouilla la porte et entra. Szerelem, son loup, vint l’accueillir. Elle le salua d’un bref signe de la main jusqu’à se rendre compte qu’il n’agissait pas comme d’habitude. Il se passait quelque chose, rien d’inquiétant vu qu’il ne s’excitait par réellement, mais du moins une chose qui sortait de l’ordinaire de ces deux derniers jours. Elle posa vite les courses dans la cuisine et se dirigea vers la chambre. Cela faisait deux jours que Rai dormait, elle ne s’inquiétait pas plus que ça. Elle savait qu’il avait besoin de repos, elle-même s’en accordait parfois à ses côtés quand elle arrivait à oublier ses démons quelques temps. Par précaution elle avait simplement laissé son loup dans l’appartement quand elle sortait acheter des habits, du nécessaire ou de quoi manger. Histoire aussi de ne pas effrayer Rai si jamais il venait à se réveiller, elle ne voulait pas qu’il croit qu’elle l’avait abandonné et avait filé.

Szerelem la doubla, lui confirmant son intuition. Ce qui changeait de d’habitude était dans la chambre, Rai devait donc être réveillé. Elle jeta un coup d’œil dans la chambre puis y entra définitivement.

« Hey… Réveillé la belle au bois dormant ? »

Un sourire ne put s’empêcher de naitre sur ses lèvres. Elle avala les derniers mètres la séparant du lit et s’y assit.

« Comment tu te sens ? »



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Rai Nagafuse
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MessageSujet: Re: A little rest    Dim 13 Mai - 15:35



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



Il flottait. Encore ? Était-ce encore là une folie nécrologique d'un Ox d'outre-tombe ? Était-ce un résidu posthume de sa volonté destructrice ? Cette perspective eut tout juste l'occasion d'effleurer l'esprit embrumé de Rai que ce dernier la chassa aussi sec, un sourire narquois et railleur sur les lèvres. Non. Ox était mort, comme bien d'autres... Il avait entraîné dans l'au-delà ses projets morbides, ceux-là même qu'il semblait destiner au couple naissant et balbutiant qui avait su déjouer ses intentions funestes et ses desseins sordides. Ox était mort, comme bien d'autres, et un sentiment de bien-être profond habitait le mafieux qui semblait exalter après sa faiblesse apparente et même assumée. Sa pâleur s'en était allée, elle aussi, remplacée par le teint certes clair de sa peau, mais néanmoins pourvu d'une pigmentation moins unie et moins laiteuse. Les bons traitements dont il avait pu jouir de la part de Mizeria avaient assurément permis à son corps de s'engager paisiblement sur la voie du rétablissement, et il s'y était complu, demeurant dans un sommeil des plus réparateurs près de deux jours durant. C'était là son rythme de vie naturel, dans le fond : il avait pour coutume tenace et indélébile de passer de surmenage en surmenage, de s'épuiser toujours davantage, jusqu'à l'effondrement, jusqu'à parfois frôler la mort. La fatigue le gagnait alors trop violemment, et il ne pouvait plus lui opposer quelconque résistance : il y cédait, donc, et ne s'éveillait plus pendant des dizaines d'heures, comme si c'était là une sentence imposée par son propre métabolisme pour veiller à son bien être et à sa santé. Une malédiction curieuse et pour le moins salvatrice, sans laquelle il aurait certainement commis quelques erreurs trop grossières pour être jamais effacées... Et sans laquelle il aurait, par conséquent, d'ores et déjà trouvé la mort à coup sûr. Mais à tout cela s'ajoutait une dimension rare, pour un homme de son calibre. Une dimension plus douce, plus sucrée, et infiniment plus tentatrice... Ses sentiments l'avaient ébranlé comme jamais, s'étaient faits entendre en lui avec une intensité désarçonnante. Et ce, à nouveau, à bien des égards...

Le noiraud avait écumé bien des marasmes émotionnels indubitablement troublants, ces derniers temps. Et tous puisaient racine en une seule et même personne... Mizeria. Il sentait déjà une impression d'allégresse poindre au sein de son cœur et germer comme un soleil éclatant, en songeant à elle. A son visage, bien sûr, gracieux et délectable. A ses courbes, fines et romanesques, évidemment, qui dansaient à ses yeux comme autant d'arabesques savamment ouvragées, plus trivialement. Mais surtout à la chaleur qui émanait de ses yeux, qui l'irradiait tout entier, le transperçant d'une clémence qu'il n'aurait jamais su mériter... Le Nagafuse était un autre homme, en sa présence, et la crise de rage qu'il avait ressenti en rouant de coups sauvages et bestiaux le malheureux qui avait tenté de la salir par ses paroles serviles en avait fait les frais. Que ressentait-il véritablement à son attention, sinon un amour fort, puissant, inconditionnel ? Si le manipulateur né n'avait jamais été parachuté dans de tels retranchements, s'il n'avait jamais songé seulement à l'intensité de ce qu'il pouvait ressentir face à une si mirifique créature, et s'il était par conséquent relativement hébété et incertain, il savait que le potentiel indicible et indescriptible de ce qu'il vouait à sa belle ne pouvait porter que le doux sobriquet d'amour. Il avait su s'y refuser, de longues semaines durant... Mais comment diable aurait-il pu persévérer de la sorte ? Elle avait déjà su abattre les carapaces précaires qu'il s'était confectionné, et qui avaient toujours su remplir leur office en effrayant les curieux... Et, par-delà ces murailles qu'il songeait inexpugnable, elle lui avait tendu une main miraculeuse, octroyant à son être vaniteux et souillé des vertus auxquelles il ne souhaitait plus vraiment prétendre. Aurait-il été exagéré d'assumer qu'elle lui avait rendu son humanité ? Nullement, du point de vue de l'Auditore...


Lorsque ses paupières s'ouvrirent enfin et lorsque de sa gorge sèche s'extirpa non sans difficultés un râle encore ensommeillé, le jeune criminel tâcha de distinguer l'environnement qui l'englobait et qui lui était parfaitement inconnu. Son regard décrivit bientôt une pièce sommaire, mais néanmoins étonnamment confortable. Une chambre... Et un lit, sur lequel il était actuellement installé. Si la tentation de s'étirer fut forte, voire irrépressible, le noiraud tint bon, ne se souvenant que trop bien de la balle qui était venue se ficher dans son épaule et qui, en tout logique, si elle ne devait pas y être demeurée, avait néanmoins dû lui laisser des séquelles. Etant encore embrumé, il avait la chance titanesque de ne pas se sentir ni incommodé, ni seulement entravé, pour l'heure. Rai tâcha donc de conserver cet état physique encore un court instant, demeurant quiètement emmitouflé dans l'amoncellement de couvertures qui l'avait recueilli. Un bâillement ostensible franchit ses lèvres tandis que ses souvenirs les plus récents s'enchaînaient et se succédaient, lui remémorant des spectacles bien peu glorieux, mais qu'il se jura de ne jamais oublier. Cette fois-ci, il avait pleinement conscience d'avoir vu Mizeria dans un état de fragilité et de détresse considérable. Comment aurait-il pu se sentir si elle avait seulement assisté à la mise-à-mort du troisième larron, qui l'avait enragé ? Sans parler de honte, il allait sans dire que le mafieux se serait senti profondément mal-à-l'aise... Et il imaginait sans peine, avec le peu d'empathie qu'il avait bien pu conserver depuis sa plus tendre enfance, que c'était également son cas.

Piteux, le gardien ne se rendit ni compte de la présence du loup à ses côtés, ni du départ de ce dernier, lorsque la porte de l'appartement s'ouvrit, annonçant l'arrivée pour le moins imminente de celle qui peuplait constamment son cœur et son esprit. En revanche, il perçut plus distinctement les bruits de pas de cette dernière. Il ne trouva néanmoins la force de bouger qu'une fois qu'elle eut poussé la cloison de la chambre, se dévoilant à sa vue et lui envoyant quelques mots ironiques auxquels il répondit momentanément par une seule moue irritée.
Parvint-il à lui en tenir rigueur ? Nullement. A contrario, il se redressa quelque peu tandis qu'elle s'approchait du lit, lui laissant tout loisir de s'y installer à son tour, ce qu'elle fit posément. S'il ne répondit guère à ses salutations, il ne put s'empêcher de songer aux derniers mots qu'il lui avait glissé avant de perdre connaissance. Cela vint ponctuer son faciès d'un carmin bien plus vif que toutes les couleurs que son faciès avait pu arborer depuis qu'elle s'était probablement mise à veiller sur lui et il détourna promptement le regard, tâchant de répondre à sa deuxième interrogation afin de s'éloigner de cette pensée qui le rongeait et le gênait vigoureusement.

-Je vais bien. Très bien. Grâce à toi...

C'était la moindre des choses que de le souligner, et pourtant, Rai sentit son estomac remuer furieusement à la suite de cet aveu pour le moins honnête. Il avait comme l'impression de renoncer à l'être qu'il avait bâti des années durant, et c'était là un travail fastidieux pour l'homme qui avait toujours été maître des émotions qu'il affichait et qu'il revendiquait. Avec lenteur, il passa une main distraite dans sa chevelure d'ébène, lui rendant un semblant d'ordre sans s'y acharner pour autant. Il avait grand besoin d'une douche digne de ce nom... Cependant, il décida de ne pas s'y rendre d'emblée. Il avait un certain nombre d'interrogations à adresser à Mizeria, même s'il lui vouait dorénavant une confiance absolue et sans borne. Chose étrange, pour un être généralement constamment sur le qui-vive...

-Où sommes-nous ? Qu'est-ce qu'il s'est passé après que j'ai perdu conscience ?

C'étaient à la fois les deux premières questions qui avaient su naître en son sein, mais aussi et surtout les plus indispensables. La pensée fugace des Auditore vint lui saisir le cœur un bref instant mais il tâcha de les oublier, imaginant que son absence avait dû passer inaperçu. Il n'était pas franchement célèbre pour être le gardien le plus fidèle et le plus dévoué : on lui reprochait souvent ses divagations et ses pérégrinations en solitaire, même si les Soleils lui laissaient toute latitude pour agir à sa convenance, ne se doutant pas un traître instant de ses ambitions les plus scélérates. Sans doute ses collègues prendraient-ils donc cette nouvelle absence pour une fantaisie de plus... Il semblait généralement inconséquent et léger, comme détaché totalement de tout sentiment d'obligation et de devoir. Chose pour le moins pratique pour camoufler ses actions perfides et félonnes...

-Et toi... Et toi, tu vas bien ?

Il ramena son regard, étonnamment sérieux, sur celui de la jeune femme pour l'y planter directement et frontalement. Ses sourcils se froncèrent dans un mouvement quasiment imperceptible, mais que Mizeria saurait éventuellement déceler. Il portait un semblant d'inquiétude, mais n'osait guère l'assumer au grand jour, comme si c'était là trop demander à sa maladresse apparente. Cela poussa à nouveau son cœur à faire montre d'un étrange paradoxe : il eut envie, l'espace d'un instant, qu'elle soit capable de se rendre compte de la crainte qu'elle lui inspirait... Mais il eut peur, également, que cela ne la pousse à se méprendre. Il ne la voyait pas comme une enfant, comme une créature dénuée de ressources, de courage et de force... C'était l'exact opposé. Comme lui, il savait qu'elle était du genre à mettre trop de poids sur ses maigres épaules... Et s'il pouvait, même provisoirement, prendre la charge d'une part desdits poids, alors il en serait à la fois ravi et honoré...
 

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Mizeria K. Balogh
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MessageSujet: Re: A little rest    Dim 13 Mai - 21:55

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Elle prit place aux côtés du brun, son regard se posant sur lui et ne s’en détachant pas. Elle le fixa longuement pour s’assurer qu’il allait bien. Ça avait l’air d’être le cas. Elle était impressionnée de se sentir déjà beaucoup plus légère à cette idée. Un léger sourire resta sur ses lèvres. La blonde se mit simplement à le regarder étrangement quand il commença à rougir. Elle ignorait ce qui lui prenait… Mais c’était étonnant de sa part. Elle avait l’impression qu’il était plus à l’aise avec elle et ça lui faisait extrêmement plaisir… Si le temps n’était pas à prendre des nouvelles, elle l’aurait avec plaisir taquiné sur cette légère prise de couleurs mais elle n’en fit rien. Il avait l’air de vouloir oublier ce qui le gênait d’ailleurs, alors elle allait lui accorder un peu de paix. L’entendre confirmer qu’il allait bien l’allégea encore plus, elle ne put retenir un soupir de satisfaction. Cela faisait deux jours qu’elle veillait sur lui, et plus d’une fois elle avait douté qu’il se réveille vraiment en se sentant bien, même s’il n’y avait rien pour que ça ne soit pas le cas… C’était ainsi, elle n’avait pas réussi à ne pas s’inquiéter pour lui. Elle lui décocha donc un sourire franc, contente qu’il se sente mieux.

Elle ne le pressa pas d’autres questions ni d’explications, elle tenait à ce qu’il se réveille tranquillement. Il avait l’air d’émerger à peine… Tout comme Szerelem qu’elle surveilla rapidement du coin de l’œil. Ce dernier venait de sauter sur un coin du lit pour se coucher. Un léger bâillement de sa part et il se rendormit… Elle eut un léger soupir, cette bestiole était fatiguée d’un rien, mais elle se doutait que même lui avait veillé au grain sur le brun en son absence. Les questions de Rai ne tardèrent pas. Bien évidemment il s’agissait de questions classiques.

« Une de mes connaissances nous prête gracieusement cet appartement alors ne t’inquiètes pas… Ici on est à l’abri et en paix surtout. Tu peux faire comme chez toi. »

Elle posa sa tête sur sa main, lui souriant toujours et restant à l’affut du moindre signe de douleur ou de faiblesse de sa part. Le savoir réveillé lui faisait un bien fou aussi, elle ne s’était pas réellement sentie seule durant ces derniers jours… Cependant pouvoir échanger avec lui, lui réchauffait le cœur plus qu’elle ne l’aurait jamais cru. Le brun semblait avoir un pouvoir bénéfique sur elle rien que par sa présence.

« Il ne s’est pas passé grand chose… J’ai activé le dispositif et nous sommes retournés dans la galerie qui était vide… Ensuite j’ai passé quelques appels et peu de temps après on était ici et soignés. Rien de bien fou pour le coup… »

Oui, tout paraissait dérisoire et terriblement facile par rapport à ce qu’ils avaient pu vivre. Que cela soit avec Ox ou dans ce tableau… Néanmoins ils semblaient toujours s’en sortir en piteux état mais victorieux. C’était le plus important.

Elle remarqua par la suite le léger froncement de sourcils du brun quand il lui demanda si elle allait bien. Elle le fixa quelques instants à nouveau avant de baisser les yeux avec un sourire indescriptible. Venait-il en réalité de s’inquiéter pour elle ? Elle n’en était pas sûre mais ça lui faisait plaisir en tout cas. Elle le sentait vraiment différent désormais, comme s’il apprenait doucement à se détendre en sa présence et à agir plus spontanément. Elle trouvait ça terriblement mignon mais se dit qu’exprimer ses pensées n’était pas une bonne idée. Elle préférait le voir se détendre de plus en plus, elle en était trop heureuse pour risquer que cela s’arrête là.
Néanmoins elle allait devoir répondre, ça n’y changeait rien. Son air s’assombrit un court instant. Est-ce qu’elle allait bien ? Selon elle, elle allait mieux. De là à dire bien… Il y avait une différence. Instinctivement elle voulut replacer l’écharpe autour de son cou. Ce fut un échec, l’étole était restée dans la cuisine, elle n’avait pas dû faire attention dans la hâte et l’avait posée avec les courses… Elle ne devait pas y penser. Si la marque lui brulait c’était uniquement psychologique. La jeune femme avait déjà du mal à se l’avouer, alors comment le lui dire ? Depuis deux jours elle évitait de croiser son reflet dans le miroir. D’un côté elle se répugnait par ce qu’elle avait fait, d’un autre elle se sentait terriblement coupable de tout. Le plus dérangeant était aussi cette maudite marque. Elle pouvait encore distinctement y voir l’empreinte de la main de ce monstre. Comme s’il ne comptait pas la quitter de sitôt et qu’il voulait la torturer encore. Son image réapparue d’ailleurs dans son esprit et elle le chassa en regardant le brun à nouveau. Aller bien c’était encore quelque chose d’abstrait mais elle le voulait. Il ne manquait plus qu’à y arriver… Cependant elle ne voulait pas l’inquiéter, c’était son problème si elle paniquait désormais d’un rien et se sentait hantée par de vieux démons.

« Oui je vais bien. Ne t’en fais pas… »


Un léger silence s’installa, elle ignorait si elle avait été réellement convaincante. Elle tenta de tenir le regard de Rai mais n’y parvint pas. Ses yeux se baissèrent à nouveau, la culpabilité la rongeant à nouveau. Non elle n’allait pas bien c’était un fait, mais elle se sentait également mal que le jeune homme se soit retrouvé dans un tel état par sa faute. Il avait subi une vengeance qui lui était destinée. Le but était, si elle se rappelait assez bien des paroles échangées, de la blesser en s’en prenant à lui… Et elle ne pouvait nier que c’était réussi. Elle se sentait terriblement honteuse. La blondinette n’arrivait pas à mettre de phrase exacte sur ce qu’elle ressentait, encore moins sur ce qu’elle devait dire. Il était clair qu’elle lui devait des excuses… Ce qui l’inquiétait plus, c’était qu’elle lui devait certainement des explications par la suite. Ça ne la dérangeait pas vraiment de lui raconter son histoire, mais si jamais il venait à partir en courant ? Elle en doutait certes… Mais c’était une plaie encore trop grande pour elle, pour qu’elle n’ait aucunes craintes.

« Je suis désolée. »

Les mots étaient finalement sortis tout seul. Ses yeux remontèrent le long du torse du noiraud puis s’arrêtèrent à nouveau sur son visage.

« J’ignore ce que tu as entendu exactement là-bas… Ou compris… Mais pour que cela soit clair… Tu as fait les frais d’une vengeance qui m’était adressée… Je suis désolée tu aurais pas dû te retrouver mêlé à tout ça… C’est moi qui aurait dû subir tout ça toute seule »

Elle ignorait effectivement ce qu’il avait pu entendre ou tirer des brides d’informations qu’ils avaient échangées. Elle avait envie de tout lui raconter mais l’heure était au repos. Il venait de se réveiller, il n’avait pas besoin d’être assommé par de terribles événements. Affronter ses propres démons depuis ces derniers jours était déjà bien suffisant, elle n’avait pas envie d’ouvrir la porte à nouveau et de les lui montrer, elle ne voulait pas mettre ce poids sur ses épaules. Surtout, elle n’était pas sûre d’arriver à tenir le coup. Néanmoins elle avait l’impression que l’ambiance s’assombrissait de plus en plus, comme si elle teintait l’atmosphère de ses pensées. Il fallait qu’elle rebondisse, qu’elle change de sujet, qu’elle restitue cet instant de retrouvailles, de repos, de plénitude.

« Enfin oublions ça hm ? Je… Je te raconterai. Bref. »

Elle ignorait quand. A vrai dire elle priait presque qu’il lui demande, elle n’avait pas envie de tout déballer sans crier gare. Ça lui faisait peur, sauf que d’un côté elle caressait également le rêve que si elle venait à lui en apprendre plus sur elle, il en ferait de même. Et qui sait, allait-il ainsi lui révéler pourquoi il en voulait tant aux Van Sideris ?

« J’ai fait quelques courses, tu veux manger quelque chose ? Tu as faim ? Je peux commencer à préparer ça pendant que tu te lèves tranquillement. Sauf si tu as besoin d'aide pour quoi que ce soit... Enfin tu es sûr que tu te sens bien ? »

Comme à son habitude quand elle commençait à être trop stressée, elle se mit à parler trop vite, à enchainer les questions. Elle alla même jusqu’à accompagner ses paroles de quelques gestes. Elle tapa légèrement ses deux mains sur ses cuisses comme pour se secouer, puis elle se leva brusquement, oubliant sa jambe. Le mouvement lui arracha une grimace, elle allait vraiment devoir apprendre que tout n’était pas encore possible même si elle allait mieux. Elle serra un instant les dents, le temps que la douleur, ainsi que les sueurs froides liées à cette dernière, s’estompent. Elle n’était pas raisonnable de nature, ce n’était que quand elle était confrontée à un échec qu’elle se rendait compte qu’elle était impuissante. Pour le cas de sa jambe, rien ne l’avait encore réellement marquée pour qu’elle puisse enfin se dire de faire attention à chaque instant… Pour elle tout allait bien. Il le fallait.




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MessageSujet: Re: A little rest    Lun 14 Mai - 9:45



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



Ses sens embrumés retrouvaient à nouveau progressivement leur aplomb et leur expertise coutumiers, non sans au passage réveiller petit-à-petit et inexorablement le moindre de ses muscles. Ceux-ci, entre une fatigue débilitante et les efforts cataclysmiques qu'il avait produit avant de sombrer momentanément, se trouvaient encore être puissamment engourdis et il préféra par conséquent prolonger quelque peu son séjour au sein de ce lit, où il semblait nicher si confortablement. Même assis, le noiraud avait l'impression de n'avoir jamais autant apprécié ce luxe pour le moins modéré... Et cela lui permettait, précisément, de se consacrer pleinement à la discussion à laquelle ils se livraient, lui et la jeune femme qui lui avait été miraculeusement salvatrice, plus d'une fois.
Ses interrogations multiples trouvèrent bientôt des réponses lorsqu'il les eut soumises : Mizeria tâcha de le rassurer et de le soulager comme elle le pouvait, l'informant promptement quoique vaguement quant à l'identité du bougre qui semblait avoir placé à leur disposition cet appartement tranquille. A cet instant précis, il eut déjà le cœur plus léger. S'il savait pertinemment que jamais la Leone ne l'aurait vendu, sa paranoïa, dont il s'était imprégné des années durant, n'avait pu qu'éveiller ce soupçon insidieux et pernicieux. Désormais délesté de cette angoisse, même si les dires de la demoiselle, en eux-mêmes, ne prouvaient finalement pas grand chose, le ténébreux mafieux s'appesantit sur le reste des circonstances dans lesquelles la Balogh avait pu le tirer de ce faux pas fâcheux. S'ils avaient eu la chance de pouvoir jouir de la quiétude du musée après y être retourné, alors c'était à nouveau chose réconfortante... Ne restait dorénavant plus qu'une question du noiraud qui attendait encore une réponse. Et c'était sans nul doute celle à laquelle il apportait une attention toute particulière...

Il tâcha de tout déceler, et de tout décortiquer, du moindre des mots qui franchissait les lèvres de la belle Leone à ses faits et gestes les plus discrets et les plus infimes, qui trahissaient bien souvent les pensées les plus intimes. Rai parvint donc sans la moindre difficulté à déceler ses mouvements avortés qui semblaient viser son cou, lequel avait été en proie à la barbarie monstrueuse du type qu'elle avait mis à mort, ou encore son regard qui s'affaissa après qu'elle eut maintenue que tout allait pour le mieux. Le silence qui s'en suivit ne fit qu'amplifier le pressentiment de l'Auditore, sans que ce dernier ne sache véritablement comment agir. Il avait beau demeurer au fait du mensonge, il ne savait guère comment l'accueillir ou comment lutter contre ce dernier... Devait-il seulement le faire ? Difficile à dire. Dans l'absolu, il n'était pas convaincu d'avoir le droit d'agir de la sorte. Si elle décidait de lui cacher un pan de la vérité, de son état physique, c'était indéniablement qu'elle ne voulait pas lui révéler l'entière réalité. L'obscur criminel pouvait-il se targuer d'être assez proche d'elle pour se montrer impérieux et curieux à outrance ? Non... A grands regrets, et à contre-cœur, sans nul doute, il se contenta donc d'abaisser le regard à son tour, demeurant muet, immobile et impuissant. Le temps, sans doute, finirait par panser les blessures béantes dont Mizeria avait manifestement à souffrir, rouverte brutalement par cette apparition fantomatique qu'elle avait dû exécuter de ses propres mains. Et comme le Nagafuse n'avait pas la moindre emprise sur ce temps, comme il ignorait quasiment tout de ce qui avait pu tirailler la demoiselle pendant son repos bienvenu, la posture la plus saine qu'il pouvait aborder, de son côté, était encore celle du silence et du respect.

Puis vinrent des excuses auxquelles il n'aurait su s'attendre. Surpris et désarçonné, dans un premier temps, il arqua un sourcil interrogatif en remontant ses yeux sur le visage de la Leone tandis qu'elle réalisait le même cheminement, permettant ainsi leurs pupilles de se croiser et de se détailler longuement. Les maigres informations qui lui furent apportées permirent au gardien de savoir où son interlocutrice voulait en venir. Elle s'inquiétait encore de l'avoir indirectement mis en péril ? S'il eut l'ambition d'y répondre avec légèreté, il fit à nouveau montre de contenance et de respect en conservant son mutisme, le temps qu'elle daigne finir de lui apporter lesdites précisions. Toutefois, lorsque ce fut chose faite, le mafieux n'eut pas le courage de surenchérir avec désinvolture : le sujet lui semblait à la fois trop grave... Et trop frustrant. Il ne comprenait pas où l'égoïsme paradoxalement désintéressé de Mizeria pouvait bien mener. Elle disait préférer encore l'idée de souffrir seule, plutôt que de l'englober malencontreusement... C'était assurément noble de sa part. Mais n'étaient-ce pas sa présence qui leur avait permis de renforcer puissamment les liens qui les unissaient déjà ? Tout s'était achevé, désormais. Cet événement, certes sordide et pénible à souhait, n'était ni plus ni moins qu'un reflet de leur naguère qu'ils oublieraient, tôt ou tard, ou qu'ils ne feraient plutôt que ressasser ponctuellement lorsqu'ils tâcheraient de se remémorer les balbutiements de leur relation fantasque et saugrenue. Toutefois, comme ces excuses semblaient lui tenir à cœur, dans l'absolu, le noiraud prit une nouvelle fois son mal en patience et tâcha de ne pas lui répondre précipitamment, songeant que cela ne pouvait que leur jouer des tours. S'il l'imaginait patiente, a fortiori dans un cadre tel que celui au sein duquel ils évoluaient actuellement, l'Auditore n'avait guère envie de courroucer la jeune femme en lui manquant maladroitement de respect, ou en bafouant sa gentillesse manifeste. Il ne voulait surtout pas la froisser...

Pourtant, lorsqu'elle prit le parti d'entraîner la discussion sur un terrain plus guilleret et plus anodin, Rai comprit qu'il ne pouvait pas décemment ignorer tout ce qu'elle venait de lui projeter au visage sans y répondre d'aucune sorte. Cela aurait été jouer un rôle auquel il ne voulait plus se soumettre... Cela aurait été porter un masque hypocrite et obséquieux, lors même qu'il cultivait désormais l'ambition d'être sincère avec la seule et unique personne de son entourage à l'avoir si aisément percé à jour. S'il ouvrit la bouche pour répondre promptement et tâcher de ramener le dialogue sur des sujets plus lourd, dans lesquels Mizeria ne semblait certes pas vouloir s'engluer, mais qui demeuraient trop présents et trop indigestes pour qu'il ne puisse les ignorer, le jeune homme se tut finalement en constatant l'empressement de son homologue mafieuse, qui semblait retranscrire honnêtement et limpidement son état d'angoisse mal-à-l'aise. Un léger sourire vint fleurir sur les traits de l'Auditore, les garnissant exceptionnellement d'une espèce de sympathie attendrie plutôt que d'un mépris ironique et mordant. Finalement, il tâcha d'en revenir aux sujets qu'elle avait délibérément et prématurément enterré, mais de manière superficielle et épidermique, de sorte qu'elle ne se sente ni contrainte d'y répondre, ni de le commenter d'aucune sorte.

-Je suis mauvais discoureur, Mizeria. Mais je suis bon menteur...

Elle n'allait pas bien, et il le savait pertinemment. En l'annonçant de la sorte, aussi énigmatiquement, il souhaitait qu'elle s'en rende compte et qu'elle sache, instinctivement a minima, qu'il se tenait là pour qu'elle puisse prendre appui sur lui comme il avait d'ores et déjà littéralement pu s'appuyer sur elle, lorsque son corps lui faisait défaut. C'était là la moindre des choses... S'il éleva une main pataude et gauche et direction du visage de Mizeria dans la foulée de cet aveu, Rai sembla capituler avant qu'il ne parcoure sa joue d'une caresse suave, comme s'il regrettait de se montrer si proche et si familier avec cette jeune femme dont il ignorait encore beaucoup. Il prit plutôt le parti de se focaliser sur le dernier flot de paroles dont elle l'avait inondé, affichant une mine apaisée et réjouie de se trouver cible d'autant de petites attentions.

-J'ai faim, oui, mais ne t'embête pas. Je vais déjà aller prendre une douche, je pense... Et oui. Crois-moi. Tout va pour le mieux.

Il trouvait plutôt touchant qu'elle en vienne à se préoccuper autant de lui et de son bien-être. C'était chose inédite et exceptionnelle, de son point de vue... Et flatteuse, également. Il n'était pas certain d'avoir fait quoi que ce fut pour mériter tant et tant de sollicitudes, ainsi que d'efforts déployés. Mais l'idée de faire la fine bouche, pourtant, et de la harceler de questions et d'interrogations incessantes ne lui effleura pas même l'esprit, pas un traître instant. Il allait se contenter de profiter de la proximité qu'elle acceptait de lui offrir, car c'était ce en quoi il puisait le plus de bonheur et de sérénité. Pour une fois qu'il arrivait à se sentir impavide, il n'avait pas l'ombre d'une raison de ne pas se prêter à ce jeu si plaisant et si innocent à la fois...
D'un geste trop ample, ayant momentanément oublié les blessures dont il avait encore à souffrir et qui ne s'étaient pas toutes refermées sagement, le noiraud chassa la couverture qui l'enroulait encore d'un revers de la main et éveilla ainsi la douleur lancinante qui lui avait foudroyé l'épaule durant de trop longues minutes, au sein du tableau. Il grimaça, bien malgré lui, et gémit même un court instant avant de secouer la tête afin de retrouver son sang froid et son impassibilité quotidiens, dans l'optique de ne pas angoisser davantage une Mizeria qui semblait déjà bien débordée par ses propres ennuis.

-C'est bon. Ne t'en fais pas. Ça passera. Et puis, j'ai connu pire...

Il entreprit ensuite de quitter sa couche, étonnamment disgracieux et peu assuré, retrouvant un équilibre pour le moins précaire sur ses deux jambes auquel il eut besoin de quelques secondes afin de retrouver une aisance contestable et relative. Ensuite, il étira machinalement son bras indemne, prenant le parti raisonnable d'épargner l'autre de mouvements secs et trop brusques, ne souhaitant guère précipiter son retour au sein des bras de Morphée. Une autre journée débutait, pour Rai... Et il l'espérait plus ataraxique que jamais.
 

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MessageSujet: Re: A little rest    Lun 14 Mai - 21:00

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Mizeria se stoppa net aux paroles du brun. Il avouait de lui-même être un bon menteur ? Elle n’en avait jamais douté. Cependant c’était le sens caché de ses paroles, qu’elle devinait sans mal, qui la mirent dans un état second. Il avait parfaitement compris qu’elle lui mentait, il avait vu clair dans son jeu rempli de maladresses et de honte. Elle resta un instant comme avec le souffle coupé, hésitant à s’excuser et à déballer tout ce qu’elle se refusait de lui dire. Sa respiration resta d’autant plus interrompue quand elle le vit lever la main. Ses yeux restèrent braqués sur sa forme, attendant le contact. Son cœur s’emballa presque comme si elle était impatiente d’avoir ne serait-ce qu’un tendre geste à son égard. Mais il n’en fut rien. Elle resta plantée là, à bout de souffle, et se rendit compte qu’elle n’avait pas encore le don surnaturel de vivre sans respirer. Péniblement elle prit à nouveau une gorgée d’air et ravala sa déception. Elle resta presque interdite face à ses sentiments refoulés. Qu’est ce qui lui prenait d’attendre autant et surtout de se retrouver déçue, telle une gamine à qui on aurait refusé un caprice. Presque honteuse, elle baissa les yeux, restant légèrement dans une sorte de stupeur mais trouvant le sol bien plus intéressant que d’affronter ses sentiments.

Elle l’écouta la rassurer mais elle était presque... Comme ailleurs. Sa tête enregistra cependant que l’Auditore avait faim. C’est presque bêtement qu’elle avait envie de courir à la cuisine mais elle se rendit compte qu’il n’avait pas fini de parler. Il fallait qu’elle se calme, qu’elle cesse d’écouter ce cœur trop avare d’attentions. Une nouvelles fois elle sortit de sa stupeur par Rai. Un gémissement avait su la tirer de ses pensées. Inquiète elle fit un pas dans sa direction comme prête à l’aider au moindre instant ou moment… Il balaya ses inquiétudes par des paroles rassurantes, ou du moins qui voulaient l’être. La blonde ne fit que froncer les sourcils. Connu pire ? Ça ne lui plaisait guère. Certes c’était typiquement quelque chose qu’elle aurait pu dire. Mais ça ne lui plaisait pas. Surtout pas sortant des délicieuses lèvres du brun. Si elle avait pu lui offrir une vie loin des blessures et des dangers elle la lui aurait volontiers offerte sur un plateau… Avec beaucoup de regrets, elle savait que c’était impossible. La culpabilité la rongea de nouveau, combien de fois avait-il été en piteux état à cause d’elle ces derniers temps ? Rien qu’avec leur escapade dans ce maudit tableau, Rai n’avait fait que collectionner les blessures et ce à chaque fois à cause d’elle.

Elle le regarda s’éloigner en direction de la salle de bain, restant toujours plantée sur place. Devait elle l’aider ? Quelque chose lui criait qu’il ne le souhaitait pas… Du moins qu’il préférait ne pas lui demander plus. Et elle devait l’avouer, il n’était plus un enfant et il semblait se débrouiller. A contre cœur elle rejeta donc l’idée de l’épauler à nouveau. Puis elle était trop occupée à se repasser en boucle les quelques mots qu’il avait prononcé. Il était bon menteur... Et elle était piètrement douée dans ce domaine. Que devait-elle faire ? Tout lui raconter, lui avouer les plus sombres recoins de son être ? Cette idée lui retourna l’estomac qu’elle en songea s’allonger un instant. Jamais elle n’avait réellement dévoilé son passé, et elle l’avait encore moins fait dans un tel état. Elle était faible et meurtrie, comme une bête blessée qui, par instinct de survie, choisirait de se terrer à l’abri des regards plutôt qu’implorer secours. Sauf qu’elle ne voulait pas finir quoi que ce soit ainsi. Rai s’était pourtant livré à elle, n’était-ce pas tout à fait naturel qu’elle ne fasse de même… ?

Toujours remuée de doutes et agrippant maladroitement son haut elle regarda la salle de bain. Elle ignorait la ligne de conduite qu’elle devait adopter. Prise d’une bouffé de chaleur elle enleva sa veste et soupira… A ce rythme elle allait finir par devenir folle, ou attraper une migraine dans un premier temps.

La Leone se tapota les joues et décida de se bouger un peu. Rien n’allait changer en restant plantée là… Rapidement elle avala la distance qui la séparait de la cuisine et entreprit de faire la cuisine. Oui, il était plus sage qu’elle s’occupe à quelque chose d’utile plutôt que de se torturer l’esprit. Elle sortit ses achats et lança bien vite une cuisson. La découpe de quelques légumes occupa son esprit déjà quelques minutes, elle jeta par la suite le tout dans une casserole et attendit. Le silence lui parut soudainement pesant, le bruit de la douche résonnait en fond mais elle avait l’impression que tout était trop calme. Son esprit semblait enclin à divaguer de plus belle. Elle chassa ses interrogations de nouveau, s’occupant de leur repas. C’était sans compter son esprit tortueux. Des images vinrent à nouveau sauter devant ses yeux. Elle avait beau vouloir éviter le sujet, elle se demandait, si d’aventure elle devait tout raconter à Rai, ce qu’elle allait bien pouvoir lui raconter. Des flashs de son passé finirent de l’achever. Des brides de souvenirs, ou plutôt de cauchemars, de son oncle décidèrent de surgir dans son esprit. Elle avait l’impression de revivre chaque coup ou atteinte qui lui revenaient en mémoire.

Perturbée, mais toujours tentant de maintenir un semblant de normalité, elle ne fit plus attention à ce qu’elle faisait. Elle renversa la casserole et son contenu, se brulant par la même occasion. Un gémissement de douleur s’échappa de ses lèvres et elle ramena sa main contre elle dans un réflexe de protection. Il était cependant trop tard. La vive douleur occupa ses pensées un instant seulement, elle eut presque un sentiment de délivrance. Mais il n’en était rien en réalité. Bien vite son esprit lui rappela qu’elle avait déjà vécu ça, elle avait même ressenti pire avec son oncle. Les flashs passèrent à nouveau devant ses yeux et elle eut un élan de panique. Elle n’allait pas pouvoir continuer ainsi. Son regard, perdu et fatigué parcouru la pièce avant de se poser sur le couloir. Elle devait lui dire, tout lui avouer. Tenter de se conforter qu’elle n’était pas un monstre, et que ceux de son passé n’arriveraient plus jamais à l’atteindre. Elle avait besoin de se rassurer, mais elle n’y arriverait jamais seule.

Sans réfléchir davantage ses pas la menèrent à la salle de bain. Elle n’hésita même pas quand elle ouvrit la porte, trop perturbée et perdue de manière générale. Elle réalisa seulement ce qu’elle faisait quand la vapeur chaude de la salle de bain vint caresser ses joues. La Leone s’arrêta alors dans ses pas. Qu’est-ce qu’elle fabriquait exactement ? Qu’attendait-elle ? Elle était vraiment entrain de péter les plombs, ça ne tournait plus rond chez elle. Prête à partir de nouveau, son regard rencontra la glace et elle fut prise d’une vague d’angoisse de nouveau. C’était toujours pareil dès qu’elle voyait cette maudite marque. Sans plus réfléchir elle ne recula plus. Elle entra définitivement dans la salle de bain, elle ouvrit sans peine la porte de la douche et enlaça le brun par derrière. Depuis quand devenait-elle terrorisée par la simple vue de son reflet ? Était-ce une accumulation ? Devenait-elle folle ? Tant de peurs sans réconfort, s’en était trop pour elle. Seul le Nagafuse semblait rester un point sûr, rassurant et immuable dans sa folie.

« C’était un associé de mon oncle. »

Elle n’avait pas la meilleure entrée en matière mais elle ignorait comment réellement aborder le sujet. A vrai dire, elle doutait qu’il y ait vraiment une bonne manière de l’aborder. Elle enlaça le brun un petit peu plus comme pour se donner un peu de courage. Elle continua, fermant les yeux comme pour se protéger d’un éventuel coup qui pouvait l’achever.

« Ils avaient un bordel ensemble… Enfin... Tout ce que tu peux imaginer d’illégal et de sale… Mon oncle. Hado. »

Elle sentit ses entrailles se soulever. Depuis combien de temps n’avait-elle pas prononcé son nom à voix haute ? Elle avait échangé avec l’autre brute des formalités sur son passé, certes, mais jamais elle n’avait sorti le nom de son oncle si simplement dans une conversation. Quatre lettres qui savaient encore la mettre à mal.

« Hado… Il était jaloux de mon père… Il a monté un plan pour « tout lui voler ». Il a décimé toute ma famille sauf moi et mon père. Il lui a tout mis sur le dos, l’envoyant en prison... Puis il est devenu mon tuteur. »

Sa voix se cassait déjà. L’eau lui faisait pourtant du bien. Elle avait l’impression qu’elle était salvatrice. Elle calmait sa récente brulure et semblait chasser au loin ses doutes et ses peurs. Elle lui permettait aussi de dissimuler ses larmes silencieuses.

« Il m’a tout fait... Et il voulait encore me faire pire quand on m’a secourue... Je suis partie en jurant de me venger. Entre temps mon père était sorti de prison... J’ignore ce qu’ils lui ont vraiment dit mais… Il… Il s’est suicidé et je suis arrivée trop tard. Mais j’ai réglé son compte à Hado… »

Un sanglot lui échappa cette fois ci. Son cœur semblait tellement lourd à l’évocation de son père. Ce qu’elle avait appris à la fin de leur mésaventure dans le tableau, n’avait cessé de la bouleverser. Elle n’en trouvait plus le sommeil à cause de ça en grande partie. Elle était trop préoccupée à formuler des hypothèses et s’en vouloir pour arriver à trouver la paix et le repos. Elle enfouit d’autant plus son visage entre les omoplates du brun. Il était le seul à lui rappeler que tout cela était bien réel, malheureusement d’un côté, mais pour son plus grand réconfort d’un autre. Grâce à lui elle ne perdait pas pied. Rien que de le savoir auprès d’elle suffisait à la rassurer, à lui permettre de s’accrocher, de rêver que ses cauchemars pouvaient prendre fin. Mizeria espérait simplement qu’il n’allait pas fuir face à la boule de problèmes et d’incertitudes qu’elle représentait. Jamais elle ne s’était sentie autant en détresse depuis la mort de sa famille. C’était la première fois qu’elle effleurait le rêve d’être réconfortée auprès de quelqu’un d’autre, de se confier, de se mettre à nu, d’être aimée pour tout ce qu’elle était. Ça lui faisait surement autant peur que tous ses démons, mais elle le savait au plus profond d’elle, elle en avait besoin. Ça devenait indispensable. Rai lui devenait vital.





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MessageSujet: Re: A little rest    Lun 14 Mai - 22:03



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



Ses pas l'avaient guidé jusqu'à la salle de bain, où il entreprit de se dévêtir prestement. Ce fut chose faite rapidement, compte tenu du peu de tissus qu'il revêtait actuellement : un pantalon, simple et ample, pour ne pas couvrir son corps emmitouflé dans les couvertures outre mesure. Il jeta tout juste un regard à son reflet, dans le miroir, puis s'engouffra sans la douche, non sans expirer bruyamment. Ses yeux s'égarèrent lentement sur les quelques bandages rescapés qui ceignaient encore son épaule, mais il ne se donna pas la peine de les défaire. Il se contenta plutôt de les ignorer, imaginant qu'un peu d'eau ne le tuerait guère, et qu'il aurait de toute manière tout loisir de changer lesdits bandages une fois extirpé hors de ce carcan de marbre. Rai ouvrit l'eau sans plus attendre puis, avec une lenteur exsangue, plaça sa main droite sur l'un des murs afin d'y prendre appui. Le visage incliné vers le sol, il laissa alors l'eau chaude et bienvenue dégringoler le long de son corps, chassant les impuretés accumulées durant son interminable torpeur et l'éveillant avec plus de verve que toutes les attentions de Mizeria cumulées. Là, il autorisa à nouveau ses pensées, fugaces et volatiles, à s'égarer et à papillonner gaiement, insouciamment. Avait-il seulement fait le bon choix ? Se livrer à la Leone n'était pas forcément sa décision la plus rationnelle... Et, avec le recul, il craignait de n'avoir cédé à la faiblesse, de n'avoir été qu'exposé à un moment d'impuissance qui l'avait précipité dans une folie égoïste à laquelle il s'était jusqu'alors catégoriquement refusé. Avait-il divagué, d'une certaine manière ? Ou avait-il été maître du moindre des mots formulé ? Cela, en revanche, il ne le savait déjà plus. Quand bien même il n'avait fait quasiment que dormir depuis cet instant, il lui semblait que les larmes qui s'étaient alors échappés de ses cils avaient embrumés son esprit en même temps que son regard, altérant puissamment la précision de ses souvenirs et les condamnant à une incertitude déprimante. Il allait sans dire que le jeune Nagafuse n'avait guère la coutume d'obéir à son cœur...

Mais malgré les regrets susceptibles de transparaître au sein de son dit cœur, il avait comme l'impression titanesque d'avoir bien agi. Il s'était délesté d'un poids qui, bien trop longtemps durant, avait pu l'accabler. Dans les faits, quand bien même il l'avait érigée en tant que complice de ses sombres et funestes desseins, rien ne l'obligeait à l'entraîner plus en avant au sein de ses épopées sinistres et périlleuses... Même s'il imaginait sans peine la tête qu'elle risquait de tirer si d'aventure elle avait vent de ses actions et qu'elle se rendait compte qu'il l'en avait tenue à l'écart sciemment... Le noiraud frissonna brièvement à cette pensée, puis laissa un nouveau soupir soulever et affaisser sa poitrine l'instant suivant. Il n'avait plus le droit de lui cacher quoi que ce fut. Il espérait simplement qu'elle aurait la bienveillance et la clémence d'accepter, parfois, de le laisser agir en cavalier solitaire. Il avait des habitudes fermement ancrées, après tout : il était un électron libre depuis belle lurette, et prendre l'habitude de compter sur autrui allait certainement lui demander du temps, ainsi que de l'énergie. La transition risquait de s'avérer pénible et épineuse... D'autant que la demoiselle n'était malheureusement pas renommée pour sa patience. En revanche, il comptait sur son caractère compréhensif et empathique, sur son humanisme assumé. Peut-être en viendrait-elle à se montrer indulgente à son égard, s'il le lui demandait sagement... Peut-être. Peut-être.

Cette question, toutefois, immisça au sein de son esprit une idée qu'il eut un mal fou à accepter et à assimiler. Depuis quand estimait-il avoir des comptes à lui rendre, à ce point ? Que diable s'était-il passé pour qu'il passe de l'homme le plus seul du monde à un triste sire, prostré et meurtris par la dépendance ? Pas à un seul instant depuis son réveil le Nagafuse n'avait songé à la possibilité d'un avenir qu'il aurait à mener seul, sans avoir à compter aucunement sur la présence de Mizeria. Était-ce là un aveu de son subconscient ? N'avait-il pas l'ombre d'une chance de mener son objectif à bien sans avoir à compter sur la gracieuse présence de cette jeune femme angélique ? Là encore, le mafieux se trouvait être incapable de répondre d'aucune manière. A chaque fois qu'il tâchait de se convaincre qu'il était encore capable de vivre seul, et qu'il pouvait, par conséquent, choisir de quitter cet appartement sans sommation, par simple indépendance, le regard larmoyant et hésitant de la demoiselle lui revenait à l'esprit et ébranlait jusqu'aux fondements même de sa puissante conviction. L'avait-elle enchaîné ? D'une certaine façon, cela semblait être le cas, oui...

Il était encore égaré dans ses pensées lorsqu'il sentit une présence se glisser dans son dos. Si son cœur battit violemment, semblant l'avertir d'un danger qui paraissait imminent, et si sa paranoïa le poussa à se redresser quelque peu, il ne fut ni suffisamment alerte, ni suffisamment habile pour se retourner à temps. Il sentit ladite présence l'englober, l'enrouler de deux bras frêles et se caler délicatement contre lui avant de le serrer contre elle plus fermement. L'Auditore, quelque peu gêné par cette intervention impromptue, reconnut sans peine la présence, l'odeur et les gestes tendres de Mizeria, à laquelle il s'apprêtait à glisser quelques mots lorsqu'elle lui coupa l'herbe sous le pied. Les mots résonnèrent, brisant la quiétude monotone et monocorde du son de la douche et lui transmettant un aspect plus horrifique, plus glauque, que le redoutable gardien avait jusqu'alors sous-estimé, et volontairement ignoré. Elle était réellement prête à lui parler de tout cela, maintenant ? Rai se mordit la lèvre inférieur, assaillit par les remords. Était-ce là l'effet de ses dires énigmatiques ? Il avait voulu lui faire comprendre qu'il avait vu clair au sein de ses mensonges, mais jamais, ô grand jamais, il n'avait voulu la contraindre à se montrer plus expressive. Il aurait amplement préféré qu'elle attende, jusqu'à ce qu'elle s'en sente prête... Était-ce là le prix à payer de sa maladresse ? Il conserva néanmoins le souffle coupé, demeurant dans une posture parfaitement réceptive, et même religieuse, comme si le moindre des mots de la belle méritait d'être enregistré à tout jamais au sein de ses souvenirs.

Tout. Elle lui livra tout. Tout ce qui avait l'air de la hanter, de près ou de loin... Tout ce qui la meurtrissait, tout ce qui l'avait poussée à une colère sourde et viscérale, dans ce maudit tableau. Plus d'une fois le cœur du noiraud se noua, et plus d'une fois il sentit une rage intérieure gronder en lui, menaçant d'exploser et de le transformer en une bête folle furieuse, assoiffée d'un instinct de vengeance inextinguible, et absolument irrationnel. Toutefois, il tâcha de conserver son sang froid et son impassibilité apparente, sachant que la situation était déjà suffisamment compliquée, du point de vue de Mizeria. Il se devait de demeurer cloîtré dans un profond mutisme, par respect pour la bravoure qui était la sienne... Toutefois, lorsqu'elle eut achevé de ressasser ces vieux souvenirs, manifestement porteurs d'une agonie cinglante, le criminel n'eut d'autre choix que d'agir. Alors que les sanglots de la Leone s'élevaient, et alors que le visage de Rai lui-même se parait d'une teinte endolorie et étonnamment compréhensive, le jeune homme tâcha de se libérer quelque peu de l'emprise de la belle et, sans se soucier un traître instant de sa propre nudité, il passa ses bras autour de la taille de cette dernière afin de lui rendre son étreinte et de la convier à reposer sa tête sur son torse, sereinement. Un léger sourire, à la fois taquin et surprenamment délicat, vint également garnir les traits de l'adonis lorsqu'il lui souffla quelques mots, à cheval entre l'ironie et la pudeur serviable.

-Ne reste pas sous la douche... Tu as de l'eau dans les yeux...

Avec une maladresse touchante, il entreprit alors de laisser glisser une main du dos de Mizeria jusqu'à sa joue, venant balayer les larmes entremêlées des gouttes d'eau résiduelles dans un geste suave qu'il n'avait pas su formuler dignement, quelques secondes auparavant. Il ponctua ce geste rassurant de quelques mots supplémentaires, plus graves mais aussi plus attendris qu'auparavant, honnêtement et sincèrement touché par la vérité qu'elle venait de lui exposer frontalement, sans qu'elle n'en ait pourtant le moindre impératif.

-Merci... Merci de me faire confiance...

Des dires simples, mais qu'il s'était senti obligé d'exprimer. Cela représentait bien plus pour lui qu'elle ne pouvait l'imaginer. Un instant durant, le mafieux songea éventuellement à l'imiter derechef, à lui souffler tous les sinistres méfaits qu'il avait pu accomplir, et tous les drames terribles qui avaient ponctué sa propre enfance... Mais il se retint, une fois de plus, la gorge nouée, comme si les mots eux-mêmes protestaient et refusaient encore de s'échapper. A grand peine, le Nagafuse comprit qu'il n'était pas encore suffisamment mature pour se livrer au même exercice que la Leone. Cela l'embauma de davantage de respect encore pour cette femme, à la fois si forte et si attrayante, si admirable. N'écoutant que son désir, il vint déposer un baiser sur le haut de la tête de la jeune femme, comme pour lui rappeler qu'il était présent et que jamais, ô grand jamais il ne la jugerait pour s'être simplement laissée aller, là, au creux de ses bras. Il l'aimait bien trop pour se rendre coupable d'une telle infamie...
 

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MessageSujet: Re: A little rest    Ven 18 Mai - 13:00

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Elle lui avait tout livré. Le résumé de sa vie avait été très succinct mais il n’en fallait pas plus pour qu’il comprenne d’où elle venait et pourquoi elle avait agi ainsi tout le long de sa vie. C’était son histoire, ses origines, ses points faibles tout comme les forts quand elle avait enfin réussi à les transformer. Les larmes ne cessaient de rouler sur ses joues quand le brun se détacha quelque peu d’elle, une fois qu’elle eut finit ses explications. Son cœur se mit à trembler à l’idée qu’il puisse ainsi s’éloigner d’elle et la repousser. Mais ce ne fut pas le cas, il avait simplement défait son étreinte pour mieux se retourner et l’attirer dans ses bras. Le flot de ses larmes redoubla au geste. Docilement, la jeune femme se laissa faire et trouva refuge contre son torse. Elle y trouvait là plus de douceur qu’elle ne l’aurait jamais pensé, ainsi que tout le réconfort dont elle avait besoin. Elle laissa toute sa peine s’exprimer, espérant que la déverser ici lui permettrait de s’en libérer. Si toute sa tristesse des derniers jours pouvait s’écouler telle l’eau qui ruisselait désormais sur sa peau, elle en tirerait un soulagement certain.

Mizeria avait fermé les yeux un instant pour récupérer son souffle entre ses sanglots quand elle sentit la main du brun remonter dans son dos. Se rendant compte que sa main montait d’avantage elle ouvrit à nouveau les yeux pour le regarder et se retrouva surprise de le voir sourire. Il n’y avait rien dans son expression de moqueur ou autre, non, bien loin de là. Elle y décelait même une certaine tendresse. La blonde resta à le fixer comme interdite. Elle ignorait que Rai était prêt à lui adresser de tels sourires. La main de ce dernier passa sur sa joue, ce qui la réchauffa plus que l’eau de la douche. Ses paroles donnèrent à son pauvre cœur le coup de grâce. En temps normal elle l’aurait regardé étrangement avant de se mettre à rire, mais dans l’état actuel des choses elle le laissa simplement essuyer ses larmes. Ses yeux se fermèrent une dernière fois comme pour chasser les dernières larmes qui pouvaient s’y trouver. Oui elle voulait plutôt rester sur la touche de Rai, sur la tendre caresse qu’il lui avait procuré, sur ses paroles légères et réconfortantes. Elle le savait désormais, il l’acceptait comme elle était, elle n’avait plus à avoir peur. Elle se reposa une nouvelle fois contre son torse, l’air toujours peiné mais le cœur beaucoup plus léger.

Calée et si protégée dans ses bras, elle se remit à penser à leurs déboires. Jamais elle n’aurait songé en arriver là avec lui. Dire qu’elle avait voulu lui faire la peau plus d’une fois lors de leur première rencontre, finalement c’était une chance qu’elle avait vu clair dans son jeu. Ça lui paraissait encore fou la manière dont elle se lançait à chaque fois à sa poursuite, mais elle ne regrettait rien. Ce qui lui paraissait encore plus incroyable c’était la manière dont le destin s’arrangeait toujours pour les mettre sur le même chemin. Il y avait là-dedans une fatalité, surement un signe à y voir. Et à vrai dire même sans cela, même sans de possibles grands desseins que l’univers leur réservait à eux deux, elle n’imaginait plus sa vie sans Rai.  Elle voulait rester à ses côtés, l’aider dans ses plans, panser ses propres blessures à son contact tout comme soigner les siennes. Elle écouta ses remerciements et sentit son cœur une nouvelle fois s’alléger. Elle priait simplement que ses démons retournent au placard et qu’elle puisse à nouveau évoluer paisiblement… Néanmoins, désormais, elle savait qu’en cas de crise elle pouvait se reposer sur lui, qu’il saurait l’accueillir et la rassurer. L’avenir lui paraissait encore incertain, mais la pensée de s’y diriger aux côtés de Rai gonflait son cœur d’un immense courage.

N’écoutant justement que son cœur et sa nostalgie, après avoir ressassé toutes leurs péripéties et ses sentiments naissants et toujours plus forts, elle leva une main jusqu’à sa joue. Elle n’avait plus envie de se sentir mal, elle voulait juste passer à la suite, se tourner vers un avenir qui paraissait plus favorable pour eux deux. Ils étaient vivants, et ensemble. Elle désirait aussi follement lui faire comprendre à quel point elle l’aimait et le remerciait de tout ce qu’il lui apportait. Cependant les mots lui semblaient trop faibles, et impossibles à sortir. Ses doigts effleurèrent sa peau jusqu’à que sa main se pose sensuellement à l’arrière de sa nuque. D’un geste fluide elle releva la tête tout en l’attirant à elle pour l’embrasser doucement. Son baiser se fit tendre au début, voulant lui montrer à quel point il lui faisait du bien, et essayant malgré tout de lui conférer ses remerciements les plus sincères.

Mizeria profita de chaque instant, chaque sensation. Elle voulait les graver à jamais en elle, et elle espérait secrètement que ce baiser soit enfin le premier mutuel d’une longue lignée. Depuis trop longtemps ils n’avaient fait que se surprendre mutuellement ou en échanger quelques-uns dans des situations désespérées. Désormais elle voulait lui en offrir sans réserve, le plus naturellement du monde, avec tout l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Progressivement elle referma le peu d’espace qui subsistait entre eux, se pressant contre lui et intensifiant le baiser. S’ils pouvaient rester ainsi tout le reste de sa vie, ça lui allait terriblement. Elle n’avait besoin de rien d’autre que lui. Ses doigts se perdirent dans ses mèches mouillées et elle fut confortée dans son sentiment, elle ne pouvait pas se lasser de ses lèvres, d’ailleurs, ni de lui tout entier.

A bout de souffle elle se retira et resta longuement silencieuse à le fixer, sa main toujours perdue dans sa chevelure d’ébène. Cela ne faisait que quelques secondes qu’elle s’était détachée de lui mais elle songeait déjà à l’embrasser de nouveau. C’était comme s’il était devenu une drogue pour elle, tout en conservant un côté irréel. Jamais elle n’aurait pensé tomber si fort pour lui. Alors qu’elle se perdait déjà à l’admirer elle se rendit un peu plus compte de la situation. Il la mettait dans tous ses états sans même faire quoi que ce soit. Et ses désirs appelèrent la réalité à la frapper de plein fouet. Elle venait de l’embrasser si fougueusement après l’avoir surpris dans la douche, et le pire était qu’elle était prête à réitérer cela de suite. Néanmoins elle sentait bien qu’elle serait capable de moins de retenue si elle recommençait. La vue du brun était loin de lui déplaire et lui arracha enfin un fard. Les joues de la blonde se teintèrent d’une jolie couleur rouge et elle sembla terriblement gênée soudainement, se rendant compte de ses pensées et de ses actes. Elle avait osé tout ce qu’elle avait fait, et son instinct lui soufflait que ce n’était pas assez encore. Cependant s’en était trop pour son pauvre esprit.

« D… Désolé »

Désormais c’était elle qui prenait le mauvais pli de s’excuser, ça n’allait plus. Tout comme son fard soudain, elle fit volte-face, lui tournant désormais le dos. Elle sentait ses joues chauffer d’avantage, si bien que la brulure passait presque à la trappe à côté d’elles. Qu’est ce qui lui prenait ? La Leone entreprit de faire quelques pas en dehors de la douche pour s’éloigner de l’objet de son trouble. Elle n’était pourtant pas inexpérimentée en termes de relations, et elle n’avait jamais réellement été en reste ou gênée. Le brun semblait vraiment mettre tous ses fondements à mal. Elle n’avait rien connu rien de comparable, ça la troublait profondément. C’est alors que quelques questions lui traversèrent l’esprit. Non, ce n’était pas judicieux. Elle secoua un peu sa main endolorie et songea que soigner la brulure, n’était pas une mauvaise idée. Au moins cela occuperait son esprit. Cherchant des bandages dans l’armoire à pharmacie elle dut se retenir de jeter quelques coups d’oeil au brun. Elle devait se calmer avant tout. Elle trouva enfin l’objet de ses recherches et posa le tout sur le rebord du lavabo. Elle pesta au passage sur ses vêtements mouillés qui collaient désormais à sa peau de manière désagréable. Elle les regarda rapidement et jugea que ce n’était pas non plus une bonne idée de se déshabiller dans la salle de bain à ce moment précis. Alors elle n’en fit rien et commença à se débattre avec les bandes. Ce n’était cependant pas une assez bonne occupation pour son esprit. Il commença à nouveau à divaguer et à s’attarder sur les questions qu’elle n’osait poser. Et puis. Il n’y avait pas vraiment de mal là-dedans. Alors pourquoi pas ? Innocemment elle continua son bandage de fortune et prit la parole.

« Eh Rai… En vrai. T’as déjà eu des relations sérieuses ? »

Elle lutta pour ne pas le regarder. Elle était partagée entre l’image d’un Rai gêné ou incrédule. Puis même de son côté, que pouvait elle bien répondre ? Oui elle en avait eu, mais elles ne paraissaient même plus sérieuses par rapport à ce qu’elle commençait à éprouver pour le brun. Elle avait voulu la question légère, peut-être plus pour détendre l’atmosphère. Elle se débattait toujours avec le bandage, tentant tant bien que mal de panser sa main en s’aidant de l’autre et parfois de ses dents. Elle lui jeta enfin un regard, mais des plus amusés avec un air railleur. Quittes à essayer de détendre l’atmosphère, autant l’embêter jusqu’au bout.

« Enfin tu sais t’y prendre avec les femmes ? »

Elle voulait le taquiner sur son apparente maladresse par moments. Vu certains moments, elle se doutait qu’il ne savait pas forcément comment s’y prendre, ou n’osait pas. Appréciant sa réaction elle lui sourit innocemment mais toujours avec un air taquin.

« Je peux t’apprendre deux ou trois trucs si tu veux… Au fait. Tu veux une serviette ou rester encore un peu sous la douche ? Si oui je peux aussi te rejoindre encore…»

Elle garda son sourire aux lèvres. Quittes à faire, autant assumer ses bêtises jusqu’au bout. Il ne la connaissait pas encore totalement avec son caractère spontané et ses gaffes… Il fallait qu’il apprenne qu’elle prenait toujours un malin plaisir à renverser les situations en sa faveur à un moment ou à un autre, même quand celles-ci découlaient de ses propres maladresses.




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MessageSujet: Re: A little rest    Ven 18 Mai - 14:44



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



Leur étreinte était si douce, si chaleureuse qu'il se sentit presque perdre pied. Il se trouvait serein, comme habité d'une espèce de félicité, comme aux portes d'un Nirvana si longtemps aperçu, mais dont on lui avait si jalousement dérobé tous les secrets... Était-ce, finalement, la première fois depuis des lustres que tous ses scrupules disparaissaient, comme cueillis et chassés, détruits et foulés du pied par cette créature farouche et insaisissable, taquine et mystérieuse ? Rai se sentait délesté d'un poids considérable, constitué au fil des ans et des crimes, des vies prises et des destins bafoués. L'espace d'un instant, il se sentit même profondément mal-à-l'aise, estimant sobrement qu'il ne devait pas avoir le droit de prétendre à une telle ataraxie, lors même qu'il avait causé tant de maux et de souffrances, tant d'agonie, tant de cruautés... Pourtant, le regard de Mizeria et son souffle chaud le dissuadèrent instinctivement de la chasser, de s'écarter d'elle, de se refuser à tout ce qu'elle insufflait de bon en lui. Son odeur, aussi, ne tarda guère à l'enivrer. Il se focalisa sur elle, inspirant avec calme et profondeur, comme si son nez était susceptible, par amour, d'omettre les parfums entêtants des savons et parfums qui pullulaient dans cette salle d'eau. Elle... Juste elle. Elle était la seule à importer, la seule à exister, même. Tant et si bien qu'il ne put que la dévorer des yeux tandis qu'elle le parcourait de caresses suaves, vertigineuses et exquises. Jusqu'à, tout du moins, ce qu'elle vienne lui dérober un baiser des plus mémorables...

Lorsqu'elle s'éleva jusqu'à lui, non sans le saisir avec une certaine fermeté, il se sentit vibrer. Son coeur et sa gorge se serrèrent, anticipant le spectacle merveilleux qui allait les ébranler, d'un instant à l'autre, tandis que son ventre, lui, se mit à frémir, en l'attente d'un déferlement de douceur pour le moins bienvenu. Finalement, il trouva la force de s'abandonner à sa compagne, fermant les paupières docilement à l'instant où leurs lèvres se rencontraient enfin, au moment même où elle venait, charmante et espiègle, quérir et offrir ce qu'il ne désirait que lui donner et lui prendre : de l'amour... Mécaniquement, le Nagafuse bloqua sa respiration dans le but de se consacrer à l'union singulière qui résultait de leur étreinte. Il s'immobilisa, quasiment nerveux, avant de reprendre davantage d'aises tandis que les doigts fins et gracieux de la demoiselle s’immisçaient dans sa chevelure insondable. Puis, fiévreux, emprunt d'une énergie qu'il ne maîtrisait pas, d'une soif dévorante et insatiable de sa chaleur, le mafieux guida finalement ses propres mains jusqu'à la taille de la gracile Leone, qu'il vint saisir doucement, de part et d'autre. Il l'aida et la guida afin qu'elle puisse se presser d'autant plus volontiers contre lui, et il s'abandonna au jeu taquin, presque enfantin qu'elle avait initié. S'il lui laissa humblement l'initiative, dans un premier temps, il ne tarda guère, sous l'effet ensorcelant et enthousiasmant de ce ballet aux teintes lascives, de lui renvoyer son ardeur, bouillonnant. Jusqu'à, toutefois, ce que leurs corps ne se séparent à nouveau, les rendant à leur timidité haletante, à leur nudité sentimentale... Le hors-la-loi eut un brin de regrets lorsqu'elle s'esquiva soudain, semblant prendre conscience vivement du tableau érotique qu'ils venaient de constitués, et de l'instant présent qu'ils venaient de consommer avec une simplicité débordante. Comme elle se détournait de lui, rougissante et gênée, il prit le parti de l'imiter, tout en passant rêveusement sa langue sur ses propres lèvres, encore imprégnées de la candeur sucrée qui égayait celles qui venaient tout juste de l'embrasser. Et il eut l'impression d'être ridicule lorsqu'il se rendit compte que ce contact anodin lui manquait déjà...

Après cette interlude charmante et captivante, qui allait constituer en son for intérieur un souvenir digne des plus grands trésors, à la fois éternel et ineffable, qu'il allait chérir jusqu'à ses derniers instants, le noiraud en revint à la désolante banalité de sa douche. Tout lui semblait plus terne et plus morne, à présent : du parfum si agréable des flacons disposaient aux alentours à la chaleur ruisselante des gouttes qui perlaient, le long de son corps dénudé. Il entreprit, sans grande conviction, toutefois, de savonner sa chevelure nocturne en tâchant d'omettre l'angélique Mizeria du champ de ses pensées. Il n'y parvint toutefois pas, et dû se rendre à l'évidence lorsqu'il entendit sa voix résonner : elle allait le hanter, elle aussi, en tout temps et en toute heure... Constat paradoxal, puisque peu déplaisant. Les dires facétieux et à la concupiscence tout juste voilée qu'elle prononça, pourtant, chassèrent bientôt son allégresse pour le plonger dans une affliction inévitable et scélérate.

Dans un tout premier temps, s'il s'immobilisa bel et bien, signe qu'il avait à la fois perçu et comprit les mots qu'elle lui destinait, il ne trouva rien à lui rétorquer, ni sur le ton de l'humour, ni sur celui de la gravité. Que lui souffler, de toute manière ? Qu'il s'était toujours interdit ce genre de sottises ? Qu'il avait eu peur, plus d'une fois, que de telles émotions ne soient une contrainte malheureuse et handicapante, susceptible de lui causer davantage de tort que de bonheur ? Qu'il ne se destinait pas à la moindre joie, et qu'il méprisait l'idée même d'intégrer une autre personne au marasme chaotique qu'était son interminable existence ? Le simple fait de formuler ces pensées suffit à le plonger dans un état chagrin. C'était comme si la présence de Mizeria le forçait à assumer la moindre de ses émotions, et à en décupler l'intensité, furieusement... S'il avait déjà eu l'occasion d'entretenir une relation sérieuse ? Il aurait aimé pouvoir le faire. Rai était resté humain, envers et contre tous les masques d'abomination sadique et virulente, belliqueuse et sournoise qu'il avait pu se constituer et générer, au fil des ans. Il lui était arrivé, à plus d'une reprise, de remarquer la grâce séduisante d'une femme souriante. Il avait croisé tant et tant d'âmes douces et charitables qu'il n'aurait jamais pu les compter, même s'il l'avait souhaité : son rôle, terrible et sinistre, l'avait parfois forcé à manipuler certaines de ces attrayantes mais sottes dames. Des montagnes de scrupules y puisaient d'ailleurs leurs fondations... Quant à la seconde question, la réponse était à peine plus exaltante. Oui, il savait s'y prendre avec les femmes... Car c'était également là l'un des moyens qu'il avait à sa disposition pour parvenir à ses fins. Il était bel homme. Il ne l'avait jamais ignoré. Il était intelligent, roublard et cynique, mais il n'était pas infaillible, et il lui fallait parfois de l'aide pour assurer sa survie ou sa réussite... Et le noiraud avait donc, à de multiples reprises, été contraint de simuler une passion mutuelle pour gagner le soutien indéfectible d'une dame. Et c'était précisément là le plus terrible des faits : il n'avait jamais que menti, en amour. Il avait abusé de temps de belles âmes, en leur faisant miroiter monts et merveilles, en leur faisant croire qu'il était en proie à une verve affective incontrôlable, indomptable...
En fin de compte, si elle avait cédé à l'envie de le dévisager, Mizeria n'aurait pu observer ni gêne, ni inconfort, ni nostalgie au sein de son regard voilé, orienté vers le siphon de cette douche désormais inconfortable et inhospitalière au possible. Elle n'aurait observé ni plus ni moins qu'une tristesse colossale, motivée par une solitude épouvantablement dantesque...

-Je... J'ai toujours été... Seul.

Il voulut rajouter quelques précisions, comme elle lui avait fait l'honneur de se livrer à lui l'instant auparavant, mais il ne put s'y contraindre. Une fois de plus, les mots demeurèrent bloqués et ses lèvres se muèrent, imperceptibles et silencieuses. Il n'y parvenait pas. Finalement, ses mains se contractèrent légèrement, agrippant sa chevelure sans la malmener pour autant. Il se retint de céder et parvint, cette fois-ci, à tenir bon, ravalant sa peine et sa douleur après un soupir gargantuesque et démesuré. Tout cela faisait partie intégrante du jadis, désormais... Péniblement, l'Auditore se redressa et, plus ou moins tranquille, pivota pour faire face à la Leone. Il planta dans son regard des yeux déboussolés, égarés, comme s'il voulait lui faire comprendre par la vue ce que sa parole ne pouvait lui glisser. Il se rendit alors compte qu'il n'avait pas seulement envie qu'elle le rejoigne immédiatement : il en avait besoin. Rien ne lui semblait plus vital, dans l'immédiat... Tant et si bien qu'il n'avait pas même cherché à relever les plaisanteries malhabiles et attendrissantes de la demoiselle. Seule demeurait, inextinguible, sa soif d'impétueuse passion, dans le vain espoir de rattraper le temps perdu, et de se délester enfin des erreurs réalisées, si longtemps assumées... 

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MessageSujet: Re: A little rest    Ven 18 Mai - 18:13

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Elle avait l’air assez fière de la petite taquinerie qu’elle avait trouvée. Elle était absorbée par son bandage et attendait patiemment la réponse du brun, s’imaginant déjà son air gêné ou tentant de se défendre. Mais rien, il y eut à la place un long silence. Inquiète, elle termina de panser sa blessure dans la hâte et posa son regard sur le brun. Il semblait comme pétrifié. Elle fronça les sourcils ne comprenant pas ce qu’il lui arrivait. Elle le fixa, ne ratant rien de sa posture qui dégageait quelque chose de tourmenté. Elle voulut lui demander ce qui clochait, si c’était quelque chose qu’elle avait dit, ou fait, ou si il s’agissait de tout autre chose. Voir Rai ainsi ne faisait que la plonger dans une inquiétude extrême. Elle lui avait ouvert son cœur pour lui montrer ses blessures et ses peines, mais elle n’oubliait pas qu’il n’en avait pas fait de même. Il en avait donné les prémisses dans le tableau, quelques informations qui avaient pris un poids considérable à peine ils les avaient prononcées. Mais elles étaient encore plus lourdes de sens, plus profondes et douloureuses qu’elle ne l’aurait pensé sur le coup. Et elle avait été assez bête pour les mettre de côté et ne pas regarder davantage. Les lèvres du brun coupèrent le silence, prononçant enfin quelques mots.

Ainsi, ses doutes se confirmèrent. Il avait toujours été seul… Et pourquoi ? Pour réussir son plan, pour suivre sans faillir, son ambitieuse volonté de détruire les Van Sideris… C’était logique. Il ne pouvait pas prendre son temps à virevolter à droite et à gauche s’il désirait atteindre son but. La blonde se sentit bien stupide. A vouloir trop rigoler, elle avait touché une corde sensible. C’était plus que maladroit de sa part et elle s’en voulait. Rageusement elle se mordit la lèvre et le regarda. Il semblait tellement perdu dans ses pensées. Il n’avait rien d’un homme gêné ou offusqué, non il avait juste un regard infiniment triste… Depuis combien d’années portait-il un tel fardeau seul ? Comment en était-il surtout arrivé là ? Il était sûr que son envie de détruire les Van Sideris n’était que la suite d’une vengeance. Qu’avait-il bien pu vivre d’horrible ? Elle le savait meurtri au plus profond, c’est pour ça qu’elle n’ignorait pas qu’en savoir plus allait s’avérer difficile… Après tout elle avait déjà eu du mal à lui faire reconnaitre la vérité, à ce qu’il laisse véritablement tomber son masque avec elle. Elle le regarda s’agripper plus fort à ses cheveux, soupirer fortement puis la regarder. Son cœur se serra à cette vision. Son regard la transperçait et arrivait à la peiner encore plus que tout à l’heure. Avait-elle également fait le bon choix de parler de son passé ? Ne l’avait-elle pas par la même occasion replongé dans ses propres tourments ? Elle mourrait d’envie d’en savoir plus pour pouvoir le secourir. Rai ne semblait cependant pas prêt à tout lui raconter, et elle respectait ce choix. Elle saurait se montrer patiente et compréhensive si c’était ce qu’il attendait d’elle.

Elle plongea son regard dans le sien, et un air désolé s’afficha sur son visage. C’était uniquement sa faute s’il se retrouvait dans cet état… Néanmoins un léger sourire naquit sur ses lèvres, qui doucement, prit un aspect tendre. Elle s’avança vers lui et sans le quitter des yeux, attrapa des serviettes. Elle entra dans la douche à nouveau et se planta devant lui, cherchant dans un premier temps ses mots. Elle voulait lui dire qu’il n’était plus seul désormais, mais il devait s’en douter. Elle n’allait pas le laisser en paix de sitôt…

« Tu sais… C’est fini tout ça. »

Elle n’osait imaginer tout ce qu’il avait traversé ou vécu, mais elle voulait s’assurer qu’il puisse laisser ce poids derrière lui. C’était aussi une certitude de son côté, au même titre qu’il ne serait plus jamais seul… Il fallait simplement qu’il le sache. Sa solitude prenait fin ainsi que son fardeau. Doucement elle s’avança un peu plus pour couper l’eau. Elle eut un léger pouffement à la vue de son bandage de fortune déjà trempé puis l’oublia bien vite. Elle saurait se battre de nouveau avec mais plus tard. Rai passait bien avant tout. Elle passa une première serviette autour de ses épaules puis en lança une deuxième sur sa tête, le forçant quelque peu, dans la foulée, à se pencher vers elle. Par ce geste et le tissu, elle lui coupait désormais la vue. La manœuvre était réfléchie et voulue, d’une part pour le rassurer et l’englober de nouveau d’une certaine manière, d’une autre pour l’embêter et lui changer les idées.

« Tu me raconteras toutes tes aventures quand tu seras prêt d’accord… ? »


Un autre sourire vint se placer sur ses lèvres. Ce n’était pas son fort d’être patiente. Elle n’était pas du tout connue pour ça, au contraire. Mais pour lui elle était prête à faire une exception. Toujours aussi tendrement elle lui releva le menton. Elle le regarda un instant, lui offrant un autre sourire. Elle ne pouvait rien faire d’autre que de le couvrir de tendresse et d’amour. Et honnêtement elle n’avait qu’envie de lui donner uniquement cela. D’enfin lui accorder ce que tout être normal devait se targuer d’avoir. Il lui semblait de plus en plus identique à elle. Elle ne voyait plus en lui l’homme sans pitié et cruel que tout le monde dépeignait. Non. Elle voyait en lui un homme bon, quelqu’un d’affectueux mais trop longtemps meurtri et contraint à jouer son rôle. La différence entre eux deux était là, elle avait choisi de prendre un rôle plus jovial pour survivre, quand il avait décidé de s’engouffrer seul dans les ténèbres. Combien de fois avait-il dû repousser ses envies ou ses désirs ? Se plier à suivre sa propre mascarade ? Cela devait être un réel cercle vicieux. A cette idée, le cœur de la jeune femme se fit plus lourd à nouveau. Elle ignorait tout de sa souffrance, mais rien qu’en imaginer quelques traits la plongeait dans une tristesse infinie. Cependant elle lui souriait toujours, se voulant rassurante. Doucement elle déposa un baiser sur ses lèvres. Il fut bref mais tout aussi tendre qu’au début du précédent.

« Je suis là pour t’embêter un peu désormais. Alors mets-toi à l’aise. Complétement. Fais et dis ce qu’il te plait. Suis ton cœur. »

La Leone désirait ardemment qu’il se sente bien à ses côtés, suffisamment en confiance pour qu’il puisse de nouveau vivre une vie normale… Certes il fallait toujours se débarrasser des Van Sideris, c’était un fait. Heureusement, il avait désormais de l’aide. Qui était-elle pour l’empêcher d’accomplir sa vengeance de toute manière ? Elle avait elle-même eu recourt à de tels instincts primaires et viscéraux. Même si l’envie de s’enfuir avec lui était grande, elle était réaliste. Lui souhaiter une nouvelle vie loin de la mafia était une chose. Mais une chose seulement réalisable s’il considérait qu’il était enfin libre. Elle était prête à le suivre jusqu’en enfer si c’était le prix à payer pour le sortir de là. A défaut de vaincre ses ennemis pour l’instant, elle ne pouvait lui offrir que sa présence et son amour. Elle espérait que cela soit simplement suffisant.

Son regard prit une légère lueur taquine et elle le força à se pencher à nouveau, ébouriffant au passage ses cheveux avec la serviette, dans l’optique plus ou moins lointaine de sécher ses cheveux. A vrai dire, c’était de nouveau pour l’embêter et lui changer les idées plus qu’autre chose.

« Et sinon je t’ai promis… Si tu ne cries pas partout que tu aimes la vie, je m’arrange pour te massacrer à chaque fois ! »

Elle lui ébouriffa de plus belle les cheveux, profitant d’avoir un peu l’ascendant sur lui et riant légèrement au passage. Après tout elle le pensait toujours, ce n’était qu’une blague à moitié. Elle arrêta sa torture mais laissa la serviette sur sa tête, l’empêchant même de l’enlever en gardant ses mains de chaque côté de sa tête. Elle déposa un baiser sur le haut de sa tête et se retira enfin, lui rendant sa liberté. Elle lui lança un des plus beaux sourires dont elle avait le secret et lui adressa un clin d’œil.

« Puis si tu sais pas t’y prendre avec les filles, je peux t’apprendre. C’est pas si compliqué, faut pas avoir peur »

Elle garda un air moqueur, cette fois ci elle voulait et souhaitait vraiment rendre l’atmosphère plus légère et qu’il ne voit dans ses mots qu’une provocation pour le faire quitter son calme légendaire et le mener un peu à mal.



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MessageSujet: Re: A little rest    Ven 18 Mai - 19:08



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



Il ne savait que faire. Il aurait pu rester là, planté, immobile et inébranlable, des heures durant, si elle n'avait pas souhaité lui répondre ou si elle avait subitement décidé de lui fausser compagnie. Il était amorphe, inerte, et n'attendait rien de plus qu'une main tendue pour le saisir et le tirer hors de sa carapace, devenue mouroir. Il ne supportait plus ce carcan confectionné au fil des ans, et qui désormais ne faisait rien d'autre que de lui coller à la peau, poisseux et incommodant. Il n'avait plus envie de feindre. Rai savait qu'il serait à nouveau amené à mentir, à jouer le rôle d'un autre, à assumer des ambitions qui n'étaient pas les siennes et même à réaliser des crimes qu'il trouvait aberrant, impardonnables, inacceptables... Car il avait toujours vécu comme ça et car, pour lui, la fin justifiait les moyens, il n'était que trop certain du fait que sa destinée, sombre et compacte, n'allait pas lui rendre son absolue liberté de demeurer celui qu'il entendait être ad vitam aeternam. Toutefois, Mizeria lui était apparue comme une lumière chancelante, certes, mais néanmoins salvatrice sur son chemin nocturne. Comme une étoile, lointaine encore, mais à la chaleur si douce et revigorante qu'elle avait su le détourner, provisoirement, vers une clairière ensoleillée. C'était désormais de cette clairière qu'il voulait jouir, pleinement, sans se soucier des jours ternes qui finiraient par revenir, pernicieux, et qui reprendraient leurs droits tôt ou tard. A ce stade, l'Auditore n'avait plus le droit de faillir, de faiblir seulement : il avait causé trop de tort, semé trop de souffrance pour cela... Il ne se l'autorisait plus. Tout ce qu'il voulait, c'était être capable de se délester de la chose répugnante qu'il incarnait au quotidien lorsqu'il était en sa présence. Il voulait que ses souvenirs les plus insidieux cessent de le torturer, cessent de le tourmenter... Plusieurs fois le Nagafuse avait cru devenir fou. Perdre ses intentions louables, ses motivations les plus saines, celles qui lui permettaient de se considérer encore comme un homme, et pas seulement comme une pourriture exécrable et haïssable. Maintenant que la Leone se trouvait à ses côtés, à l'écart de sa pénitence funeste, il voulait pouvoir, en tout temps et en tout heure, la scruter pour s'assumer pleinement, sans la moindre peine...

Ainsi, lorsqu'elle esquissa un mouvement à son encontre, se dirigeant tranquillement dans sa direction en s'emparant de quelques serviettes pour finalement l'en enrober, après avoir coupé l'eau, il se laissa faire avec une docilité exemplaire. Il devait renvoyer l'image d'un enfant, à cet instant précis. D'un gamin honteux, peut-être, larmoyant, éventuellement, mais tout simplement désemparé, abattu, égaré. Son existence ne lui avait pas fait de cadeau : c'était là le plus mordant des euphémismes que de l'assurer. Il était par conséquent étonnamment soulagé d'avoir une personne sur qui compter. En outre, le fait de l'avoir poussée à la culpabilisation aussi aisément le mettait mal à l'aise. Avait-il seulement le droit de se laisser pourfendre si sèchement par de simples taquineries, lors même qu'elle avait décidé de lui offrir une chance ? Combien l'auraient poignardé sommairement, sans avertissement aucun, à la vue de ses premiers forfaits ? Elle ne s'était pas arrêtée à sa façade qui, pourtant, avait toujours su tromper tout le monde. Elle l'avait brisée... Et, désormais, elle s'adressait à son être le plus faible, le plus craintif, le moins assuré. Son être véritable, son essence... Celui qu'il avait, en fin de compte, toujours été. Prostré par les doutes, par les incertitudes, il s'était donné du mal à progresser sans jamais avoir la certitude d'emprunter la bonne direction. Et elle pouvait dorénavant en prendre pleinement conscience... Il ne sembla pas vraiment réagir, cette fois, lorsqu'elle lui offrit un baiser sur le haut du crâne. Pas plus, d'ailleurs, que lorsqu'elle vint l'embrasser directement, ou que lorsqu'elle se mit à lui frotter la chevelure affectueusement. En revanche, quelques uns de ses mots firent mouche : les derniers qu'elle prononça, et qui le remuèrent avec une efficacité proprement déroutante.

-Et sinon je t’ai promis… Si tu ne cries pas partout que tu aimes la vie, je m’arrange pour te massacrer à chaque fois !

Il la scruta, muet et surpris, et demeura immobile, imbécile, incapable d'y répondre ou d'y réagir de quelque manière que ce fut. S'il entendit bel et bien la petite proposition voilée qu'elle lui fit, non sans son espièglerie coutumière, il ne s'en préoccupa finalement guère. A contrario, il demeurait bloqué sur cette promesse formulée et qu'elle semblait encore prête à assumer. S'il aimait la vie ? Une larme s'échappa de la commissure de son œil gauche, roulant langoureusement et paresseusement sur sa joue, avec une lenteur infinie. Finalement, lorsqu'elle parvint au niveau de ses lèvres, celles-ci s'étaient fendues d'un sourire qui transpirait d'une honnêteté pure, singulière, incontestable, indicible même. Et Rai se sentit, cette fois-ci, obligé de répondre, d'une voix chevrotante et émue, véritablement touché par ces mots anodins, anecdotiques, qui prenaient du point de vue de son cœur une ampleur particulière et unique. 

-Oui... J'aime la vie...

C'était la première fois qu'il songeait seulement à prononcer ces mots, et le faire d'une manière aussi sincère, aussi pure, ne pouvait que le combler d'un sentiment de liberté et de légèreté qu'il n'avait fait qu'envier, toute son adolescence durant. Il aimait la vie. Il s'en rendait compte, à présent : il l'aimait, et souhaitait la chérir, car elle lui avait fait don de sa rencontre avec Mizeria. Lors même qu'il songeait que toute son humanité était vouée à disparaître, lors même qu'il croyait, transpercé par les maux qui l'accablaient, que seule une corde l'attendait au bout de son calvaire, que seule la mort viendrait l'enrober de ses bras tendres lorsque tous auraient péris, par sa faute, il se rendait compte que le Destin, ou quoi que ce fut d'autre, lui avait offert une fleur qu'il ne pouvait plus contenir, et qui n'en finissait plus d'éclater, magnifique et splendide. S'il avait choisi de mourir, s'il n'avait pas eu une once de sa détermination, de son ambition folle et démesurée, aurait-il fini par croiser sa route ? Non. C'était pour cela qu'il la voyait, en fin de compte, comme un présent tendre et savoureux. Comme la promesse d'une utopie, d'un Eden, qu'il pouvait enfin effleurer, pudiquement, du bout des doigts...
Ses doigts, justement, s'aventurèrent sur la joue de la jeune femme, fébriles et hésitants, mais bien présents. Son conseil, lui aussi, avait été entendu. Ne pas avoir peur... Ne pas hésiter. S'ils avaient déjà eu l'occasion d'initier ce geste à plusieurs reprises, tant avant qu'après son naufrage au Royaume de Morphée, ce fut la première fois qu'il l'amorça avec une telle conviction, et avec une telle ardeur. Il vint déposer ses lèvres sur celles de sa belle, fermant ses paupières en lui offrant sa pleine confiance, en lui dévoilant l'entièreté de son âme et des sentiments qui l'habitaient. Pudique, il ne se fit ni oppressant, ni intrusif : il se contenta presque d'une caresse suave, du bout des lèvres, comme si le simple fait d'humer son parfum et de goûter si modestement à sa tendresse l'emplissait déjà d'une joie inestimable.

Puis, fugace et succinct, comme insaisissable, le noiraud se recula à nouveau, la gratifiant une fois de plus d'un sourire tendre et chaleureux. Ses démons l'avaient quitté, irrémédiablement, grâce à sa présence et à sa bonté. Il ne savait quand ils réapparaîtraient, quand ils oseraient s'en prendre à nouveau à lui, et le tyranniser de plus belle... Mais pour la première fois depuis des lustres, il s'en fichait. Oui, Rai savait que tôt ou tard, ses peurs resurgiraient et le pétrifieraient d'autant plus... Mais en attendant, c'était elle qui se trouvait face à lui, et qui l'inondait d'un bonheur presque palpable. Il avait tant et tant miroité pareille scène, dans le secret de son âme... Comment aurait-il pu ne pas s'en délecter ? Là, il s'empara de la serviette qui trônait encore sur ses épaule et la plaça à son tour sur la tête de Mizeria, qui avait également eu droit à son lot d'humidité, lorsqu'elle avait pris la décision de le rejoindre sous l'eau qui s'écoulait. Il la frotta sans insister, se contentant de lui rendre doucement la pareille, et lui offrit quelques paroles supplémentaires, d'un ton déjà plus assuré qu'au préalable.

-Tu devrais commencer par te changer... Tu vas tomber malade... Et je n'avais pas vu que tu t'étais faite mal à la main... Pardonne-moi.

Il n'avait jamais songé qu'il aurait un jour l'occasion d'entretenir une discussion aussi stérile et stupide, qui n'avait d'autre but que celui d'échanger, comme seule fin utile. Toutefois, désormais, il prenait conscience d'un fait éreintant et simplement fou : parler de la pluie et du beau temps pouvait s'avérer plaisant, pour peu que l'on trouve la bonne personne pour ce faire... Avec lenteur et tendresse, il délaissa la serviette sur la tête de Mizeria et lui attrapa précautionneusement la main, vérifiant sa brûlure d'un œil alerte et attentif. Il n'était pas vraiment le meilleur médecin... Sans doute se débrouillait-elle mieux que lui, à ce sujet. Néanmoins, il avait lui-même l'habitude de se rafistoler, avec plus ou moins de brio. Il voulait pouvoir se targuer de l'aider, à son tour...

-Viens... Je vais t'aider.

Sans plus tarder, l'Auditore l'entraîna en direction de la trousse de toilette qu'elle avait délaissé pour venir le voir, l'aidant à se débarrasser de son bandage trempé et misérable. Il fit alors de son mieux pour lui offrir un coup de main, et pour la seconder avec toute la tendresse qu'il était capable de lui communiquer. Il en avait presque oublié sa propre blessure qui, soudain, ne semblait plus lui causer la moindre tourmente... Cette balle qui s'était insinuée dans son épaule lui semblait soudainement bien moins douloureuse, en effet. Il l'avait prise dans l'optique de lui venir, et de la protéger... Et il le referait volontiers, dût-t-il en encaisser vingt de plus.

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MessageSujet: Re: A little rest    Ven 18 Mai - 22:46

Don’t ask why it has to be you. Just stay with me


Mizeria avait fini ses railleries mais elle ne voyait toujours pas de changement dans l’attitude de Rai. Un silence gêné prit place suite à ses dernières paroles. La jeune femme lui lança un regard inquiet et perdit bien vite son sourire. Avait-elle mal fait ? Ou peut-être qu’elle l’avait réellement plongé dans une torpeur et avait plombé l’ambiance. Elle commençait à sérieusement s’en faire quand elle le vit verser une larme. Sans s’en rendre compte elle se stoppa net et pâlit à vue d’œil. Elle venait carrément de le faire pleurer ? Elle n’en revenait pas. Elle ouvrit la bouche pour s’excuser ou trouver quelque chose à dire mais rien ne sortit. C’est alors que la larme qu’elle avait vu rouler sur ses joues disparu, et qu’un sourire passa sur les lèvres du brun. Elle le regard plus que choquée, elle était désormais perdue et n’arrivait plus à suivre… Mais les quelques mots que Rai prononça suffirent à la ramener à la réalité. Elle ne put s’empêcher de sourire à son tour, heureuse de l’entendre dire de telles choses et surtout de le sentir sincère. Elle eut un léger rire nerveux avant de souffler un coup. Il lui avait fait peur, tout autant qu’avant. Il était vraiment doué pour la faire douter de tout… Restait à savoir s’il savait tout le pouvoir qu’il avait sur elle, il était certainement loin de s’en douter.

La blonde songeait justement à tout ce qu’il éveillait chez elle. D’ailleurs elle était tellement perdu dans son constat qu’elle fut presque surprise par sa main. Elle n’avait vraiment pas l’habitude de le voir plus entreprenant, c’était loin de lui déplaire. Elle le fixa, ne voulant pas le presser davantage. Il était préférable qu’il agisse à son rythme et comme il l’entendait. Après tout elle ne lui demandait pas plus. Elle sourit au baiser et se laissa complètement faire. Par habitude, la Leone aurait voulu approfondir… Cependant elle savait qu’il s’agissait d’un de ces moments ou un simple baiser suffisait à faire naitre des papillons dans son ventre. Il ne fallait pas demander plus pour l’instant. Elle trouvait toujours, étrangement, que Rai initiant un baiser était encore plus grisant que quand elle le faisait et qu’il lui répondait. Il y avait là-dedans une dimension enivrante pour ses sens et son être tout entier. Encore complètement subjuguée par ses gestes et son attitude décontractée, elle comprit assez tard qu’il lui rendait la monnaie de sa pièce en mettant une serviette sur sa tête. Elle voulut protester, mais sa complainte resta légère. Il était loin de lui rendre complètement son geste, il était plus doux dans les siens et dans ses attentions. Un sourire attendri passa sur ses lèvres et elle le regarda l’air amusée. Elle savait le brun capable d’être doux et attentionné mais le voir agir de la sorte la faisait toujours fondre.
De son inquiétude à ses excuses, il était trop mignon à ses yeux.

« Je suis plus résistante que ça t’en fais pas. Et c’est rien tu pouvais pas savoir que je me suis brûlée… »

Elle frissonna quand il lui prit la main, vraiment le moindre de ses geste la mettait dans un état second et l’enivrait. Comment diable faisait-il ça ? Elle ne se souciait même plus de sa main, trop occupée à étudier chacune de ses expressions, chacun de ses traits… Elle se demandait par quelle chance elle avait croisé sa route. Oui, elle se sentait chanceuse de devenir si proche de lui. Ca lui semblait terriblement bête à dire et digne d’une romance de mauvais goût, mais le constat était là. Même si peu suffisait à son cœur pour être comblé de bonheur. Docilement elle le suivit hors de la salle de bain.

« Je veux bien de l’aide… Je suis pas douée… »


Elle le laissa regarder sa main de plus près, défaisant les bandages, inspectant sa blessure. Encore une fois le moindre contact la faisait frissonner et elle ne pouvait s’empêcher de le regarder avec intérêt. Si c’était là le traitement qu’il pouvait lui réserver à chaque fois qu’elle se blessait, elle se sentait de moins en moins dérangée à l’idée de se faire mal. Une fois la brulure de nouveau bandée elle lui adressa un nouveau sourire et l’embrassa à son tour brièvement.

« Merci beaucoup… Je suis une catastrophe pour tout ce qui est bandages ou se soigner… »

Un léger rire gêné s’échappa de ses lèvres. Elle était pourtant habituée à être égratignée et pire encore, mais c’était une constante chez elle. Elle ne savait pas prendre soin d’elle. C’était pour cela que les soins du brun lui faisaient tant plaisir, il comblait une fois de plus ses lacunes et lui offrait une attention non négligeable et même importante à ses yeux. Elle prit la serviette à nouveau et termina de s’essuyer les cheveux. Il était vrai qu’elle commençait à avoir froid…

« J’ai acheté quelques vêtements pendant que tu dormais… Je vais les chercher. »

Elle fit quelques pas avant de se dire que c’était peut-être une mauvaise idée de se balader avec des vêtements trempés dans tout l’appartement. Elle allait mettre de l’eau partout… Elle jeta un coup d’œil à Rai, hésitant, puis se décida. De toute façon il l’avait bien vue en sous-vêtements il y a quelques jours. Elle enleva son haut et son pantalon, péniblement puisque désormais ils collaient à sa peau.

« Rougis pas trop…. Pas comme dans cette chambre. »

Elle lui lança un sourire taquin de nouveau, elle n’avait pas oublié. Quand ils s’étaient retrouvés il avait eu l’air gêné de la voir pareillement vêtue… Elle comptait bien en jouer un jour ou l’autre. Elle balança ses vêtements mouillés dans la machine à laver et partit chercher de quoi les changer. Elle grimaça en sentant l’air plus frais de l’appartement sur sa peau. Ce n’était pas le moment de tomber malade, surtout pas après ce qu’ils avaient subi dans le tableau. Rapidement elle attrapa quelques vêtements confortables pour elle et lui, et changea tout aussi promptement de sous-vêtements avant de retourner à la salle de bain, presque en courant. Ce qui était toujours une mauvaise idée vu son état. C’était connu chez elle, elle n’aimait pas le froid. Mais à vouloir le fuir si vite, et à peine séchée, elle glissa quelque peu et se rattrapa de justesse avant de tomber. Elle grimaça et un léger gémissement s’échappa de ses lèvres. Cette maudite jambe allait encore l’ennuyer pendant un temps… Peut-être devrait-elle à nouveau passer entre des mains expertes pour guérir ? A ce rythme-là elle risquait de se casser la jambe toute seule. Boitillant par la suite légèrement, elle fila à nouveau vers la salle de bain mais plus doucement. Elle eut un air soulagé en retrouvant la chaleur de la salle de bain, et elle clopina jusqu’au brun.

« Tiens de quoi te changer. »

Elle posa les vêtements qu’elle avait choisi pour elle et lui tendit les siens. Son regard se posa alors sur ses bandages, désormais mouillés également… Elle se rappela sans mal les pansements de fortune qu’elle lui avait fait, dans l’appartement délabré qui avait su être leur planque momentanément. Elle avait peur de faire de nouveau n’importe quoi… Malgré ses craintes, le laisser se débrouiller seul ne lui paraissait pas une option non plus.

« On devrait peut-être changer ton bandage… »

Avec précaution, elle s’avança et entreprit de lui enlever les quelques bandes qui encerclaient son épaule et s’assuraient de la parfaite guérison de cette dernière. Il n’y avait pas à dire, son contact avait fait du bon boulot. Elle espérait cependant qu’il ne souffrait pas trop encore et que si c’était le cas, que la douleur allait bientôt disparaitre. De nouveau avec précaution et une grande concentration, elle empoigna quelques bandes et commença à lui bander l’épaule de nouveau. Elle tenta de délester sa jambe en prenant appui sur la plus valide. Elle se maudissait de n’être pas encore totalement remise non plus. Malgré tout elle ne regrettait pas son choix. Rai avait eu besoin de plus de soins qu’elle à leur retour, et sans hésiter elle l’aurait de nouveau fait passer en priorité. Elle pouvait bien attendre. Elle regarda son œuvre une fois celle-ci finie. Il lui sembla qu’elle avait accompli là, déjà un meilleur travail que la dernière fois… Un léger sourire satisfait se plaça sur ses lèvres et elle le regarda seulement une fois qu’elle eut finit.

« Si tu as besoin de quoi que ce soit tu n’hésites pas hein… »


Intérieurement elle priait de ne pas devoir lui changer trop souvent… Mais qui savait. Allait-elle peut être ainsi devenir experte en bandages…. Elle attrapa un t-shirt et l’enfila, sentant déjà l’air de la salle de bain se refroidir. Pour rester un peu avec lui et décharger sa jambe, elle prit place sur le meuble de salle de bain, s’asseyant près du lavabo.

« Et faut qu’on fasse à manger d’ailleurs. Vu que tu as faim… J’ai un peu fait n’importe quoi dans la cuisine, je te préviens. Va falloir que je nettoie ce bazar et après on se fait à manger. »

Les choses lui paraissaient terriblement simple mais ça lui plaisait. Elle avait presque l’impression de caresser une vie normale à ses côtés, en agissant de la sorte. Elle battit des pieds, telle une enfant en attendant sa réponse. Les choses avaient l’air tellement simples dans l’état actuel des choses. Elle espérait simplement que cela puisse rester ainsi, qu’ils puissent rester dans cet appartement à l’abri de tout et surtout à l’abri des fous furieux tels qu’Ox ou l’associé de son oncle, loin des Van Sideris, des Auditore et même des Leone. Ici au moins ils pouvaient se livrer l’un à l’autre, se découvrir, se soigner mutuellement et s’aimer sans gêne. Ils pouvaient laisser leurs masques et les paraitre liés à leurs rangs et leurs clans au placard. C’était en effet dans cet appartement, avec lui, qu’elle se sentait le mieux. Preuve en était, elle ne cessait d’arborer un sourire des plus heureux.





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MessageSujet: Re: A little rest    Sam 19 Mai - 8:30



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



Une fois sa main à nouveau bandée, Mizeria remercia Rai et l'honora d'un baiser fugace, mais néanmoins terriblement entêtant. Il était partagé entre l'envie de la couvrir de baisers constamment et celle de réprimer ce désir, qu'il imaginait envahissant. Il avait peur, d'une certaine façon, qu'un abus de sa part ne conduise la jeune femme à se lasser de sa présence et de sa proximité. Il était encore un débutant en la matière, et il n'était pas certain d'agir pertinemment... Aussi se contenta-t-il de prendre son mal en patience, estimant que, dans l'absolu, leur prochain échange surviendrait bien assez tôt. Il se contenta donc de lui offrir un léger sourire réjoui à la suite de son aveu, notant cette spécificité avec un amusement affiché. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, elle avait toujours été une femme d'action, une bagarreuse... Il était donc étonnant qu'elle ne soit pas davantage versée dans l'art de la médecine. Peut-être avait-elle eu la chance, jusqu'à présent, de n'endurer que de légères déconvenues dont elle n'avait pas à s'occuper outre mesure ? Ou peut-être, tout simplement, avait-elle eu la chance inouïe de posséder quelqu'un pour réaliser cette corvée à sa place... L'idée qu'une telle personne ait pu exister lui pinça le cœur, comme si la seule idée de devoir la partager avec un autre, fut-il un souvenir, lui était intolérable. Bien sûr, l'Auditore ne pouvait pas reprocher à la Leone d'avoir vécu avant de le rencontrer... Mais son sentiment, peu rationnel, n'en était pas moins bel et bien présent. Toutefois, il parvint à le canaliser et à le dérouter aisément, cette fois-ci, en imaginant qu'il n'avait, dans ce cas de figure, qu'une seule et unique chose à faire : prendre cette place qu'il espérait vacante, et devenir aux yeux de la mafieuse son infirmier attitré. Le Nagafuse se rendait compte qu'il souhaitait, en fin de compte, être tout à la fois du point de vue de la criminelle. Il ne supportait pas l'idée même que quelqu'un d'autre revêtisse une quelconque importance, à ses yeux splendides... Était-il possessif ? Fort probablement. Mais pouvait-on réellement lui en vouloir ? La tolérance, en amour, était encore quelque chose qu'il devait apprendre... Et il espérait simplement, naïvement, que la Balogh lui en donnerait l'occasion.

Vint ensuite la proposition qu'elle lui fit : elle souhaitait se rendre dans la chambre pour ramener des vêtements, qu'elle avait acheté pendant son inconscience. Le noiraud, légèrement étonné, cligna des paupières mais demeura muet tandis qu'elle le taquinait sobrement, le renvoyant à la réaction quasiment intimidée qu'il avait eu en la détaillant presque nue, attachée à un lit, dans ce maudit tableau qu'il était décidément trop heureux d'avoir quitté irrémédiablement. Cela, bien entendu, ne le mit guère en confiance et il détourna le regard, pudique, pour ne pas détailler scrupuleusement les courbes de la belle tandis que cette dernière se dénudait partiellement. Elle était trop attirante, et il ne savait que trop ouvertement qu'il ne serait pas en mesure de contenir une réaction aussi épidermique. Quand elle eut enfin pris la poudre d'escampette, le délaissant momentanément au sein de la salle de bain, le noiraud entreprit simplement de se sécher entièrement. Il se rappela, à cet instant précis, qu'il avait été nu durant tout leur échange. Ses efforts pour éviter de dévisager Mizeria furent donc vains et son visage se teinta d'un rouge vermeil, qu'il parvint néanmoins à réprimer après quelques secondes, son faciès retrouvant un ton déjà plus modeste. Il s'était senti si bien à ses côtés qu'il en avait momentanément oublié sa nudité... Désormais incommodé, il tâcha d'accrocher la serviette autour de son bassin avant qu'elle n'entre une nouvelle fois dans la salle de bain. Et lorsque ce fut le cas, il découvrit d'emblée qu'elle ne marchait pas avec la même grâce et la même assurance qu'habituellement, chose qu'il n'avait pas pu constater jusque-là, ne l'ayant pas surprise en train de parcourir de longues distances.

-Ah... Oui, bien sûr.

Il avait répondu machinalement tandis qu'elle s'était inquiétée au sujet de son bandage. Studieux et humble, il s'installa docilement sur une chaise qui traînait là et lui offrit ainsi l'opportunité de s'attarder plus conséquemment sur son épaule, dont la blessure semblait s'être majoritairement résorbée. Pour le coup, Rai n'était pas déstabilisé : il avait senti la différence dès son réveil, après tout, la douleur ne se manifestant que très sporadiquement, et de manière tolérable. Le médecin qui s'était occupé de panser ses plaies, qui qu'il fut, était doué et fin connaisseur... Bien entendu, il allait encore lui falloir quelques jours, voire quelques semaines de convalescence avant de recouvrer l'entièreté de sa mobilité et de l'ampleur de ses mouvements, mais il était déjà soulagé de ne pas avoir à grimacer à chaque fois qu'il tentait d'user de sa main gauche... Une fois que l'affaire fut entendue, et une fois que la jeune femme se fut écartée de lui, non sans lui demander de l'avertir s'il éprouvait le moindre besoin, l'Auditore posa un regard attendri sur le bandage qui lui ceignait l'épaule et murmura quelques mots d'un air profondément touché, heureux d'être la cible de si modestes attentions, dévouées et désintéressées.

-Ne t'en fais pas. Je vais m'en remettre.

Là-dessus, le jeune homme se redressa et se délesta de sa serviette avant de se vêtir promptement, tâchant de ne pas demeuré nu trop longtemps face à Mizeria. Il n'avait pas honte de son corps, loin de là... Mais maintenant qu'il avait pris conscience du fait qu'elle avait déjà eu tout loisir de le scruter sous tous les angles, il en pouvait pas s'empêcher d'éprouver une gêne infondée et totalement paradoxale. Elle le verrait nu bien assez tôt, dans le fond, même si l'idée même que cela arrive manqua de peu de le gêner puissamment d'autant plus : pour quelle occasion deux amoureux transis, esseulés dans un appartement, à l'écart de tous les soucis les plus épineux de leur existence pouvaient-ils se dénuder sciemment ? La réponse n'eut guère besoin de lui être soufflée, et il tâcha plutôt de se focaliser sur la chemise qu'il boutonnait en vitesse. Finalement, une fois présentable, le Nagafuse pivota et se rapprocha prestement de la demoiselle, profitant du fait qu'elle était encore assise pour pouvoir regarder sa jambe sans l'importuner. Il explicita bientôt son geste, non sans lui répondre à propos du désordre qu'elle avait vraisemblablement causé en se blessant, dans la cuisine, et qu'elle semblait vouloir assumée toute seule.

-On verra ça plus tard. Je ne meurs pas de faim. Je vais plutôt regarder ta jambe... C'est plus urgent !

Lorsqu'il fut enfin à sa hauteur, le noiraud se pencha sur la jambe incriminée et ôta à son tour les bandages qui y figuraient, tâchant de distinguer la plaie plus précisément. Et le constat fut sans appel : elle avait à l'évidence négligé les soins, ou avait tellement remué ces deux derniers jours qu'elle n'avait rien fait pour arranger son cas... Considérant que les deux options possédaient peut-être une part de vrai, l'Auditore fronça les sourcils dans une mimique agacée. Il n'aimait pas l'idée qu'elle mette en péril son intégrité physique, et surtout pas pour veiller sur lui... Souhaitant rattraper ce tort au plus vite, il s'en retourna auprès de la trousse de secours et revint à sa hauteur pour prendre soin d'elle et la cajoler, tâchant d'offrir à sa jambe toute l'attention et toute la douceur qu'elle méritait. Il ne put s'empêcher de grommeler quelques mots, ronchonneur et maussade, avant de redresser son regard vers elle et de lui offrir un sourire des plus délicats.

-Tu es complètement irresponsable... Tu devrais marcher le moins possible... Irrécupérable.

Mais il l'aimait comme ça. Aurait-elle su le séduire aussi aisément si elle n'avait pas été aussi tête brûlée ? Si elle avait fait preuve de pondération et de modération ? Certainement pas, en fin de compte... C'était la puissance de son caractère et son intrépidité qui avaient su souffler le mafieux et retenir son attention. Elle était singulière, car elle contrevenait précisément à toutes les lois d'équilibre qui régissaient pourtant ce monde. Elle agissait, sans se poser de questions, sans peser le pour et le contre, simplement car elle pensait fermement bien faire... Toujours aussi fasciné par cet être mirifique, l'Auditore se redressa et lui offrit un baiser subreptice, éphémère et bref avant de glisser un bras derrière son dos, dans le but de lui offrir un soutien indéfectible sur lequel s'appuyer tandis qu'ils s'en retournaient à la cuisine.

-Viens. Je vais t'aider...

Il la guida, ainsi, sans se faire trop envahissant pour autant : il n'avait pas envie de croire qu'il la maternait, qu'il ne percevait chez elle qu'une enfant sur laquelle veiller. Dans l'absolu, c'était plutôt le contraire : elle était plus à même de surveiller ses faits et gestes et de le prémunir des conséquences qui en naissaient... Elle était forte, robuste, combative et volontaire et pour l'heure, il n'avait jamais eu à la voir faillir, à la voir capituler irrémédiablement. Même aux prises avec la pourriture qui avait réveillé en elle de bien atroces tourments, elle n'avait jamais véritablement cessé de vouloir se débattre et reprendre l'ascendant. A côté d'elle, il n'était rien d'autre qu'un marmot égaré, cerné de doutes et d'une médiocre habitude à hésiter constamment... Il souffrait d'une indécision stupide, qu'il avait désormais envie de transformer, dans son intérêt à elle. Cela allait lui prendre un certain temps, a fortiori lorsque cela concernait les banalités de la vie quotidienne, mais il ne désespérait pas d'y parvenir, un jour, dans l'optique de lui offrir la vie palpitante qu'elle méritait si infiniment.
Lorsqu'ils furent enfin dans la cuisine, il aperçu effectivement le désordre modéré qu'elle avait répandu bien malgré elle. Amusé, Rai la guida jusqu'à une chaise où il lui intima tacitement l'ordre de s'installer : il n'était pas question de la forcer à se baisser et à se redresser de manière intempestive, après tout. Il lui glissa quelques mots en s'occupant du chaos qu'elle avait semé, tâchant de la pousser à demeurer un petit peu inactive, pour l'heure. Elle le méritait bien...

-Tu t'es occupée de tout, pendant mon sommeil... Laisse-moi te rendre la pareille.

Une fois qu'il aurait rendu à la cuisine son éclat antérieur, il ne tarderait pas à passer aux fourneaux, prenant conscience de ce que la jeune femme souhaitait préparer au préalable pour remplir ses offices de cuisinier sans avoir à recourir abusivement à son aide.


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MessageSujet: Re: A little rest    Sam 19 Mai - 21:23

Don’t ask why it has to be you. Just stay with me


Elle resta assise sur son perchoir de fortune, curieuse de savoir ce que la journée pouvait encore lui réserver… Pour l’instant présent elle était déjà bien occupée à regarder le brun, le détailler au plus possible. Il avait beau s’habiller avec hâte, elle n’en perdait pas une miette. L’envie de se glisser vers lui et l’arrêter dans ses gestes, l’empêcher de se vêtir plus et de la laisser le contempler plus amplement, voire plus, lui prit et fit rage un long moment en elle. Il avait tout pour plaire, elle ne pouvait le nier. De toute manière, il éveillait en elle tellement de désir qu’elle n’aurait pu mentir sur eux. Toujours intéressée, elle continua de le dévorer du regard, allant même jusqu’à faire la moue quand il passa la chemise qu’elle lui avait ramenée. Il aurait très bien pu rester torse nu… Cela aurait été loin de lui déplaire. Il la privait bêtement de son torse si parfaitement sculpté. Elle s’imaginait encore se reposer contre lui et en apprécier cette fois-ci toute sa musculature, quand il déclara qu’il allait s’occuper de sa jambe. Elle ne comptait pas l’en empêcher mais elle sentait déjà le pire arriver. Docilement elle resta assise et l’observa faire. Elle frissonna de nouveau au contact de ses mains, il devait ignorer qu’il risquait à chaque fois de la rendre folle. Son regard se fit d’autant plus intense, se rendait-il compte de ce qu’il faisait ? Certainement pas. D’un autre côté elle était également mal placée dans ce domaine... Elle l’avait bien dérangé dans sa douche, en oubliant au passage la portée de son interruption et le cadre. Sagement, elle resta à l’observer, ses yeux le fixant avec une ardeur non dissimulée. Cependant, le brun semblait bien trop occupé par sa jambe et sa blessure. Elle le vit grimacer, la forçant à pencher la tête quelque peu pour regarder sa propre jambe. Ce n’était pas si horrible, il dépréciait pourtant l’état de son extrémité meurtrie.

Le suivant toujours tranquillement du regard, ne ratant aucun de ses gestes et restant attentive à chaque expression et mots qu’il prononçait, elle l’observa s’emparer de quelques bandages. Parfaitement à l’aise avec l’idée de se laisser faire et de rester plus tranquille, la mafieuse posa ses mains un peu plus en arrière et le regarda faire avec le même grand intérêt. Finalement, l’idée qu’il s’occupe d’elle lui devenait de plus en plus plaisante. Elle n’en arrivait pas au stade à vouloir se faire mal, mais la perspective lui semblait moins douloureuse si de tels soins l’attendaient à chaque fois. C’était sans mal qu’elle acceptait de se livrer à ses mains expertes et si réconfortantes. Un sourire passa sur ses lèvres quand elle songea qu’il avait des doigts de fée. Son esprit s’égara même à imaginer ses mains faire autre chose que simplement effleurer sa cuisse pour bander sa jambe. Un soupir las sortit de ses lèvres et elle pencha un instant la tête en arrière pour calmer ses ardeurs. Il la rendait réellement folle sans même le vouloir … Elle n’osait imaginer dans quel état elle finirait s’il décidait un jour de s’y appliquer pour de bon.

Il ronchonna quelque peu, la ramenant à la réalité et braquant son regard de nouveau sur lui. Elle, irresponsable et irrécupérable ? Finalement, il la cernait assez bien. Un sourire gêné, des plus adorables et des plus désolé, dont elle seule avait le secret, arbora ses lèvres. Elle se savait cas désespéré, beaucoup lui avaient déjà reproché d’être trop impulsive et pas assez en retrait. Mais elle n’y pouvait rien, elle était ainsi faite. Elle ne s’écoutait pas, et lâchait rarement l’affaire très facilement… Allant même à être têtue et bornée sans mal. Cependant, le sourire du brun lui fit dire qu’il avait beau la réprimander, il savait aussi pertinemment que cela faisait son charme. Tout comme la mettre à mal avec si peu, semblait être un don du brun. Son bref baiser et sa main dans son dos l’électrisèrent à nouveau. Il voulait vraiment qu’elle craque, ce n’était pas possible autrement… Pourtant il faisait toujours cela avec une tendresse palpable et attendrissante, voulant bien faire et lui apporter l’aide qu’elle s’était au final toujours évertuée à refuser. Elle avait pour habitude de se débrouiller au plus possible, c’était souvent synonyme de bidouillage mais ça lui allait. Elle n’avait connu que ça durant son enfance. Cependant, au contact du brun elle avait envie de se laisser un peu aller, de se laisser dorloter et aimer plus qu’elle ne l’avait jamais été.

Toujours docilement elle se leva, s’aidant de la présence du brun, et elle attrapa simplement le pantalon qu’elle avait ramené pour elle avant de le suivre hors de la salle de bain. En soit elle arrivait très bien à marcher. Certes plus ou moins, vu qu’elle avait quelque peu abusé en allant chercher des vêtements. La boiterie passerait bien d’ici une heure ou deux… Ce qui l’embêtait plus c’était le regard de Rai, il ne devait surtout pas la prendre pour une inconscience. Pas quand elle essayait de veiller sur lui. Si elle agissait sans réfléchir de nouveau, se faisant mal à cause de ça, il allait finir par croire qu’elle n’était clairement pas capable de prendre soin de lui… Alors elle ne broncha pas. Le regard de son amant lui confirma qu’elle n’avait qu’à bien se tenir. Elle s’assit donc, toujours avec son aide, sur une chaise de la cuisine et grogna à son tour quelques mots incompréhensibles, dans sa barbe. Ça l’embêtait qu’il nettoie ses bêtises… Il n’avait pas à les assumer pour elle.

Combien de temps tenu la blonde sur la chaise ? Peu. Elle prit le parti de passer le pantalon pour s’occuper quelque peu, mais bien vite elle se sentit embêtée de nouveau. Elle regarda le brun faire avec attention. Le spectacle en lui-même ne lui étant même plus suffisant. Aurait-il été torse nu, tout aurait été différent. Elle poussa un soupire et se leva de nouveau. Après quelques pas, elle se plaça à son niveau et commença à nettoyer et ranger ce qui avait été mis en désordre au niveau du plan de travail. Comme pour prévenir les reproches de son partenaire, elle prit la parole.

« Je ne me baisses pas, je peux au moins faire ce qu’il y a là… On ira plus vite à deux. »

Effectivement, ils avaient toujours formé une bonne équipe lors de leurs dernières péripéties communes. Il en était surement de même pour nettoyer une pauvre cuisine et faire à manger… Et ce fut le cas, le ménage fut rapidement plié. Une fois cela fait, elle voulut à nouveau se lancer dans la confection du diner mais renonça. Elle ignorait pourquoi, mais elle sentait déjà le brun protester et le mettre de mauvais poil ne lui faisait aucunement envie… Elle se sentait quelque peu fatiguée après sa douche improvisée et tant d’émotions. Elle pourrait surement lutter plus demain mais pas aujourd’hui, elle passait son tour. Alors tout comme précédemment, elle prit appui sur le plan de travail pour se soulever quelque peu et s’asseoir sur ce dernier, s’assurant ainsi de pouvoir rester vers Rai et de l’assister au cas où.

Tranquille sur son perchoir elle attrapa quelques petites tomates qu’elle avait acheté et entreprit d’en dévorer quelques-unes en attendant. Finalement, l’appétit venait. Surement parce que la situation était désormais plus simple depuis le réveil de Rai et qu’il se montrait si doux envers elle. Grignotant ses tomates, par ci par là, elle prit de nouveau le temps d’examiner le brun. Il semblait vraiment aller mieux, ça lui faisait grandement plaisir. Elle avait eu peur qu’il fasse l’objet de graves séquelles quand ils étaient rentrés. Sans réfléchir elle leva une main vers son visage et dégagea quelques mèches de celui-ci.

« Tu as meilleure mine… Je suis contente. »

Ses doigts s’aventurèrent encore sur ses traits, partant parfois plus loin dans ses mèches. Elle vérifia ainsi que tout allait bien également par rapport aux blessures qu’il avait subi à la tête. Tout était rentré dans l’ordre… Son regard se posa de nouveau sur son épaule et s’y attarda.

« Je suis vraiment désolée… »

Elle ne pouvait s’empêcher de se sentir encore coupable de son état. Il avait pris une balle pour lui venir en aide, il avait été poussé à la limite de ses capacités et de sa force… Elle n’oubliait pas également l’état du cadavre qu’elle avait découvert en bas de l’appartement. Il avait été poussé à accomplir des exploits pendant qu’elle s’était faite bêtement capturer. Elle ne lui avait pas demandé ce qu’il s’était réellement passé, mais elle l’imaginait sans mal. L’état de sa tête ne pouvait venir que de là… Le constat devenait lourd. Une balle et une tête fracassée par sa faute.

« Tu as tellement fini mal en point par ma faute… »

Son regard se fit un instant plus triste, comme si elle était happée de nouveau dans ce maudit tableau. Puis elle se rappela leur entrée dans ce dernier. Au final elle l’avait également mis à mal. C’était elle, la première, qui avait commencé à le frapper. Ses joues se teintèrent légèrement d’une couleur cramoisie. Elle se fit plus gênée et montra sa propre joue pour s’excuser.

« Même de ça… Je t’ai un peu mis à mal en premier… »

Timidement elle se gratta l’arrière de la tête, il fallait qu’elle revoie ses réactions. Elle était un peu trop spontanée et extrême avec lui. Même elle se demandait bien ce qu’il lui avait pris de réagir comme ça. Elle eut un léger rire nerveux.

« Si jamais… Tu m’en dois plus d’une. Si tu veux te venger, tu en aurais le droit. »

Elle le pensait bien incapable de lever la main sur elle, néanmoins elle ne l’aurait pas volé si jamais. Combien de fois avait-elle été trop fort avec lui ? Elle se mit à les énumérer dans sa tête et soupira par la suite, toujours mal à l’aise de ses gestes.

« Désolé pour la gifle, le coup de poing, l’agression que tu as subie, la balle…. Et les horreurs que je t’ai dites. »

Elle n’oubliait pas le rôle qu’elle avait dû jouer quand elle avait voulu lui offrir une porte de sortie au péril de la sienne. Elle avait été contrainte de lui dire quelques horreurs et de se comporter de manière odieuse, et cela pour mettre le plus de chances de son côté, pour s’assurer plus ou moins qu’il veuille partir et s’en sortir sans elle. Le deal avait été clair.

« Je croyais qu’un seul de nous deux pouvait sortir de là. Je voulais que ça soit toi. C’est pour ça que je t’ai donné la carte et j’ai été si… horrible avant de partir. »

Elle ignorait si évoquer une nouvelle fois le tableau était une bonne idée, mais il était peut-être bon qu’ils éclairent quelques zones d’ombre… Elle était plus que reconnaissante qu’il se soit au final montré si patient avec elle, qu’il soit resté et l’ai secourue. Et s’il était finalement parti ? Comment tout cela aurait fini pour elle ? Elle s’imagina le pire sans mal. Une fois Rai parti, elle se serait retrouvée seule à la merci de leur kidnappeur. La suite n’était pas dure à imaginer non plus et lui donna la chair de poule. Les marques sur son cou la lancèrent à nouveau, comme si on le lui serrait de nouveau et elle y porta une main rapidement pour s’assurer que ce n’était pas le cas. Elle ignorait pourquoi ces stupides marques violacées la lançaient par moment, comme s’il s’agissait de brulures au plus profond de sa chaire. D’ailleurs, en était-il pareil pour Rai ? Souffrait-il encore de manière lancinante du côté de sa tête ou de son épaule ? Elle se demanda un instant ce qu’ils avaient bien pu faire pour mériter de tels sorts à chaque fois. Certes, le dernier en date lui incombait largement. C’était d’ailleurs toujours pour ça qu’elle fixait le brun avec un air désolé.  




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MessageSujet: Re: A little rest    Dim 20 Mai - 20:48



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



Ne pas avoir peur.
Lorsque les dires de Mizeria résonnèrent, et lorsqu'elle aventura une main sur le visage de Rai, s'en allant chasser les quelques mèches qui menaçaient d'obstruer le regard du mafieux qui s'improvisait cuisinier, ce dernier ferma momentanément les paupières, s'abandonnant à cette caresse à la fois étrangement suave et fugace. Il s'exposa ouvertement et irrémédiablement, appréciant les doigts qui glissèrent le long de sa peau jusqu'à s'aventurer au sein de sa toison jais. Il laissa la jeune femme poursuivre son bref examen médical, ne souhaitant pas se détourner ou se cacher dans le but de lui épargner une angoisse ou une anxiété qui auraient été disproportionnées. Il allait mieux... Bien mieux. Grâce à elle. Elle devait en prendre conscience. Cela n'était pas encore le cas, manifestement... S'il écouta bel et bien ses mots, il sembla dans un premier temps davantage focalisé sur sa main, si douce et si chaude, si agréable. Après le déferlement de sentiments et toutes les péripéties qui avaient eu de quoi l'exténuer, le blessé sentait enfin son corps tout entier se détendre, se débarrasser d'une pression colossale, engrangée et amplifiée par le temps qui s'écoulait inlassablement, emmenant à lui davantage de déboires et de déconvenues. Tout cela appartenait au passé, désormais... Sa solitude, sa peur, sa douleur, tout venait d'être balayé d'un revers de la main de cette gracieuse Leone, tout comme elle avait pu écarter les mèches rebelles de son indomptable chevelure avec cette charmante délicatesse qui était sienne, et qui jurait avec son tempérament flamboyant, lui octroyant davantage encore de profondeur et d'intérêt aux yeux de l'Auditore. Elle devait le savoir. Tout ce qu'elle avait fait pour lui de néfaste avait été très largement compensé par sa présence, par sa seule présence. Aurait-elle hurlé sa haine sur le Nagafuse des jours durant, l'aurait-elle méprisé et abhorré pendant des années, l'aurait-elle roué de coups qu'il n'en aurait jamais pu se résoudre à la haïr. Elle venait de le reconstruire, de rétablir un semblant d'équilibre et d'honnêteté en son sein... Il n'était plus cet être gris et sournois qu'il avait si longtemps exécré. Plus grâce à elle.

Ne pas avoir peur.
Les paupières du jeune éphèbe s'ouvrirent finalement tandis qu'elle prolongeait ses excuses, accompagnant ces dernières d'un regret palpable et qui manqua de lui briser le cœur. Il ne supportait pas de la voir en si piteux état... Pas pour lui. Pourtant, le noiraud se fit violence. Il ne voulait pas la couper, pas l'interrompre sèchement. Elle ne le méritait pas non plus. Rai savait que les mots qu'il pouvait formuler ne permettraient jamais de la rassurer pleinement... Il savait instinctivement qu'il était important, pour la jeune femme, de formuler les reproches qu'elle entretenait à sa propre personne, et ce à voix haute, à la face du principal intéressé. Le faisait-elle davantage par égoïsme plutôt que par crainte de le voir lui tourner le dos ? Le mafieux n'était pas certain de pouvoir aller jusque-là. Mais il lui semblait bel et bien véritable, en revanche, qu'elle avait la nécessité d'y revenir et de s'y appesantir plus lourdement. Aussi conserva-t-il le silence, stoïque et immobile, tandis qu'elle explicitait ses grossièretés, au sein du tableau, en lui apprenant qu'elle avait simplement voulu l'écarter précipitamment de cet enfer. Pouvait-il lui en vouloir ? Bien sûr que non... Par ailleurs, cela faisait longtemps que le Gardien du désert avait abandonné l'idée de cultiver contre elle une quelconque rancune. Elle ne le méritait aucunement. Toutefois, le sujet semblait tenir au cœur de sa belle... Toujours impassible, quasiment apathique, le Nagafuse reposa le couteau qu'il tenait jusqu'ici avec délicatesse et se tourna plus entièrement en direction de la demoiselle pour lui faire face, à l'instant même où elle perdait l'une de ses mains sur le stigmate qu'affichait son cou, témoin indéniable de l'horreur qu'elle avait enduré, et qui aurait assurément pu aboutir sur un désastre innommable. Il eut une moue instinctive, qu'il ne parvint contre toute attente pas à refréner, puis ferma les paupières durant un instant des plus succinct, avec pour seul but celui de se remémorer la maxime qu'elle avait annoncé si naïvement, et qu'il brandissait pourtant désormais avec une conviction infaillible.

Ne pas avoir peur...
Il pouvait se tromper. Bien sûr, le mafieux n'était pas du genre à verser dans l'indélicatesse, ou dans la grossièreté. Même alors qu'il revêtait un masque faux et feint, il n'avait jamais été stupide au point de confondre la fougue amoureuse et la stupidité agressive. Mais il pouvait se tromper. Risquait-elle d'être frustrée ou agacée, si ses gestes outrepassaient sa pensée ? S'il réalisait un faux pas, ou s'il formait simplement un mouvement susceptible d'être mal perçu par Mizeria ? Peut-être... Mais il devait croire en elle. En sa capacité à voir clair au travers de sa maladresse, de son manque de pertinence en la matière... Il ne devait pas avoir peur. Non sans une lenteur lascive, Rai se rapprocha donc de la Leone, se glissant subrepticement entre ses deux jambes. Sans crier gare, il vint placer sa main gauche dans le dos de la mafieuse, dans le but de l'entraîner délicatement à lui, sans se montrer trop brutal ni trop autoritaire d'aspect. Sa main droite, quant à elle, s'en alla quérir le poignet que la jeune femme avait égaré, aux abords de son cou. Il l'en écarta puis, non sans douceur, vint déposer ses lèvres sur la marque des mains que l'autre pourriture avait laissé là, en guise de souvenirs funestes. Si l'Auditore frissonna en sentant leurs deux corps s'épouser un bref instant, du torse à l'abdomen, en passant par les deux cuisses de la jeune femme qui encadraient désormais sa taille, il revint bien vite à l'instant présent en se concentrant sur les quelques mots qui lui venaient à l'esprit, et qui susurra directement à même la peau violacée, comme un baiser aux vertus curatives.

-Je me fiche de tout ça... Oublie. Oublie tout. Recommençons... Ensemble. Sans penser à personne. Sans penser à rien. A rien d'autre qu'à nous... Tu es là. Je suis là. Je suis tien... Tu es mienne. C'est tout ce qui compte, maintenant...

Puis le Nagafuse écarta momentanément son buste de celui de Mizeria, dans l'optique de pouvoir échanger avec elle un regard vibrant d'émotions. Son propre teint avait légèrement rougi, sous l'effet de cet aveu qu'il n'avait pas cru pouvoir formuler aussi vite et aussi promptement. Il n'avait pas eu peur. Il s'était raccroché aux dires de sa belle, dans le but de ne pas la décevoir. Car elle méritait qu'il soit lui, qu'il s'assume pleinement, qu'il lui offre sans plus tarder toutes les facettes de sa personnalité. Le noiraud ne savait : il ne pourrait pas lui livrer ses histoires les plus sordides avant de longs moments. Mais s'il ne pouvait pas assumer l'être qu'il avait été... Il se devait d'assumer, en revanche, l'être qu'il était actuellement.

Le cœur en suspend, Rai s'abandonna à un autre baiser, qu'il initia non sans la même lenteur que précédemment. Ses paupières closes, il se fit cette fois-ci néanmoins légèrement plus entreprenant, légèrement plus aventureux. Il se surprit même à mordiller l'une des lèvres de sa cavalière, non sans un amusement candide et bienheureux. Puis, lorsqu'il sentit que c'était assez et qu'il risquait de perdre le fil en s'abandonnant à trop d'ardeur et à trop de fougue, il se contenta de murmurer d'autres paroles, toujours plus doucement, comme s'il avait peur d'intenter seulement à la quiétude de cet instant qui les unissait si paisiblement.

-Tu peux bien me frapper ou m'insulter... Tu ne me briseras jamais plus que tu ne m'as reconstruit. Je ne t'en voudrai pas... Jamais.

Il déposa son front contre celui de la Leone, tout en conservant ses paupières irrémédiablement fermées. La main qu'il avait égaré dans le dos de la belle glissa, douce et intrépide, jusqu'à reposer sur l'une de ses hanches, comme pour la convier à resserrer leur étreinte et à briser définitivement le peu d'intimité qu'ils ne partageaient pas encore. Il avait envie d'elle... Était-ce raisonnable ? Il n'en savait rien. Les sentiments tourbillonnaient si férocement en son sein qu'il n'était, dans l'absolu, pas bien certain de les analyser correctement. Le désir, l'amour et l'affection se supplantaient et s'additionnaient dans une course des plus folles, dans un embrouillamini insoluble qui le rendait sot. Sans vraiment qu'il ne soit capable de s'en rendre compte, son souffle se fit plus court, plus bref, plus spontané, tandis que son cœur s'emballait à la simple perspective d'un échange plus fusionnel. Il redoutait cet instant, autant qu'il le désirait ardemment...
Aveuglément, il tâcha d'entrelacer les doigts de leurs mains unies, afin de sentir toujours plus de la Leone contre lui, afin de se couvrir d'elle et de toute la tendresse qui émanait de son être si doux. Puis il ouvrit à nouveau les paupières, sans chercher un traître instant à reculer son visage, prenant un malin plaisir à entremêler leurs souffles et à effleurer ses lèvres des siennes sans cesse, au moindre frémissement. Il n'avait plus la moindre intention de bouger et de la quitter... S'il l'avait pu, il aurait certainement choisi de demeurer ici pour l'éternité. Contre elle. Sans songer à rien d'autre qu'à la beauté de ses yeux...


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MessageSujet: Re: A little rest    Lun 21 Mai - 13:16

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Mizeria lui avait ouvert son cœur au sujet de ses regrets. La liste était longue. Dès qu’elle avait commencé le constat, elle s’était rendue malheureusement compte que le brun avait souvent souffert par sa faute. De leur première rencontre jusqu’à maintenant… Elle souhaita fortement pouvoir tout effacer. Et elle ignorait réellement comment faire amende honorable et réparer toutes ses erreurs, panser les plaies qu’il avait subi à son contact ou par sa faute. Son regard aux lueurs tristes ne cessait de se poser sur le brun. Elle avait l’impression de se faire engloutir, dans tous ses remords tellement elle le portait si précieusement dans son cœur. Était-ce là le véritable amour ? Il y avait des chances.

Quand il posa le couteau, elle eut à nouveau peur qu’il se détourne d’elle et s’en aille. Il y avait là une crainte viscérale dont elle ignorait la réelle origine… Peut-être était-ce dû à l’affaire d’Ox, où elle aurait tant aimé le garder auprès d’elle, se ressourcer à son contact. Son être trouva la paix quand elle remarqua qu’il se tournait davantage vers elle et se rapprochait même. Son cœur manqua un battement quand doucement il écarta ses jambes pour se mettre entre ses cuisses. Une teinte cramoisie vint colorer ses joues quand il rajouta une main derrière son dos et la tira contre lui. La blonde eut l’impression, un instant, que le temps s’était arrêté, et qu’il prenait son temps pour repartir. Le souffle coupé, elle suivit tous ses gestes et les ressentit au plus profond de son être. De la manière dont il écartait doucement son poignet, pour se coller de manière plus séductrice contre elle, et de ses lèvres se posant délicatement dans son cou. Elle se mordit la lèvre, réprimant un gémissement. La sensation de brûlure s’estompa d’un seul coup, comme si ses lèvres avaient un pouvoir miraculeux. Elle avait de toute évidence bien trop chaud d’un coup pour se concentrer sur une bête douleur. Ses yeux se fermèrent au contact, la laissant apprécier l’instant de tout son soûl. Elle y trouvait là plus de réconfort qu’elle ne l’aurait jamais, et elle ne désirait que s’abandonner à ce simple moment. Rai la coupa dans son sentiment de plénitude en faisant ricocher son souffle contre sa peau meurtrie et en prenant la parole. Les mots qu’il lui adressa firent profondément écho en elle. Elle garda les yeux clos, frissonnante, les laissant résonner en elle comme pour mieux les graver, pour ne jamais les oublier. Tout comme cet instant, tout comme lui tout entier. Elle voulait graver en elle chaque fragment de ce moment. Les regrets s’envolèrent, s’échappèrent même, dans la seule larme qu’elle versa. Ses yeux se firent larmoyants et elle sentit sa respiration se faire plus difficile. Néanmoins, elle ne devait pas pleurer. Pas après qu’il lui ait dit tout ce qu’elle rêvait d’entendre… Elle le laissa, à contre cœur, se détacher d’elle, posant de nouveaux ses yeux pleins de larmes sur lui. Une autre larme coula, et tout comme lui précédemment, elle finit sa course sur ses lèvres qui se muèrent en un tendre sourire.

« Merci… »

La jeune femme l’avait soufflé à mi mot, presque religieusement. Elle le regarda amoureusement, ses yeux exprimant désormais toute l’affection et les remerciements dont elle voulait le couvrir. Son être, frissonnant encore au doux souvenir récent, de ce qu’il avait fait et dit. Jamais elle n’oublierait cet instant, elle se le jura. Elle eut un léger rire en remarquant que le brun rougissait également, elle n’avait plus sa teinte cramoisie, mais elle devait toujours être dans un dégradé plus rougeoyant que le sien. Elle le laissa faire, le laissant maitre de l’instant, quand il posa ses lèvres sur les siennes. Une nouvelle fois elle sentit son ventre se tordre, son désir en monter, se propager dans ses veines et irradier dans tout son corps. Elle resta cependant sur ses réserves les premiers temps, ne voulant pas prendre le risque de briser un moment si beau. Elle le sentit plus à l’aise, plus demandeur qu’elle ne l’aurait pensé. Et elle ne sut que grogner un peu quand il mordilla sa lèvre et se retira. Une nouvelle fois il prit la parole et elle resta silencieuse, à l’écouter là, comme s’il énonçait les vérités les plus bouleversantes qu’elle n’ait jamais entendu. La mafieuse resta interdite face au point de vue de son partenaire. Elle l’avait reconstruit ? C’était trop d’honneur… Non elle ne voyait pas les choses comme ça. Tout ce qu’elle avait mis à jour avait toujours été en lui, elle n’avait, à la limite, que mis le feu aux poudres pour enfin lui permettre d’être lui-même… Elle se souvint alors du Rai qu’elle avait rencontré, de leurs premiers instants, de leurs premiers échanges… Qui aurait cru. Elle le fixa, tandis qu’il déplaçait une de ses mains sur sa hanche. Elle sentit son souffle plus court et remarqua par la même occasion que le sien c’était fait également plus disparate. Comment diable arrivait-il à la mettre dans un tel état ? L’espace un instant elle crut qu’il le savait pertinemment. La manière dont il venait la taquiner de son souffle, comment il effleurait ses lèvres des siennes d’une manière presque trop provocante. Et son regard. Elle ne sut combien de temps elle resta ainsi, son regard planté dans celui de son amant. Elle y voyait à présent tellement de nouvelles choses. Le temps où elle n’y voyait que regrets et amertume semblait révolu. Pour elle qui trouvait toujours que les yeux étaient le reflet de l’âme, elle se trouvait là troublée, perdue dans l’immensité des yeux onyx de cet homme qui prenait de plus en plus de place dans sa vie. Quant à son regard à elle ? Surement indescriptible. Il devait s’y trouver un mélange d’amour, d’émotion, d’anticipation et d’excitation. Elle resta là un long moment à se dire qu’elle était réellement folle de lui. Doucement elle se détacha enfin quelque peu de lui mais pour une fois de plus passer une main sur son visage. Murmurant alors ses pensées.

« Comment tu fais ça... »

Ses doigts s’aventurèrent de nouveaux dans ses mèches, pour revenir ensuite dessiner chacun de ses parfaits traits. Son autre main lâcha enfin la sienne pour qu’elle puisse s’appuyer quelque peu et combler les quelques centimètres qui les séparaient. Elle entrelaça ses jambes autour de sa taille, l’empêchant irrémédiablement de fuir si jamais l’idée l’effleurait. Elle en doutait, et le but même n’était pas là. Elle voulait simplement le tenir au plus près d’elle, comme si ce n’était jamais assez suffisant. Son pouce passa doucement sur ses si attirantes lèvres et elle sourit. Son autre main se leva doucement et aida la deuxième à pousser une bonne fois pour toute toutes les mèches rebelles du bel apollon en arrière, appréciant de ce fait tout son visage pendant quelques instants. Toujours subjuguée par lui, elle prit néanmoins un air amusé mais néanmoins attendri.

« Oui, comment tu fais.. Pour me rendre si folle… »


Lentement et doucement, elle fondit sur lui ou plus exactement sur ses lèvres, partageant cette fois avec lui un baiser qui se voulait des plus passionnés. Elle abattit ses propres limites et ses réserves, se laissant complètement allée aux envies et aux désirs qui parcouraient ses veines depuis trop longtemps déjà. Elle l’attira encore plus à elle, plaçant une main dans sa nuque, approfondissant de plus belle son baiser. A son tour elle mordilla sa lèvre, comme pour lui rendre la monnaie de sa pièce mais pas sa frustration. Fougueusement elle entraina sa langue dans un ballet des plus sensuels, ne lui laissant aucun répit. La désireuse jeune femme ne s’arrêta que quand elle manqua d’air. Haletante elle le regarda un bref instant. Elle avait envie de lui et prenait le parti qu’il en était de même pour lui. Elle n'avait plus qu'un seul désir, qu'elle oublie au creux de ses bras tous leurs déboires, qu'il remplace les stigmates qu'elle ne supportait plus sur elle, par ses propres marques, qu'il la fasse sienne. Elle chercha quoi lui dire, mais rien ne sorti à part l’envie inexplicable de l’embrasser de nouveau. Indomptable envie qu’elle réalisa. Ce baiser fut plus court, elle préféra par la suite aventurer ses lèvres le long de sa mâchoire, comme pour toujours enregistrer chacun de ses traits. Sa main descendit plus bas dans sa nuque et s’aventura quelque peu sous sa chemise. Il était trop tard pour reculer, elle n’en aurait pas été capable. Tout simplement parce qu’elle le voulait trop. Avec toujours autant de désir, elle parcourut cette fois ci son cou de baiser, le mordillant parfois à quelques endroits et remontant du creux de ses clavicules jusqu’à son oreille. Elle se fit plus lente dans ses gestes et ses baisers, elle voulait profiter à nouveau de chaque instant et non se presser. Elle mordilla doucement le lobe de son oreille, tandis que ses bras le pressaient toujours d’avantage contre elle. Son ton se fit plus joueur également.

« Je t’ai tellement maltraité… Je ne compte pas te détruire, loin de là… Mais plutôt te donner enfin tout ce que tu mérites de bien. Même si je ne sais pas dans quel état tu vas finir après ça…. »

Il y avait dans ses mots, une dose de jeu qui dissimulait la réalité, à moitié explicitement dite, elle comptait bien œuvrer corps et âme pour lui offrir le meilleur du monde, quittes à justement se battre contre le monde entier. Seul lui importait désormais. Et elle comptait également le couvrir d’amour et de tendresse jusqu’à qu’il ne puisse plus le supporter, elle en avait à revendre, plus qu’il ne devait l’imaginer. Une de ses mains descendit plus bas sur son torse mais fut rapidement arrêtée par sa chemise. Elle eut un léger éclat de rire à nouveau mais qui se voulait des plus sensuels, restant à son oreille encore quelques instants.

« Rai… Tu joues avec le feu tu sais… »


Elle se détacha de lui, l’air toujours amusée et amoureuse. Rien que prononcer son nom la rendait folle. Le dire pendant des heures ne l’effrayait même pas, c’était trois lettres qui roulaient tellement bien sous sa langue et sonnaient si agréablement à ses oreilles. Elle plongea ses yeux dans les siens tandis que ses deux mains se rejoignirent sur son torse. Ses yeux restèrent braqués sur lui tandis qu’elle commença à déboutonner doucement sa chemise. Cette fois ci il n’y avait plus de douceur dans ses gestes, juste une lenteur incroyablement contrôlée. Elle comptait bien, si possible, le rendre fou quelque peu, et se faire toujours plaisir sur le moindre instant. Elle savait pertinemment qu’il aurait toujours une emprise monstre sur elle, ne serait-ce qu’en faisant de bêtes et simples choses non réfléchies… Mais elle voulait au moins essayer de se venger un peu, de lui faire également perdre la tête, tout comme elle perdait la sienne par sa faute. Elle arriva enfin à la fin des boutons et lui enleva le morceau de tissu toujours aussi sensuellement, le faisant tomber doucement à côté d’eux. Elle afficha un air satisfait à la vue qui s’offrait désormais à elle.

« Tu n’as même pas à faire quoi que ce soit en fait… »

Oui elle ignorait comment il faisait pour la rendre folle. Mais la réponse était de plus en plus simple à ses yeux, il lui suffisait juste d’exister. Sa simple existence la mettait en émoi. Ses mains parcoururent de nouveau son torse et elle l’embrassa de plus belle, toujours aussi amoureusement.




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MessageSujet: Re: A little rest    Mar 22 Mai - 8:56



Parce que c'était elle. Parce que c'était moi.



De leurs baisers et de leurs étreintes naquirent des sentiments si intenses et si voraces que le noiraud eut du mal à les estimer à leur juste valeur, comme si leur portée et leur envergure étaient trop monumentales pour qu'il ne parvienne à en prendre pleinement connaissance en un regard. S'il avait déjà eu l'occasion de plonger dans la luxure, s'il avait déjà bouilli d'excitation et s'il avait déjà éprouvé du plaisir jusqu'à en trembler, il se rendait compte que jamais, ô grand jamais il n'avait eu la chance de se sentir en proie à une passion viscérale et singulière, l'unissant à un autre être, à une autre entité, à une autre personne. C'était la première fois... La seule et l'unique fois où il était tombé dûment amoureux, et où il en avait pris pleinement conscience. Mizeria n'était pas seulement une jeune femme attirante, attrayante et lascive, pleine d'entrain et d'énergie, prête à tout pour préserver ce qui l'entourait, y compris à se mettre en danger : elle était la jeune femme, celle qu'il voulait défendre plus ardemment encore que son rêve inatteignable, celle pour laquelle il aurait pu se ranger et demeurer tranquille jusqu'à la fin de son harassante existence. Elle était la seule à pouvoir le transformer irrémédiablement, le changer en un être nouveau, meilleur. Cette certitude l'ébranla violemment, au moment même où les doigts de la jeune femme vinrent glisser sur son visage, reprenant leurs caresses incessantes et délicates. Docile et humble, à l'écoute des désirs et des envies de sa compagne, Rai ferma les paupières et demeura là, à endurer ces caresses dont il se délectait, non sans sentir croître en lui une chaleur capricieuse et exponentielle. Le constat qu'elle prononça, finalement, sous la forme d'une question si flatteuse et si glorifiante, fut bientôt accompagné d'un baiser qui scella à tout jamais la réponse que le mafieux aurait pu être tenté d'aborder. A la vérité, il n'était pas certain de pouvoir lui offrir des mots d'une crédibilité suffisante puisqu'il n'était même pas certain de savoir ce qui plaisait à cette douce Leone. Ils se connaissaient en fin de compte si peu... Tout était si instinctif, si naturel entre eux deux. L'Auditore n'avait besoin de songer à rien : il agissait, simplement, et cela suffisait à conquérir le cœur de celle qui avait enfermé le sien depuis belle lurette.

Il ne se perdit pas bien longtemps en divagation, toutefois : les gestes charmants de Mizeria le contraignirent à se concentrer davantage sur l'instant présent, puisqu'il souhaitait graver en son for intérieur tous les souvenirs qu'il était susceptible de puiser et de capturer sur le moment. A la suite du baiser étourdissant et galvanisant vinrent d'autres petites attentions, modestes, mais si innombrables qu'il ne sut véritablement où donner de la tête. Finalement, il sembla se figer et se détendre, les derniers résidus de crispation l'habitant encore ayant trouvé une raison de s'estomper sous les assauts de ses lèvres espiègles. Son bassin s'enflamma sèchement et vigoureusement lorsqu'il se rendit compte qu'elle l'avait prise au piège, et qu'il n'avait plus même l'opportunité de se soustraire à sa douceur touchante. Pourtant, il ne lutta pas, ni ne protesta : elle l'avait déjà définitivement dompté et il le montra bien assez tôt en s'en retournant à une posture plus passive et moins aventureuse qui, finalement, lui convenait tout autant. Tandis qu'elle s'attelait à le dévêtir avec une lenteur marquée, laquelle prenait assurément une portée érotique, le noiraud vibra et frissonna avant de se sentir contrait de se mordre la lèvre inférieur pour contenir à grand peine un râle d'envie, honnête et direct quant à la nature insoutenable de l'ardeur qui l'habitait et qui ne cessait de croître. Pourquoi se montrait-elle si précautionneuse ? Si nonchalante ? Il avait envie d'elle... Maintenant, ici. L'esprit embué, le Nagafuse parvint envers et contre tout à se rendre compte du fait qu'il était désormais capable de tirer au clair les émotions qui s'intriquaient jusque-là si parfaitement qu'elles étaient capables d'obscurcir son jugement et de le rendre inapte à la réflexion. Le tourbillon de désir, d'amour et d'affection n'en était finalement pas un : tout était lié, et tout resplendissait au travers de son être tandis qu'elle le couvrait de louanges et d'une attention des plus gracieuses. Il était fou d'elle... Et ce sur tous les plans.

Lorsqu'elle vint enfin à bout du tissu qu'il avait revêtu à la hâte, elle accompagna son observation malicieuse de quelques mots qui achevèrent de lui faire tourner la tête et de le déboussoler. Comptait-elle le réduire à une posture inactive, à simplement profiter de la fougue qui abondait en elle ? Il en avait l'impression, et la plus stricte des convictions... Pourtant, le noiraud ne pouvait s'y résoudre. Pas cette fois... Pas maintenant. Il voulait s'unir à elle avec toute la complicité qu'ils étaient susceptibles de déployer, l'un envers l'autre. Il voulait lui montrer que l'amour qu'il lui portait n'était pas simulé, n'était pas usurpé : il avait ce besoin d'être transparent, d'être lui-même, et d'assumer la moindre de ses pulsions. A bien y songer, il se souvint que Mizeria avait toujours été relativement directive et autoritaire : son tempérament tête brûlée y était pour beaucoup, assurément, là où son cavalier était à la fois plus timoré et plus réfléchi. Songer à tout ralentissait, cela allait sans dire... Sauf que cette fois, le mafieux n'avait pas la nécessité de songer à tout. Il n'en avait pas même l'envie... Exceptionnellement, il souhaitait montrer à la Leone qu'il était, lui aussi, susceptible de prendre des initiatives conséquentes et de les brandir avec fermeté. Ses mains revinrent donc se positionner de part et d'autre de la taille de la criminelle tandis qu'il pressait avec assurance leurs bassins l'un contre l'autre, réduisant à néant le peu d'espace qui aurait pu demeurer là, et la condamnant à ressentir l'excitation dont il était épris sans pouvoir la constater davantage.

-Dans ce cas, je n'ai aucun mérite... Je dois me montrer digne de cette chance qui est mienne...

A son tour, l'Auditore plongea subrepticement sur la Leone pour venir déposer ses lèvres sur son cou, à nouveau, et non sans une tendresse colossale. Il mordilla sa peau amoureusement, lui rendant la fougue qu'elle avait déchargé à son égard un instant plus tôt, puis entreprit d'embrasser son menton. Dans le même temps, soucieux de la couvrir de faits et de gestes distincts, souhaitant l'harasser sur plusieurs plans simultanément et la pousser ainsi à la plus lascive des folies, il glissa ses mains sous son haut et se mit à caresser suavement sa taille nue, directement, sans s'encombrer du moindre voile du tissu qui aurait été susceptible d'entraver son déferlement bouillonnant d'impétuosité. Puis il entreprit de tirer progressivement le vêtement vers le haut, non sans au passage lui voler un baiser des plus succincts, certes, mais aussi et surtout des plus transis. Il vint à son tour lui susurrer quelques douces paroles juste à l'oreille, arborant un sourire qui, en d'autres circonstances, aurait pu s'avérer glaçant, mais qui ne faisait cette fois-ci écho qu'à l'ardeur qu'il ressentait à l'idée même de la dominer.

-Et pour m'en montrer digne... Crois bien que je suis prêt à tout...

Allait-elle le laisser éternellement prendre les devants, intrépide et inépuisable, ou allait-elle se montrer farouche et récalcitrante, lui opposant résistance jusqu'à obtenir ce lui tout ce dont elle pouvait rêver ? Cette question plut tant au noiraud qu'il se sentit quasiment défaillir devant la perspective enivrante qu'elle tâchât sans cesse de lui rendre la monnaie de sa pièce. Une union fusionnelle... Combien de temps durant n'avait-il songé seulement y rêver ? C'était là une ambition qui, jadis, lui semblait démesurée... Mais qui, désormais, lui apparaissait comme étant nécessaire et même inévitable. Mizeria et lui n'étaient pas simplement deux amants débauchés, deux âmes en peine ayant eu la chance de se découvrir et le plaisir de se sonder mutuellement... Ils étaient bien plus que ça. Il lui semblait qu'ils n'étaient ni plus ni moins que deux âmes liées, amenées à vivre des instants mémorables et à panser leurs plaies ensemble, jusqu'à ce que la mort les emporte. Et, pour la première fois depuis des années, l'Auditore se surprit à espérer qu'elle était encore loin, cette mort doucereuse qu'il avait parfois tant souhaité apercevoir...
Une légère angoisse, à cette idée, ne put que saisir son corps et faire vaciller sa confiance titanesque, un court instant durant. Pourtant, il en revint bientôt aux caresses amorcées qu'il prolongea d'autant plus : ses doigts, insidieux, poursuivirent leur chemin infatigable vers le haut, la dévêtissant davantage d'instant en instant, non sans prendre le luxe, de surcroît, de dessiner de fins sillons le long de sa taille, puis de ses côtes. Finalement, lorsqu'il l'eut irrémédiablement débarrassée de cet obstacle-ci, il l'embrassa à nouveau, plus fougueusement que jamais, lui rendant le ballet fiévreux qu'elle avait initié quelques secondes auparavant seulement, qui lui paraissaient pourtant être d'interminables minutes. Le mafieux était si concentré pleinement sur le moindre détail qu'il lui semblait que le temps s'étirait, avec une délectation innommable... Et la lenteur licencieuse de sa chère et tendre, bien entendu, ne faisait guère qu'aggraver ce constat.

Entreprenantes, ses mains ne tardèrent guère à reprendre place sur le corps de la demoiselle, sans pour autant s'évertuer à la dénuder davantage, pour l'heure. Tout au contraire, Rai se contenta plutôt de regagner la hanche de la belle de sa main gauche. La droite, néanmoins, se fit plus vicieuse et plus taquine et vint, non sans délicatesse, s'installer sur sa poitrine pour la couvrir de caresses que Mizeria devaient probablement deviner, au travers de son sous-vêtement. Toutefois, au fil du temps, les gestes du noiraud se firent plus marqués et plus hardis, non sans se départir toutefois de sa galanterie assumée. Il rompit le baiser, fébrile et époumoné, puis reposa son front contre celui de la Leone tout en lui glissant quelques mots supplémentaires, moins réfléchis que jamais.

-J'ai besoin de te sentir contre moi... Tu me promets que tu resteras ici, à mes côtés ?

Cette crainte, Rai la savait injustifiée, mais il ne pouvait l'empêcher de le dévorer et de le tourmenter. Que diable ferait-il si elle décidait désormais de le priver de toute la tendresse, de toute la dévotion qu'elle avait jusqu'à présent développé jalousement, à son égard ? Il savait pertinemment qu'il ne serait jamais plus capable de relever la tête... Si elle le délaissait, il serait brisé. Elle était tout ce dont il avait jamais eu besoin... Et maintenant qu'il y avait goûté, il le savait : elle n'était ni plus ni moins que sa raison de vivre et de persister.

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MessageSujet: Re: A little rest    Mar 22 Mai - 22:10

Don’t ask why it has to be you. Just stay with me


Elle parcouru son torse de diverses caresses, profitant de la moindre parcelle de son torse ainsi découvert. L’idée que Rai ne soit qu’à elle la délectait incroyablement. Et ce qu’il avait dit résonnait encore agréablement en son sein. Si une chose était sûre, c’était que la petite blonde acceptait sans mal de devenir sienne. Les choses lui paraissaient tellement naturelles, presque trop logiques et trop belles pour être vraies. Pourtant tout l’était, elle ne rêvait pas même si tout avait l’air d’un mirage incroyablement doux. Jamais elle n’aurait pu imaginer être tant comblée et recevoir autant. Même dans ses rêves les plus fous elle n’aurait jamais songé à ce que Rai puisse lui rendre la pareille. Après l’affaire du savant fou, elle était partie sur un simple constat : que le brun ne la repoussait pas mais n’était pas plus intéressé que ça. Elle s’était alors tristement résolue à enfermer ses sentiments au plus profond d’elle, à tenter de les empêcher de grandir… Désormais elle pouvait les laisser éclore au grand jour, le brun était là pour leur donner assez d’amour pour qu’ils fleurissent sublimement…

Elle se mordit la lèvre quand il l’attira à elle et le regarda avec une passion toujours aussi dévorante au fond des yeux. Elle ne put que sentir que ses pulsions étaient largement partagées, ce qui n’accentua que d’avantage leur emprise. Ses mains se firent plus aventurières, plus innovantes, allant même à passer parfois le bout de ses ongles sur sa peau. Elle se refusait de le marquer, même si elle avait envie de crier au monde entier qu’il était sien et qu’elle ne l’abandonnerait jamais à qui que ce soit. Son excitation ne fit que monter d’un cran quand il prit la parole à nouveau. Il lui offrait là des promesses bien trop alléchantes et elle était curieuse de voir comment le Nagafuse allait se montrer digne... Bien qu’il n’en eu nullement besoin. Il ignorait surement qu’il dégageait instinctivement quelque chose d’enivrant, que par sa simple présence il remplissait la pièce et focalisait toute l’attention de Mizeria sur lui. Quant à mériter… Il ne devait rien mériter du tout ou lui prouver. Elle le plaçait déjà sur un piédestal pour toutes les fois où il lui avait sauvé la vie, et encore plus maintenant qu’il lui faisait voir une vie des plus glorieuses et douces à ses côtés. Il avait su, en quelques jours à peine, la réconforter et lui redonner une force incommensurable. L’idée de vivre sans lui était désormais pour elle insupportable. Jamais plus elle ne pourrait évoluer en se passant de lui… Elle pria simplement pour qu’elle ne l’étouffe pas. Dans cette crainte elle ralentit à nouveau ses caresses, elle ne voulait surtout pas l’effrayer par l’intensité de ses sentiments. Elle-même se sentait déjà dévorée par eux, et elle ignorait si elle était capable de faire preuve de plus de mesure si elle se lâchait complétement… Cependant son esprit fut vite occupé quand le brun fondit sur ses lèvres. Elle ne pensa plus à rien, dévorée cette fois ci par tant de passion. La Leone plongea une main avide dans ses cheveux et le serra contre elle, ne voulant pas rester en arrière. D’autant plus que le brun semblait être parti pour faire preuve de la même fougue qu’elle auparavant. Un gémissement s’échappa de ses lèvres quand il quitta les siennes pour s’occuper de son cou. La zone était encore assez sensible, mais ça ne fit, bizarrement, que la ravir davantage. Elle tenta un premier temps de retenir ses gémissements, de les garder pour elle mais les sensations ne faisaient que se faire trop fortes. Elle s’agrippa à lui. Il pouvait bien lui dévorer le cou, elle ne comptait pas broncher… Loin de là, elle voyait dans son geste une lueur réconfortante de nouveau. Il venait remplacer la monstruosité dont elle avait été victime par une vague de plaisir et d’amour, effaçant tout sur son passage, recouvrant ces maudites marques des siennes.

Mizeria frissonna de tout son être en sentant ses doigts à même sa peau. Il lui offrait là des sensations inédites venant de sa part. Dieu qu’elle aimait ça et se maudissait presque qu’ils aient attendu si longtemps pour échanger de la sorte… Elle grogna quelques peu en le voyant prendre son temps, en le sentant parcourir sa taille puis remonter lentement mais surement vers sa poitrine, la plongeant dans une anticipation des plus insoutenables. Son souffle se fit une nouvelle fois plus irrégulier, complètement captif et dépendant de ses caresses. Elle soupira, prise de bouffées de chaleurs. Ses propres vêtements commençaient à lui donner trop chaud. Son soupir se tut sur ses lèvres une fois de plus. Puis elle sentit les lèvres du brun qui frôlaient désormais son oreille, se muer en un sourire. Une nouvelle fois un énorme frisson parcourut son échine. Elle avait désormais sa réponse. Quand il cherchait volontairement à la rendre folle, il le faisait parfaitement. Il lui faisait tourner la tête, l’étourdissant complètement… Ivre de lui et de ses caresses elle ferma les yeux un instant, se mordant la lèvre pour retenir ses gémissements qui se faisaient de plus en plus lascifs.

Il la libéra enfin de son haut, lui offrant une brève brise de fraicheur avant qu’elle se rende compte qu’elle était simplement fiévreuse. Le feu couvait en elle, immensément brûlant, tout comme ses sentiments exacerbés pour son amant. Son baiser acheva de lui faire perdre la tête, submergée par tant de sensations délectables et enivrantes. C’en était trop pour elle. Trop d’honneur, d’amour, de tendresse, de passion… Elle ignorait si elle pouvait encore en recevoir autant, elle avait l’impression qu’elle allait fondre sous ses doigts et ses lèvres s’il continuait de la sorte. Il allait finir par la consumer alors qu’elle l’avait elle-même défié de jouer avec le feu. Un gémissement des plus intenses échoua une nouvelle fois sur les délicieuses lèvres de l’Auditore quand ce dernier parcourut enfin sa poitrine, répondant ainsi à sa précédente anticipation. Comme ensorcelée, elle l’embrassa plus fougueusement encore, plantant un peu plus ses ongles dans sa chaire, le griffant un tantinet. Elle ressentit surement le manque d’air avant lui mais n’en dit rien, elle pouvait bien mourir d’asphyxie sur ses lèvres. Ça ne la dérangeait pas. Et elle s’en rendit véritablement compte quand il se retira, essoufflé également et colla son front au sien. Ils se regardèrent ainsi, pantelants tous les deux, lisant surement sans mal le désir de l’un dans les yeux de l’autre.

Malgré tout, ce fut surement les dires de Rai qui mirent le coup de grâce à Mizeria. Elle le regarda d’abord surprise, plus longtemps qu’elle ne l’aurait cru d’ailleurs. Son regard cependant, resta plongé dans le sien. Elle chercha vainement les bons mots avant de se rendre compte qu’il n’y en avait pas. La meilleure réponse était celle de son cœur, la plus spontanée possible…

« Rai… Jusqu’à ma mort… »

Elle ne frissonna même pas à l’idée de lui promettre une chose si importante. Elle aurait même pu lui promettre l’éternité si elle en avait eu une quelconque certitude. Oui, l’idée ne l’effraya pas. Elle la fit même sourire, passant une nouvelle fois ses doigts sur ses lèvres. De son autre main, elle positionna mieux la sienne qui se trouvait posée sur sa poitrine, la déplaçant sur son cœur. Elle voulait qu’il sache, qu’il sente, à quel point il faisait s’emballer son cœur. Elle ne pouvait pas lui mentir, jamais elle ne le voudrait. Religieusement elle ferma les yeux, un sourire toujours accroché aux lèvres.

« Je serais toujours auprès de toi.. Aussi longtemps que tu me permets de l’être… Non, même si tu me repousses. Si ça arrive, je n’aurais qu’à te frapper un coup pour te remettre du plomb dans la cervelle »

Elle ouvrit les yeux et ria quelque peu, ce n’était qu’une blague, mais qui se voulait plus légère que tous les regrets qu’elle avait formulés avant. Elle prit sa main dans la sienne et la monta à ses lèvres, y déposant un doux baiser. À l’avenir, elle allait plutôt s’évertuer de le combler d’affection que de coups. Son regard se plongea une nouvelle fois dans le sien.

« Tu l’as bien dit toi-même non ? Tu es là, je suis là, tu es mien et je suis tienne…»

Elle entrelaça leurs doigts et l’embrassa à son tour plus doucement cette fois-ci. Elle le sentait plus fébrile, plus inquiet depuis qu’il lui avait posé cette question. Y avait-il vraiment un moyen de chasser toutes ses peurs ? Elle l’ignorait mais voulait essayer. Tout comme elle souhaitait lui changer les idées, lui montrer que la vie était plus importante que les soucis. Une lueur plus taquine passa dans son regard.

« J’ai aussi besoin de toi contre moi… »

Elle se colla, si c’était encore possible, complètement à lui, resserrant ses jambes autour de lui, faisant heurter leurs bassins de manière provocante. Elle embrassa son oreille, perdant une fois de plus ses doigts dans sa toison de jais. Elle soupira ses mots à son oreille, moins joueuse et plus sérieusement qu’avant. Elle n’avait pas envie de plaisanter avec ça, il en allait de ses propres sentiments qu’elle-même ne voulait pas prendre à la légère…

« Je veux qu’on ne soit plus qu’un… Fais-moi tienne Rai.. Je suis tout à toi, uniquement qu’à toi.. »

Elle se détacha un instant de lui pour le regarder, puis, doucement se rapprocha de lui pour l’embrasser passionnément. Elle ne fit pas preuve de la même fougue qu’avant, mais elle laissa transparaitre dans son baiser tout l’amour dont elle pouvait faire preuve. Il y avait là une explosion de sentiments, un mélange de désir et de joie. Progressivement et doucement, la jeune femme se fit de nouveau plus féroce. Elle mordilla sa lèvre puis retourna parcourir son torse de baisers. Ses mains parcoururent encore son torse jusqu’à descendre à son pantalon qu’elle déboutonna avec la même lenteur dont elle avait fait preuve pour sa chemise… Une fois ses méfaits accomplis et quelques suçons laissés sur la peau du brun, elle relâcha l’emprise qu’elle maintenait sur lui par ses jambes. Doucement elle le poussa quelque peu pour retomber sur ses pieds. Voulant éviter d’éventuelles protestations, elle embrassa de nouveau le brun, lui offrant à nouveau un échange des plus intenses. Elle commença à faire quelques pas, l’entrainant à sa suite.

Les distances parcourues furent à chaque fois brèves. Le besoin de se sentir l’un contre l’autre semblait être trop important, presque vital, tout comme se séparer des lèvres de l’autre semblait être une épreuve insurmontable. Leur progression vers la chambre se fit donc par étapes. Ils profitèrent de leurs différents arrêts, s’embêtant parfois mutuellement, attisant encore plus le désir de l’un par moments, se cherchant mutuellement à chaque coup. Ils s’embrassaient, se découvraient encore, prenant parfois appui contre les murs pour mieux se presser l’un contre l’autre et se débarrasser des derniers vêtements qui les encombraient. Plus la chambre se rapprochait, plus il était clair pour eux que ce qui les attendait allait de loin dépasser leurs attentes et qu’ils n’auraient de cesse de les combler jusqu’à être entièrement rassasiés. Une fois arrivés à destination, Mizeria le poussa doucement sur le lit, son regard toujours perdu dans le sien, elle ne tarda pas à sensuellement le suivre.


Épuisée, elle tomba une nouvelle fois, des heures après, sur le lit aux côtés du brun. Si son esprit était déjà embué avant et que sa tête lui tournait déjà au début de leurs échanges, il n’y avait là rien de comparable avec son état actuel. Reprenant difficilement son souffle, elle jeta un dernier regard au brun. Elle se sentait accablée de fatigue mais dans un étrange état de plénitude. Elle chercha une dernière fois, dans un dernier effort, les lèvres du brun. Elle y déposa un tendre baiser avant de céder à la fatigue et de fermer enfin les yeux. En proie à cette extrême fatigue, elle s’endormit en un temps record, bien loin de ses démons et heureuse comme jamais depuis longtemps.
 




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