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 What do I do because of you ?

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Mizeria K. Balogh
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MessageSujet: What do I do because of you ?    Mar 17 Juil - 20:29

What do I do with you?
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Cela faisait à peine quelques jours que Mizeria et Rai avaient enfin quittés le quartier général des Auditore… Il leur avait fallu du temps à tous les deux pour se remettre. Leur convalescence restait cependant raisonnable, ils étaient restés calmes quelques jours mais cela avait paru une éternité à la blondinette. Et pour cause, elle était restée dans le noir complet tout ce temps. Les ordres et conseils de Julia étaient clairs, il fallait un repos total à ses yeux. Si dans les premiers temps, elle avait songé en faire qu’à sa tête comme elle savait si bien le faire, elle n’en fit finalement rien. La gardienne du soleil avait été suffisamment convaincante et avait réussi à lui faire assez peur pour qu’elle craigne que ses mauvais présages ne se retrouvent véridiques. Devenir aveugle semblait être devenu sa plus grosse hantise, si bien qu’elle s’était tenue à carreau. Un autre facteur avait énormément joué également : elle ne voulait pas inquiéter Rai. Le pauvre semblait avoir déjà bien paniqué quand elle avait perdu connaissance selon ce qui lui avait raconté Julia, ou plutôt selon les piques qu’elle avait adressés au brun pour l’embêter au mieux une fois que les deux étaient plus reposés.  Mizeria avait donc veillé à la suite de cet accident à ne pas rajouter d’inquiétudes à sa moitié, il fallait qu’il se concentre sur lui avant tout. Ils avaient donc passé les premiers jours dans son appartement à dormir la plupart du temps... Elle ignorait qu’elle en avait tant besoin. Cela avait été comme si elle n’avait pas dormi depuis des années. Même son corps sembla faire des siennes dans les premiers temps, comme trop faible pour faire quoi que ce soit d’autre. Doucement mais surement, elle reprit du poil de la bête et ce au même titre que son amant. Si elle veilla à ne pas être un poids pour lui, elle ne perdit pas une miette de son rétablissement. Elle n’avait pas oublié à quel point il avait été inconscient en son absence. Peut-être s’était-elle donc un brin montrée maternelle avec lui. Certes, elle avait tâché de camoufler ça au mieux, réclamant par exemple de dormir dans ses bras pour être sûr que ce dernier se repose suffisamment et trouve le sommeil s’il en avait besoin.

Ils avaient été comme collés depuis qu’elle l’avait retrouvé, comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des années. Néanmoins, ils n’avaient pas eu la fougue qu’ils avaient eu auparavant. Ils avaient été tout d’abord trop fatigués, puis leur intimité semblait n’être qu’une douce illusion. Les Auditore s’étaient avérés curieux de leur relation, peut-être même trop… Et elle n’était pas folle, ils avaient été surveillés à leur insu constamment. Même Julia semblait vouloir en savoir plus à chaque fois qu’elle les soignait. Mizeria pour sa part resta quelque peu vague mais ne l’envoya pas balader... Elle avait l’impression que concernant l’autre jeune femme, il y avait vraiment une volonté d’en savoir plus par simple curiosité. Elle s’était également assez bien accordée avec elle, sans oublier de lui faire lever les bras au ciel évidemment par son inconscience et irresponsabilité coutumières, mais elles s’étaient assez bien trouvées pour embêter au mieux le Nagafuse. Bien sûr ils avaient été moins passionnés mais aussi moins complices, la blonde avait taché de rester dans ses habitudes pour embêter son partenaire mais elle avait été quand même relativement calme et sage. C’était presque comme si elle s’était trouvée en mode off quelques jours. Et pour cause, son esprit ne cessait de se torturer sur la situation dans laquelle elle venait de s’aventurer. Inquiète et incertaine, elle n’avait cessé de penser à toutes les options et d’essayer de faire les meilleurs choix… Au final, jamais elle n’avait semblé si calme et réfléchie, elle était presque trop sage par rapport à d’habitude. Rajoutant à cela son incroyable fatigue, c’était comme si elle n’était plus la même pendant plusieurs jours.

La Mizeria que Rai connaissait désormais surement presque par cœur, ne refit apparition qu’au moment où on lui laissa choisir qui des otages pouvait quitter les geôles Auditore en premier et elle se revigora encore plus quand ils purent partir où ils le souhaitaient pour quelques temps. Concernant la libération du premier Leone, Mizeria y avait réfléchit longuement et intelligemment. Elle avait un plan mais elle ignorait encore qui se retrouvaient captifs... Son plan était donc resté bancal pendant un long moment, elle tacha quand même de peaufiner les moindres détails. Quel ne fut pas son soulagement quand elle se retrouva face à tous les Leone et qu’elle sut enfin qui avaient été attrapés. Elle ne put les voir mais les noms et les voix lui suffirent amplement. Sans hésitation son choix se porta sur Thomas… Plus d’une fois elle s’était entrainée avec lui et avait à plusieurs occasions discutés. Ils ne se connaissaient pas personnellement mais c’était celui avec lequel elle avait eu le plus de contact… Rien qu’en échangeant de la sorte il devait savoir comment elle était réellement, il aurait plus confiance en elle que les autres. Du moins c’était ce qu’elle espérait. Elle avait prétexté que Thomas avait plus de famille que les autres pour le faire libérer, ce qui étonna tout le monde. D’une part les Auditore qui ne semblaient réellement pas affectés par ce détail, et d’une autre les Leone qui étaient eux au courant que ce n’était pas véritablement le cas… Mais ils ne vendirent pas la mèche. Son esprit se détendit déjà sur ce point, ils avaient vu clair dans son mensonge... Ils pouvaient donc imaginer qu’elle mentait également avec sa nouvelle famille, ils avaient confiance. Une fois cela fait, elle les laissa la traiter de tous les noms, les remerciant même intérieurement. Ils lui assuraient une meilleure couverture et elle les ignora difficilement, ayant bizarrement envie de les remercier du fond du cœur malgré la gravité des propos qu’ils lui lançaient. Ne restait plus que laisser partir Thomas et lui glisser un message… L’idée du message était simple et rapide, mais elle devait passer inaperçu. Par chance, elle n’avait pas oublié ce cher Matthew… Ses paroles furent donc très simples, elle demanda au jeune homme d’avertir son ami qu’elle ne rentrerait pas, qu’il n’attende peut être plus bêtement à l’appartement son retour. Elle lui demanda ensuite de l’excuser auprès de lui, mais ce d’une manière particulière. Elle rajouta qu’il fallait qu’il la pardonne, qu’elle ne pourrait finalement pas lui donner la fameuse recette de sa mère pour la copine dont il lui avait parlé.

A partir de ce moment-là, Thomas fut relâché et il ne lui resta plus qu’à espérer… A croire en lui, qu’il fasse la transmission à Matthew, à prier que ce dernier comprenne qu’elle parlait de Mitsuki de manière indirecte puisqu’il lui avait promis d’avertir les Leone si elle ne revenait pas, et il n’avait jamais eu l’occasion de croiser sa boss. La suite n’était que supposition également, mais elle ne pouvait pas faire mieux… Matthew rencontrerait peut-être Mitsuki, aborderait ce qu’il s’était passé, ce qu’il savait et par grande chance parlerait de cette histoire de recette familiale. Mitsuki alors de son côté comprendrait sans mal. Parler de leurs mères avait toujours été un moyen de s’avertir et de faire comprendre que, malgré tout, la situation était sous contrôle. Combien de fois avait-elle été en mauvaise posture et avait-elle du avertir la rose ? Trop de fois. Et à chaque fois leur code secret pour se rassurer et s’avertir avait été d’évoquer leurs mères. Sa mère… Elle la pria d’ailleurs plus d’une fois de lui venir en aide, de veiller à ce que tout son plan, ses suppositions, les réactions en chaine qu’elle espérait, arrivent. Il n’y avait plus de dieu dans l’histoire, juste le destin… Et les dés étaient lancés. Désormais il lui fallait se faire une raison, elle n’était plus une Leone mais une Auditore…

Néanmoins, elle fut plus que soulagée quand ils purent quitter Venise et partir quelques jours uniquement que tous les deux. Sa nouvelle famille pouvait bien attendre… Toujours emprunte de nostalgie et cherchant du réconfort, elle avait demandé à Rai qu’ils puissent partir en Angleterre. Le reste n’avait été que formalités... Ils partirent pour son pays natal en paix, avec l’accord plus qu’appréciable de Symphony. La seule chose qui la dérangea dans l’entreprise fut sa vue. Julia lui avait recommandé, si ce n’était encore une fois ordonné, de garder son bandeau et donc ses yeux au repos encore quelques jours… Il lui restait donc une bonne semaine à tirer quand ils partirent. Sagement mais avec énormément de mal et de réticence, elle écouta… Elle enchainait désormais les premières en très peu de temps, et surtout elle prenait beaucoup sur elle. Elle avait dû s’en remettre au brun pour la guider et pour veiller sur elle, tout comme elle avait dû finalement rester calme et au repos une fois arrivée. Elle avait la bougeotte, sa fatigue était globalement passée, il lui fallait désormais bouger et profiter. D’autant plus si le quartier général et ses maudits Auditore étaient loin. Oui, dès l’arrivée en Angleterre l’ex Leone sembla reprendre du poil de la bête. Elle était tellement plus en forme physiquement et mentalement parlant avec tous les poids qui lui avaient été enlevés malgré leurs incertitudes, qu’elle ne tenait pas en place.

C’est donc au matin du troisième jour, qu’elle émergea dans le lit qui était désormais le leur pour les jours à venir, et qu’elle chercha Rai sans le trouver. A tâtons, elle avait parcouru tout le lit, rien… Elle l’avait appelé tout aussi doucement, aucune réponse. Elle ne s’inquiéta pas plus malgré tout, ils étaient loin de leurs soucis… Néanmoins, elle avait envie voire besoin de le trouver. Elle voulait revenir à la normale, surtout désormais qu’elle assimilait qu’ils étaient hors de danger et pouvaient pleinement profiter de tout. N’écoutant que son courage, la mafieuse se leva, elle souffla un coup pour se donner du courage et se lança. Toujours en tâtonnant, elle alla jusqu’au mur et y chercha la porte qu’elle trouva. Premier bon point... Elle passa cette dernière et emprunta le couloir, se guidant à son sens de l’orientation et aux souvenirs du chemin que Rai lui faisait emprunter. Elle parcourut quelques mètres avant de rencontrer une commode. Elle jura en se frottant la hanche et en maudissant le pauvre meuble qui n’avait jamais fait exprès de se trouver sur sa route. Un soupir s’échappa de ses lèvres et elle maudit sa condition de plus belle.. Elle en avait marre. Seulement, il lui sembla arriver à un point de non-retour à ce point précis. Sans réfléchir d’avantage, elle enleva le bandage, se moquant bien de le garder autant de temps que l'avait dit Julia, et ferma immédiatement les yeux. Il faisait décidément trop jour pour elle... Surtout après qu’elle soit resté si longtemps dans le noir et l’obscurité la plus totale que lui avait conféré ce maudit bandage. La jeune femme prit son temps, ouvrant doucement les yeux, s’habituant à la luminosité et prenant conscience petit à petit de son environnement tout en continuant d’avancer. Elle discernait désormais sans mal les obstacles, qu’elle évita parfaitement par la suite. Ses yeux allaient, c’était encore douloureux mais supportable. Sans attendre, elle accéléra le pas pour déboucher dans le salon. Elle y trouva enfin le brun, sur qui, sans réfléchir d’avantage, elle se précipita. En quelques pas et quelques secondes, elle se jeta à son cou presque comme un enfant. Elle en oublia même la pauvre jambe du brun, qui elle espérait, devait être totalement, ou en voie de l’être, guérie.

Ses bras enlacèrent ses épaules et sa nuque, ses pieds se décolèrent quelque peu du sol, si ce ne fut pas totalement pendant un court instant. Un rire des plus sincère et joyeux s’échappa de ses lèvres et elle enfouit dès lors son visage au creux du cou du brun.

« Je te vois. Clairement. Je te vois enfin vraiment ... »


Pourquoi riait-elle comme une enfant ? Elle en ignorait la réelle raison… Elle pouvait pourtant assurer sans aucun doute qu’elle était plus heureuse que jamais. Même s’ils avaient été inséparables pendant des jours, elle avait l’impression d’enfin le retrouver. Les traits du brun lui avaient terriblement manqués, elle n’avait pas eu l’occasion de le discerner parfaitement depuis ce qui lui semblait être des lustres. Si elle sortit la tête de son cou, ce ne fut que pour embrasser ce dernier, suivie de sa joue et enfin de ses lèvres, et ce sans chercher à tâtons. Elle le relâcha juste quelque peu, pour enfin poser ses deux pieds au sol et le regarder face à face, profitant pleinement et de tout son soul de sa beauté. C’était encore légèrement flou, il fallait l’avouer, mais terriblement plus net et clair, plus revigorant. Un sourire dont elle seule avait le secret se plaça sur ses lèvres. Enfin, elle avait l’impression de se retrouver et de redevenir entière, de redevenir celle qu’il connaissait, d’être sienne à nouveau.

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Rai Nagafuse
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MessageSujet: Re: What do I do because of you ?    Mer 18 Juil - 14:08



Dans les yeux de la vérité.



L'Angleterre. C'était le refuge qu'ils s'étaient octroyés. Celui vers lequel Mizeria les avait entraîné dès lors qu'on leur avait rendu un tant soit peu de liberté... Et c'était un changement d'air pour le moins bienvenu. Rai n'avait plus voyagé à l'extérieur de l'Italie depuis des lustres : depuis la Hongrie, en fait, si ses souvenirs ne lui jouaient aucun tour. Autant dire que ce dépaysement lui convenait d'autant plus pleinement qu'il savait qu'il n'aboutirait probablement pas à une rencontre avec un fou furieux en puissance, accablé d'une vanité effarante ou d'un sadisme infernal. Le couple avait bien assez souffert, jusqu'à présent... Et puis, se savoir aussi éloignés de Venise avait de quoi le rassurer, psychologiquement parlant... Ce n'était pas ici que Mephisto allait pouvoir retrouver leur trace, en tout cas pas du jour au lendemain, et les Auditore n'avaient certainement pas eu le temps de préparer le terrain avant leur arrivée. En d'autres termes ? Une sensation de liberté l'ébranlait, comme cela n'avait que trop rarement été le cas. Celle-ci s'éterniserait-elle ? Il l'espérait, ardemment. S'il lui semblait qu'ils n'avaient jamais été aussi proches et intimes, lui et Mizeria, il devait néanmoins reconnaître que la tension perpétuelle qui avait trôné sur leurs épaules conjointes avait été proprement inconfortable... Certes, ils étaient là, indéfectibles et fidèles comme jamais, l'un envers l'autre, mais ce n'était une source de réconfort que relative qui s'atténuait au fil des jours. Le Nagafuse ne s'était jamais senti aussi puissant et invulnérable qu'aux côtés de sa belle... Mais il ne pouvait, en contre-partie, s'empêcher de craindre pour elle. Et si les Auditores étaient pris d'un désir sanguin et impulsif de l'ériger en exemple ? De l'utiliser comme d'un otage de qualité afin d'attirer d'autres Leones dans un piège grossier ? Ou simplement de la faire souffrir, de lui graver dans la chaire son appartenance à leur famille odieuse et exécrable ? Symphony et Alda tenaient les rênes d'une main intraitable, certes, mais cela n'empêchait pas nécessairement les écarts : les conduites des précédents gardiens du désert et de la brume en étaient des preuves substantielles. Et si une petite frappe décidait d'user de sa force pour la torturer... Ou pire ? Le noiraud, pas forcément adroit et robuste en temps normal, n'était de surcroît pour l'heure réduit qu'à l'ombre de lui-même. Une appréhension sourde l'avait donc habitée, et ce jusqu'à leur grand départ, qui lui permit de souffler une grande part de son anxiété d'un coup d'un seul.

Sa jambe, petit-à-petit, se remit de la blessure cinglante qui l'avait lacérée jusqu'à présent. Le muscle avait été touché, mais l'estafilade s'était résorbée grâce aux bons soins de Julia et grâce à l'efficacité de sa flamme. Les Auditores étaient peut-être un troupeau de criminels notoires et de crapules de la pire engeance, mais ils n'en étaient pas moins doués d'une expertise fascinante dans leurs domaines respectifs... La doctoresse semblait par ailleurs s'être liée d'amitié avec Mizeria. Dans la mesure du possible, en tout cas : sans doute les deux jeunes femmes ne seraient-elles jamais réellement proches l'une de l'autre... Et c'était pour le mieux. Si la gardienne du soleil n'était clairement pas celle de ses collègues que le mafieux abhorrait le plus, elle n'en était pas moins une femme qu'il valait mieux tenir à l’œil et surveiller de près...
La convalescence, donc, s'était bien déroulée. Tant et si bien que ce matin-ci, il avait été capable de se déplacer sans peine : il s'était rendu sans plus tarder au salon où il s'était affalé dans un fauteuil, sans faire de bruit afin de ne pas troubler le repos que sa chère et tendre méritait dûment. Un livre dans les mains, il avait fait de son mieux pour éviter de laisser ses pensées vagabonder trop hardiment, sans réellement y parvenir. Toute cette histoire continuait à l'obnubiler car il ne savait que trop bien que, lorsqu'ils seraient de retour, ils auraient tout le poids de cette affaire sur le dos et qu'ils devraient tâcher de la remplir avec autant de brio et d'efficacité que possible. La bague ridicule et misérable qui brillait à son annulaire n'allait probablement pas l'y aider beaucoup : c'était l'anneau d'une petite frappe, d'un soldat de bas étage, et les pouvoirs qu'il octroyait n'allaient pas lui permettre d'aller bien loin... Pourtant, il craignait que Mephisto ne s'annonce pas, lorsqu'il se déciderait enfin à passer à la riposte : autrement dit, le noiraud allait devoir faire de son mieux pour acquérir un anneau de meilleur qualité en temps et en heure... Ou allait simplement devoir convaincre Symphony de lui rendre le sien. Autant dire qu'il avait du pain sur la planche, et de quoi accaparer ses songes pendant de longs jours...

Fut-ce pour cela qu'il n'entendit pas l'appel de son amante ? Possible. Le résultat fut le même, dans tous les cas : il ne fut confronté à son arrivée imminente qu'à partir du moment où il l'entendit et où il remarqua sa silhouette, à quelques mètres de lui seulement. La première chose qui lui sauta aux yeux, c'était qu'elle avait ôté son bandage. Il s'apprêta à la rabrouer, l'air courroucé, en se redressant prestement, lorsqu'il se rendit compte qu'elle avait l'air étonnamment émerveillée. Il ne pipa mot, effaré, et fut soudain la cible d'une charge à la fois espiègle et tendre face à laquelle il ne chercha guère à se soustraire. Au contraire, il lâcha lourdement le livre qu'il tenait jusqu'à présent et tendit les bras mécaniquement, son corps réagissant à la place de son cerveau face à l'objet de tous ses désirs. Il l'attrapa et lui rendit son étreinte avant de remarquer son éclat de rire spontané et joyeux, décontenancé. Il cligna des paupières, effaré, avant de finalement entendre les paroles qu'elle prononça. Elle le voyait... Ses yeux étaient remis ? Ses propres lèvres s'étirèrent sans plus tarder, tandis qu'elle le relâchait quelque peu et s'en retournait au niveau du plancher, il entreprit de lui glisser quelques mots à son tour, juste avant qu'elle ne vienne quérir ses lèvres si avidement et si fougueusement qu'il s'en sentit frémir.

-C'est vrai ? Je suis soulagé...

C'était laconique, mais néanmoins sincère et il le prouva d'autant plus puissamment lorsqu'il l'enveloppa de ses bras en lui rendant son baiser, paupières closes. Ce contact avait un quelque chose de rassérénant qui, curieusement, ne s'estompait guère, au fil des semaines qu'ils écoulaient ensemble. Combien d'amour avait-il vu ternir, tout autour de lui ? Même le monde de la criminalité abondait d'histoires sans lendemains, et s'il s'était toujours tenu à distance de ses pairs, il n'en avait pas moins prêté à une attention assidue aux ragots en tout genre. L'information, même de comptoir, pouvait être transformée en arme acérée par ceux qui la maniaient avec professionnalisme et efficacité... Et il en faisait partie, sans nul doute. Il avait eu peur, bien sûr, que ses propres sentiments ne finissent par perdre de leur superbe... Mais au fil des jours, le Nagafuse comprenait que cela n'avait pas été un sentiment très rationnel. C'était même tout l'inverse... Plus il évoluait en sa compagnie et plus il se délectait de ses mimiques, de son euphorie naïve, tantôt, de sa combativité glorieuse et glorifiante, d'autres fois. Elle était exactement ce qu'il n'avait jamais souhaité être... Et c'était précisément pour cela qu'elle l'avait percuté avec une telle virulence. Aurait-il jamais pu trouver de personne aussi droite et honorable ? Il en doutait, a fortiori dans le domaine qu'il avait fait sien. Ce n'était pas spécialement le genre de profils typiques qu'on rencontrait à chaque carrefour, au sein des familles qui régnaient en maître sur la criminalité du Monde entier... Lorsque leurs lèvres se désunirent, le noiraud se laissa choir sur le fauteuil puis, taquin à son tour, tira son amante vers lui pour la forcer à prendre place sur ses genoux. Il n'avait pas encore envie de lui rendre sa liberté : puisqu'elle était venue s'échouer dans ses bras, elle allait devoir en assumer les conséquences...

-Ma jambe aussi va beaucoup mieux. On dirait que ces vacances étaient effectivement ce qu'il nous fallait pour nous requinquer...

Il eut un sourire suave puis déposa un nouveau baiser sur la tempe gauche de sa chère et tendre avant de simplement la conserver là, contre lui. Même s'ils passaient le plus clair de leurs temps collés, l'un contre l'autre, il avait l'impression que ça n'était jamais assez. Sa soif de contact devenait insatiable, comme si elle suscitait en lui un besoin grégaire contre lequel il ne pouvait pas lutter et qui, d'instant en instant, prenait en ampleur et en puissance. En l'espace de quelques jours, elle était devenue sa drogue... Et quelle drogue séduisante ! Il n'en finissait plus de rêver d'elle, et avait grand peine à distinguer précisément ses songes fantasmés des instants qu'elle lui offrait si tendrement. Il lui semblait, d'ailleurs, que les jours passés à ses côtés avaient revêtu un caractère étrangement onirique. Comme si tous ses souvenirs étaient nimbés d'une espèce d'intangibilité, d'un caractère brumeux et insaisissable... Ce n'était pas réellement là une sensation déplaisante, en fin de compte : c'était même plutôt l'exact inverse. Le temps passait, et elle lui était de plus en plus admirable...
Pourtant, quelques secondes furent suffisantes pour instiller dans son cœur un doux poison auquel il avait eu à s'acclimater également, ces derniers temps durant. La culpabilité... Il était une chose qu'il se reprochait et qu'il n'en finissait plus de ruminer à longueur de journée. La vérité... Elle le lui avait demandé, et il lui avait promis qu'il finirait par la lui livrer. Leur présence dans le quartier général des Auditores, dans un premier temps, les en avait empêché. Et ensuite... C'était un mélange cynique et étrange de peur, d'envie de la préserver, de ne pas obscurcir ses pensées davantage. Pourtant, le Nagafuse savait pertinemment que ses quelques révélations ne feraient jamais souffrir Mizeria : elle les accueillerait avec patience et intelligence, comme elle avait toujours su le faire à son égard, puis y réagirait avec doigté et méticulosité afin de ne pas le brusquer ou le froisser. A contrario, il risquait plutôt de l'attendrir... Il savait donc que ce n'étaient là qu'un tissu de mensonges et de faux arguments qu'il tentait de dresser contre sa propre honnêteté. Car l'évidence était là : il avait peur de parler. Il s'était renfermé sur lui-même trop longtemps, tant et si bien qu'il ne parvenait pas à imaginer sereinement l'idée d'en dévoiler sur ses origines à une tierce personne. Il n'allait faire que se dévoiler, que s'exposer, se mettre à nu... Il ne pouvait en ressortir que des souffrances supplémentaires. De surcroît, était-ce vraiment des larmoiements, qu'elle attendait de lui ? Il ne voulait pas lui renvoyer l'image d'un homme brisé... Elle était tombée amoureuse de l'être intelligent, manipulateur et faussement odieux qu'il avait incarné. Maintenant, il craignait que l'honnêteté ne tue finalement ce qu'elle pouvait ressentir, le concernant... Cela aussi, c'était irrationnel, et irrespectueux, en prime. Elle était largement capable de faire preuve de maturité afin de passer au-delà d'une simple passade... Elle le pouvait. Aussi se contraignit-il à lui glisser quelques mots supplémentaires, non sans la serrer encore plus fiévreusement contre lui, camouflant son visage au creux de son cou, comme s'il avait trop peur d'affronter son regard. Il était comme un enfant, terrifié par avance à l'idée de ressasser ses souvenirs les plus douloureux et les plus intimes...

-Je... Mizeria, je veux te parler... Te dire tout ce que j'ai vécu, mais... J'ai peur. Je ne sais pas comment m'y prendre... C'est stupide, je sais. Je n'ai aucune excuse... Je vais essayer.

Allait-il seulement y parvenir ? Cela dépendrait fort probablement de la réponse de Mizeria et de sa posture... Elle pouvait le mettre en confiance, comme elle pouvait le détruire. Mais lui, de son côté, s'en remettait à elle volontiers. Il le savait : elle trouverait les mots et la conduite parfaite pour l'encourager sans l'oppresser nullement. Car elle l'avait toujours compris, et car elle continuerait à le comprendre.

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MessageSujet: Re: What do I do because of you ?    Mar 24 Juil - 5:51

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Elle était redescendue, posant précautionneusement ses deux pieds de nouveau sur le sol. Les paroles du brun ne lui arrachèrent qu’une moue boudeuse avant qu’elle ne finisse par l’embrasser. Aurait-elle aimé autant d’enthousiasme que le sien ? Surement. Néanmoins elle se rendait compte qu’elle réagissait peut être trop vivement… La blonde avait été comme une enfant, ni plus ni moins. Et elle tacha de s’en rattraper au plus possible en laissant s’exprimer d’avantage la femme qu’elle était. Leur baiser ne s’en fit que des plus passionnés, comme il l’avait rarement été depuis quelques jours. Ils étaient de nouveau tous les deux d’attaque. Cette pensée lui arracha un frisson, un certain tremblement qu’elle occulta bien vite en sentant le brun se retirer. Elle allait protester de tout son soul, plus vivement et vigoureusement que jamais, quand soudainement, Rai l’attira avec lui la faisant prendre place sur ses genoux tandis qu’il restait avachi dans son fauteuil. La demoiselle cligna des yeux un bon moment, analysant leur nouvelle position et ce que son amant lui disait. Prenant alors conscience de la situation, de ses mots et de son sourire, elle ne put s’empêcher de piquer un fard. Venait-il de penser à la même chose qu’elle quelques secondes plus tôt ? Rien que cette idée sembla enflammer tout son corps. Malgré toutes leurs péripéties, Rai semblait toujours aussi capable de lui faire tourner la tête avec si peu de choses… Il l’enivrait toujours de plus en plus, elle en venait à se demander si l’amour qu’elle éprouvait pour lui arriverait un jour à se heurter à une quelconque limite… Et plus les jours passaient, plus il lui semblait que c’était impossible. Il avait su se faire une place dans son cœur, et ce dernier ne semblait plus se trouver en paix s’il ne le sentait pas à ses côtés. Non, c’était tout son être entier qui le réclamait, qui dépendait de son bon vouloir se retrouvant complètement à sa merci s’il en faisait le souhait. Il y avait la une sorte de folie, et pourtant, rien ne semblait effrayer l’ex-Leone. Pas ici, pas avec lui et encore moins quand il déposait un tel baiser sur sa tempe.

Un sourire passa sur ses lèvres, et Mizeria se laissa faire comme une enfant de nouveau, se lovant d’autant plus contre lui et se relaxant. Il ne lui fallait rien d’autre pour les prochains temps à venir, elle souhaitait simplement faire le plein de ces instants. Elle voulait s’imprégner de chaque sensation qu’il pouvait lui offrir, qu’elle l’ait déjà expérimentée ou non. Oui, il était désormais son seul moteur, sa seule source de force… Et dieu qu’elle allait en avoir besoin. Elle n’ignorait pas que leur petit paradis n’était que provisoire. D’ici quelques jours ils devraient de nouveau retourner chez les Auditore et commenceraient ainsi les vrais problèmes… Elle allait devoir faire ses preuves. Pire encore, elle allait devoir leur obéir et œuvrer comme eux, ce qui avait régulièrement le don de lui soulever le cœur. Son seul réconfort était de se savoir auprès de son seul amour… La seule perspective positive se trouvait là. En entrant dans la famille des Auditore elle s’assurait de rester à ses côtés et de profiter de lui sans interruption, sans craintes… Même si elle avait peur pour sa vie. Combien de fois avait-elle de nouveau fait le même cauchemar ? De manière récurrente elle voyait Rai au bord de la mort, lui reprochant tout, l’accablant de vérité et la faisant culpabiliser… Il était dans le vrai à chaque fois, elle le savait… Et elle n’oubliait pas non plus que ce cauchemar pouvait au fil du temps devenir réalité. Quand ce dernier venait la hanter, elle cherchait immédiatement le réconfort de son amant pour s’assurer qu’il était bien en vie et ne lui reprochait rien. Du moins, pour l’instant.

Si la petite blonde avait ses nouveaux démons, il sembla que le brun était en proie à des anciens pour sa part. Des qu’il commença à raffermir sa priser sur elle, son instinct lui souffla que quelque chose n’allait pas et elle tendit l’oreille immédiatement, à l’affut de n’importe quel son… Comme pour lui répondre sans qu’elle n’ait besoin de prononcer un mot, Rai lui glissa quelques inquiétudes, et surtout ses craintes… Il avait effectivement promis de tout lui raconter mais cela semblait le plonger dans le désarroi le plus total. La mafieuse le comprenait et respectait ça sans mal, même si elle s’étonnait qu’il soit si effrayé. Avait-il peur de sa réaction avant tout… ? N’écoutant que son instinct et son cœur de nouveau, elle se plaça définitivement à califourchon face à lui, l’englobant dès lors dans une étreinte des plus tendres, le laissant placer sa tête toujours dans son cou. Ses doigts vinrent quérir ses cheveux à la base de son cou et caresser sa nuque de manière réconfortante, tandis que son autre bras s’assurait de le serrer suffisamment contre elle. Elle déposa à son tour un baiser sur sa tempe puis un sur le haut de sa tête, avant d’appuyer la sienne contre cette dernière.

« Rai… Si tu veux attendre pour en parler tu peux… Je ne veux pas te presser d’accord ? Fais le quand tu penseras que c’est le bon moment, et que tu es le plus à l’aise pour te livrer… Je saurais attendre. Je ne veux pas que ça te rende mal.. Surtout pas. »

Elle se détacha quelque peu pour déposer un baiser sur son front, avant de le reprendre contre elle. Elle le berça doucement, profitant de leur étreinte et du moment de douceur qui s’offrait à eux. En réalité, elle avait envie de savoir… Mais il passait avant tout. Lui eut-il fallu dix ans pour tout lui avouer, elle aurait patienté s’il lui avait demandé... Cela faisait partie des innombrables choses qu’ils n’avaient pas besoin de se dire mutuellement. Il suffisait qu’ils se regardent, qu’ils se tiennent parfois pour savoir si l’un d’eux avait besoin de temps, de repos ou d’amour. Elle ignorait comment, mais une réelle confiance et symbiose s’était formée entre eux. Il lui semblait même qu’ils étaient imbattables. Le monde pouvait bien se retourner contre eux, ils seraient toujours victorieux si ils s’avaient mutuellement. Rai représentait désormais tellement de choses à la fois… Il était celui qui avait su bousculer sa vie, il avait ébranlé ses convictions, changé ses buts pour que les siens deviennent sa priorité, il avait su lui faire gouter à plus de délices de d’amour qu’elle n’avait jamais expérimenté, il ne cessait malgré tout d’être une surprise pour elle et de la faire tomber amoureuse encore et encore… Rai était devenu son être le plus cher, son seul amour et sa seule raison de se battre… Il pouvait donc bien avoir besoin d’un tas d’années pour tout lui dévoiler, elle tacherait de s’en accommoder sans mal…Elle resterait à ses côtés qu’il lui parle ou non. C’est ce qu’elle tacha de lui retranscrire dans les étreintes.

« Lâche toi quand tu penseras que c’est le bon moment… C’est tout ce que je peux te conseiller… Mais sache que peu importe ce moment, j’attendrais. Tu n’es plus seul. Enfin j’espère que tu ne rêvais pas de finir tout seul et d’avoir la paix, je serais là pour continuer à t’embêter… »

Un sourire des plus tendres se plaça sur ses lèvres et elle le fit échouer sur sa joue. Elle n’avait jamais été quelqu’un de patient, mais pour lui il semblait que tout était possible. Il réveillait en son sein de nouvelles qualités et surtout une tendresse qu’elle avait longtemps cru éteinte... Dans son enfance, Mizeria avait toujours été assez câline et affectueuse. Le temps et surtout ses épreuves l’avait rendue plus distante et froide, elle ne s’épanchait plus en sentiments. Du moins jusqu’à Rai qui avait et continuait perpétuellement de chambouler son monde, jusqu’à ses fondements les plus surs qu’avaient été les Leone. Doucement, elle continua de le serrer contre elle et de caresser ses cheveux. Elle espérait simplement qu’il ne voit pas la dedans une tentative de l’infantiliser ou de le materniser, ce n’était simplement que son cœur et son envie de se montrer là pour lui qui s’exprimaient.


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MessageSujet: Re: What do I do because of you ?    Jeu 26 Juil - 8:04



Dans les yeux de la vérité.



Bien sûr qu'elle allait se montrer compréhensive et empathique... En entendant ses dires et en remarquant la foultitude de petites attentions qu'elle lui destina, du bercement aux baisers, Rai se sentit à nouveau accablé d'une culpabilité indicible et dont il ne pouvait pertinemment estimer la provenance. Il songea que le simple fait de ne pas arriver à prononcer les mots qu'il imaginait déjà était un tort, considérant le fait que nul ne l'aurait jamais blâmé pour ce qu'il avait pu faire et que Mizeria, de son côté, n'aurait jamais pu le blâmer tout court. Eut-il détruit la moitié d'un pays qu'elle l'aurait probablement pardonné en songeant qu'il était l'homme qu'elle avait décelé, et non celui qu'il avait semblé être, des années durant... Un sentiment de frustration inonda momentanément ses yeux de larmes et l'impuissance poussa dans sa gorge un grognement faible mais rageur. Il exécrait cette image qu'il devait actuellement renvoyer : celle d'un homme brisé, alors que ça n'était pas son cas, pas le moins du monde. Ou, à tout le moins, ça n'était plus son cas : plus depuis qu'elle l'avait rencontré, plus depuis qu'elle l'avait transformé. Elle l'avait réincarné... Il n'avait plus rien de l'homme dont il s'apprêtait à brosser le portrait, en fin de compte.
La patience dont la demoiselle fit preuve, déclarant qu'elle était prête à attendre au nom de son bien-être à lui, suffit également à convaincre le noiraud du fait qu'il n'avait d'autre choix que celui de lui parler ici et maintenant. Cela aurait été une infamie de la délaisser dans l'ignorance et dans l'incertitude lors même qu'il lui avait déjà promis, à plusieurs reprises, qu'il allait tout lui avouer dès lors qu'ils auraient droit à un semblant de quiétude. Leur quiétude, ils l'avaient : nul appartement de Venise n'aurait su se montrer aussi apaisant que cette maison anglaise dans laquelle ils logeaient actuellement. Si le Nagafuse laissait passer cette chance inouïe de se délester de ce fardeau, s'il ne parvenait pas à briser cette carapace insurmontable qu'il s'était autrefois forgé, il craignait également de ne jamais y arriver... Il continuerait perpétuellement à se bercer de prétendues raisons, à repousser l'échéance et ils n'affronteraient jamais, ce fait, les tourments qui l'habitaient encore et le traumatisme qui l'avait poussé à l'extrémisme que son amante lui connaissait. Or, l'Auditore n'en avait que trop conscience : s'il espérait, un jour ou l'autre, s'épanouir et devenir un homme meilleur, il n'avait d'autre choix que celui de tenir tête à celui qu'il était pour l'heure... La complaisance n'avait rien, et n'aurait jamais rien d'un moteur. Elle était mortifère, et sa conduite auto-destructrice risquait, de surcroît, de finir par nuire à Mizeria. Non, définitivement, le noiraud n'avait d'autre choix que celui de tout lui annoncer froidement : elle saurait le bercer, elle saurait le remercier, et elle saurait penser ses plaies, par la suite. Il le savait.

-Je suis né à Tokyo. D'une mère italienne, et d'un père japonais. Lui était ouvrier, et elle masseuse... On n'avait pas beaucoup d'argent. Très peu, même... On avait un appartement un peu délabré, sous les combles d'un vieil immeuble... C'est... à peu près tout ce dont je me souviens de ma mère. J'ai juste un souvenir assez... Tenace. Qui ne me quitte jamais. J'en cauchemarde, parfois...

Il eut un frisson puissant, qui le secoua de la tête au pied, et il tâcha de raffermir sa prise contre Mizeria afin de se stabiliser et de se tranquilliser aussi fermement que possible. Commencer avait été plus compliqué que d'enchaîner les mots, et il avait compris qu'il ne devait pas perdre de temps en remerciements ou en mots d'amour, pour le coup : il aurait risqué de manquer le coche, et de ne pas trouver la force de se livrer aux révélations qu'il était actuellement en train de formuler. Ses lèvres buttèrent néanmoins à l'évocation de ce souvenir douloureux, et il lui fallut plusieurs secondes afin de trouver des dires susceptibles de concrétiser ses pensées. Ceux-ci ne furent néanmoins pas prononcés bien fort : tant et si bien que même la jeune femme, pourtant accolée contre lui, aurait certainement à tendre l'oreille pour tous les distinguer clairement. C'était comme si le noiraud avait peur de réveiller d'autres songes, profondément assoupis : comme s'il craignait d'aggraver sa perception de cette terrible expérience rien qu'en l'évoquant trop audiblement.

-C'est... Une image. Quelques images, à vrai dire... Ma mère s'avance jusqu'à la porte, sourire aux lèvres, en croyant que c'est mon père qui rentre... Et quand elle ouvre la porte, une épée la traverse de part en part. Elle s'effondre, raide morte, de deux hommes rentrent en enjambant son cadavre... Puis se dirigent vers moi. Je... Je n'avais pas cinq ans...

Il conserva ses paupières closes et, une fois de plus, fut ébranlé par un frisson qui se métamorphosa bientôt en soupir. Il exécrait son apparente faiblesse. En agissant de la sorte, il avait l'impression de bafouer toutes les règles qu'il s'était naguère fixé, de déroger à toutes les promesses qu'il s'était forgé de lui-même. Il avait juré qu'il œuvrerait dans la solitude la plus absolue : Mizeria avait su l'en extraire, par la force de son honnêteté et de sa bonté candide. Il avait juré qu'il n'embrigaderait jamais personne dans cette folle quête vengeresse qu'il avait décidé de livrer : elle avait bien failli perdre sa vie en demeurant à ses côtés dans les instants les plus cruciaux. Il avait juré qu'il ne s'autoriserait jamais le moindre sourire, au nom de toutes les âmes et de tous les destins qu'il avait pu faucher : elle l'avait poussé au rire à maintes occasions. Il avait juré qu'il détruirait la mafia dans son entièreté et que nul ne serait épargné par son entreprise insensée et ses funestes desseins : elle en avait d'ores et déjà réchappé. Il avait, enfin, promis que nul ne verrait jamais le moindre de ses secrets : elle était sur le point de découvrir ceux dont elle ignorait encore la teneur. C'était probablement pour cela qu'il s'était si puissamment amouraché d'elle... Ce n'était ni plus ni moins qu'un cercle vicieux, en fin de compte. Puisqu'elle déjouait tous les pronostics, puisqu'elle faisait en sorte de le surprendre et de le rendre pareil à un ignare débile et simple d'esprit d'instant en instant, d'épreuve en épreuve, il n'avait eu d'autre choix que de commencer à l'apprécier... Et puisqu'il avait commencé à l'apprécier en remarquant sa myriade de qualité, il lui avait volontairement donné des armes supplémentaires pour le surprendre. Tout avait été à la fois étonnamment prompt et paradoxalement très lent... Parce qu'il avait envers et contre tout fallu franchir quelques étapes intermédiaires indispensables, et parce qu'elle les avait franchi avec un brio considérable, qui laissait à penser que cela n'avait été, aux yeux de la belle, ni plus ni moins qu'une poignée de formalités dont elle ne s'était pas encombrée très longtemps. Et, en acceptant de lui livrer toute la vérité de son morne passé, Rai comprenait sans peine qu'il participait enfin activement à ce petit jeu : qu'il nourrissait l'ouroboros de leur amour, et qu'il lui donnait d'autant plus d'ampleur. Désormais, il ne pouvait que l'espérer ardemment : elle ne devrait jamais lui faire défaut... Sans quoi elle le plongerait dans un désarroi dont il ne parviendrait probablement jamais à se relever. Elle l'avait reconstruit : elle jouissait des armes lui permettant de le détruire, si elle le décidait.

-J'ai passé... Approximativement deux ans, retenu en otage. Ils avaient un complice. Ils exigeaient tous les trois une rançon de la part de mon père. Pendant tout ce temps... J'ai été placé seul dans une pièce semblable à celle dans laquelle Symphony et Alda m'ont placé, pendant mon incarcération. J'imagine que ça n'a pas aidé à m'offrir de la sérénité, loin de là... Et finalement, j'ai été libéré. Mais je te l'ai dit... Mon père était pauvre. Cela lui a pris du temps, mais il a fini par payer la rançon considérable que ces types exigeaient... Je suis retourné vivre à l'appartement, en sa compagnie. Et pendant que je me morfondais, pendant que j'entendais encore et encore le bruit résultant de la chute de ma mère... La question n'a pas tardé à me traverser. Comment avait-il réussi à rassembler une somme aussi importante ? Il n'y avait qu'une seule réponse possible, et tu dois t'en douter... Mon père était un mafieux. Il m'a juré qu'il allait se venger... Et... Il n'a rien fait. Rien fait d'autre que crever, à son tour. Il m'a privé de ma mère... En se parjurant, en devenant criminel, en s'intriquant dans des conflits qui l'outrepassaient, il a causé la mort de ma mère, mon enlèvement, puis sa propre disparition. J'avais huit ans... J'ai hérité de ses deux boîtes et... J'ai commencé à vivre seul, dans les rues de Tokyo. Comme un vagabond. Comme un orphelin.

Le plus pénible avait été énoncé, il en avait pleinement conscience. Pourtant, le noiraud ne parvenait pas à relâcher la pression qu'il exerçait sur le corps chaleureux et rassurant de sa chère et tendre. Il ne pouvait pas la quitter, ne pouvait pas détacher leurs deux silhouettes, fusse d'un centimètre... Il avait besoin de la sentir contre lui, car il évoquait précisément ce qui, toute sa vie durant, l'avait rongé. Ce qui l'avait poussé à la folie, à la mesquinerie, à la violence, au nihilisme, à la froideur terne et revancharde, laquelle était à l'origine de son courroux morbide. A la fois le pire des maux et celui qui, à ses yeux, était fondateur de toute chose néfaste et négative, de toutes les pensées auto-destructrices et de tous les souhaits belliqueux...

-La Solitude. Je me suis enfermé dedans... Pendant des années. J'ai fini par trouver une bague de qualité médiocre sur un cadavre, en plein Tokyo. Je me contentais de errer... De fouiller dans les poubelles pour subsister. Je volais beaucoup, également... Pendant deux ans, je crois.  Finalement, alors que je m'entraînais avec Shiho dans une décharge... Ces deux fils de pute se sont pointés. Par hasard... L'un d'entre eux a sorti son épée. S'est avancé vers moi. Je l'ai su instinctivement. Ce qu'il fallait que je fasse... J'ai utilisé ma flamme. Pour la première fois de ma vie, je l'ai utilisée sur un être humain. J'ai fait croire à son pote que j'étais son fils et... En me voyant me faire menacer de la sorte, il n'a pas hésité. Ils se sont entre-tués. Même maintenant... J'ai du mal à croire que ça ait aussi bien fonctionné. Mais c'est à ce moment-là que j'ai pris conscience du fait que je pouvais le faire. Que je pouvais les détruire, tous. Leur faire endurer ce qu'ils m'avaient fait endurer, à moi. Et protéger tous les innocents qui, incapables de veiller à leur propre protection, avaient à endurer leurs exactions égoïstes. J'ai voué ma vie à la vengeance mais... J'ai eu
à en payer un lourd tribut. Pendant une dizaine d'années... Ma flamme a disparu. Je n'arrivais plus à allumer cette fichue bague... Elle restait muette. Avec le recul, je pense que j'avais simplement usé toute la flamme dont mon corps disposait... En tout cas, j'ai fini par rejoindre un orphelinat, jusqu'à mes dix-huit ans.

Il marqua l'arrêt, pour la première fois depuis qu'il avait commencé à narrer l’inénarrable. Il eut un nouveau frisson, cette fois-ci atténué vis-à-vis de ceux qui s'étaient manifestés jusqu'à présent, mais n'en conserva pas moins son visage plongé dans le creux du cou de Mizeria, comme s'il était désormais incapable de s'en extraire. Il se souvint sans peine de la rancœur cultivée des années durant, et de la mort de toute l'insouciance qu'il avait pu continuer à entretenir, fébrile mais existante. La bêtise et la méchanceté des marmots qu'il avait été contraint de côtoyer durant ces jeunes années l'avaient poussé à une radicalisation colossale : il avait même, l'espace d'un instant, songé que l'humanité toute entière était viciée et qu'elle méritait d'être annihilée dans son absolue globalité. Finalement, le noiraud avait réussi à modérer ses ambitions exterminatrices, et ce notamment grâce à sa rencontre avec sa désormais amante... Mais il restait quelques petits événements à évoquer, il ne le savait que trop pertinemment. Il ne parla guère de ses années égarées au milieu des autres orphelins, songeant qu'il aurait tôt ou tard l'occasion de s'attarder sur ce sujet, et reprit donc son récit là où il venait de le laisser, toujours mécanique et inlassable, sans pour autant parvenir à ôter la tristesse et la mélancolie qui faisaient vibrer ses cordes vocales bien malgré lui.

-J'ai pris le premier avion que j'ai trouvé pour l'Italie et j'ai fini par errer de ville en ville... Jusqu'à Venise. J'ai entendu parler d'Alda et de Symphony, au moment où la famille voyait le jour. Je suis allé les voir et je leur ai prêté ma force. Elles m'ont accepté en tant que gardien et, à compté de ce jour, j'ai œuvré secrètement pour fortifier les Auditore, de sorte qu'ils puissent finir par évincer les Van Sidéris et causer leur mort.

Le constat froid et cinglant s'imposait de lui-même, mais Mizeria ne l'ignorait pas. Elle allait simplement pouvoir comprendre les tenants des agissements du noiraud, lors même qu'elle pouvait déjà estimer les aboutissants... Avec son passé, elle allait pouvoir cerner ses motivations, leur légitimité, et, quelque part, leur noblesse capricieuse. Au final, le Nagafuse n'était ni plus ni moins qu'un gamin et c'était sa frustration de n'avoir jamais su bénéficier de ce à quoi tous les mômes devaient naturellement avoir droit qui l'avait poussé à se montrer aussi radical et aussi glauque, des années durant. Pour autant, nul n'aurait jamais pu se gausser de son jadis, il le savait : il avait effectivement vécu des événements terribles, et cela contribuait à justifier ce caprice-ci. Finalement, sa voix se mourut et, les larmes aux yeux, il décolla son visage du cou au creux duquel il l'avait échoué. Il dévora sa belle du regard puis laissa fleurir sur ses lèvres un sourire sincère, tendre et amoureux. Il avait réussi à parler de ses démons les plus sombres, et il ne pouvait qu'être reconnaissant : il le prouva et le communiqua sans plus tarder en lui offrant le plus fiévreux des baisers, s'abandonnant à leur étreinte et chassant de la sorte tout ce qui avait pu le hanter durant de trop pénibles années.

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MessageSujet: Re: What do I do because of you ?    Dim 5 Aoû - 16:06

What do I do with you?
I look at you and I think of you even more


La demoiselle était restée en place, continuant de bercer et de rassurer son amant. En l’état actuel des choses, elle ne pouvait pas faire plus. La situation et leur discussion s’était montrée trop délicate à la mention du passé du noiraud pour qu’ils changent de sujet de manière abrupte ou qu’ils prétendent que rien n’avait pas été mis sur la table. De plus, elle sentait le jeune homme bien trop fébrile tout d’un coup pour ne pas lui porter toute son attention. Il était libre de ses choix, il pouvait effectivement tout lui raconter, comme y renoncer… Dans son attente, elle lui laissait donc le champ libre, le choix de se confier ou d’entamer une autre conversation qui l’aurait mis plus à l’aise. Sa main ne cessa pas pour autant de se perdre dans ses cheveux. Pour une fois, ils avaient du temps pour eux et elle comptait bien le mettre à profit… Ou du moins ils en avaient de nouveau. Il lui semblait que cela faisait des lustres qu’ils ne s’étaient pas retrouvés si intimement et de manière si innocente et sereine. Le constat n’était pas brillant, leurs seuls jours de quiétude avaient été ceux après leur mésaventure dans la galerie d’art. Et pourtant, durant ce temps ils avaient été également en convalescence, jusqu’à que Méphisto n’apparaisse comme un démon et ne tente de les détruire. Suite à cela, les pires jours s’étaient égrenés… Ceux où ils avaient été à la solde du gardien de la brume puis ceux où ils pensaient s’être perdus mutuellement, ceux où ils ignoraient tout de l’état de l’autre et ceux où ils avaient bien cru sombrer dans la solitude et la folie pour de bon. S’ils s’étaient finalement retrouvés, les jours chez les Auditore, du point de vue de la blondinette, n’avaient rien eu de très appréciables. Elle était trop inquiète et ne cessait de ressasser son changement de famille pour être détendue et se concentrer uniquement sur son partenaire. Même Rai avait semblé comme ailleurs et anxieux… Leur arrivée en Angleterre n’avait été finalement qu’un soulagement sur tous les points de vue. Pour une fois ils étaient enfin loin de tout, les soucis étaient pour l’instant derrière eux, ils étaient plus en forme qu’ils ne l’avaient été dans l’appartement à Venise, et plus important encore et délicieux, ils étaient là ensembles, encore plus amoureux qu’avant. Oui, tout était enfin propice pour qu’ils puissent profiter pleinement et de tout leur saoul l’un de l’autre. Ils étaient comme coupés du temps et du monde, seuls dans leur idylle pour quelques jours de repos.

Mais pourtant… Ces jours de repos allaient devoir être utilisés intelligemment. Ils étaient encore loin de pouvoir en jouir complètement innocemment et y trouver la paix. Les deux amants avaient trop à se dire. Mizeria n’ignorait pas qu’elle devait lui confier son plan, ou à défaut lui en esquisser les contours… Puis elle n’avait pas choisi l’Angleterre pour rien, de surcroit elle n’avait pas porté son choix sur cette ville par hasard. Tout avait été pensé et était entrepris dans un but précis… Néanmoins, tout cela saurait attendre. Si elle avait bien des choses à raconter, le brun avait pour l’instant la priorité. Il finit d’ailleurs à se livrer, certes de manière abrupte mais la blonde imagina sans mal que c’était la meilleure façon d’attaquer. Surprise que Rai choisisse de tout lui raconter, elle ne fit aucun bruit. Elle ne devait pas l’interrompre, il avait fait son choix et elle n’avait plus qu’à écouter attentivement. Le temps sembla s’arrêter, elle écouta religieusement tous les mots qu’il se mit à prononcer et elle ignora pourquoi mais son cœur commença à s’emballer. Les frissons qui prirent Rai achevèrent de la rendre hagarde à tout ce qu’il pouvait lui véhiculer ou lui retranscrire. Étrangement, son esprit commença à essayer de se dresser un tableau, une espèce de film, essayant vainement d’imaginer Rai quand il était encore un marmot, de tracer les lignes de Tokyo et de voir leur appartement, d’imaginer des traits à ses parents, ou à défaut d’y voir quelques silhouettes… Était-ce là une bonne idée ? Surement pas.

Son cœur sembla s’en serrer d’avantage quand son amant lui confia ce qu’il avait vécu. Elle eut alors l’impression de voir cette fameuse et si précieuse mère s’effondrer également sous ses yeux, et son attention se braqua immédiatement sur Rai. La jeune anglaise se doutait déjà qu’il avait dû vivre des choses horribles, mais en savoir désormais la teneur, ou du moins le début, ne faisait que la déchirer. D’autant plus que le meurtre sanglant de sa génitrice commençait à faire écho à sa propre expérience… Elle imaginait sans mal son état, à quel point il aurait eu besoin de soutien et surtout qu’ils n’auraient jamais dû vivre cela. L’espace d’un instant les images qu’elle dessinait dans son esprit se troublèrent et furent remplacées par ce qu’elle avait elle-même vu le funeste jour où elle avait perdu toute sa famille. Ce fut le soupir du brun qui la tira de cette première torpeur qu’elle traversait à cette révélation. Instinctivement elle resserra sa prise sur lui, tachant de se faire plus présente que jamais et de le rassurer. Ses gestes s’arrêtent néanmoins, elle ne lui caressait plus les cheveux, non elle voulait juste le serrer contre elle et lui montrer qu’il avait toute son attention. Stupidement, elle aurait aimé le connaitre à cette époque ou remonter le temps pour l’enlever de tout ça. Ce sentiment ne fit que se renforcer d’avantage quand il lui raconta la suite de son passé.

Le sang de Mizeria ne fit qu’un tour de nouveau en imaginant Rai plus jeune et enfermé, tout qu’elle se mit à haïr d’autant plus les Auditore. Elle imaginait sans mal ce que son récent enfermement avait dû lui faire revivre, il n’avait pourtant rien dit ou montré… Combien de choses avait-il ainsi encaissé sans jamais se laisser aller, sans jamais être abattu et chercher appui sur quelqu’un ? Alors qu’il continuait son récit la rage qu’elle avait éprouvée, ce transforma inexorablement en infinie tristesse. Sans surprises, elle découvrit que son père était mafieux également… Elle en avait eu une vague idée à la mention d’une rançon et surtout après que ces hommes aient recourt à de telles méthodes… Ses yeux se fermèrent pour maintenir la vague d’émotions qui ne cessaient de monter en son sein. Elle comprenait la rage qui avait pu habiter Rai, la haine qu’il avait pu adresser à son père mais elle ne cessait de se répéter que tout cela n’avait décidément été rien d’autre qu’un mauvais enchaînement.. Il avait fait les frais des erreurs de son père, il en avait perdu sa mère puis avait découvert que son seul parent restant était du même acabit de ceux qui avaient détruit son monde… Au final son père n’avait rien effacé ou arrangé, il avait sauvé son fils ce qui était certes un très bon point… Mais il n’avait pas vu les dommages qu’il avait subi et sur quel chemin il risquait de le pousser. La réaction épidermique que Rai vouait à la mafia ne l’étonnait désormais plus, elle aussi à sa place aurait voulu détruire ce monde, et ce jusqu’au dernier mafieux… Elle s’imaginait sans mal tout comme lui, jurer de tous les annihiler pour se faire justice et que jamais un autre n’ait à vivre la même chose… C’est à ce moment-là qu’un sentiment d’impuissance se rajouta à toute la tristesse qui ne cessait d’investir son être. Elle aurait voulu être cette personne. Si seulement elle avait pu remonter le temps, arranger les choses et le sauver. Alors que Rai continuait son récit et racontait sa vie d’orphelin et ses déboires dans les rues de Tokyo, Mizeria sentit un énorme sanglot monter dans sa gorge et quelques larmes se mirent à couleur d’elles-mêmes. D’un geste empressé elle les chassa, elle n’avait pas le droit de pleurer la maintenant, il n’avait pas fini et surtout ça ne lui servait à rien, ce n’était pas de ses larmes qu’il avait besoin. Elle sécha donc ses larmes et se retint, le serrant à nouveau contre elle.

Elle continua de l’écouter, toujours aussi religieusement et en le serrant toujours aussi fort qu’il le faisait avec elle. Il se mit à lui donner plus de détails sur la rencontre avec ses bourreaux, puis à lui parler d’un orphelinat… Le contraste entre les détails et leur manque quant à l’orphelinat en question la frappa. Il y avait encore des choses en dessous mais il faisait le choix d’en garder un peu de côté. Pouvait-elle de toute façon lui en tenir rigueur ? Non, évidement. Ce qu’il lui avait déjà raconté était déjà une énorme partie, elle comprenait dès lors toutes ses motivations, tout comme le masque qu’il avait dû se façonner au fil des années, toute la peine qu’il avait dû éprouver également… Ce qu’il venait de lui raconter suffisait déjà à l’attrister au plus haut point, elle réfrénait déjà ses larmes avec difficulté, maintenant une façade parfaitement calme, alors en savoir plus risquait fort de l’achever pour de bon… Et probablement pour lui également, vu à quel point il la serrait contre lui et les frissons qui l’avaient pris durant tout son récit.


Rai acheva son histoire et se retira enfin quelque peu, relâchant légèrement la pression qu’il avait jusqu’à maintenant exercé sur son corps et il quitta également son cou. Son expression et le sourire qu’il lui adressa malgré les larmes qu’elle devinait aux coins de ses yeux, eurent raison d’elle et l’achevèrent pour de bon. Son cœur se souleva une dernière fois et avant qu’elle ne puisse esquisser le moindre mot, Rai se mit à l’embrasser. A vrai dire, elle était bien incapable de dire quoi que ce soit, trop puissamment secouée pour y parvenir. Elle mit d’ailleurs un léger moment à lui répondre tout aussi fougueusement qu’il le faisait, mais elle y parvint. Elle prit son visage entre ses mains et tacha de lui retranscrire toute la passion et surtout l’amour qu’elle lui vouait. Néanmoins, plus les secondes passaient plus elle y peinait, ce qu’il lui avait raconté ne cessait de lui peser. Ce n’était pas qu’elle avait du mal à encaisser d’en savoir autant, non… Elle ne cessait d’être prise de sentiments contradictoires qu’elle n’arrivait plus à gérer. Elle était une fois en proie à une colère sourde, et d’autres instants à une tristesse infinie et à une impuissance détestable. Trop d’émotions ne cessaient de s’évacuer, que les larmes finirent par rouler toutes seules sur ses joues sans qu’elle s’en aperçoive. La jeune femme en prit connaissance quand ils se retirèrent mutuellement à bout de souffle. Elle se trouva dès lors bien idiote et ne sut quels mots adresser à son amant. Elle le regarda quelques instants, elle-même stupéfaite de se laisser autant aller avant de finalement baisser la tête penaude, et de couvrir ses yeux de sa main, comme si ce geste pouvait effacer le fait qu’elle était en pleurs. Pourtant, elle ne s’arrêta pas pour autant et les larmes dévalèrent de plus belle ses joues.

« Je... Désolée… »

Mizeria réprima un sanglot et se hait de plus belle, elle prit très vite peur qu’il interprète mal sa réaction et comprenne tout de travers. Mais arriverait-elle encore à tout retranscrire et à lui faire comprendre ce qu’elle ressentait ? Il lui fut quelques instants avant de remettre de l’ordre dans ses idées, et sa première réaction fut d’appuyer son front contre le torse du brun, s’octroyant ainsi une cachette de fortune. Elle regarda un instant ses propres larmes tomber sur le bas du haut du brun et elle ferma les yeux de plus belle. Dieu qu’elle était faible… Et pourquoi ? Parce qu’elle l’aimait infiniment. Ces deux états de faits lui convenaient pourtant sans soucis.

« Rai… Je suis tellement désolée… Je… C’est pas de la pitié crois moi… C’est juste que j’imagine ce que tu as vécu et ça me… Ca me fait tellement mal pour toi. »

Bêtement, elle n’arrivait pas à trouver les bons mots. Ils étaient pourtant cruciaux après de telles révélations. Elle n’avait pas le droit de le blesser d’avantage mais l’art des mots n’étaient pas le sien… Elle ignorait comment être pertinente et concise.

« Si je pouvais seulement remonter le temps… Si je pouvais faire quelque chose pour toi. C’est prétentieux de ma part de te dire ça, j’en ai conscience. Mais je ne sais pas comment te l’expliquer autrement. Si je pouvais j’aimerais effacer tout ce que tu as vécu… J’aimerais rendre tout bien plus simple et merveilleux pour toi… »

Toujours aussi pataude, elle attrapa maladroitement son haut d’une de ses mains et le serra. Son cœur semblait toujours plongé dans un tumulte d’émotions et peinait à faire le tri dans celles-ci et d’harmoniser ses pensées. Elle voulait lui exprimer tant de choses… Et surtout elle avait tant à lui dire. Que cela soit vis-à-vis de ce qu’il lui avait raconté, de ses réactions, des mots qu’elle voulait lui adressée, au même encore au sujet de tout ce qu’elle ne lui avait pas encore dit sur elle et sur leur venue près de Londres. Tout se bousculait dans sa tête et elle avait l’impression qu’elle allait exploser. Ses larmes continuaient de rouler inlassablement sur ses joues et la pensée de Rai plus petit et abandonné ne la quittait pas. Finalement, elle prit son courage à deux mains et tacha d’être la plus sincère possible. Elle se redressa quelques peu, remettant néanmoins une main sur ses yeux sentant ceux-ci faiblirent sous les larmes et toujours trop honteuse pour accepter son état et le dévoiler complètement.

« J’aimerais te dire tant de choses… Il faut que je te dise également certains faits, que je te raconte aussi quelques éléments de mon côté mais ça attendra. Je ne faillirais pas… Parce que je te le dois bien. Vraiment, je te jure que ce n’est pas de la pitié ou bien une tentative de te materner… Je… J’aimerais juste pouvoir t’offrir tout ce que tu aurais dû avoir et te faire justice bien que tu l’as déjà fait toi-même. A défaut… Je te jure que je ferais de mon mieux pour toi. C’est bien égoïste et prétentieux à nouveau mais je veux t’apporter tout ce dont tu as besoin, tout ce que tu mérites… Parce que mon dieu, tu mérites tellement… Et tu es tellement important aussi. »

Malgré sa tristesse et ses sanglots, un sourire passa sur ses lèvres. Maladroitement elle décida de tenter de sécher enfin ses larmes. Si elle se mettait à déclamer haut et fort qu’elle était prête à tout et qu’elle voulait lui offrir le meilleur, elle se devait d’être logique. Il ne méritait pas ses larmes, même si celles-ci se faisaient vicieuses et dures à arrêter. Comme une enfant, elle tacha d’essuyer le plus gros de ses larmes à coups de revers de poignets. Un rire presque nerveux mais pourtant léger s’échappa de ses lèvres. Elle avait l’impression que son cœur s’apaisait, mais pourtant... Ce n’était que pour s’emballer de plus belle à peine elle croisa son regard. Un autre sourire passa sur ses lèvres et elle ferma les yeux pour mieux s’imprégner des nouveaux sentiments qui prenaient le dessus.

« Je t’aime tellement… C’en est dévorant… »

Si elle rouvrit les yeux, elle ne rajouta rien de plus. Elle se contenta de le regarder simplement quelques instants, puis elle prit sa main et entrelaça leurs doigts. Il l’avait dit lui-même quelques jours plus tôt, il l’aimait et ce bien plus qu’aucun mot ne le dira jamais. Ils étaient fusionnels jusqu’à ce point-là car elle éprouvait la même chose. Elle songea donc qu’elle n’avait pas besoin de le lui dire textuellement, il pouvait sans nul doute lire en elle comme dans un livre ouvert.. Du moins elle l’espérait. Ses lèvres se déposèrent sur sa main et elle lui adressa un doux baiser avant de conserver celle-ci contre elle. Quelques larmes roulèrent encore sur ses joues en repensant à tout ce qu’il lui avait avoué et tout ce que ça avait suscité chez elle. Doucement, elle avala la maigre distance qui les séparait de nouveau et déposa un court baiser sur ses lèvres avant de coller son front au sien, veillant à ne pas rajouter de larmes sur son haut ou sur ses propres joues.

« Merci de m’avoir tout dit… Je tacherais de m’en montrer digne. »

Elle n’était pas idiote, elle savait ce que ça avait dû lui couter. Livrer son passé, surtout quand il s’agissait d’évènements si tragiques, ne pouvait être que dur et rouvrir de vieilles blessures… Elle s’était livrée au même exercice quelques semaines plus tôt, elle n’en ignorait donc pas les conséquences pour le brun et ce qui avait dû remonter à la surface… Une fois de plus elle se sentit peinée pour lui, mais incroyablement reconnaissante. Elle resta ainsi contre lui, sa main serrant toujours aussi fort mais raisonnablement tendrement la sienne, leurs fronts collés et les yeux clos pour laisser ceux-ci se reposer quelques peu. Bien qu’elle vît de nouveau, elle s’en rendait compte qu’elle n’était pas encore au maximum de sa récupération. Pleurer de la sorte ne faisait que lui montrer que ses pauvres yeux n’étaient pas encore tout à fait prêts, il n’avait guère apprécié un tel flot de larmes. Cependant, elle s’en fichait. Elle avait encore le temps de soigner ses plaies, de guérir en douceur aux côtés de Rai et de veiller sur son rétablissement également. Pour l’instant rien n’importait… Ils étaient loin de tout et n’avaient qu’à se concentrer l’un sur l’autre. Les problèmes sauraient bien évidemment les retrouver, mais elle les attendait presque de pied ferme. L’ex Leone était plus que jamais résolue à se battre et surtout à vivre. Ce n’était plus que dans son propre intérêt. Désormais elle allait s’évertuer à un nouvel art, à une nouvelle façon de penser… Celle de le faire pour deux. Il était sien et elle était sienne.


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MessageSujet: Re: What do I do because of you ?    Mar 16 Oct - 16:28



Dans les yeux de la vérité.



Il avait tout lancé d'une traite : il avait prononcé ces paroles en semblant particulièrement morne, abattu, terrassé par la fatalité qui, pourtant, l'habitait depuis des années et des années. Si l'on pouvait naïvement croire que ce genre d'expériences, comme toutes les autres, étaient destinées à s'estomper puis à tomber dans l'oubli au fil des mois, a fortiori lorsqu'elles concernaient des enfants d'un parfois très jeune âge, le noiraud avait fini par se persuader du contraire. Après tout, il n'était pas un jour qui ne le fasse frissonner d'effroi à la pensée de ces disparitions, et pas une heure qui ne s'écoule sans le faire vibrer de colère et d'aigreur. La présence rassérénante et amoureuse de Mizeria, bien entendu, lui avait grandement servi à réguler ses humeurs ces derniers temps. Elle était devenue comme une espèce de vanne qu'il ouvrait afin de laisser s'écouler abondamment le purulent fiel qu'il avait jusqu'à présent jalousement conservé en son sein, comme si cultiver son ressentiment allait lui permettre, à terme, de transcender sa condition originelle, celle d'un être faillible et imparfait. Il le savait : vivre pour la rancune et à travers elle seulement ne lui avait causé que des torts, et avait à de multiples reprises bien failli lui coûter la vie. Il était grand temps qu'il passe à autre chose, qu'il s'applique consciencieusement à mener une autre existence... Et sa dulcinée était possiblement celle qui allait lui permettre de franchir ce cap vertigineux, de passer d'une vie à l'autre, de s'acclimater à de nouveaux rites, à de nouvelles habitudes, à de nouveaux réflexes. Il tâcha de se focaliser sur cet espoir tandis que leurs langues se liaient et se déliaient de plus en plus fiévreusement : il reprit son souffle, enfin, en mirant l'air hébété les larmes qui perlaient le long des joues de sa chère et tendre.

Oh, bien sûr, Rai s'attendait à ce que ce qu'il avait à lui conter participe à la chambouler quelque peu. Il imaginait qu'elle serait étonnée de le voir si sincère, énervée par le comportement odieux des criminels qu'il avait pu croiser durant sa basse enfance, attristée par le destin funeste qui avait été celui de ses jeunes années... Mais l'intensité des émotions, celle-là, il l'avait profondément sous-évaluée. Aussi se contenta-t-il, terriblement maladroit, de la conserver contre lui en écoutant silencieusement les paroles qu'elle avait à lui offrir, les explications parfois chancelantes et timides qu'elle tentait de lui fournir. Il aurait, bien sûr, aimé la contredire, la couper dans son élan et affirmer qu'elle n'avait guère besoin de se munir de si denses précautions : il ne prenait pas cette tristesse accablante négativement... C'était tout le contraire. Il sentait son cœur battre d'un sentiment nouveau, curieux et pourtant grisant. Il eut un relent de culpabilité en croyant qu'il était simplement satisfait de la voir affligée par les maux dont il avait à souffrir, mais il comprit que ça n'était rien d'aussi sadique : il était simplement soulagé de savoir qu'il importait à quelqu'un à ce point, heureux de remarquer que son passé terrible pouvait susciter l'empathie malgré toutes les horreurs dont il s'était par la suite rendu coupable. D'une certaine manière, il vouait à l'ex Leone une gratitude grandement requinquée. Instinctivement et puérilement, il avait certainement craint qu'elle ne s'énerve, qu'elle juge finalement que toutes ses expériences et tous ses traumatismes n'étaient que poussière, que fumisterie comparativement à tout le tort qu'il avait, de son côté, pu causer. Il n'aurait pas pu lui en vouloir, à ce titre : il savait que le cheminement de sa pensée était extrême, radical au possible, et que rares étaient ceux qui pouvaient consentir même à demi-mot à sa légitimité. Pourtant, une fois de plus, la Balogh démontrait la plénitude de l'amour qu'elle lui accordait : elle ne lui accorda pas un seul reproche, pas même l'ombre d'une ironie cinglante, et se contenta a contrario de lui offrir toute l'affection qu'elle était capable de lui communiquer. Lui, de son côté, demeura particulièrement sage : cette fois, c'était à lui d'écouter, de se taire pieusement... Il le fit, donc. Le Nagafuse sentit les lèvres de la jeune femme se poser sur sa main, puis les vit s'animer pour le couvrir d'une révélation assommante qui, curieusement, parvint à attirer sur son faciès un sourire certes encore timide, comme maladif, mais néanmoins éclatant de bonheur. Les confessions qu'elle venait de lui faire et, bien entendu, les remerciements francs qu'elle prononça ensuite contribuèrent à offrir au noiraud un regain d'ardeur et d'engouement : il le mit à profit sans plus attendre, tandis que leurs fronts réunifiés laissaient à leurs yeux tout loisir pour se contempler.

-Tu t'en montres déjà digne. Le simple fait que j'ai pu me livrer à ce point en est une preuve indéniable... Tu es la première à connaître mon histoire avec un tel degré de précision et... Je pense que tu seras la seule.

C'était triste de l'affirmer de la sorte, avec une conviction aussi inébranlable, mais cela ne faisait que remettre en valeur l'efficacité avec laquelle Mizeria avait su déjouer tous les pronostics et s'infiltrer promptement au sein de la carapace pourtant quasiment inexpugnable du noiraud. C'était un exploit que nul n'avait jamais su réaliser, et que nul ne saurait jamais réaliser à l'avenir, car c'était un exploit qui, Rai le savait, pouvait à terme le conduire à sa perte. Force était d'admettre qu'il avait fait de la jeune femme sa raison de vivre, de subsister : il l'avait troquée contre la vengeance. Un échange pour le moins savoureux, dont il se délectait jour après jour, tant qu'il demeurait à ses côtés, mais un échange qui lui ôtait néanmoins une certitude. Si ses sentiments demeuraient inchangés éternellement, il pouvait encore arriver malheur à la jeune femme, tout comme les hostilités avec Mephisto avaient pu le montrer. Ils n'étaient ni intouchables, ni invincibles... Ils étaient à la merci de forces qui les outrepassaient largement, à commencer par les Auditore, et pouvaient donc passer de vie à trépas en un claquement de doigts. Or, si elle tombait, si elle disparaissait de la plus horrible des manières, si elle le délaissait et le condamnait à la solitude, à l'errance... Il craignait de n'avoir plus jamais la force de surclasser ses démons. Il risquait d'être leur prisonnier jusqu'à sa propre fin, qu'il risquait, également, de précipiter drastiquement. Peut-être aurait-il l'audace de faire payer au meurtrier de sa chère et tendre, mais son ambition originelle, celle de créer un monde meilleur, s'en irait sans doute dans la tombe en même temps qu'elle. Parce qu'il ne pourrait concevoir de monde doux sans la présence de l'ex Leone, il ne verrait plus jamais l'intérêt à livrer une bataille qu'il considérerait comme étant perdue d'avance. L'homme était ainsi fait qu'il penchait constamment naturellement vers la bonté ou la cruauté... Et il y en aurait forcément qui, de tout temps, à toute époque et dans toutes les circonstances possibles, choisiraient la deuxième de ces deux options antonymes.

-Tu vas sans doute trouver ça grotesque... Voire stupide, mais... Pour la première fois depuis cette époque, je crois que je ne regrette rien. J'aurais aimé que les choses se déroulent mieux, sans encombre, bien sûr... Que je n'entre jamais dans le milieu de la mafia... Mais le fait de t'avoir trouvée est un réconfort tel qu'il me permet de relativiser puissamment. Je ne peux pas dire que les choses n'auraient pas pu être plus douces et plus délectables encore mais... Au final... C'est peut-être un moindre mal, si j'ai l'opportunité d'évoluer à tes côtés quotidiennement.

Il croyait fermement en ces mots qu'il venait de prononcer, tout en parcourant la joue de la demoiselle d'une main distraite. Son cœur avait tant et tant saigné que l'avoir à ses côtés était comme l'apothéose de toute une vie, comme le firmament atteint en un éclair. Tous les ébats passionnels et fougueux, toutes les réussites glorieuses et toutes les révélations jouissives n'auraient probablement pas lui fournir autant d'enthousiasme et d'engouement à l'idée de continuer à livrer bataille que sa seule présence. Elle l'éclairait, comme un ciel étoilé certes relativement intrusif, mais qui le couvrait si globalement et d'une lumière si douce qu'il ne pouvait que s'en sentir grandement rassuré. Avait-elle jamais manqué de tact ou de délicatesse à son encontre ? Difficile à dire. Tout avait été si vite, tout s'était enchaîné avec une telle virulence qu'il était incapable de l'affirmer... Pour autant, l'ancien gardien des Auditore était convaincu qu'elle avait agi pour le mieux. Si elle avait manqué d'ardeur ou si elle avait péché d'assurance à un seul instant, au court de leur brève mais néanmoins intense cohabitation, il aurait sans doute éprouvé une peine bien plus titanesque à l'idée de lui livrer ses démons sur un tel plateau d'argent. Finalement, les mots étaient comme apparus d'eux-mêmes, trop empressés à l'idée d'être révélés au grand jour... Était-ce là la psychanalyse dont il avait absolument toujours eu grand besoin ? Une fois de plus, il s'agissait là d'une question à laquelle le Nagafuse ne savait pas répondre. Il aurait aimé affirmer que sa vie ne connaîtrait plus jamais de tumultes orageux, qu'il vivrait simplement, de béatitude en ravissements plus spécifiques... Mais son cœur était encore et toujours ceint d'une myriade de ténèbres insondables au sujet de l'avenir. Il souffrait de trop d'incertitudes : il avait toujours été craintif et inconsolable et il continuerait probablement à l'être longtemps durant. Seul le passé lui apparaissait limpidement, dans la clairvoyance tranquille qui succédait à ses cascades d'aveux...

-Si tu éprouves l'envie de me dire quoi que ce soit, bien sûr, n'hésites pas. Je veux être là pour toi... Si tu estimes qu'il vaut mieux, pour l'heure, nous concentrer sur d'autres choses, j'en serai ravi aussi. Je veux simplement vivre un peu, avec toi... Sereinement, tranquillement. Sans n'avoir à songer à rien d'autre, ni à personne...

Une vie quiète et banale. La tranquillité, il l'avait toujours exécrée : elle était affligeante, engluait de savants esprits dans l'inaction et la paresse. Pourtant, d'un autre côté, il imaginait désormais qu'il l'avait exécrée précisément car il l'avait toujours follement désirée. Elle était le saint Graal, la promesse d'une existence sereine et sans bouleversements majeurs, sans peurs ni doutes... Il aurait aimé y prétendre, mais le chemin qu'il avait choisi l'avait toujours empêché d'y tremper, même sporadiquement. Il était un être de chaos, de péripéties diverses et variées... Lorsqu'il n'y contribuait pas activement, il avait à les subir, à les réparer, à les nullifier d'une manière ou d'une autre. Il n'était pas une seconde durant laquelle ses méninges ne s'activaient pas, pas un instant infime durant lequel ses boyaux ne s'entortillaient pas, anxieux, à l'idée des myriades de projets qu'il devait mener à bien communément, conjointement. Lorsqu'il jetait un coup d’œil au chemin parcouru, il éprouvait un étrange mélange de fierté et de mélancolie : comme s'il avait conscience du fait que tout ce qu'il avait pu entreprendre était formidable et unique, mais que tout cela était, dans le même temps, à la fois vain et inquiétant pour le commun des mortels, comparativement aux petites vies tranquilles des uns et des autres. Et cette fois-ci, précisément, il avait conscience du fait que lui et l'ancienne Leone touchaient ce bonheur simple du bout du doigt. Ils avaient l'occasion de passer quelques jours ensemble, dans l'intimité inébranlable du couple qu'ils constituaient. Il avait rêvé d'une vie normale, et il pouvait désormais se l'offrir, certes temporairement, mais néanmoins tangiblement, aux côtés de la femme qu'il aimait tendrement.

-On devrait bouger un petit peu, non ? Plutôt que rester enfermés... Si tes yeux vont bien, c'est peut-être l'occasion de t'oxygéner un moment. Le soleil ne doit pas être bien agressif...

Rai avait envie de sortir : lui qui avait pourtant jusqu'à présent été si secret et si pudique brûlait d'envie de s'exposer en une si gracieuse compagnie, de prouver à toutes et à tous qu'il était l'objet de son désir, de son amour, et qu'il le lui renvoyait plus que généreusement. Encore une fois, c'était un sentiment curieux et dépaysant, auquel il s'abandonnait pourtant bien volontiers. Cette escale à Londres était sans nul doute possible une occasion en or afin d'expérimenter de nouvelles sensations : ici, ils étaient de parfaits inconnus, des anonymes complets, et ils pouvaient donc se comporter comme les derniers des touristes sans risquer d'attirer les complots et les tragédies. Pour une fois, ils jouissaient d'une occasion unique qu'ils n'avaient qu'à mettre à profit : celle de subsister comme les simples amoureux transis qu'ils étaient actuellement et qu'ils auraient pu demeurer éternellement, dans une autre vie, si la mafia n'avait pas été une partie colossale de leurs histoires respectives.

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MessageSujet: Re: What do I do because of you ?    Dim 4 Nov - 23:43

What do I do with you?
I look at you and I think of you even more


La jeune femme avait enfin réussi à se calmer et à ravaler ses larmes, permettant à ses yeux de retrouver un semblant de stabilité. Quand elle avait rouvert ses derniers, elle s’était retrouvée perdue dans ceux de Rai. Il était là, elle devait désormais se concentrer sur ce seul et unique fait. Son cœur se serra encore à imaginer tout ce qu’il avait pu vivre et ressentir depuis son plus jeune âge, mais désormais elle ne voulait plus lui montrer ses larmes. Certes, sourire aurait été déplacé. Pourtant, ses lèvres s’étirèrent quelque peu en voyant que son cher et tendre en faisait de même. Il avait l’air d’aller bien, de se sentir plus à l’aise, voire peut être d’être soulagé ? C’était ce qu’elle espérait tout du moins. Son sourire était léger mais elle avait appris avec le temps à les déceler et à les apprécier grandement. Même le plus micro des sourires avait son importance et pouvait être lourd de sens… Et chacun prenait d’autant plus d’importance désormais qu’elle connaissait son passé. Étrangement, il lui sembla sentir son cœur se réchauffer à le voir ainsi. Comme si de nouveau il arrivait à la faire fondre avec si peu. Les mots qui suivirent ce timide sourire achevèrent d’embraser son cœur, et même ses joues. La blonde se sentit rougir à vue d’œil. Avait-il compris la promesse voilée qu’il venait de lui faire ? Il songeait qu’elle serait à jamais la seule à connaitre autant de choses sur lui et cela prouvait à quel point elle était digne… Il lui offrait trop d’honneurs. Son rougissement demeura un long moment, alimenté par tout ce qu’elle arrivait à esquisser de leur futur… Oui, elle voulait croire qu’ils en avaient un. Que ce qui les attendait n’était que promesses de bonheur et de quiétude. Ils n’avaient jamais abordé le sujet ensemble, mais elle aimait à croire qu’entre ses mots elle décelait son envie de continuer à avancer main dans la main jusqu’à ce que la fatalité les rattrape. C’était idiot et stupide, mais elle se sentait rassurée. Au fil des jours, l’évidence s’était faite encore plus forte que leur amour naissant et s’était gravée dans son cœur : elle n’arriverait plus à vivre sans lui. Évidemment, tout cela paraissait bien prétentieux au premier abord. Ils étaient encore aux prémices de leur relation, et tout s’enchainait vite, peut-être trop vite et surtout trop bizarrement aux vues des récents événements… Mais elle ne doutait pas. Son instinct ne lui mentait jamais, il y avait quelque chose d’unique qui avait commencé. Ils ne s’étaient pas trouvés par hasard... Après tout le destin même semblait prendre un malin plaisir à les faire se croiser. Alors peut être que leur futur risquait d’être encore fort en rebondissements, ce qui n’allait pas les effrayer et les séparer. Ils semblaient bien d’accords pour les vivre conjointement.

En parlant de destin, la perspective que Rai aborda lui arracha un autre sourire. Certes beaucoup plus mitigé que le précédent car elle voyait dans ce « mal pour un bien », les erreurs passées du brun, mais elle était touchée. Les mots étaient maladroits surement, malgré tout elle comprenait où il voulait en venir. Le chemin du noiraud aurait pu se dérouler autrement, ses choix et ses actes auraient pu l’éloigner de tant d’horreurs et éviter de le transformer en un tel personnage. Pourtant au fond, il était resté fidèle à celui qu’il aurait toujours dû être… Dès leur première rencontre, elle avait voulu croire qu’un tel homme existait sous cette odieuse carapace, que tout le reste n’était que mascarade… Et elle avait eu raison. Certes, tout cela n’effaçait en rien ce que Rai avait fait. Les vies enlevées étaient toujours là… L’ex Leone n’ignorait pas qu’elle n’avait nul besoin de lui rappeler. Il le savait pertinemment lui-même car il était surement suffisamment hanté par ses dernières. Il s’était à coup sûr transformé et comporté comme un monstre toute sa vie en repentance pour tout cela. Il lui semblait que pendant trop longtemps il s’était privé de tout soutien et de tout contact avec les autres comme punition… Il était temps de changer. Elle ne voulait pas le transformer ou dicter sa vie, bien loin d’elle cette idée saugrenue… Non. Elle voulait qu’il s’épanouisse comme celui qu’il aurait toujours dû être, qu’il n’ait plus peur d’assumer ses sentiments, qu’il sache que désormais il ne serait plus jamais seul. Ils allaient être deux pour accomplir son plan… Le chemin en serait forcément différent. Du moins c’est que Mizeria espérait.

Au fond, elle était terrifiée d’avoir rejoint les Auditore. Elle craignait d’avoir à effectuer des missions et des tâches bien loin de ses principes… Elle savait qu’appartenir à une telle famille n’était pas facile. Et c’était en partie pour cela qu’elle pouvait encore moins jeter la pierre à Rai. La réalité des choses l’avait encore plus frappée que ce qu’elle avait bien pu imaginer sur cette famille. Après quelques jours au QG, elle s’était sentie bien sotte de ne pas avoir réalisé avant l’horreur et l’ampleur de leurs actes… Pire encore, elle s’était engagée sur cette voie terrifiante, et plus horrible toujours, elle avait laissé Rai continuer ce chemin…. Ces craintes-là, elle n’avait toujours pas osé en parler à Rai… Elle avait peur que les regrets fleurissent et que tout cela ne fasse que ternir leur relation. De toute évidence, peu importe ce qu’elle allait faire désormais, leur couple allait potentiellement être de nouveau ébranlé… Lui livrer ses peurs était peut-être la chose la plus simple à faire au final, car lui dire la vérité sur ses vraies intentions était plus délicat. Si elle regrettait parfois son choix, elle se rongeait encore plus les sangs de ne pas lui avoir tout raconté. C’est pourquoi elle resta silencieuse quand il aborda le sujet. Elle devait lui dire, et pourtant les mots ne sortaient pas. Elle était incapable de lui dire qui elle était vraiment, que se servant de ce tel statut elle lui avait intimé de continuer son parcours pour ainsi l’aider et acheter sa place au sein des Leone par la suite… Même si son véritable but était une nouvelle fois pensé pour deux, elle se sentait terriblement honteuse, presque comme si elle était en train de le manipuler. Et sa plus grosse crainte résidait là, elle ne faisait que grandir plus elle tardait… Plus les jours s’égrenaient et plus il risquait de croire qu’elle s’était jouée de lui depuis le début. Si le brun le prenait ainsi, elle ne pourrait lui en vouloir. Mais arriverait-elle à le convaincre que ce n’était nullement le cas, à aucun moment ?

Toutes ces perspectives ne lui arrachèrent qu’un grognement quand il lui glissa l’idée de sortir… Le cœur n’y était pas vraiment, il y était même à moitié. Bien sûr, elle avait envie de profiter des quelques jours avec lui... Et sortir comme des gens normaux en faisait partie. Mais pourtant, elle avait presque envie de profiter de lui jalousement seulement, de rester dans cette maison jusqu’à être rassasiée de sa présence, de ses bras, de ses mots, de ses lèvres, de son être tout entier... Chose qu’elle n’ignorait pas être impossible désormais. Il lui fallait être raisonnable. Sur tous les points de vue. Puis s’ils sortaient… Il fallait qu’elle règle ce pour quoi elle était venue. Choisir Londres comme destination n’avait pas été anodin... Encore moins ce quartier. Une nouvelle fois un relent de culpabilité vint la saisir. Qu’allait-il finir par penser ? Qu’elle l’utilisait pour avoir des informations sur les Auditore et qu’elle lui faisait miroiter un moment ensemble pour mieux servir ses intérêts ? Une nouvelle fois les risques étaient là. Et elle était incapable de lui avouer qu’elle était venue pour passer à la maison de ses parents récupérer quelques petites choses et en profiter pour lui montrer une partie de son passé… Elle se sentait nulle. Le soupire qui quitta ses lèvres et ses yeux qui se baissèrent en témoignèrent. Un dernier grognement suivit, mais uniquement dirigé contre elle-même, et telle une enfant elle plongea son visage au creux du cou de Rai.

« Désolé…. Oui tu as raison, on devrait sortir… Et.. Peut-être ça ira mieux pour te parler de tout. D’ailleurs j’aimerais t’emmener quelque part aussi… Mais je crains que tout risque d’être un peu difficile pour moi. Autant trouver les bons mots, tout t’expliquer et… Y aller… »

La blonde marqua par la suite un long silence, préférant se concentrer sur le parfum de son amant. Elle était déjà retournée maintes fois chez elle depuis qu’elle avait tout perdu. Cette fois ci aurait dû être aussi anodine que les autres. Ça n’était pourtant pas le cas. Cette fois elle y retournait après l’affaire d’Ox, après qu’elle ait eu plus que le loisir de revoir toutes les vidéos de son passé. Elle allait aussi surement passer à côté de la chambre de ses parents, après l’incident du tableau où elle avait appris qu’elle n’avait pas été là pour son père et qu’à peu de choses près il n’aurait pas choisi la mort et serait toujours à ses côtés. Elle se sentit larmoyer à cette idée. Qu’aurait été sa vie si son père était sorti de prison et l’aurait sauvée de lui-même du bordel d’Hado ? Si au lieu de partir s’entrainer à devenir une mafieuse en herbe, elle serait restée quelques jours de plus pour le retrouver ? Où serait-elle désormais ? Elle qui pensait avoir épuisé son quota de larmes pour la journée, les sentit revenir au galop. Il fallait que son esprit s’éloigne de ses pensées ci, c’était juste de la pure torture à laquelle elle ne devait pas penser. Une nouvelle fois elle tenta de se concentrer sur le brun, et elle se rendit ainsi compte que si les choses s’étaient déroulées autrement, jamais elle n’aurait croisé sa route… Elle prit une grande inspiration à cette révélation, remarquant par la même occasion qu’elle manquait d’air. Oui, il était temps qu’elle sorte s’oxygéner et qu’elle profite de sa vie pour ce qu’elle était à l’heure actuelle. Tout n’était pas que sombre et triste. Rai était une partie de sa vie désormais. Se reprenant quelque peu, l’ex Leone réussit à extraire son visage du réconfort que pouvait lui apporter la nuque de son amant. Malgré la tristesse qu’il pouvait surement lire dans ses yeux, elle lui adressa un sourire. Il serait surement bon de tout l’expliquer et de lui dire tout ce qu’il pouvait lui apporter également…

« Sortons… C’est une très bonne idée. Je vais aller me préparer et prendre une douche au passage… Libre à toi de venir si tu veux aussi… »

Doucement elle prit son visage entre ses mains et l’embrassa. Le baiser fut bref mais doux avant qu’elle ne se retire et se lève par la suite pour partir en direction de leur chambre et de la salle de bain. Elle passa dans la première pièce dans l’optique de choisir des vêtements. Ils avaient pris peu de choses au final… Mais elle ne les avait même pas vues. A vrai dire, elle avait même l’impression de découvrir la maison même si elle connaissait parfaitement tous les couloirs et pièces pour se déplacer. Regardant rapidement dans sa valise, elle chercha pour quelques habits et tiqua bien vite sur certaines affaires… Julia avait absolument tenu à l’aider pour partir, prétextant que Rai ne pouvait pas choisir assez judicieusement… Et la blondinette venait de comprendre pourquoi. Son air se perdit entre une fausse colère et de la gêne. C’était bête pour la jeune médecin, l’ex Leone allait retourner malheureusement un jour ou l’autre au QG Auditore et elle comptait bien lui en reparler. Cependant, la jeune femme sembla s’arrêter sur une robe. Il était vrai qu’elle n’avait pas l’habitude d’en mettre, sauf en missions ou pour des occasions encore... Mais jamais de son propre chef pour profiter de son temps libre. Elle se retrouva bêtement à la regarder et à songer que ce n’était pas si bête… Elle savait qu’elle n’avait pas l’obligation de s’habiller différemment pour le Nagafuse, pourtant cette robe lui donnait l’idée et surtout l’envie de le faire. Leurs seules sorties jusqu’à maintenant avaient été des missions ou des ennuis… Pour une fois elle pouvait s’apprêter et profiter d’une sortie normale en couple. Oui, aujourd’hui ils pouvaient s’offrir le luxe de faire comme tout le monde... Alors sans plus hésiter elle emporta la robe et d’autres petites choses. C’est presque pressée qu’elle entra ensuite dans la salle de bain, posant tout près d’un lavabo et se déshabillant. Son regard croisa le miroir et elle fit la grimace. Elle avait une sale tête… En même temps, elle n’avait pas eu le loisir de se regarder depuis plusieurs jours. Soupirant de nouveau elle se débarrassa des derniers vêtements et entra sous l’eau chaude, fermant les yeux pour en profiter de tout son saoul. Tout cela ne pouvait que lui faire du bien… Savourer l’eau chaude, prendre soin d’elle et après profiter avec Rai. Le but de leur escapade était bien là. Ses pensées s’égarèrent sur le brun à nouveau pour s’empêcher de songer à leurs soucis et aux démons de son passé. Elle espérait qu’il n’avait pas été trop choqué de son attitude même s’il devait surement commencer à se faire à son tempérament de tornade. Elle ne lui avait pas non plus caché qu’elle n’était pas très bien à l’idée des confessions qu’elle devait lui faire… Et malheureusement son tempérament voulait aussi qu’elle change un peu trop vite de sujet ou d’activité dans ces moments-là. Il ne fallait juste pas qu’il s’inquiète outre mesure. Elle aurait de toute façon rapidement l’occasion de lui parler voire de se faire pardonner si jamais, et ce peu importe qu’il choisisse de la rejoindre ou qu’il l’attende pour sortir… Elle ignorait pourquoi mais la perspective de sortir avec lui l’angoissait autant que cela pouvait la rendre impatiente… Elle voulait lui faire partager une partie de son monde, et surtout qu’ils puissent être à l’abri et heureux dans le leur quelques jours.


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What do I do because of you ?

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